Cabaret folk déglingué tissé autour de la voix profonde de cette diva sortie d'un autre temps. Cette musique est peuplée par des présences lointaines : folk américaine et irlandaise donc, blues rural du sud des Etats-Unis, country hantée et élégamment poussiéreuse, et peut-être même le revenant d'un exilé allemand ressemblant étrangement à Kurt Weill. Et surtout, elle raconte des histoires...
Dernière actu : Cabaret folk déglingué tissé autour de la voix profonde d'une diva sortie d'un autre temps. Cette musique folk est peuplée par les fantômes d'une Amérique fantasmée, et peut-être même celui de Kurt Weill. Et surtout, elle raconte des histoires...
Découvrez leur univers au cours de leur tournée et dans notre interview.
Bon avouons le, l’affiche de la Garden Nef Party, c’était un peu le truc le plus excitant niveau rock’n’roll qu’on ait vu depuis longtemps. Même si les festivals c’est pas trop ma came, là j’ai pas hésité longtemps. Et dire que j’y suis presque tombé par hasard, cherchant une hypothétique date française pour Archie Bronson Outfit, groupe que je désespère de voir depuis 3 ans. Je tombe sur la prog’ du festival, avec les Kills, autre groupe fantasmé (à Marseille c’est parfois la dèche niveau gros combos électriques). Et tout le reste c’est du bonus, et quel bonus : les Hives, les Bellrays et, (énooooorme) cerise sur le gateau, Iggy & the Stooges.
Un cours de géographie SNCFienne m’apprend qu’un Marseille-Paris-Angoulème c’est plus rapide et moins cher qu’un Marseille-Angoulème, et c’est parti pour deux jours de rock’n’roll ras la gueule, avec une seule appréhension, il va falloir faire des choix !
Le lieu est des plus agréables (même si peu d’ombre en journée), pas mal d’espace vert, une belle vue sur la vieille ville et une jauge où on se marche pas les uns sur les autres. Loi du genre, la bouffe est chère et pas spécialement bien fournie et la bibine un peu cheros (3 euros). Comme d’hab’, il vaut mieux avoir ses propres provisions. Mais l’accueil est des plus sympas, on n’a pas l’impression d’être dans une grosse machine à fric. D’autant que le pass deux jours à 60 euros est vraiment raisonnable.
Vu que je sais que pour certains c’est important, précisons que le festival est éco-citoyen comme on dit. Gobelets consignés, toilettes avec sciure, brigade verte, etc… Et faut dire que le résultat est visible d’entrée pour les vieux briscards des rendez-vous d’été : c’est propre ! Même après deux jours musicaux et éthyliques. Allez, on se prend à rêver d’un « label lutte-de-classe-compatible », qui s’apposerait aux salles et festival qui respectent le droit du travail, le salaire minimum, etc…
Archie Bronson Outfit
On arrive sur place à 16h30 le premier jour et c’est à peine après une bière qu’Archie Bronson Outfit attaque. Et là déception. Bon, entendons-nous bien, c’est un peu le groupe qui truste mes platines depuis 3 ans, que je crève d’envie de voir dans un petit club, et là 17h, en plein cagnard, avec un son horrible… Pas de bol, le son sera impeccable le reste du festival (bravo aux sonorisateurs d’ailleurs). Raaah, bordel, ça tombe juste sur ce groupe ! Et c’est d’autant plus frustrant qu’à travers le magma sonore, on sent que ce groupe est hyper doué, leur zique carrément obsessionnelle. À revoir d’urgence donc (programmateur marseillais, si tu lis ces lignes c’est ma commande pour 2009….).
Archie Bronson Outfit
J’avoue qu’après je serais fort peu professionnel : je boude ! Direction le bar pour cuver ma rancoeur et éviter de tomber sous un soleil de plomb. Tant pis pour le folk hippisant d’Alela Diane (et en plus elle a un bon son elle, screugneugneu…). Bon pas besoin de dire pourquoi je boycotte les BB Brunes, heing. Je jette un œil quand même, et suis déçu, leur public n’est même pas hystérique, plutôt mou du genou. Zarb’, y avait pleins de kids, j’pensais qu’ils seraient en folie pour leurs idoles.
Retour sur la ch’tite scène pour Moriarty, que j’avais jamais encore vu après leurs deux dates complètes au Poste à Galène. Cabaret blues, le combo fait partie des (trop nombreux ?) groupes actuels fan de Tom Waits, musicalement doués et qui s’échangent sans arrêt leurs instruments. Y a pas à dire, y a quelque chose, la chanteuse pince-sans-rire est bien dans son rôle, les musicos sont attachants, mais ça me fait l’effet d’un groupe de premiers de la classe, leurs reprises de Enjoy the silence de Depeche Mode et de Chocolate Jesus de Tom Waits ne m’enlèveront pas cette idée d’exercice appliqué. Attention, je me répète, il y a quelque chose (c’est pas comme The Do le lendemain que j’ai trouvé sans saveur) mais pas accroché. Sûrement plus facile d’entrer dans leur univers dans une ch’tite salle, aux allures de cabaret donc.
The Kills
Ce n'est pas sans une excitation certaine que je me dirige vers la grande scène, pour ce qui est pour moi une des grosse claque de ces dernières années, The Kills, la version crade de White Stripes. Et je ne serais pas déçu par le duo le plus sexe du rock actuel. Voix, deux guitare, boite à rythmes, la recette d'un rock obsessionnel et épileptique, violent, cradingue, qui te saisis au dessous de la ceinture. VV a cette voix d'une PJ Harvey toxico et enragée, à elle seule elle fascine. Hotel mitraille le public, et sa compagne, avec sa gratte, obsédé par son son, autiste lors de son moon-walking de camé. Musique trouble, ambiance malsaine, renforcé par la boite à rythme qui déshumanise le son, peine perdue vu l'énergie charnelle, lascive qui se dégage du couple. Violence implacable aussi dans ses riffs de guitares fiévreux, cette voix au bord de la rupture, la cavalcade désespérée pour ces deux là qui pousse à son paroxysme le côté viscéral du rock'n'roll. Une claque magistrale donc...
The Kills
Bon après un truc comme ça, normalement tu rends les armes, tu vas te coucher. Et bien pas à la Garden Nef Party qui semble vouloir garder son festivalier sous tension et excitation permanente. Parce que là, dans la foulée, on a droit à rien de moins qu'Heavy Trash, le nouveau projet de Jon Spencer, Ladys and Gentlemen ! Avec son alter ego canadien Matt Verta Rey, accompagné par les insolents danois de Powersolo (qu'on adore ! Lollipop power !), il revisite à sa façon le rock 50's.
Heavy Trash
C'est pas trop ma came à la base le 50's, mais le Spencer c'est quand même la classe absolue sur scène. Une dégaine de crooner sous amphétamines, un groupe qui assure sa race, pour un set impeccable. Niveau son, je préfère le Blues explosion, mais faut bien avouer qu'Heavy Trash, c'est terriblement efficace, complètement jouissif. On passe de la face sombre du rock avec les Kills à un côté complètement jubilatoire.
Heavy Trash
Suite à tant de bonheur électrique, j'écouterais de loin le rock 70's des) The Raconteurs, me faisant penser à du sous Ten Years After pas inspiré... Tu me diras, si on avait eut droit à White Stripes, je crois que j'aurais succombé...
The Raconteurs
On retourne donc à la petite scène pour Brian Jonestown Massacre. Vu que j'ai pas vu Dig, j'arrive "vierge" pour découvrir le groupe. Déjà, ils sont nombreux, sept, et je me demanderais souvent lors du concert le pourquoi de 3 guitares (parfois 4 !). Disons le tout de suite, je n'ai pas été conquis. Attention, c'est pas mauvais, loin de là, mais ce côté rock 70's psyché, sous influence Doors / Velvet, m'a guère touché. J'ai trouvé que les morceaux se ressemblaient souvent, et, alors que je susi assez accro des montées instrumentale sous tension, là je m'enmerde un peu malgrès leur mascotte aux clopes et accessoirement tambourin. Juste que j'ai pas trouvé ça habité malgrès tout ce qu'on m'avait dit. Pas mon truc quoi...
Brian Jonestown Massacre
C'est quand même loin de l'escroquerie Justice qui suivra. J'comprends pas comment un tel groupe peut susciter l'enthousisame alors que leur set est terriblement basique et ennuyeux. Bon ok l'électro c'est pas ma came, mais je trouve que Birdy Nam Nam le lendemain s'en sortira bien mieux dans un set plus efficace.
Justice
C'est pas tout ça, mais faut rentrer (cool y a un système de navettes gratos), encore abasourdi par tant de qualité sonique prise en peu de temps.
>> Réponse (le 25/07/2008 par Roo_Ha_Kim) Chanceux va!Les Kills et Heavy Trash, je sais pas quand est-ce qu'on verra ça dans l'aglo marseillaise...Pour info, .../...La suite
>> Réponse (le 27/07/2008 par Diego) Tout a fait d'accord, le jour où il y aura un festival rock de ce calibre dans la région marseillaise les vaches auront .../...La suite
>> Réponse (le 29/07/2008 par Three Quid) Raconteurs pathétiques? on a pas vu le même concert ??
Le niveau musical de ce concert était sans doute le plus élevé .../...La suite
Interview de Moriarty - 16 mai 2008 - Forum - Berre l’Etang (13) La bande-son des désaxés(*)
L'interview a eu lieu avant le concert donné par le groupe dans la salle du Forum de Berre l'Etang (13) le 16 mai 2008 où 900 personnes étaient présentes. Démarrée sur .../...
L’interview a eu lieu avant le concert donné par le groupe dans la salle du Forum de Berre l’Etang (13) le 16 mai 2008 où 900 personnes étaient présentes. Démarrée sur le parking de la salle, l’interview s’est poursuivie durant une petite balade dans la petite ville avec Arthur et Rosemary. Sans avoir aucune idée de l’endroit où nos pas nous menaient, nous nous sommes retrouvés dans le cimetière municipal. Un chat noir et blanc nous a accompagné dans le plus ancien carré, là où les coquelicots sauvages avaient envahi les allées entre les vieilles tombes, tandis que passaient au-dessus de nos têtes les avions qui décollaient de l’aéroport de Marignane.
Moriarty, qui êtes-vous ?
Arthur : Nous sommes des amis de longue date, certains depuis le bac à sable. Nous sommes tous nés en France mais tous de parents américains, sauf Stéphane qui a des racines vietnamiennes mais dont les parents ont émigrés aux Etats-Unis après la guerre du Vietnam. Nous ne nous sommes rencontrés dans un lycée américain à Paris, le genre creuset un peu coupé de l’extérieur. Nous nous sommes rencontrés au cours de notre scolarité que nous avons suivi dans les bons établissements laïque de la République française à Paris.
Mais alors, qu’est ce qui vous a rapproché ?
Rosemary : Les autres. Chacun de nous n’a pas forcément vécu des choses très agréables avec les autres jeunes qui n’acceptaient pas facilement qu’une partie de notre identité et de notre culture soit ancrée de l’autre côté de l’Atlantique. Nous étions différents d’eux, c’est tout. Forcément, on s’est rapproché, puisqu’on vivait la même chose. C’est un mouvement assez commun chez les êtres humains. Quand on est un peu rejeté d’un côté, on va vers l’autre. Ceci était d’autant plus facile qu’une partie de nos familles respectives vivent toujours aux Etats-Unis. Et la musique a été évidemment le vecteur de notre rapprochement.
Moriarty, c’est l’ennemi juré de Sherlock Holmes ?
Arthur : Non, Moriarty, c’est Dean Moriarty, le héros de Sur la route de Kerouac. Quand nous avons créé le groupe, nous étions tous en train de lire ce livre et nous avons décidé d’adopter ce nom car nous pensions qu’il nous ressemblait. Donc, dans le groupe, c’est devenu notre nom de famille : Thomas Moriarty joue de l’harmonica, Stephane Moriarty joue de la contrebasse et de la guitare, Charles Moriarty joue de la guitare, Rosemary Moriarty chante et moi, Arthur Moriarty, je joue de la guitare, de la contrebasse et des percussions. Sur scène, nous sommes également accompagné de Vincent à la batterie.
Vous avez mis 10 ans pour sortir votre premier disque. Ce n’est pas un peu… long ?
Arthur : Moriarty existe depuis 10 ans mais le groupe n’est pas notre raison de vivre. Chacun de nous à un métier qui nous fait plus ou moins vivre. Mais en tout cas, cette situation nous a dégagé pendant toute une période d’obligations que l’on aurait pu se mettre quant à la production d’un disque. Et puis Moriarty dans sa forme actuelle n’a que trois ans, car Rosemary n’était pas avec nous dès le début. Et depuis, tout a changé…
Un nom mythique, une date de naissance obscure, des membres qui portent le nom du groupe, un site internet à accès réservé, des concerts minutieusement mis en scène… Peu de jeunes groupes adoptent dès le départ une démarche aussi élaborée.
Rosemary : Tout cela a effectivement été réfléchi et pensé. C’est l’apanage des gens qui ont pu profiter d’une longue maturation, bien que nous ayons tous la trentaine, sauf moi, qui n’est que 28 ans ! (rire). Et malgré notre relative jeunesse, nous ne sommes pas des impatients. Je pense que tout doit arriver en temps et en heure et surtout que cela ne dénature pas notre identité qui est déjà bien compliquée à gérer : nous sommes un jeune groupe français d’origine américaine, nos têtes, nos cœurs, nos pensées effectuent sans cesse des allers-retours au-dessus de l’Atlantique et Moriarty est ce qui nous cimente. Pas question de faire n’importe quoi avec.
Donc, vous avez tous attendu 10 ans bien sagement en vivant de vos métiers respectif en attendant que ça vous tombe sur la tête ?
Rosemary : Tout ce qui nous arrive aujourd’hui, c’est un accident. Nous étions invités à jouer après un spectacle dans un théâtre à Paris, tu vois, le genre groupe de cocktail. Et à la fin du set, un homme vient nous trouver pour nous dire qu’il apprécie beaucoup ce qu’on fait et qu’il veut nous aider. Arthur : c’était Jérôme Deschamps, on était dans son théâtre. Moi, je ne savais même pas qui il était. Bref, avec sa femme Macha Makeïeff, il a tenu parole, il nous a présenté aux gens du label Naïve. Et je crois que le label a voulu faire plaisir à Deschamps en nous signant pour un album, mais juste comme ça, sans trop y croire. Du coup, ils nous ont foutu la paix, on a fait ce qu’on a voulu.
Et qu’est ce que vous avez voulu faire sur votre premier album, Gee whiz but this is a lonesome town ?
Arthur : C’est une sorte de compilation des morceaux que nous avons écrit depuis 10 ans. L’album représente encore un tiers de nos compositions. Jimmy la première chanson qui est devenu le single a 10 ans. Mais cette chanson ne ressemblait pas du tout à celle qu’on peut entendre dans l’album. Elle a évolué au cours de toutes ces années jusque dans les accords de guitare. Cela est dû à notre mode de fonctionnement. Tout le monde dans le groupe participe aux morceaux, que ce soit les textes ou les musiques. Et une chanson n’est terminée qu’à partir du moment où nous sommes tous les 5 d’accord.
C’est la chanson qui décide ?
Arthur : Peut-être au final. En tout cas, nous avons voulu créer une sorte de démocratie Rousseauiste dans Moriarty. Voilà pourquoi on met souvent du temps pour finir une chanson.
Et pourquoi avez-vous privilégié ce côté folk rural américain ?
Rosemary : ça c’est une invention des journalistes, l’étiquette folk années 30. En France, il faut tout étiqueter, ça rassure les gens. La seule chose qui nous lie vraiment avec la tradition folk, c’est que nos chansons racontent des histoires. Mais notre musique est beaucoup plus variée que cela. Nous ne sommes pas coupés du monde, nous sommes influencés par les sons d’aujourd’hui comme par le rock des années 70 ou la new wave des années 80. On ne vit pas sous une cloche estampillée « Nouvelle Orléans 1930 » !
Oui, d’accord, mais c’est vous qui avez choisi dans votre répertoire, non ? Et manifestement, vous avez voulu donner une cohérence, renforcée l’omniprésence d’une contrebasse et d’un harmonica qui marquent quand même très fortement votre musique.
Rosemary : Évidemment, notre musique est totalement américaine, c’est notre identité. Mais d’une Amérique ancienne, peut-être cette Amérique d’avant que nous fantasmons tous en tant que franco-américains. Arthur : Puisque notre démarche est plutôt d’attendre que les choses s’imposent d’elles-mêmes, peut-être que nos chansons sont effectivement quelque chose qui vient de loin en nous, quelque chose de nos racines profondes avec lesquelles nous voulons renouer à travers la musique.
(*) Quand John Huston tourne The Misfits (Les désaxés) en 1961, il voulait célébrer, à sa façon, une messe en mémoire d’une Amérique des chevaux sauvages et des espoirs de liberté qui disparaissait au profit d’une nouvelle Amérique, celle des voitures et des centres commerciaux que l’on connaît aujourd’hui. Dans ce passage de témoins, tout le monde était désaxés : Marilyn Monroe en femme divorcée et déprimée, Clark Gable, le cow-boy nostalgique ou Montgomery Clift en jeune amateur de rodéo. La musique de MORIARTY, elle aussi, coincée entre deux mondes, la France et les Etats-Unis, pourraient très bien être la bande-son idéale de ce film mythique.
Moriarty + Poney Express - 14 Mai 2008 - Le Poste à Galène - Marseille Le Poste à Galène ce soir se transforme en saloon : il accueille tambours battants l'hétéroclite famille des Moriarty introduite par la famille recomposée du Poney Express ; le célèbre .../...
Le Poste à Galène ce soir se transforme en saloon : il accueille tambours battants l’hétéroclite famille des Moriarty introduite par la famille recomposée du Poney Express ; le célèbre hors-la-loi versus le service postal du grand ouest américain (…).
Ce Poney Express là n’est pas un service postal mais bien un collectif musical conduit par Robin issu de Louise Attaque (chant, guitare et accessoirement en chemise de bûcheron et chapeau de cow-boy) et Ana du groupe Têtard (guitare et voix sucrée), tous deux auréolés par une violoniste (ndP : issue du groupe aixois Musard !!!) à bretelles et un percussionniste muni d’un chapeau de paille et d’un harmonica. Je suis malheureusement arrivée en cours de route, empoussiérée de sueur en plein cœur d’une salle prise d’assaut, mais j’ai tout de même pu apercevoir, le tant d’une petite fournée, Poney Express disséminer une pop tendrement folk, fraîche et joliment volubile. La foule est réceptive, rêveusement enthousiaste.
Après une bonne demie heure de changement d’horizon scénique et de trépignements fébriles, s’installe Moriarty sur une mise en scène avec tête de chamois (on apprendra plus tard qu’il s’appelle Gilbert et qu’il est alsacien) sur paravent chinois et lampe-tapisserie (allumée).
Les Moriarty , au nombre de six personnages, dévoilent leurs talents d’orchestre déjanté : guitare sèche, électrique (médiator ou archet), contrebasse, harmonica, batterie, xylophone et kazoo forment l’éventail musical de ce concert-cabaret. Toute en prestance grave et majestueuse, Rosemary la dame corde vocale, enveloppe la salle de sa voix somptueuse, à l’octave généreux et au grain envoûtant.
Une de ces voix qui s’impriment dans l’oreille et contaminent notre mémoire sonore. Une de ces voix qui funambulent et dessinent des constellations musicales. La voilà qui déambule d’un musicien à un autre, en poupée de cire solennelle, battant l’ère d’un coup de baguette magique.
Puis les musiciens se pressent en demi-lune autour d’un seul micro de studio et nous font partager leur folk intimiste, malicieuse et fantaisiste. Les mélodies se bercent de country, de gospel, de blues, voire d’expérimentations électroniques ; leurs histoires sont prégnantes de mélancolie, enserrant un personnage ou un horizon embrumé, pimentées par des interventions absurdement comiques.
Une petite heure à peine et les voilà qui saluent comme des comédiens, bras dessus bras dessus, et s’évanouissent avec la lumière en coulisses. Deux rappels pour six Moriarty qui se font désirer et dont le spectacle s’achève quelque peu brutalement sous les meutes générales, brutalisant le rêve. Le néon brûle, les portes papillonnent sur la nuit goudronnée. Welcome back to Marseille city, aux treize coups de minuit. (« Why don’t you turn off your TV ? »)
Petra Magoni et Ferruccio Spinetti + Moriarty - 1er avril 2008 - Festival chorus - la Défense Les midis du Magic Mirror sont des concerts entre 12h et 14h gratuits et avec des artistes qui ne sont déjà plus des découvertes.
Aujourd'hui il y a foule sous le chapiteau car deux pointures se .../...
Les midis du Magic Mirror sont des concerts entre 12h et 14h gratuits et avec des artistes qui ne sont déjà plus des découvertes.
Aujourd’hui il y a foule sous le chapiteau car deux pointures se partagent la scène.
On commence par Petra Magoni et Ferruccio Spinetti.
Un duo italien, contrebasse et voix, des plus étonnant puisqu’on ne peut pas vraiment leur attribuer de répertoire. Entre leurs propres compositions et les reprises lyriques, pop ou soul qu’ils s’approprient admirablement on ne sait plus où donner des oreilles.
Elle, est vraiment déroutante avec cette voix irréelle. Le premier morceau, reprise des Beatles, Come together, met déjà la barre très haut.
Un jeu acoustique avec cette voix seule, alors qu’ elle chante complètement recroquevillée dans I wanna be ready, vous transporte. Elle est tellement charmante avec ses petites interventions franco-italiennes. Couleur café en français en France forcément c’est moins facile qu’en Italie, mais non c’est encore mieux que ça ! Et le Ne me quittes pas en italien vraiment grandiose.
Ils seront au grand rex le 7 avril si je vous ai donné l’eau à la bouche.
2 ème plateau avec la famille Moriarty.
La diva Rosemary, ses quatre frères et une batterie pour l’occasion, nous jouent une musique folk américaine teintée d’Irlande.
Toute l’ambiance est respectée au moindre détail. La panoplie d’harmonicas, les décors, les costumes, comme si nous étions dans le « Moriarty limited ».
Sans oublier leur cerf empaillé préféré, Gilbert, qui restera dans les bras de Rosemary sur la reprise d’ Enjoy the silence (original quand les paroles sont « all i nedd is here in my arms » !).
Private Lily nous introduit bien dans leur univers et Jimmy restera mon préféré indéniablement.