Samedi 7 juin C’était la deuxième soirée du Festival Seconde Nature qui a pour credo de « faire la part belle à la découverte entre musiques électroniques, arts numériques et autres curiosités culturelles ». Tout un programme !!
Autant le dire de suite c’était le rendez vous de la branchitude marseillaise et aixoise. « The place to be ». Quand je suis rentré dans la Cité du Livre d’Aix en Provence, j’ai capté de suite de nombreux visages déjà aperçus dans des soirées au Cabaret Aléatoire ou au Hush Hush. Et comme d’habitude, j’ai eu la même interrogation, ces gens sont ils malheureux ? Aucune folie, ça crie gentiment, ça danse tranquillement et ça passe le plus clair de son temps à boire et à fumer (voire sniffer).
D’un autre côté la programmation qui semblait si intéressante était finalement assez décevante.
Je suis arrivé un peu tard et je n’ai pas pu voir le premier groupe Battant qui selon les échos n’était pas franchement au top.
Je rage par contre d’avoir vu seulement quelques minutes de Chloé. La faute à une organisation un peu surprenante de la part du Festival. Ou comment ils ont annoncé qu’il n’y avait plus de place en vente alors qu’en réalité il en restait plein. Petit coup d’esbroufe de ma part pour accéder au guichet et problème résolu pour mon pote qui m’accompagnait mais une perte de temps qui m’aura fait rater une artiste plutôt renommée dans le milieu electro. Je la connaissais essentiellement pour son titre Sometimes et son dernier album The Waiting Room.Sur ce que j’ai entendu, c’était une techno assez planante et sombre, minimale.
Elle était accompagnée pour l’occasion de Transforma pour un live audiovisuel présenté comme exclusif. Si ce collectif berlinois est décrit comme ayant une imagerie tordue et lumineuse, on ne peut pas dire que ce fut le cas sur ce que j’ai vu. Bien sur j’ai raté l’essentiel aussi je ne peux pas donner un avis totalement objectif. Mais à voir le public se diriger poliment vers le bar il me semble que je n’ai pas raté la performance du siècle.
Le temps d’un changement de set et l’artiste suivant prend place. Il s’appelle Robert Henke alias Monolake. Il est berlinois lui aussi. C’est à peu près tout ce je peux dire sur lui tant la minimale répétitive et aliénante qu’il nous a servi m’a ennuyé. J’en ai profité pour me balader dans le site et essayer de voir « les curiosités culturelles » annoncées. Pas grand-chose à signaler hormis quelques écrans passant des images en boucle sur fond musical et un homme exécutant une chorégraphie de style contemporain à poils dans une bulle en plastique.
Il ne reste plus qu’une solution boire, fumer (quoi !! je me transforme en branché mélancolique moi aussi… au secours, help me!!) et attendre l’évènement de la soirée et sa seule satisfaction, j’ai nommé :Miss Kittin.
Oui l’égérie de la scène techno electroclash est bien là pour un set de 3 heures!!!
Pour résumer rapidement l’electroclash, c’est un mélange de techno, de pop, de new wave très influencé par le rock et le punk. C’est le cas notamment dans l’utilisation de la voix pouvant être à la fois agressive ou glaciale et dans les paroles qui décrivent un univers assez sombre et désabusé. Bref la joie de vivre !!!
Pourtant c’est un set énergique et plutôt dansant que nous a livré la Miss. Elle a commencé par envoyer quelques morceaux de son deuxième album I Com comme l’énergique Requiem for a hit ou l’envoûtant Happy Violentine. Le public bien plus concerné semble conquis. Sa voix est plutôt jolie en live et c’est manifestement un atout car cela permet d’étoffer son set sans le rendre rébarbatif. Sa présence était aussi l’occasion de jouer son dernier opus, Batbox. le côté electro pop revival année 80 (qu’on entend un peu partout en ce moment) a un peu disparu laissant place à des arrangements plus sombres, plus lourds. Le titre de son album n’a d’ailleurs jamais aussi bien porté son nom. On se laisse emporter, on danse, on plane. Mais malheureusement, on commence aussi à fatiguer. Il est quasiment 5h du mat’ et je me rends compte que je suis en mode danse automatique. Je pense aussi que je dois me lever dans 3h30 et qu’il est temps pour moi de partir malgré l’artiste clôturant la nuit, Sarah Goldfarb qui n’est autre qu’un homme !! Ce dj est décrit comme faisant de la « minimale syncopée » et de la « techno exigeante ». Je sais qu’il a pas mal tournée dans le coin notamment au Hush Hush mais je ne sais ce que ça donne. Avis aux connaisseurs.
Une soirée inégale donc. Quelques bons moments mais aussi quelques déceptions par rapport au lieu et à la programmation. Ce n’était que la 2eme édition du festival, rendez vous l’année prochaine car il y a le potentiel pour en faire, à l’avenir, un évènement electro important pour la région.
>> Réponse (le 11/06/2008 par Grosse tête) C'est vrai l'alternance entre actif et passif fût le credo de cette soirée, mais heureusement que Miss Kittin était là .../...La suite
Miss Kittin & The Hacker + Björk - 19 Juillet & 23 Août - Pont du Gard & Arènes de Nimes MIS KITTIN & THE HACKER - Pont du Gard, jeudi 19 juillet 2007
BJÖRK - Arènes de Nîmes, jeudi 23 août 2007
Petite chronique groupée de deux stars de l'électro, de styles, générations, .../...
MIS KITTIN & THE HACKER - Pont du Gard, jeudi 19 juillet 2007
BJÖRK - Arènes de Nîmes, jeudi 23 août 2007
Petite chronique groupée de deux stars de l’électro, de styles, générations, nationalités et tailles différents, mais groupées ici du fait de leur passage à peu de temps d’écart dans deux hauts lieux de la Romanité en Gaule narbonnaise -le Pont du Gard et les arènes de Nîmes-, mais aussi du fait qu’ayant eu la chance de voir les deux, le constat que j’en fais est celui d’une grande satisfaction doublée d’une paradoxale légère déception dans les deux cas.
MISS KITTIN, d’abord, dont j’ai pu découvrir une des rares prestations live à proximité du célèbre aqueduc romain, le 19 juillet.
(photo DjXphil)
Elle n’était pas seule aux commandes, si ce n’est celles de la programmation, puisque la grenobloise avait carte blanche pour animer la soirée, et elle avait choisi pour cela des complices de qualité.
Un certain Arnaud Rebotini d’abord avait la « charge » d’accompagner le somptueux coucher du soleil sur les vieilles pierres antiques. Nous ne pûmes hélas pas trop en profiter, occupés que nous étions à circuler sur le pont puis à patienter 3 bons quarts d’heure pour se faire servir des bières à un bar à l’entrée du site. Mais de loin c’était plutôt de bonne facture, avec de l’ambiant, de la techno légère, de la vieille Goa, et même quelques trucs encore plus poussiéreux des années 80 comme le génial A Forest de Cure (introduit en douceur par un titre électro très proche au niveau des accords), et le non moins fabuleux split mix de Never Let Me Down Again de Depeche Mode.
Le DJ Arnaud Rebotini (photo DjXphil)
Puis la nuit venue apparut THE HACKER, le grand copain de la Miss Caroline, accompagné d’une étrange fille aux mélopées aigues cachée sous une grande robe à capuche brillante. Pas mal, pas mal, mais étrange style atmosphérique, au point de se demander s’il s’agissait bien de lui. Mais oui, pas de doute, quand la miss montre son visage (avant d’enlever complètement son déguisement monacal), plus de doute, Kittin & The Hacker sont là sur scène !
Miss Kittin (photo DjXphil)
Le set sera plutôt court, avec une douzaine de titres, quasiment tous issus de leur First Album, choix déconcertant et discutable à mon avis, car malgré un son très bon, la plupart de ces titres sont trop répétitifs et minimalistes musicalement (boîte à rythmes, basse électro et un petit son pour la mélodie en général). Bref, difficile de faire décoller l’audience. Quelques frémissements quand même sur Stock Exchange, et surtout Frank Sinatra (mais normal pour ces titres qui sont parmi leurs meilleurs à mon sens). Sinon, en général le public s’agite au lancement d’un titre puis se lasse très vite, comme avec Stripper (très marrant mais ultra-long) ou 1982 (dont l’intérêt réside hélas principalement dans les paroles faisant référence à plein de vieux tubes new wave). Pourquoi ne pas avoir joué des titres potentiellement fabuleux sur scène comme Professional Distortion ou Meet Sue Be She du 2e album I.Com ? Mystère. Ironiquement, seul un titre de The Hacker parviendra à mettre vraiment l’ambiance : Flesh & Bone, joué initialement avec l’américain Ian Clarke, alias Perspects (ex-Le Car, groupe que celui-ci formait avec Adam Lee Miller du duo électroclash Adult.), mais chanté ici très efficacement par Miss Kittin, et véritablement transfiguré par le live puisque je n’avais pas vu jusqu’alors en ce titre un grand intérêt.
The Hacker et Miss Kittin (photo DjXphil)
Néanmoins, c’est surtout après, avec le mix de DJ Hell, le découvreur des 2 compères et patron de leur label International Dee Jay Gigolos Records, que les berges du Gardon commencèrent à ressembler à un gigantesque dancefloor à ciel ouvert (bon OK c’est plus facile a priori un DJ set que du vrai live avec ses propres titres, mais quand même ce type-là sait s’y prendre pour mettre l’ambiance). Enfin bon, ce fut quand même une grosse hallu de pouvoir remuer sur Miss Kittin & The Hacker et ses gros sons analogiques sur cette plage avec en fond le Pont du Gard, un excellent souvenir !
(photo DjXphil)
Autre bon trip électro-romain à un mois pile d’intervalle, avec BJÖRK, venue investir les arènes de Nîmes de son univers unique le 23 août. Une tout autre dimension musicale, bien sûr (d’autres moyens aussi, forcément), mais un même goût de légère amertume pour moi en fin de prestation, malgré un très bon spectacle.
Je ne m’étendrai pas sur la première partie, M.I.A, une espèce de R’n’B-ragga-électro répétitif à deux voix féminines un peu trop criardes à mon goût, malgré quelques titres écoutables vers la fin (il paraît que les paroles sont pas mal).
M.I.A / Mathangi "Maya" Arulpragasam au centre (merci SaWaSdEe pour l’info !)(photo Benjicok)
Rentrons plutôt dans le vif du sujet : originalité, délire, voix d’enfer et sensibilité encore au rendez-vous pour Björk, dont j’avais déjà pu apprécier des prestations live (en vidéo mais aussi une fois en vrai lors de la tournée Post, à Montpellier).
Musicalement, beaucoup de titres réorchestrés comme toujours, un choix varié sur plusieurs périodes, sans « bourriner » du tube, et dans une logique en deux temps qui se tient : calme d’abord et moins calme ensuite.
Le côté expérimental aussi, avec la présence sur scène d’une table à musique électro-acoustique, sur laquelle divers musiciens viendront s’amuser à déplacer des petits blocs runiques pour créer des bruitages de fond (plus de détails ici.).
Visuellement léger, sans grands écrans, mais bien pensé : longs drapeaux et oriflammes aux couleurs flashy avec des motifs de poissons, crapauds et autres dragons, Björk en robe large aux couleurs de l’arc-en-ciel, une troupe de jeunes choristes-cuivres habillées avec d’amples habits (qui empêchèrent quiconque de vérifier si elles portaient bien leur nom : Wonder Brass) multicolores et fluo, semblables à des balançants télétubbies avec des petits drapeaux sur la tête, et quelques effets de lumière bien puissants comme d’inattendus jets de flammes ou des tirs croisés de gros lasers verts, sans parler de l’orgiaque pluie de paillettes finale, qui me fit vaguement regretter de ne pas avoir été dans la fosse.
(photo Benjamin Gibert)
Voilà, tout réuni en somme pour un sublime spectacle, ce qu’il fut pour le reste du groupe avec lequel j’étais et probablement pour beaucoup de monde, sauf que moi je ne fus pas pleinement satisfait.
D’abord, la réorchestration c’est bien en soi puisque ça dénote un souci de l’artiste de ne pas s’endormir sur ses lauriers et de céder à la facilité… sauf quand le résultat n’est pas probant. Or, là, la tendance lourde était de remplacer moult chœurs de Björk et parties synthétiques plutôt sympas par des chœurs féminins (à la Medulla) et des parties de cuivres. Et mon problème, c’est que les chœurs ça me saoule vite, et les cuivres constituent la catégorie d’instruments acoustiques que j’aime le moins…
photo n’ayant théoriquement pas sa place ici puisqu’elle date du 1er des 2 concerts aux arènes le 21, mais comme elle est belle, ce serait dommage de s’en passer ; A noter que Björk était vêtue différemment (photo Benjamin Gibert)
Mais mon souci principal ce soir fut le choix des titres. Je sais bien que c’est toujours dur de faire plaisir à tout le monde (si tant est que ça intéresse Björk, car c’est peut-être tout simplement son propre plaisir qu’elle cherche, et on ne lui en voudrait pas), mais là en l’occurrence j’ai trouvé que ça manquait de titres que j’aimais ET de titres qui bougeaient. Pour le dernier album, dur de juger puisque je ne l’ai pas encore écouté, mais la majorité des titres que je ne connaissais pas ne m’ont pas emballé. Medulla, comme les autres albums précédents, fut représenté par 3 titres (Pleasure is All Mine, Vökuró et Oceania), mais je n’ai pas adoré, déjà je ne suis pas fana de cet album et ensuite je trouve que son intérêt réside surtout dans la dominance de la voix et de ses sons (celle de Björk mais aussi toutes celles non chantées utilisées en habillage musical ou mises en rythme), or en concert ça ne ressort pas du tout. Pour Vespertine, le choix était facile mais bon, avec Hidden Place (génial), Pagan Poetry (très proche de l’original mais comme celui-ci est très bon, pas de souci) et Unison.
Les Islandaises de Wonder Brass (photo Benjamin Gibert)
Par contre, pour Homogenic, malgré la présence d’un très bon Hunter (avec une fabuleuse projection finale de gigantesques filets arachnéens par Björk sur la foule), et de Jóga, pas de trace de l’excellent Bachelorette… alors qu’une ex-planète aride et glaciale eut droit de citer : Pluto (ce titre me stresse). Post fut représenté par l’excellent Army of Me (puissant), Hyper-Ballad (version sympa) mais aussi le très dispensable I Miss You (seule note positive : le délire final sur ce titre), alors qu’un petit Isobel par exemple n’aurait pas fait de mal. Et surtout, le grand absent fut Debut, totalement ignoré ; Quelle tristesse de n’avoir pu s’envoler sur One Day ou Play Dead, ou gigoter sur Human Behavior ou Big Time Sensuality ! Car oui, je me suis rendu compte à cette occasion que j’attendais en fait aussi d’un concert de pouvoir bouger mon corps, comme un robot plutôt qu’avec sensuality certes, mais bon si je veux move my body personne ne me l’empêchera, vakjögglunga !!! (cherchez pas, c’est une immonde insulte islandaise). Or là, j’ai trouvé la première partie « calme » trop longue (surtout compte tenu des sautillements permanents de la petite créature des glaces aux pieds nus, qui laissait augurer une montée de tension plus rapide).
(photo Benjamin Gibert)
Mais j’ai trouvé aussi la seconde pas forcément terrible niveau choix de titres « qui bougent » (le final avec cette chanson-slogan technoïsante Declare Independance notamment : l’ambiance au rendez-vous, mais un peu trop « boum boum » à mon goût comme titre).
Pour finir sur une note un peu plus positive, pas de regret quand même, voir Björk en concert reste un moment fort, et le cadre ne gâcha pas les choses même si les prestations au même endroit de Manu Chao ou de Depeche Mode resteront pour moi plus marquantes (car peut-être plus en résonance avec le lieu ?).
D’autres photos de DjXphil et Benjamin Gibert (aka Song of the Storm) ici et là
Festival de Bénicassim 2002 - 2, 3, 4 aôut 2002 - Bénicassim (Espagne) Le Festival de Bénicassim 2002 a laissé un souvenir impérissable à ceux qui ont eux la chance d'aller passer trois jours sur son site. Une programmation extraodinaire pour le fan de pop et d'électro .../...
Le Festival de Bénicassim 2002 a laissé un souvenir impérissable à ceux qui ont eux la chance d'aller passer trois jours sur son site. Une programmation extraodinaire pour le fan de pop et d'électro (Radiohead, The Cure, Chemical Brothers...) un climat torride, des festivaliers enthousiastes et conviviaux, une mer chaude... Que demandez de plus ?
Retour sur l'édition 2002, jour par jour : (Cliquez sur les liens)
>> Réponse (le 30/11/2006) Yes, j'y étais aussi la même année, j'ai fait les 3 jours plus la teuf du lundi soir sur la plage, chouette festival, .../...La suite
«Rinôcérôse», Miss Kittin & The Hacker (Benicàssim 2002) - 2 et 3 août 2002 - Benicàssim (Espagne) L'univers branchouille de la musique parisiano parisienne se délecte de la musique de ces deux "groupes" qui cartonnent un peu partout dans le monde. Leurs performances à Benicàssim ont divisé même si .../...
L’univers branchouille de la musique parisiano parisienne se délecte de la musique de ces deux « groupes » qui cartonnent un peu partout dans le monde. Leurs performances à Benicàssim ont divisé même si elles ont toutes les deux eu un remarquable écho de la part du public espagnol, hystérique pour ces deux chantres de la touche française.
«Rinôcérôse» constitue tout de même, excusez du peu, une émanation d’un des plus mauvais groupe à avoir fouler une scène en France, j’ai nommé Les Maracas ! Comment passer du statut de ringards absolus à celui de stars de l’underground très tendance ? Demandez la recette à Patou et à Jean-Philippe, les cerveaux qui se cachent derrière le concept «Rinôcérôse» ! Il suffit de rajouter des beats électroniques sur une musique aussi kitsch soit-elle, de relooker le groupe et de créer des visuels attractifs et, Bingo !
Une autre idée de génie ? Sur scène, placer la bassiste, Patou, dont la plastique fait de l’effet - heu, surtout de loin ! - sur un promontoire, débrancher sa basse et lui demander de se trémousser lascivement ! Puis, demander à quelques amis guitaristes de venir épauler Jean-Philippe à la guitare et à la flûte, le public, un peu bourré, aura l’impression d’assister à un vrai concert de rock et ne remarquera pas qu’aucun de ces instruments n’est branché, ou alors si peu… Dernier petit détail, organiser un strip-tease sur le dernier morceau, comme ça les gens se souviennent du nom du groupe et achètent les disques !
Bien sûr, la musique de «Rinôcérôse» est accrocheuse, festive, dansante mais il est assez incompréhensible que tout le monde crie au génie à la vue et à l’écoute de ces prestations qui n’ont vraiment rien, mais alors rien du tout, d’original ! En tout cas 35000 personnes qui dansent dans une atmosphère de joie et de fête, c’est toujours un moment auquel on est content de participer. Pour cela, et pour cela seulement, merci Patou et Jean-Philippe !
Miss kittin et son ami taciturne The Hacker ont eux-aussi bien compris comment le show biz marchait ! Sur la tête ? Non, sur le cul ! Les gens veulent du cul, du cul et encore du cul ! Miss Kittin, une ancienne strip-teaseuse pour laquelle on se damnerait volontiers - on est pas des moines non plus - se présente donc sur scène toute de noir vêtue dans une tenue moulante laissant deviner des atouts bel et bien … présents ! La première étape pour séduire le public du chapiteau Fiberfib.com a été brillamment franchie, reste « l’essentiel » : la musique !
Alors là, c’est simple : sur une compile Le meilleur de la Dance des années 80, tu déblatères des discours pesudo jet set de fin de soirée alcoolisée et droguée et surtout, tu parles de... cul ! « We drink Champagne in a limousine. Eatin' Caviar, sniffin in the VIP area. We talk about Frank Sinatra ! He’s dead, dead, dead. Ah, Ah, Ah ! Suck my dick, kiss my ass. »
Et hop, le tour est joué : tout un chapiteau chavire, danse, saute en l’air, hurle au son de Miss Kittin & The Hacker ! Même le Pape trouverait un côté jubilatoire à ce spectacle ; mais doit-on pour autant sauter au plafond et s’extasier béatement ? Non, mesdames et messieurs ! Il faut toutefois concéder humblement que ça défoule d’écouter Frank Sinatra en buvant du champagne dans une limousine puis de…
Salut,
voilà mon compte rendu de ces trois jours passés à Benicassim qui si il n'a pas reservé de grosses suprises, s'est revelé à la hauteur des ambitions des programmateurs : à part Reading difficile d'aligner autant de bons groupes pop, rock et electro comme ceux que j'ai vu.
J'y étais déjà allé en 99 et depuis le site s'est agrandi avec deux nouvelles scènes sous chapiteau, une tente chill out où il y eut un BJORK MIX très couru (vu la queue on imagine l'hysterie si l'islandaise avait été là) et une espace adsl d'où j'ai pu vous écrire l'autre jour.
Premiers concerts vendredi avec les mancuniens de IAM KLOOT qui jouent un folk acoustique très agréable avec des paroles vachardes (resumées par le leader par un leitmotiv "this a song about ... and disaster") et des mélodies addictives à souhait comme "Twist" ou "86's tv". THE NOTWIST n'ont pas fait que sortir un des meilleurs albums de l'année, ce sont aussi des performers hors pair, avec un set parfait très new order certes mais franchement excellent. Mention à un instrumental impressionant et à "Pilot" leur tube joué en dernier.
Une petite curiosité pour continuer les NOSOTRASH groupe de filles espagnol apparament assez connu là bas, le public chantait plusieurs de leurs compos qui ne depassent pas 2 minutes. Charmantes et sans prétention aucune, dommage que je ne comprenne pas leur langue. THE MONGOLFIER BROTHERS est un de ces groupes rares dont les albums sont difficilement trouvables chez nous et c'est bien dommage : une musique lente et assez sublime, magnifiée par la voix de Roger Quigley qui m'a fait un peu penser à Morissey, intimiste à souhait.
Tout le contraire de MISS KITTIN AND THE HACKER qui fut une des grosses claques du festival : une foule en délire, des dizaines de photographes, l'évenement était attendu. Caroline est encore plus belle et coquine sur les photos et a une présence et un charisme telle que la futilité des paroles et son accent français ne sont que des détails.
Sur fond d'électro 80's et minimaliste elle danse comme une deratée, interpelle le public et le fait chanter ses desormais classiques "1982", "Life on mtv" et bien sûr "Franck Sinatra" et son mythique refrain "motherfuckers are so nice/suck my dick /and lick my ass". Elle finira ce show dantesque par une reprise du sweet dreams des Eurythmics on ne peut plus appropriée : une djette grenobloise propulsée sans perdre la tête (rencontrée plus tard sur le site elle sera encore plus attachante que sur scène) tient du rêve.
Après ça pas trop envie d'aller voir beugler MUSE, on ira donc se reposer un peu en se bouffant une bonne gauffre et reprendre ses esprits en sirotant une bonne bière. Et en pestant contre le système de paiement des lieux, faut d'abord acheter des tickets pour etre servis et en plus les tickets sont pas les memes selon les stands argh...
Tiens en parlant de stands, y a un grand choix de fringues, badges, disques et autres à prix raisonables, faut juste pas avoir peur de braver la cohue dans ces espaces assez reduits.
On verra ensuite DJ SHADOW mixer dans un chapiteau bondé quelques uns de ses morceaux cultes de "Endtroducing" à Unkle avec sa dexterité legandaire et un son impeccable. Pas resté jusqu'à la fin mais c'était excellent.
Beaucoup trop de monde et trop fatigué pour pleinement apprécier la tête d'affiche du soir, THE CURE, d'autant que la bande à Robert Smith ne joue que des chansons récentes et lentes ce qui rime hélas un peu avec chiantes. Pas grave on aura quand même vu de (pas trop) près une légende et bien merite quelques heures de sommeil et miracle une douche !!
Samedi ça commence par une imposture bien de chez nous, les dj's du magazine MAGIC ! qui mixaient devant une vingtaine de journalistes sans réussir à attirer du monde. Pourtant ils passaient des bons morceaux ("let's push things forward" de The streets ou une selection de reprises assez jouissive) mais en dehors du milieu branché parisien la sauce ne prend pas, c'était assez risible de voir ces accredités avec badge se prendre en photo et se regarder, en attendant certainement d'écrire que c'était génial dans leur numéro de rentrée.
On est bien content de les laisser pour aller voir les insaisissables JACK et leur chanteur habité, un drôle de concert hanté par une violoniste et un guitariste déchiré à je ne sais quelle substance, jonglant avec les style d'une chanson à l'autre.
Presentée comme la Cat Power espagnole, AROAH séduit avec des morceaux de folk tristes et calmes chantés sur un ton monocorde mais avec beaucoup de conviction. A découvrir sur disque pour les amateurs, idéal pour reprendre des forces avant le groove délirant des écossais de THE BETA BAND, un des meilleurs groupes de cette cuvée 2002.
Tous ceux qui connaissent leurs 3 ep's le savent, la musique de ces gars est totalement inclassable entre pop, rock, hip hop, electro parfois dans la même chanson. Sur scène c'est tout aussi fou et boosté par un son énorme, des danses bizarres et des visuels à se tordre de rire. Quand ils enchainent des chansons au psychedelisme contagieux comme "Dry the rain", "Inner meet me" ou le magnifique "She's the one" l'ambiance atteint des sommets qu'il sera difficile de rencontrer par la suite.
Ce sont les pourtant très bons SUPER FURRY ANIMALS qui feront les frais de ce choc, leur concert sur la grande scène est pas mal mais il leur manque la folie des meilleurs jours et de leur morceau "Nothern lites" qu'ils n'ont scandaleument pas joué, vraiment dommage mais bon j'étais surtout venu sur ce très grand espace pour mes idoles intimes BELLE AND SEBASTIAN.
Je pense vous avoir suffisament rabaché les oreilles avec ce groupe, pour moi l'un des plus doués de ces dernières années. Si en France ils se font très discrets, c'est la deuxième fois qu'ils viennent à Benicassim et vu le nombre de t-shirts ils comptent de nombreux fans alors que leur musique n'est pas franchement du rock de stades.
Ca sera mon seul regret, les voir dans une scène immense et entouré d'une foule disproportionée à mon gout.
Sinon c'était un moment magique, ils ont joué quelques unes de leurs merveilles "Dog on wheels", "Like Dylan in the movies", "Sleep the clock around", "The boy with the arab strap", le superbe "Lazy line painter jane" avec Monica Queen et pour finir un "Legal man" survolté et delicieusement 60's.
Direction ensuite le chapiteau où évoluent les sous estimés SAINT ETIENNE qui ont joué quelques morceaux inédits dans la lignée du précédent. Des sucreries electro-pop susurées par une Sarah Cracknell toujours aussi craquante qui reçut d'un admirateur un maillot de foot de l'équipe stéphanoise à son nom, super moment de complicité et bon concert dans l'ensemble.
Pour RADIOHEAD c'est une autre histoire, impossible de s'approcher avant une bonne demi heure vu le troupeau (je n'emploie pas ce terme au hasard) de fans agglutinés depuis le debut de l'après midi alors qu'ils ne jouaient qu'à 2 heures du mat'. C'est donc assis au départ et en regardant l'écran géant que les vois pour la 3ème fois. C'est toujours aussi bien mais je suis moins fan qu'avant, l'enthousiame n'y est plus trop et c'est surtout quand ils joueront des morceaux de "The bends" et "Ok computer" que j'apprécierai. Impressionant en tout cas de voir autant de gens pour une musique aussi complexe, le charisme indéniable de Thom Yorke y est sans doute pour beaucoup.
Ca y est on peut enfin avancer maintenant que les fans vont se coucher et c'est parti pour une heure de pur rock n' roll, du vrai avec PRIMAL SCREAM qui mettent le feu alors qu'on est déjà bien crevé.
Assez éloigné du son electro de leurs derniers disques mais avant tout autant d'énergie ils enchaineront des bombes comme "Miss Lucifer" ou "Swastikkka eyes" devant un public en folie, on ne pouvait pas mieux terminer cette 2ème journée, trop épuisés pour danser à 5 heures du mat avec RINOCEROSE mais bon il vaut mieux se ménager la suite.
Dimanche enfin, on pense que le meilleur est derière nous vu le nombre de groupes espagnols dans l'après midi qui parraissent bien gentils sous le chapiteau fiberfib. CARROTS ouvrent le bal avec des mélodies mille fois entendues mais avec une fraicheur et une bonne humeur communicative qui faisait un peu penser aux Monkees, dispensable mais sympa quand même.
On sera un peu moins indulgent avec NICE MAN qui jouait un "pop-opera" assez incompréhensible : entre chaque chanson (assez banales il faut bien le dire) le chanteur racontait une histoire et faisait des blagues qui tombaient un peu à plat. NEIL HASTEAD n'est pas tout à fait un inconnu vu qu'il a déjà sorti des disques avec son groupe Mojave 3, de la pop countrysante très calme et sans grand génie, parasitée qui plus est par des larsens facheux.
Ca ne s'arrange guère avec le belle DOT ALISON qui remplaçait en dernière minute l'autrement plus original Cornelius qui avait annulé. C'est pas que ça soit nul ce qu'elle fait, la musique electro pop n'est pas désagrable mais ça manque cruellement de mélodies et de chansons, impossible de dissocier un titre de l'autre et de ne pas bailler...
Du coup on ira à mi chemin voir PERRY BLAKE qui lui est un authentique songwriter, inégal sur disque certes mais capable du meilleur. En live il assure avec une classe toute irlandaise, une voix de velours, un coté distant assez marrant (quand il se moque du son moyen de la scène qui lui donne l'impression de "chanter dans une baignoire" où quand il dit à un fan qui l'interpelle de loin de lui ecrire par mail). Un coté soul très plaisant sur "The road to Hollywood" et pour finir son chef d'oeuvre de spleen qu'est "The Hunchback of San Francisco" la chanson pour les lonely de la planète qui prend toute sa dimension sur scène.
Après ce grand moment presque inesperé, les choses serieuses recommencent sur la grande scène avec les DOVES qui triomphent avec un set parfait de rock emphatique et maitrisé, les mélodies imparables de "Pounding", "There goes the fear", "Catch the sun" et "Here it comes" mettent tout le monde d'accord et l'instrumental de fin cloturait en beauté un des meilleurs concerts rock vu ces jours-ci.
Viennent ensuite les stars de la britpop SUEDE, rarement convaincants sur disque mais très efficaces en live, notament avec le cabotinage forcené de Brett Anderson qui chante toujours aussi bien même s'il en fait des caisses.
Et ses fans garçons et filles auront apprécié les déhanchements en jean moulant. Plus glam tu meurs ! Mais pour ces tubes imparables que sont "She's in fashion", "Animal nitrate" et "Trash" on ne fera pas la fine bouche cette fois.
Surtout qu'après il y'a le must de la soirée : les CHEMICAL BROTHERS et leur armada technologique d'effets visuels et leurs machines infernales prètes à faire danser les quelques 30 000 rockers et clubbers unis sous les rhytmes effernés de "Star guitar", "Out of control", "Block rockin'beats" et surtout "Hey boy, hey girl" dont la foule reprend en coeur l'infernal gimmick "Superstars dj's here we go !!!!". Les morceaux sont transformés avec un tel talent que ça depasse le cadre du simple mix, le son est cataclymisque (il parait que ça s'entendait du camping) et même après trois nuits blanches et une vingtaine de concerts, impossible de ne pas danser.
C'est aux versaillais de AIR qu'incombe la lourde tache de succèder aux freres chimiques et par la même occasion de finir ce festival, tache qu'ils s'acquiteront avec beaucoup de subtilité avec des instrumentaux de toute beauté, des fulgurances ici et là ("Don't be light"), un magnifique "Playground love" chanté par Jason falkner, des vieux tubes méconnaissables comme "Sexy boy" et "Kelly watch the stars" dans une atmosphère qui leur est particulière. le parfait concert chill-out qu'il fallait pour redescendre en douceur et garder des dernières forces pour défaire les tente et rejoindre le car, épuisés mais heureux. J'ai beau aller chaque été depuis 4 ans à des festivals d'été c'est une experience toujours aussi excitante qui a le mérite de dépayser et d'oublier quelques temps les soucis et la routine.
Prochaine étape la route du rock à St malo, d'ici là à bientôt et vive la musique !!! Réagir à cette critique