J’ai toujours préféré les soirées intimes aux gros rassemblements. Il est difficile pour moi de prendre le chemin d’un de ces mega concerts dont le Nikaïa a le secret (On comptait 5000 personnes ce soir là). Dès l’abord on se sent rebuté par une odeur douteuse de merguez ou encore par les vendeurs d’affiche. Pourtant l’affiche valait mille fois le déplacement. La soirée commença avec les norvégiens de Royksopp, grands oubliés de notre best of de fin d’année malgré leur album Melody A.M. qui ne prend pas une ride au fil des écoutes. On reste toujours envoûté par cette électro mélodique douce et froide pleine d’ambiance et de sentiment, qui rappelle par moment les mystérieux tableaux de Edvard Munch (peut être le plus grand peintres de la période fin XIXe début XXe) originaire de Bergen ville de résidence du duo. Malheureusement il est toujours difficile a une groupe électro (surtout intimiste) de se produire sur scène, n’offrant que le spectacle de deux musiciens triturant des machines. Il m’a fallu près d’une demi-heure pour entrer dans le spectacle, mais la fin fut une véritable tuerie avec trois morceaux incomparables dont Eple la fameuse musique de la pub Tiscali.
Pour Moby moins de scrupules, voilà quelqu’un qui est habitué aux sun light forts des 10 millions d’exemplaires vendus de Play son incontournable album de 1999. Il nous offrait un spleen fin de siècle, peut être un peu mou (trop rock a papa), mais ô combien envoûtant et attachant. L’avantage avec Moby c’est qu’il y a de la diversité, tous les publics étant d’ailleurs représentés, du fan arti de Technicart, à l’ado d’NRJ – M6, du public averti et pointu version Inrockuptibles à la ménagère gavée des pub TV qu’illustrent régulièrement les musiques de Moby. Bref pas de jaloux sur scène, il en avait pour tout le monde, des ballades langoureuses au hit techno en passant par un gros rock (en témoignent ses deux étonnantes reprises des Ramones et de Radiohead). On avait un peu l’impression de prendre un grand huit, ou de se balader dans Monaco où les résidences bourgeoises début de siècle succèdent a d’immenses gratte ciel. Bref durant une heure quarante, on prend quelques douches froides en passant par toutes les sensations. Il faut bien avouer que les sons techno se prêtent mieux a l’ambiance, un rien grandiloquent de ce spectacle très (trop) bien huilé, qui s’avéra tout de même par moment totalement irrésistible. On regrettera pourtant de ne pas savoir ce qui ce était réellement joué ou enregistré. Mais ne faisons pas la fine bouche et réjouissons nous plutôt de la venue a Nice des mégas tournées ce qui il y a encore deux ans été totalement inenvisageable.