C’est
Chocolate Genius qui entame les « hostilités », ce chanteur/guitariste/bassiste coiffé en pétard est accompagné par un guitariste, pas maladroit, et par un subtil batteur. Le résultat obtenu est très doux à l’oreille : cette soul matinée de folk et de funk doit être idéale pour les moments langoureux… La voix de
Mark Anthony Thompson est grave, suave et puissante mais il l’utilise avec sobriété, sans démonstrations excessives, contrairement à ce qu’aurait pu faire craindre le nom du projet ! Il nous annonce que c’est un de ses premiers concerts en France, j’espère qu’il y en aura d’autres !
En remplacement de
Cornershop, ce n’est pas un, mais deux groupes, qui ont été appelés à la rescousse :
Bumcello et
Meï Teï Shô . C’est le groupe de
Vincent Segal (violoncelle électrique) et
Cyril Atef (batterie/percussions diverses) qui joue après
Chocolate Genius. Ces deux excellents musiciens déjà vus sur scène avec
M. ont infligé une claque cinglante aux mauvaises musiques formatées !
Le premier titre a une structure à peu près normale, Vincent fait étalage de son habileté à s’autosampler mais aussi à produire des sons extraterrestres secondé magistralement en cela par Cyril qui produit un véritable feu d’artifice rythmique. Le public gronde d’aise mais il ne s’attend pas à ce qui va lui tomber sur le coin de la gueule : une incroyable impro de plus de 20 minutes venue d’on ne sait où. Magnifique ! Tout le monde est scotché par la virtuosité et la classe des deux complices.
La musique de
Bumcello est principalement instrumentale mais les deux musiciens produisent quelques sons d’un dialecte inconnu. Et ça veut dire quoi ? Rien ! Cyril est un peu jaloux de Vincent qui joue avec son sampler, il fait donc de même avec les rythmes : il faut se rapprocher pour y comprendre quelque chose ! Mais comment fait-il pour s’y retrouver ! Sais pas ! Ils ont l’air de prendre un tel pied à jouer que s’en est presque agaçant : pourquoi on peut pas faire pareil nous aussi ?
Tout le monde est KO de bonheur et hop, ils invitent au chant le guitariste et le chanteur de
Meï Teï Shô pour un titre d’anthologie : les voix et les instruments s’imbriquent parfaitement les uns dans les autres, c’est inouï ! Après le concert
Doctor Vince va féliciter
Vincent Segal dans les loges et me traîne derrière lui. Il lui dit avec plein d’à propos : « Vincent, t’est le
Jimi Hendrix du violoncelle ! » Le salaud, c’est justement ce que je voulais dire !
Tout le monde me parlait depuis les
Volcaniques de Mars de l’année dernière des concerts de
Meï Teï Shô , je voulais donc voir de quoi ils étaient capables. Malgré un public badgé peu réceptif ou fatigué à cette heure, les Lyonnais ont délivré un très bon set. Ce mélange de reggae, d’éléments électroniques, de musique africaine et de jazz produit réellement un cocktail explosif. Le guitariste est très sobre et joue en son clair, le trompettiste intervient quand il le faut, le chanteur, surexcité, a un flow très agréable : en clair, ils sont tous bons. Je les reverrais avec plaisir dans une salle plus remplie et plus dynamique !
(Photos prises par Marc Porral à Annecy)