Melt Banana - 28 octobre 2005 - Montévidéo, Marseille
Fan du quatuor japonais de longue date, ayant eu la chance que KK Null de Zeni Geva m'envoie leur premier album sorti en 94 sur son label Nux Organisation je peux dire que j'ésperais, rêvais leur venue dans le Sud et commençait à croire que le miracle n'arriverait jamais. Ce ne fut pourtant pas faute d'essayer mais au cours des années rien n'y .../...
Fan du quatuor japonais de longue date, ayant eu la chance que KK Null de Zeni Geva m'envoie leur premier album sorti en 94 sur son label Nux Organisation je peux dire que j'ésperais, rêvais leur venue dans le Sud et commençait à croire que le miracle n'arriverait jamais. Ce ne fut pourtant pas faute d'essayer mais au cours des années rien n'y fit, à tel point qu'en 1999 nous prenions la route pour aller les voir au Pezner (à jamais la meilleure salle de France) à Lyon. Date spéciale puisque nous célébrions la sortie de leur single sur Pandemonium et c'était donc l'occase d'enfin se rencontrer après tant d'années d'échanges épistolaires. Ce concert à Lyon reste un souvenir exceptionnel, tant le groupe domina la scène, l'envahit, la possèda et nous submergea d'un mur sonique basse/batterie, horizontal/vertical, attirant/repoussant, surplombé par les cris hystériques de yasuko avec en fond cet élégant jeu de batterie à l'allure (et seulement l'apparence) calme et reposé ... en comparaison de l'ouragan au premier plan.
Hier soir c'était la même chose mais encore plus poussé, on sent que le groupe tourne énormément, alignant plus de 200 dates par an, chevauchant toutes les scènes du monde, les domptant mais demeurant indomptés.
Magnifiques ! Seuls des groupes de la trempe de Minor Threat, Minutemen ou Black Flag furent capables en leur temps d'asséner un Hardcore aussi pur et efficace, viscéral et frénétique. Comme souvent dans la culture japonaise, éponge qui s'imbibe de nos experiences occidentales tout en les poussant à leur paroxysme, Melt Banana à su tirer le meilleur du passé et le coupler à la folie moderne d'un Naked City, concassant les rhythmiques, pulvérisant les structures, les tournant, retournant à une allure vertigineuse, faisant virevolter têtes et corps de leurs auditeurs/spectateurs. On osera dire que Mike Patton leur à tout volé pour son Fantomas, ce n'est d'ailleurs pas coincidence si les deux partagent un split 45t ...
Trêve de digressions le concert hier fut d'une rare intensité, un vent de folie nous fit tanguer, alternant les vieux morceaux courts et incisifs, témoignage de leur turbulente jeunesse et les titres plus récents, plus construits, absolument imprévisibles dans leur structure, hachés à la tronçonneuse-guitare d'Agata, feu follet mystérieux monté sur ressorts, dont les riffs traversent nos corps, atomisent nos oreilles et se télescopent dans les basses marteau-piqueur (un peu à la Big Black) de Rika, sacré petit bout de femme.
Un concert énorme, et surtout un groupe authentique à l'opposé des clowns hype qui se la jouent punk, ou des quelques has-been punk qui se reforment et qu'il vaut mieux éviter. L'avenir et le présent du Punk était hier soir devant nous et on n'est pas prêt de l'oublier.
Melt Banana - 28 octobre 2005 - Espace Montevideo - Marseille
Pêchu à souhait, Melt Banana dépote ! Un set d'un peu plus d'une heure, de l'énergie à revendre et une maîtrise incontestable de leur objet... Concert à ne pas manquer ! Les nostalgiques regretteront juste qu'il n'ait pas eu lieu à la Maison Hantée d'antan, lieu nettement plus propice à ce genre de concert.
Photos Pirlouiiiit
Pêchu à souhait, Melt Banana dépote ! Un set d'un peu plus d'une heure, de l'énergie à revendre et une maîtrise incontestable de leur objet... Concert à ne pas manquer ! Les nostalgiques regretteront juste qu'il n'ait pas eu lieu à la Maison Hantée d'antan, lieu nettement plus propice à ce genre de concert.
Melt Banana - 28 octobre 2005 - Espace Montevideo - Marseille
Il y a plus de 2 ans alors a New York j'avais essayé d'aller voir ce groupe japonais dont j'avais entendu dire le plus grand bien ... pas de bol nos routes se sont croisées. Je ne pensais pas que j'aurais un jour l'occasion de les voir a Marseille ... mais c'était sans compter le GRIM et sa série de concert One Shot. Apres Greg Malcolm en début .../...
Il y a plus de 2 ans alors a New York j’avais essayé d’aller voir ce groupe japonais dont j’avais entendu dire le plus grand bien … pas de bol nos routes se sont croisées. Je ne pensais pas que j’aurais un jour l’occasion de les voir a Marseille … mais c’était sans compter le GRIM et sa série de concert One Shot. Apres Greg Malcolm en début de semaine a la Machine a Coudre, c’est donc aux japonais de Melt Banana de jouer pour la première fois a Marseille. Cette fois le concert a lieu au quartier général du Grim, a savoir l’espace Montevideo, habituellement lieu de création plus que de diffusion … c’est déjà la que j’avais vu Kill the Thrill il y a quelques années.
J’hésite un peu sur la chemin a prendre pour venir mais en demandant mon chemin a une personne qui me semblait y aller (gagné) et avec le panneau d’affichage gros (mais sombre), j’arrive a l’heure … la petite coure est pleine de monde qui fait la queue pour se mettre sur la liste d’attente car ce soir le concert affiche complet. A l’intérieur on retrouve un certain nombre de visages familiers …
Au mur est projeté ce qui se passe dans la salle ou a lieu le concert … j’imagine que ceux qui ne pourront pas rentrer pourront toujours regarder ça tout en écoutant ce qui n’aura aucun mal a traverser la cloison. Nous entrons enfin … la scène haute d’une dizaine de centimètres est prête, baignée de couleurs chaudes.
Quelques minutes après ils entrent en scène. Deux filles Yasuko au chant et Rika a la basse et deux garçons Sudoh a la batterie et Agata a la guitare.
Le guitariste a un masque blanc (pour se protéger de la pollution a Marseille ? en tout cas pas de fumeurs puisqu il est interdit de fumer dans la salle), la chanteuse a une capuche blanche ce qui me fait curieusement penser a Dionysos, des manches un peu trop longue, un pantalon de l’armée et des semelles très compensées. Très vite (au bout d’une morceau ou deux) elle ôtera sa capuche.
Je ne me risquerai pas à décrire en détail leur musique (procurez vous donc la compilation de single "13 Hedgehogs qu’ils viennent de sortir : 56 morceaux sur un disque, les Hatepinks n’ont qu’a en prendre de la graine) mais il s’agit plus de noise que de punk … ou alors du noisy rock avec l’énergie du punk ? Alors que la section rythmique assure la cohérence et la plupart des mélodies, la guitare grâce à de multiples pédales sort tout un tas de sons étranges …
Véritablement entourées par le public les quatre japonais ne se sont pas ménagés et sont même revenus deux fois. Le chant de Yasuko se rapproche du piaillement par moment tellement elle chante vite, de même lorsqu’elle introduira la série de 10 morceaux courts … « and now we are going to do ---- » . A un moment elle sortira de sa banane fourrurée quelques images qu’elle donnera à quelques spectateurs (dont moi ! voir en bas).
On aura aussi le droit a une sympathique reprise de Devo (Yeah yeah yeah). Le public était assez chaud … ce qui se traduit par beaucoup de photos floues … et on a a mon avis frôlé l’incident diplomatique lorsqu’un spectateur passablement éméché a chercher a embrasser Yasuko sur la bouche.
Lorsque tout ceci fut fini je suis sorti en sueur et j’ai pu enlever mes bouchons (indispensables) tout en repensant au charme de ce quartet hors normes, et notamment a celui de sa resplendissante chanteuse.