 | Montgomery + Nacimiento + Markovo - 21 septembre 2007 - Poste à Galene - Marseille  Avalanche de dates rock/pop/indé sur cette reprise de septembre à Marseille, on serait presque en droit de se demander si cela signifie qu'on n'aura plus rien à se mettre sous la dent pour le reste de la saison ? Merde, en 15 jours, Nation All Dust, Criptonit Cirkus (2 fois) Banana's at the audience, Technicolor hobo, Smack La (2 fois), Nicholson, .../...
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Avalanche de dates rock/pop/indé sur cette reprise de septembre à Marseille, on serait presque en droit de se demander si cela signifie qu'on n'aura plus rien à se mettre sous la dent pour le reste de la saison ? Merde, en 15 jours, Nation All Dust, Criptonit Cirkus (2 fois) Banana's at the audience, Technicolor hobo, Smack La (2 fois), Nicholson, Gulcher, Lazybones, Ed Mudshi, Kid Francescoli,
Binaire, Basalte, ... Bam !
Et puis, encore ce soir là : Strings of consciousness, N'Twin, et en perspective, Lo le lendemain !!!
Bref, ne nous plaignons pas : si c'est le signe d'une vigueur retrouvée et le démarrage d'une énergie massiliotte qui va durer de longs mois, et bien bravo ! Hélas, si c'est pour "ouvrir le feu" de la saison avec un "one shot mensuel" et reprendre, dès fin octobre, la nonchalance mediterranéenne où le rock se fait rare, ben, le calcul est moins bon... Bref, qui vivra verra.
Ici, il sera question d'une "soirée Co3". Kesako ? Et bien, apres une première session en mars dernier au Cabaret Aléatoire, le collectif dissimulé derrière ce patronyme de Co3 continue de jouer la carte du mystère... Ouais, mystère peu excitant me direz-vous, à priori tout le monde s'en fout. C'est vrai. Une asso de plus ou de moins, un nouveau collectif ou autre chose, à Marseille on est blasé des aventures qui prennent trop vite des noms sans que les initiatives ne suivent... Sauf que lorsqu'on sait que Co3 c'est quand même Radio Grenouille, le Cabaret Aléatoire, Le Moulin, Les Chroniques Sonores et la Co-opérative Friche Belle de Mai, ça fait un peu réfélchir non ? Bon, ben jusqu'ici, rien de très novateur : deuxième "plateau musique", assez classique dans sa forme dira-t-on. Mais gageons que cette réunion de forces en puissance ne tarde pas à faire parler d'elle d'une façon plus...amplifiée ?
Quoi qu'il en soit, au programme de ce "plateau Co3" du 21 septembre : les rennais de Montgomery, dont la pop étonnante aura surpris aussi bien le "CQFD" des Inrocks que le FAIR, mais dont l'aura est inversement discrète, et les marseillais de Nacimiento (assez discrets jusqu'ici, eux aussi) et de Markovo : décidément, on est loin d'un plan marketing tapageur, aussi bien du côté organisateur que du côté artiste... Ca fait du bien, tiens, d'un coup, cette discrétion apparente. Parce qu'en plus, au compteur du Poste à Galène, une belle salle bien remplie de moitié, ce qui, au vu des infos développées ci-dessus, est une première heureuse surprise...
Nacimiento ouvre le bal vers 21h30, et force est de constater que la quatuor a bien mûri. Après info prise auprès de quelques figures locales, il s'avère qu'au-delà d'avoir eu l'honneur de clôturer la scène finale du prochain long métrage de M. Guédiguian (Lady Jane, sortie en salle fin janvier, ndlr) et en live s'il vous plaît, les Nacimiento bossent d'arrache-pied tous azimuths : résidences, enregistrements, compositions, bref, de fait le résultat est là. Si on alterne toujours entre un spleen assumé et des envolées indie parfois encore un peu "à la...", le groupe semble marcher en droite ligne vers un style et un son bien plus personnel, et au final ça ne manque pas de charme... Ce chassé/croisé entre cold rock, psychédélisme 70's et pop saturée a enfin trouvé son fil conducteur, peut-être encore un poil timide mais du coup tout prend du sens, et surtout, de la corpulence. Les partie de violon sont bien mieux intégrées, et les polyphonies de leur double chant parfaitement maîtrisées. Un bien beau set pour résumer, à la fois sincère et sans sur-séduction inutile, tout en élégance... Un dernier petit effort et on tiendra là un truc peut-être assez prometteur, ce qui est à saluer dans nos contrées provinciales.
Après un (assez long) changement de plateau, les Montgomery gagnent la scène : à coups de contrepieds, leur pop chantée en français est vraiment décalée, et assez interessante : tout d'abord, leur son est d'une propreté bluffante, il y a là une maîtrise incontournable de leur prestation; ensuite, les morceaux eux-même se surprennent à des incursions assez éparses, c'est parfois même noisy, un peu expérimental, et ça juste au détour d'un truc calibré très " pop radio tune"... On hésite aussi, du coup, entre être sous le charme ou circonspect; Montgomery est une sorte d'Ovni aux bonnes intentions, frais et caustique, détendu et titilleux, et ma foi, comment s'empêcher de trouver ça foncièrement sympathique ? Oui, sympathique, c'est bien le mot.
La salle s'est un peu vidée, cependant. Nacimineto aurait-il emporté quelques fans vers le bar d'en face ? Montgomery découragé quelques esprits chagrins ? L'heure, ramené au lit quelques couche-tôts ? Pas assez pour que Markovo ne se donne pas la peine d'attaquer avec un son d'enfer, le meilleur de la soirée probablement, quoiqu'un poil fort à mon goût...
Encore un Ovni, Markovo.
Un autre type, ceci dit : trio iconoclaste, leur musique puissante navigue entre une électro toute en profondeur et de furieux passages ambiant rock, et incontestablement les trois garçons prennent un grand pied à jouer ensemble, ce qui produit toujours un effet euphorisant sur les auditeurs : même si un demi cercle s'est formé en retrait du milieu de salle, laissant désert un devant de scène inondé de déluges sonores sporadiques, l'heure qui avance ne fait pas vaciller une audience très attentive, qui scrute les démêlées de chacun des instrumentistes. Leur musique n'est pas des plus abordables : allongée, lancinante, technique, bruitiste, complexe, les adjectifs défilent dans ma tête et je me dis, pour finir, que lorsqu'ils se passent des projections dont ils s'entourent habituellement, leur jeu de scène a un peu de mal à se suffire à lui-même... L'absence de chant, dans ce cas de figure, est toujours difficile à gérer, et la qualité évidente de leur musique, riche s'il en est, peine à imprimer la rétine là où elle pénètre avec une aisance virulente dans les oreilles... Un travail scènographique bien à propos permettrait de pousser Markovo hors de nos frontières marseillaises, à coup sûr !
Et bien, encore une étape de franchie, et de bien belle façon ma foi ! Si Co3 démarre lentement son émergence, son choix de programmation "coup de projecteur" aura été ce soir bien senti car à l'image de la plupart de mes compagnons du public, je me promets de rester à l'écoute de chacun de ces projets. Accrochons notre badge (offert) de Nacimiento au revers de notre boutonnière, et fermons le Poste à Galène en compagnie de son équipe pour un dernier verre... Restons vigilants : de Co3, Nacimiento ou Markovo, lequel des trois fera vibrer les colonnes des media en premier ? Quand à Montgomery, ils sont déjà quelque part sur un tronçon d'autoroute : Marseille/Rennes aller retour dans une seule journée, ca évite de façon directe de traîner au zinc ! Réagir à cette critique |
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