Avec sa soirée Electro le Brise Glace a poursuivi sa série de soirées axées sur les découvertes offrant ainsi de belles occasions de dénicher de nouveaux groupes et de pénétrer des courants musicaux encore peu médiatisés. Malheureusement le public n'est pas avide de découverte et une fois de plus à peine plus de 150 personnes auront fait l'effort de se déplacer.
Doog
Ce jeune duo mixte servi en ouverture de soirée m'a permis de m'initier aux bases d'une musique dont j'ignorais totalement la consistance. Visiblement l'électro est fondé sur une ligne de basse assez particulière, répétitive et propice à l'élaboration de parties instrumentales flirtant avec la longueur des compositions des groupes progressifs des années 70. Le duo a progressé lentement dans un univers musical où la répétition était revigorée par de multiple nuances de sonorités. Pour cela la bassiste et le guitariste disposaient chacun d'une bonne dizaine de pédales d'effets qui sévissaient sur fond de samples en tout genre.
Dans l'ensemble cela a été pour moi une découverte musicale enrichissante mais nécessitant des capacités de concentration élevées pour être appréciée pleinement à jeun. Hélas je connais quelques difficultés de concentration et je n'ai donc pas pu tenir tout le set. Mon principal regret sera de ne pas avoir réussi à immortaliser photographiquement le "lips kiss" entre la bassiste et la guitariste.
Meï Teï Sho
Le seul point commun entre ce groupe de Lyonnais et le duo précédent est cette similitude de ligne de basse répétitive qui semble être la base de l'électro car pour le reste l'univers musical est radicalement différent.

Avec Meï Teï Sho le dépaysement musical est garanti et l'on perd rapidement tous ses repères habituels. L'impression de nouveauté est constante et très agréable. On reconnaît pourtant des accents de jazz, de dub, d'afro ou de jungle mais la façon dont est élaborée ce cocktail lui donne un goût inhabituel et nouveau. Les musiciens sont vraiment excellents avec une mention particulière pour le batteur qui m'a vraiment scotché. La partie musicale rend à elle seule le groupe incontournable mais elle est également soutenue par la voix envoûtante et profonde d'un chanteur black à la présence incroyable.

Le chanteur fait parti de ces rares artistes qui vivent leurs compositions sur scène plutôt que de simplement les interpréter. Il jongle avec les langues (anglais, sénégalais, français) pour illustrer la palette de ses émotions. Une voix chargée et troublante sortie du plus profond de ses entrailles appuyée par une gestuelle explicite révèle aussi la présence de blessures intérieures provenant d'un passé encore marquant. Ici on ne rigole pas avec les thèmes abordés : déracinement culturel, femme seule pour élever ses enfants, éducation, guerre ne sont que quelques uns des principaux thèmes abordés et on ressort de ce concert bien secoué.

Ce groupe est vraiment ma première véritable surprise et mon premier coup de coeur l'année. Inutile de préciser qu'il faut s'empresser d'aller le voir en concert. Personnellement je n'ai qu'une envie : Revoir rapidement Meï Teï Sho. A mon avis ce groupe annonce l'émergence d'un nouveau courant musical qui se rapproche un peu de la tendance des directions prises par des artistes comme Erik Truffaz ou Julien Loureau.
Jmpz
Il était déjà très tard lorsque le groupe mâconnais fit son entrée sur scène. Épuisé par la longueur de la soirée et bien secoué par la prestation époustouflante de Meï Teï Sho je n'ai pas pu tenir éveillé plus de 5 morceaux, c'est à dire juste le temps nécessaire pour réaliser quelques clichés. Ce que j'ai entendu était assez hallucinant et plutôt inclassable. J'ai assisté à curieux un mélange de Didjeridoo, de percus, de basses, de batteries, de guitares et de voix mêlés à des séquenceurs.

L'ambiance était relativement technoïde et le décollage de Mr Psyché était garanti sans aide de substances annexes.
Encore une découverte intéressante mais Il y avait tout de même dans tout ça un côté "baba cool" qui m'a un peu irrité.