Toujours déprimé par le cours ordinaire des choses dans notre beau pays, Mickey 3d revient avec un nouveau groupe mais avec les mêmes intentions que sur ses albums précédents : écrire des pop songs à la fois sautillantes et dépressives ou des chansons folk tristes à se pendre... .../...

Toujours déprimé par le cours ordinaire des choses dans notre beau pays,
Mickey 3d revient avec un nouveau groupe mais avec les mêmes intentions que sur ses albums précédents : écrire des pop songs à la fois sautillantes et dépressives ou des chansons folk tristes à se pendre… Le truc de
Mickaël Furnon, c’est donc plus que jamais de trousser des titres poignants et concernés avec trois bouts de ficelles, c’est à dire avec ses moyens, plus ou moins volontairement limités. On pourrait tout à fait dire que les compositions de
Mickey 3d sont mal chantées et mal écrites, si l’on voulait être méchant… Mais cela ne changerait rien à l’affaire : depuis ses débuts, ce gars de la France d’en bas refusant la Positive Attitude écrit des tubes qui finissent assez rapidement sur toutes les lèvres. Malgré les facilités et le côté très minimaliste, il faut avouer que ces chansons nous touchent, et ce pour pas mal de raisons. Tout d’abord, parce que leurs textes parlent à un trentenaire en état de décomposition avancée (
« Personne ne connaît personne / Tout l‘monde est loin de tout le monde / Personne ne choisit personne / Tout l’monde a faim de tout le monde »). Ensuite, parce que la rencontre entre la cold wave pop des
Cure et les chansons corrosives du
Renaud des débuts fonctionne souvent… Et enfin, parce qu’on a toujours besoin d‘une chanson un peu bébête pour faire passer au second plan son sinistre quotidien, tout en replongeant le nez dedans juste après.
La Grande Evasion de
Mickey 3d possédant ces trois atouts gagnants, les fans du groupe y trouveront donc une collection de morceaux pouvant tour à tour prendre les atours de hits pop faciles à chanter en pleurant sous la douche (
Méfie toi l’escargot, Personne n’est parfait, Je m’appelle Joseph, Montluçon, Paris t’es belle, L’homme qui prenait sa femme pour une plante… ) ou de petites chansons mélancoliques et sans prétention (
Playmobil, 1988, Chanson du bonheur qui fait peur, Yula… ). Rien de vraiment neuf ou de franchement génial, sans doute un peu trop de titres sur l’album, mais tout cela permet de s'évader un peu et de passer un bon moment. En oubliant quelques instants qu’on vit dans un pays où le journal télévisé le plus regardé est celui de l’extrémiste
Jean-Pierre Pernaut, où la rockstar la plus adulée est le ringardissime
Johnny Hallyday, où l'acteur préféré est le désespérant
Christian Clavier, où le modèle de réussite est incarné par un arriviste populiste du nom de
Nicolas Sarkozy et où deux dangereux nostalgiques de la France de 1940,
Brice Hortefeux et
Eric Besson, sont chargés de rassurer les « braves gens » contre une supposée invasion… Dans ce contexte étouffant et détestable, la légèreté (remontée !) et l’authenticité (en provenance directe de la France profonde) des chansons de
Mickey 3d fait un bien fou…
A lire également, une chronique de concert de
Mickey 3d en
novembre 2009.
Sites Internet :
www.mickey3d.com,
www.myspace.com/mickey3d,
www.facebook.com/mickey3d.
Septembre 2009 (Virgin - EMI)