Les hangars comme les stades sont des drôles d'endroits pour jouer de la musique. Mais pour réunir tout le Grand Ouest pour un concert du chauvre démocrate le plus populaire d'Outre Atlantique (Kojak mis à part), le Musik'hall rennais n'est point assez suffisant. Une Salle relativement bondée de 5 à 55 ans, avec un âge moyen de jeunes cadres dynamiques, qui troque leur sortie hebdomadaire ua club discothèque du coin, pour leur 1er concert depuis leur majorité. Miam.
Un public statique mais bigarré donc et un concert qui va avec. C'est pour quoi vous êtes venus surfer sur ce très complet site web. C'est packagé et marketé à l'avance, une heure et demie pas plus. Top chrono. (Je passe sous silence une première partie vu à la va-vite mais plus que jouissive du frenchie de l'étape, Sébastien Tellier. Une vraie voix qui rendrait Moby jaloux tiens...)
Une demie-heure d'attente donc avec les meilleurs sons 80's des discothèques...pour ne pas déstabiliser le dit-cadre moyen dynamique blablabla qui a payé 30€ sa place blablabla alors que moi jsuis venu à l'oeil blablabla ?)
Coup d'envoi sur la numéro 2 de Play, on ne change pas les bonnes vieilles recettes. Et là, l'ébahissement subjugue devant autant d'amateurisme. Un micro mal branché de la sympathique choriste, un batteur qui sert à..euh...rien ? enfin qui joue par-dessus les beats balancés par la cahrmante demoiselle aux claviers et un guitariste que ne renirait pas Kyo. Bref, c'est un peu affligeant, malgré la vitalité du petit chef d'orchestre appelé Moby. Les musiques de pub succèdent aux musiques d'ascenseur et la sensation de regarder jouer un CD en grandeur nature m'emplit peu à peu. L'indigestion pointe donc le bout de son museau alors que Moby se déchaîne frénétiquement devant une ritournelle digne des meilleurs Corona. On touche le fond. Re-miam.
Et c'est là dans la lueur des bas-fonds sombres et obscurs que jaillit la lumière. Non pas au travers d'un spot qui s'est décroché (ça aurait pu être envisageable, niark), mais grâce à "Go", comptine pré-Play (a very old song comme le précise notre végétarien catho préféré). Et là, retour dix ans en arrière. Gros beat trance tachycardique, envolées lyriques de la choriste (dont le micro a du se rebranché ?), solo de percus administré par le chef d'orchestre : enfin une bouffée de vraie musique au milieu de cette allègre soupe FM. Pouet.
On respire mais ce n'est que temporaire. Le bouillon est clair et doit être administrée avec de grandes louches. Les ritournelles popeuses continuent piochant de ci de là dans ces 3 derniers albums. Un "We're all made of stars" digne de l'original, très bowiesque, plutôt pas désagréable. Un "Bodyrock" sans sample, tendu, en formation serrée. Mais c'est maigre. Très maigre.
Une anectodique reprise de "Creep" version bossa nova ponctuera encore le set (Moby revient du Brésil et te le fait savoir. Dommage, on aurait pu se passer de ce genre de précision). Un rappel sur sa meilleure vente de singles dans l'Hexagone (Lift me up qui déchaîne les fans) et une reprise des Doors où Moby laisse le micro à son guitariste - on se croirait alors dans un karaoké de la banlieue de Tokyo) et hop tout le monde au lit.
Kojak est fatigué, il n'aime pas toujours pas George W. Bush ni le KFC
et vous remercie d'être venu. Je vous aime, adieu.
PS: Note positive cependant pour finir, mieux vaut voir un hangar plein pour Moby que pour la tournée de la vingt-huitième promotion de la Star Ac. Même si, une question finale me brûle les lèvres : à quand Moby à la Star Ac?