Concert complet dans le club de la Coopé pour
Moriarty et
Don Nino ; rien d'anormal puisque le mélange de country folk bluegrass de
Moriarty fait recette actuellement... Et pour une fois, le succès semble mérité et n'aboutit pas à une déception quand on se rend au concert. Ce joli moment était en plus précédé par un très beau set de
Don Nino, dans un style moins fédérateur, mais très convaincant.
Don Nino :
Jeune vétéran de la scène alternative,
Don Nino est là pour présenter son remarquable album de reprises intitulé
Mentors Menteurs. Accompagné par un batteur parfait pour le rôle, notre homme (à la guitare électrique légèrement dissonante, aux claviers acides et au chant parfaitement assuré) délivre un set en tous points remarquable : des reprises bien choisies, prises sous un angle personnel et original, avec un son parfait.
Bela Lugosi's Dead de
Bauhaus,
There Is A war de
Leonard Cohen,
Dominoes de
Syd Barrett,
A Day in The Life des
Beatles et
Kiss de
Prince (entre autres) subissent un authentique traitement de faveur. L'hommage rendu à ces mémorables chansons n'est pas scolaire pour un sou ; les mélodies de voix, les arrangements sont intelligemment bousculés, ce qui fait encore plus ressortir les qualités intrinsèques des titres et le talent des musiciens. Quand cette première partie (saluée par le public venu pour Moriarty) se termine, un seul regret se profile à l'horizon : on reste un peu sur sa faim à cause de la faible durée du spectacle...
Moriarty :
Les vedettes de la soirée, les franco Américains de
Moriarty ont enchanté leur public avec un concert entre mise en scène superbement théâtralisée et country folk blues fortement imprégné de musique américaine des années 30. Le show – acclamé par un public conquis d'avance – que propose
Moriarty est tout simplement ébouriffant : les morceaux sont bien écrits, arrangés avec classe et interprétés avec ferveur. Le charisme de la chanteuse et de ses acolytes (guitares électrique et acoustique, harmonica, batterie, contrebasse) emporte tout sur son passage, la petite touche d'humour et de simplicité qui vient avec étant le petit plus qui tue. La voix veloutée et marquante de Rosemary, les chœurs graves de ses camarades de jeu et le choix des orchestrations (entre country blues ancestral et folk n' jazz authentique), tout contribue à donner un grand sourire à la fin des morceaux. Les tubes de l'excellent premier album du groupe
Gee Whiz But This Is A Lonesome Town (
Jimmy,
Private Lily,
Lovelynesse... ), les morceaux plus difficiles d'accès de prime abord, les nouveaux titres et la reprise joyeusement massacrée d'
Enjoy the Silence de
Depeche Mode s'enchainent imparablement pour le plus grand bonheur de l'assistance, qui sort de la Coopé ravie de sa soirée, après de réjouissants rappels accordés en toute simplicité par Moriarty.
Sites Internet :
www.moriartyland.com/,
www.myspace.com/moriartylands,
www.naive.fr,
www.myspace.com/donnino,
www.prohibitedrecords.com.