Fan du quatuor japonais de longue date, ayant eu la chance que
KK Null de
Zeni Geva m'envoie leur premier album sorti en 94 sur son label
Nux Organisation je peux dire que j'ésperais, rêvais leur venue dans le Sud et commençait à croire que le miracle n'arriverait jamais. Ce ne fut pourtant pas faute d'essayer mais au cours des années rien n'y fit, à tel point qu'en 1999 nous prenions la route pour aller les voir au Pezner (à jamais la meilleure salle de France) à Lyon. Date spéciale puisque nous célébrions la sortie de leur single sur
Pandemonium et c'était donc l'occase d'enfin se rencontrer après tant d'années d'échanges épistolaires. Ce concert à Lyon reste un souvenir exceptionnel, tant le groupe domina la scène, l'envahit, la possèda et nous submergea d'un mur sonique basse/batterie, horizontal/vertical, attirant/repoussant, surplombé par les cris hystériques de
yasuko avec en fond cet élégant jeu de batterie à l'allure (et seulement l'apparence) calme et reposé ... en comparaison de l'ouragan au premier plan.
Hier soir c'était la même chose mais encore plus poussé, on sent que le groupe tourne énormément, alignant plus de 200 dates par an, chevauchant toutes les scènes du monde, les domptant mais demeurant indomptés.
Magnifiques ! Seuls des groupes de la trempe de
Minor Threat,
Minutemen ou
Black Flag furent capables en leur temps d'asséner un Hardcore aussi pur et efficace, viscéral et frénétique. Comme souvent dans la culture japonaise, éponge qui s'imbibe de nos experiences occidentales tout en les poussant à leur paroxysme,
Melt Banana à su tirer le meilleur du passé et le coupler à la folie moderne d'un
Naked City, concassant les rhythmiques, pulvérisant les structures, les tournant, retournant à une allure vertigineuse, faisant virevolter têtes et corps de leurs auditeurs/spectateurs. On osera dire que
Mike Patton leur à tout volé pour son
Fantomas, ce n'est d'ailleurs pas coincidence si les deux partagent un split 45t ...
Trêve de digressions le concert hier fut d'une rare intensité, un vent de folie nous fit tanguer, alternant les vieux morceaux courts et incisifs, témoignage de leur turbulente jeunesse et les titres plus récents, plus construits, absolument imprévisibles dans leur structure, hachés à la tronçonneuse-guitare d'
Agata, feu follet mystérieux monté sur ressorts, dont les riffs traversent nos corps, atomisent nos oreilles et se télescopent dans les basses marteau-piqueur (un peu à la
Big Black) de
Rika, sacré petit bout de femme.
Un concert énorme, et surtout un groupe authentique à l'opposé des clowns hype qui se la jouent punk, ou des quelques has-been punk qui se reforment et qu'il vaut mieux éviter. L'avenir et le présent du Punk était hier soir devant nous et on n'est pas prêt de l'oublier.
Photos Pirlouiiiit