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(mes) Eurockéennes 2008 3/3 : French Cowboy, MGMT, Seasick Steve, Babyshambles, Dan le Sac vs Scroobius Pip, The Offspring, Gnarls Barkley, Ez3kiel

Presqu'Ile du Malsaucy, Evette-Salbert   6 juillet 2008

    Concert à ne pas manquer

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    Pour le samedi, c'est par ici !


    Pour cette troisième et dernière journée, encore mal remis de la deuxième, vraiment énorme, il va nous falloir un sérieux stage de remotivation... Déjà parce que la première chose que nous voyons au lever, c'est qu'il pleut ! Petite pensée pour les campeurs (dont nous ne faisons plus partie - nous sommes bien au sec) : c'est pas parce que le camping propose de plus en plus d'animations qu'ils ne doivent pas se sentir un peu gâchés par ce vilain temps. Tout au long de la journée finalement, ce ne sera pas si dramatique, avec des ondées par intermittence mais pas de violentes averses. Une partie des amis ayant rendu les armes comme prévu, c'est en petit comité que nous arrivons sur le site, où l'effet "sold-out" se fait sentir dès lors qu'il faut se garer - la galère. A ce stade-là il n'aurait pas fallu trop nous chauffer pour rebrousser chemin - on aurait eu bien tort, la programmation des 20ièmes Eurockéennes recèle encore de bien belles surprises !


    On gagne la plage sous une éclaircie pour les French Cowboy, dont tout le monde dit le plus grand bien ! On les connaît peu, sauf par la bande : en tant qu'ex-Little Rabbits, ex-accompagnateurs de Katerine et même ex-comédiens occasionnels (le batteur jouant le très rock'n'roll conducteur de Mustang du documentaire Belfort). Le groupe alterne les titres de pop-rock racé, de folk à la cool, et autre noisy rocks contondants (il va vraiment falloir se procurer leur premier album !), tandis qu'un impressionnant anaconda composé de manchons gonflables publicitaires traverse le public dans tous les sens. Composé de 3 types bien habillés... et d'un Deschien (le French cowboy donc ?), la bande ose même une agréable reprise du Back to Black d'Amy Winehouse après que le chanteur se soit équipé d'une petite blonde à qui déclamer sa poignante rupture... avant de nous quitter sur un rock invitant à exploser son groupe (Split the Band). Pas mal du tout pour un dimanche, et pour l'instant sans rincée !


    Petite attraction intermédiaire sur le podium d'une marque de pile à lapins musiciens bien connus : un trio sympa de human beat boxes va nous ramoner un peu les écoutilles, avec notamment une imitation de Snoop Dogg et diverses pitreries comme un zapping de radio, sur des rythmes rap, électro, rock etc. Note pour plus tard : le concept du mini-concert de 10 minutes serait à creuser entre deux gros plateaux, ne serait-ce que pour fluidifier certains mouvements de foule : sur les petites scènes (Loggia et Plage), on fait couramment la queue dans les deux sens (entrée et sortie), à cause des gens qui ne veulent pas s'avancer, un peu comme s'ils allaient payer plus cher...


    Mais voici la sensation hype du dimanche : MGMT (prononcez ... MGMT si ça vous chante, non mais pour qui ils se prennent ces p'tits salopards ?) qui sont 5 sur scène, avec des looks mi-nerd, mi-hippie (esprit lunettes carrées et/ou bandeau rose dans les cheveux). A défaut d'être entièrement réussi, leur album est il est vrai une agréable surprise : ce rock planant est exactement ce qu'il nous faut pour ne pas nous brusquer en ce début de dimanche fatigué. La tonalité de la voix, très habitée, rappelle par moments franchement les chevelus Lennon/Van Morrison (Weekend Wars et Pieces of What) chantant du Mercury Rev (The Youth) : référencé donc, mais très bien en l'occurence...


    Les chansons se finissent par des montées psychédéliques maîtrisées et charmantes, certains titres sont allègrement réorchestrés sur scène, ce qui est très louable pour un jeune groupe ! La pluie ayant repris, tout le monde se serre un peu plus sous le bienfaisant chapiteau, tout en se dandinant au son du très funky Electric Feel, puis de Time to Pretend, pas si loin d'Arcade Fire et où le chanteur se couvre d'un ridicule drap multicolore qu'il gardera jusqu'à la fin. Vient ensuite la vrombissante Kids, leur tube incontestable en live, si l'on en croit l'élévation de la température dans le chapiteau ! L'un des musiciens fait une énorme bourde, provoquant un rattrapage bringuebalant tandis que le chanteur lutte contre un fou-rire. L'assistance commence néanmoins à se disperser (effet Cali ?) tandis que le groupe finit dans un grand n'importe quoi sur scène, et jamme en bondissant dans tous les sens. Au contraire des Vampire Weekend, il semble donc que MGMT soit bel et bien meilleur sur scène que sur album !


    C'est à 18 heures ce dimanche que le coup de bol (il y en a toujours un) se produit... Alors que j'hésite mollement entre Cali (sympa mais déjà vu) et Danko Jones ("rock", c'est un peu court pour donner envie quand il flotte, non ?), mes amis m'entraînent à la scène Club Deville : nous y attend un bluesman absolument extraordinaire, non pas tant par ce qu'il joue (du très bon blues du Mississippi) mais par sa personnalité. Seasick Steve, c'est son nom, est ce qu'il convient d'appeler un vieux plouc américain, salopette et casquette John Deere, accompagné par un sosie de Garth (celui de Wayne's World bien sûr) à la batterie. Arrivé là on-ne-sait-comment, le vieux barbu a une terriblement bonne bouille (difficile de dire s'il est noir, blanc, indien, ou un peu des trois).


    En fait il a l'air aussi étonné que nous d'avoir un tel succès : "You know, I'm so fuckin'happy, I really don't understand what the fuck you're doin'here listening to me, goddammit !". Il est vrai qu'il a face à lui environ 300 K-Ways et pébroques plutôt remuants, tous avec la banane - les rescapés du Cali-pso (hum) : marrant et sympa, le bonhomme nous présente successivement sa vieille guitare ("... just an old piece of shit"), une guimbarde qu'il fait sonner ... comme une Gretsch, et plus tard son pedal steel ("...another real piece of shit") - guère plus qu'un bout de bois avec trois cordes et un micro... qu'il fait sonner comme une Weissenborn.


    Il nous fait chanter, taper dans les mains, compte fleurette d'un ton égrillard à une jeune demoiselle qui pourrait être sa petite-fille (et qui ne comprend rien, la pauvre), nous entretient d'un vin affreux qui rendrait aveugle et de diverses choses sur lesquelles il a écrit des chansons. Notamment un blues émouvant en hommage à son cher clébard Boss qui est mort l'année dernière... Bref on est comme face à un vieux pote, mais aussi un conteur malicieux et roublard. Son batteur et lui montent en puissance et finissent sur une boucle rock de plus en plus rapide, qui rend le public absolument euphorique - en rapport qualité-prix, Seasick Steve est probablement le meilleur ce week-end ! Et puis quand il est rentré chez lui à la ferme à Tupelo, Mississippi (oui, ça existe !), sa vieille bonne femme n'a pas du le croire quand il lui a raconté le triomphe qu'il a fait là-bas, au bout du monde et sous la pluie !


    Après ça, on est au moins dans de bonnes dispositions pour redonner sa chance à Pete Doherty et ses Babyshambles (pour ce qu'on en sait, mauvais sur scène comme sur disque, tout le contraire de Carl Barat et son nouveau groupe...). Il faut leur rendre justice : ils arrivent à l'heure et presque sobres, habillés de costards noirs du plus bel effet. Et leur single Delivery sonne pas mal sous chapiteau ! Il est vrai qu'une légère tendance à la toxicomanie ne fait pas de vous un mauvais musicien - ça peut même avoir l'effet inverse, la nouvelle copine de Pete, la sublime Amy Winehouse, en sait quelque chose !


    Cependant après quelques titres on revient presque au même constat : sans la drogue (Pete s'est débarrassé de ses bras les plus cassés), le groupe a certes une énergie notoire et lui chante mieux, mais ils n'ont toujours pas des vraies chansons - tout ceci sonne un peu tout le temps pareil et assez faiblard, les petites mélodies à la guitare de M. Doherty manquant quand même méchamment d'inspiration. Disons qu'il y a des bons passages mais que sans ses frasques, le quatuor ne serait sans doute jamais sorti des pubs où il a du commencer... En partant, je croise mon cousin (pour la troisième fois), une vraie encyclopédie du rock de 25 ans, tout content et très bien accompagné, mais semblant assez fatigué - il aurait paraît-il dansé jusqu'à 7 heures du mat' au camping avec ses potes les forumeurs du site des Eurock's - c'est bon de savoir que ça suit derrière !


    Pour ma part je retourne sans délai à la recherche de nouvelles sensations au Club Deville : Dan le Sac vs Scoobius Pip est dans la place ! Deux types, un Mac et deux micros, c'est tout ce dont ils ont besoin pour foutre le feu avec un hip-hop déchaîné sur des scratch volontiers technoïdes... De loin la ressemblance de la voix et la diction de Mr Pip avec Eminem est à s'y méprendre (de près on dirait plutôt Buck 65...), il a une grande barbe de mollah et pratique un white trash de bon aloi, sous des trombes de bruine horizontale qui finissent par menacer jusqu'à l'ordinateur de Dan... Pour ma part je n'avais pas vu un one-man-show de rap aussi addictif depuis Busdriver, ça secoue jusqu'au fond du slip ! Sur un efficace remix de Radiohead, le slammeur déclame A Letter from God to Man et le tout se termine sur du boum-boum si efficace que la pluie, tout étonnée, finit par en oublier de tomber. Dans le genre, tuerie.


    La suite est notre seul passage de la journée sur la grande scène, et pas le meilleur : The Offspring, qui a cramé son unique tube Come out and Play pendant qu'on s'approchait en essayant de ne pas se casser la gueule dans la grande montée transformée en un mortel miroir de merde marron (jolie allitération, non ?) Pour la suite le groupe de plus-très-frais-surfeurs-blonds-décolorés-de-45-balais enchaîne les titres très standard de college punk, certes reconnaissables entre mille, mais terriblement datés et ... fast food ! Un petit passage à Holy Fuck, électro-noise à guitare assez scolaire, ne nous fera pas davantage vibrer : plaisant, sans plus. C'est le moment de visiter les sandwicheries !


    Petit détail très horripilant : les nouveaux tubes de The Offspring, exactement les mêmes riffs qu'il y a 15 ans donc, The Kids aren't allright et autre Pretty Fly ("Aha, aha !"), où des centaines de portables se brandissent ("Ecoute ça, chérie ! Tu reconnais ? C'est le truc trod'laballe qu'on nous passe sur Fun Radio et le Mouv', on s'éclate grave !")... Je ne sais pas, moi, vous ne préférez pas No FX dans le genre au moins ? Connaissez-vous seulement The Hives, passés ici-même il y a un an jour pour jour ? CA, c'est du punk rock qui pousse au cul ! Pour un peu, on aurait eu l'appétit coupé de penser que c'était probablement à cause de ces nazes que la journée était sold-out, tant la grande scène était blindée de monde ...


    On préfèrerait pourtant croire que tout le monde est venu pour les inédits et superbes Gnarls Barkley et leur discographie pour l'instant parfaite, mais ce n'est pas le cas - merci à Offspring qui n'a pas encore fini puisqu'on peut se placer tout devant, pour notre plus grand espoir de ce dimanche - une scène où l'on aperçoit une contrebasse, c'est forcément un bon présage... Bonne pioche ! Après trois notes de Charity Case, on miserait déjà un an de salaire sur ce concert !


    Les duettistes, physiquement un peu des Blues Brothers version black, se sont présentés dans des costumes à paillettes, accompagnés de 5 musiciens dont une musicienne, efficace à la basse et comme aux choeurs - Surprise enchaîne, ça groove déjà à mort ! Puis un titre "to start the party" - s'il en était besoin, Gone Daddy Gone, enchaîné avec Run, tube joué à l'harmonium vintage et rutilant de Danger Mouse, et qui nous fait éructer de plaisir. Sur Blind Mary, le petit et quelque peu cubique Cee-Lo, tout en chantant de sa poignante voix nasillarde, commence à se déshabiller au fur et à mesure que le chaud / le show le gagne - il finit rapidement en marcel, tous tatouages dehors, et encore, son crane chauve continue ...à fumer comiquement !


    C'est en nous haranguant que le chanteur enchaîne tube sur tube (à ce stade, autant recopier les titres des deux albums) : entre autres, le twist Going On, le slow My Neighbour (quelle voix, mais quelle voix nom de Zeus...), les good old rock'n'roll (Whatever and co...). Et puis soudain, il s'excuse pour nous imposer la chanson qu'il va chanter et on en défaille de bonheur : la basse et les violons de Crazy, dont le refrain est repris en choeur par le chapiteau désormais plein (voir petite vidéo par ailleurs), nous foutent une chair de poule de tous les diables !


    Ayant eu leur single téléchargé, les consommateurs de musique commencent à partir se placer pour Moby, grand bien leur fasse : nous aurons droit encore à un slow qui donne juste envie... de danser tout nu, et en rappel (après une formidable bronca), M. Williams interprète presque à capella un Who's gonne save my soul now ? très émouvant, ainsi que Reckoner... de Radiohead, cover de toute beauté. Et le show se finit sur, il me semble, Smiley Faces, et en participant de notre mieux à la clameur finale, on prend instantanément la résolution ferme d'acquérir toute leur musique en vinyle. On s'attendait à ce que ce soit génial, mais pas à ce point quand même... Concert de ce dimanche, incontestablement !


    Bref on est KO debout, et pourtant il reste un dernier concert de haute volée à écouter sur la plage : celui de nos bien-aimés Ez3kiel qui viennent vendre leur très méchant Battlefield. Assez loin des volutes bleues de leur dernier passage ici avec Nosfell (où l'on avait pleuré quelques instants d'émotion devant tant de grâce), à mille lieux des danseuses vaporeuses et des mélodies délicates de Naphtaline, le groupe de 2 batteurs et une guitare, et son leader (et graphiste) Yann Nguéma nous embarquent dans un trip sonique de près d'une heure, fascinant dès les premières mesures de Adamantium. Ici aussi, difficile de trouver les titres d'albums qu'on ne saurait écouter autrement qu'en entier - heureusement certains seront projetés, par la suite !


    La dispositif visuel se met en tout cas en place sur A better World, avec des femmes changeantes qui rappellent un peu le film A Scanner Darkly, puis on reconnaît des titres de Barb4ry (également très dûrs), la splendide Volfoni's Revenge évidemment plus méchante que sur disque, la ballade The Wedding (et son trip visuel hallucinant et sublime, dans un théatre parcouru de spectres)... Vers la fin les percus s'emparent de l'image qu'ils font changer d'un claquement de doigt - sur un autre titre, c'est toute une machine métallique devenue comme folle qui s'agitera au rythme de leurs coups secs. Jah's Hardcore et Spit on the Ashes pour leur part, sont tout simplement grandioses.


    Les deux minutes de Fire Damp, plus violentes encore que Max Cavalera & son orchestre, inaugurent un style improbable, le death dub, avant que sur une ballade ancienne, un énorme et énigmatique ballon transparent s'en aille rebondir dans le public, déclenchant de jolis sons cristallins et guillerets à chaque contact. Connaissant la créativité du groupe, on passe un moment à se demander si c'est pour de vrai... Un pur moment de poésie, en tout cas ! Le concert, génial une fois de plus, se finit par un Barb4ry remixé dont les basses ont du faire tressauter jusqu'aux dentiers dans les verres, chez les mamies d'Evette-Salbert.


    Photos & visuel : Eurockeennes.fr

    Le rideau descend sur ce 20ième anniversaire des Eurockéennes et l'on s'aperçoit qu'une fois encore, on a été complètement bluffés. D'abord déçus par l'affiche, sans un ou deux groupes énormes qu'on attendait (par exemple, on était certains de revoir Portishead, déjà présent aux dix ans et venant enfin de sortir un album...), voire un peu ulcéré par des têtes d'affiches souvent déjà venues... On a pourtant pas touché terre de ces trois jours, courant du Chapiteau à la Loggia et du Club Deville à la Plage pour voir des prestations plus classieuses les unes que les autres, souvent surprenantes, trouvant juste le temps de nous livrer entre temps à un furieux trafic de gobelets consignés avec les toujours aimables bénévoles des bars!

    Et toujours sur le site, un engagement associatif sincère, avec outre les gobelets consignés : Fondation Abbé Pierre, accompagnement d'aveugles aux concerts, sandwiches à 2 euros caritatifs, etc, etc. Live Action peut bien étendre son emprise sur le monde du live, gageons que la petite presqu'Ile gauloise saura encore longtemps résister aux sirènes des grosses machines qui tentent de l'engloutir - elle peut en tout cas, je pense, compter sur le soutien sans faille des 100 000 veinards qui l'ont fréquentée ce week-end, alors finalement peu importe qu'ils soient venus pour The Offspring ou pour Gnarls Barkley...

    Longue vie aux Eurockéennes donc, et si possible, à toujours !

    Photos pro par Flore-Anne Roth (Plein d'autres photos des Eurockéennes 2008 sur son Flickr !), photos d'illustration par Philippe.
    Bonus : des vidéos-souvenir par ici !


    Photos & visuel : Eurockeennes.fr


    Egalement sur Concertandco, et sur ce dimanche : la version gonzo par mon collègue Vince Venckman, à lire ici !

    PS : Chroniques dédicacées au 'Echenans BBQ Power Crew' et son accueil irréprochable, merci-merci-merci !!

    PS2 : Réaction, insultes, félicitations, concerts ratés, n'hésitez pas à réagir !

    Flashback : Chroniques des Eurockéennes 2007, 2006, 2005, 2004, 2003.... et plus anciennes encore à partir de 1994 !

    Vignette philippe
    Signature : philippe
    le 11/07/2008
>> Réponse (le 11/07/2008 par Soso)
Cali. Excellent concert,nous étions un petit groupe d'une dizaine de personnes et nous sommes tous tombés sous le charme de Cali!Il a des textes magnifiques, une énergie débordante et une folle envie de donner tout ce qu'il a à son public!Certaines personnes vont critiquer le fait qu'il exprime ses opinions politiques mais s'il ne le fait pas là , où va-t-il le faire? Et certains artistes(Johnny Halliday par exemple) l'ont fait donc pourquoi pas lui ? Bref il nous a enchanté et nous comptons vraiment retourner le voir !Incontestablement le meilleur concert des eurockeennes 2008! Bises.

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