Dans un Théâtre Antique de Vienne se remplissant doucement, le groupe lyonnais
Daytona débute la soirée sous un soleil éclatant. Malgré des applaudissements nourris pour les locaux de l’étape, la musique de ce trio n’a pas vraiment décollé : textes très moyens chantés avec platitude, compositions sans grand relief, présence scénique inexistante… Comme lors de leur première partie du groupe
Kaolin à la
Coopérative de Mai, le pop/rock de
Daytona n’a pas convaincu.
Désormais habitués des grandes scènes et des triomphes faciles,
Superbus a encore fait preuve d’un dynamisme communicatif et d’une bonne humeur rafraîchissante. Toutefois, si leurs morceaux mélangeant le ska, le punk et le rock sont accrocheurs, ils manquent cruellement d’originalité.
Ce léger problème ne refroidit pas les kids : ils veulent sauter en l’air et s’amuser. Quand on dépasse les 20 ans, le côté très pro et réglé au millimètre de
Superbus lasse assez rapidement : les discours sont les mêmes à chaque concert, les chansons sont jouées à l’identique etc. Ils existent depuis un an et se comportent déjà comme des vieux musiciens en roue libre…
L’arrivée d’
Hawksley Workman ne passe pas inaperçue : pantalon moulant avec une sorte de ceinture de chasteté brillante, lunettes fumées de star, chemise excentrique, déhanchements particulièrement sexuels dès les premières mesures… Voilà une entrée en scène très réussie ! Le canadien exilé volontaire à Paris réussit à transporter de joie tout le public avec son extravagance, sa classe, son humour et son talent de musicien. Sa musique mélange avec un culot indécent le rock, le glam, la pop, les happenings…
Photo : Thom Hamilton
En plus, les musiciens se mettent au diapason de leur leader :
Mister Lonely est toujours aussi présent aux claviers, le bassiste donne un côté groovy à l’ensemble et le batteur fait preuve de subtilité ou d’énergie pour rythmer les perles composées par Mister Workman. Bien secondé, le leader du groupe peut alors se livrer à de nombreuses facéties : danses lascives, solo de bâtons sur
Sad house daddy, discours hilarants, strip-tease partiel… La vue d’un concert de ce showman est vivement recommandée à tous les dépressifs de la terre : le public éclate de rire et sourit pendant tout le spectacle.
Ce feu d’artifice n’est pas là pour cacher la pauvreté des chansons - excellentes à l’image de
I’m jealous of your cigatette ou
No more named Johnny - et encore moins le peu de maîtrise des instruments du maestro. Celui-ci, entre deux mini sketches, passe allégrement de la guitare au piano, puis s’essaye à jouer avec des castagnettes originales et termine même sur un excellent solo de batterie (oui, ça existe !).
Quand la prestation d'
Hawksley Workman prend fin, on n’a qu’une chose en tête : chercher un lieu où il se produit pour recroiser la route de cet artiste d’exception. Trouver un cadre aussi magnifique que le Théâtre Antique de Vienne sera difficile mais la seule présence de cet hurluberlu fera oublier le reste...
L’arrivée des vedettes de la soirée, se fait au compte-gouttes au son d’une bande enregistrée. Le groupe arrive en premier, suivi peu après par
Skye Edwards, qui joue toujours les stars inaccessibles. Pourtant, il n’y a vraiment pas de quoi pavoiser car
Morcheeba donne un concert mou, lourd et sans aucune inspiration. Les morceaux des deux derniers albums se ressemblent tous et sont presque tous bâtis sur les mêmes gimmicks.
Le guitariste,
Ross Godfrey ne peut s’empêcher de jouer comme un guitariste de hard-rock de seconde zone : soli imbus d’eux mêmes, rythmiques lourdingues… De son côté,
Skye Edwards malgré une voix remarquable ne pense qu’à chanter de manière affectée tout en prenant des poses lascives (mais sans aucun humour, elle…)… Tout cela est fort décevant et engendre une torpeur certes agréable avec la légère brise qui s’est levée sur Vienne mais il manque quand même quelque chose.
Les deux meilleures chansons sont jouées en rappel et réveillent quelque peu l’enthousiasme de la foule. Malheureusement, une présentation de chaque musicien - avec solo interminable de rigueur - finit de doucher les espoirs de décollage vers les étoiles...
Morcheeba devrait plutôt penser à composer et à arranger correctement ses chansons au lieu de s’occuper des ventes de disques et des négociations pour avoir la tête d’affiche dans les festivals.