Après avoir pique-niqué dans un cadre bucolique, c’est avec de grands espoirs qu’on rejoint les granges de Sédières pour assister à une très prometteuse soirée pop rock…
Le groupe norvégien
Minor Majority - qui vient de sortir le très bon album
Up for you & I chez Vicious Circle - est en effet chargé de passer juste avant les très attendus américains de
The National . Comme sur le disque, on se laisse saisir d’entrée par la voix (évoquant celle de
Michael Stipe de
R.E.M. en plus grave) et l’écriture folk rock de
Pal Angelskar, le leader du groupe venu au grand complet (claviers, batterie, basse, guitare électrique). Il est matériellement impossible de ne pas sombrer corps et âme à l’écoute des perles que sont
Think (I’m up for you & I),
Take it in,
A song for Nicole ou
Start a fire… La magie
Minor Majority opère donc très rapidement sur le public… Malheureusement, alors que les chansons mériteraient plus de toucher, le batteur est souvent trop enthousiaste sur ses fûts et se permet même un des plans monstrueux qui ont fait la fortune du regrettable
Phil Collins. Cela ne serait rien si le guitariste ne nous infligeait pas parfois des sons de guitares à la
Mark Knopfler (
Dire Straits, souvenez-vous… ) et des solos très
Sultans of Swing… Malgré ces quelques aléas (du direct-live),
Minor Majority est un groupe à suivre et à voir sur scène, en espérant secrètement un changement de personnel (ou un retour à de meilleures dispositions pour certains musiciens)…
Photo Jess Levy
Leurs disques sont exceptionnels, leurs concerts sont mémorables,
The National est parti pour aller très loin, le magistral concert d’une heure donné à Sédières est un indice supplémentaire de la très grande forme de ces New-yorkais doués… Comme lors de leur
concert à Thiers en juin 2004,
The National a marqué durablement les esprits de ceux qui avaient eu la bonne idée de se déplacer en Corrèze. Si l’exceptionnel violoniste
Padma Newsome n’est pas présent cette fois-ci, il est remplacé par le guitariste
Nate Martinez, ce qui permet à la cathédrale de bois et de pierres de Sédières de résonner aux sons de trois guitares gorgées d’effets delay. L’effet, justement, est particulièrement saisissant, on reste tout simplement coi devant cet enchevêtrement d’arpèges acérés et d’accords spatiaux. Le chanteur
Matt Berninger étant toujours aussi impressionnant vocalement et gestuellement, les rythmiques - très
Joy Division - provoquant une fois de plus des soubresauts réjouissants, on passe à nouveau de précieux instants (trop brefs) en compagnie de ce groupe ami.
On ne dira pas la même chose de la prestation de
Dan Black et de SA chose,
The Servant… Si sur le disque, quelques chansons ressortent du lot, sur scène, le cabotinage lourdingue du chanteur exaspère rapidement, les morceaux ne tiennent pas la route en live, les faire valoir qui font office de musiciens sont en roue libre et manquent d’imagination : on a dû faire quelques chose de mal pour mériter pareille punition auditive ! Peu importe,
Dan Black gesticule toujours pour se faire remarquer ; c’est incroyable mais ce gars là se croit dans un stade de 30 000 personnes chauffées à Blanc par sa musique, alors qu’il joue devant 150 personnes affligées (pour la plupart) par son comportement et son travail de « songwriter » solitaire (et despotique). Tous mes vœux de réussite pour la suite…
A lire également : les
chroniques des disques de
The National.
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