Bon avouons le, l’affiche de la
Garden Nef Party, c’était un peu le truc le plus excitant niveau rock’n’roll qu’on ait vu depuis longtemps. Même si les festivals c’est pas trop ma came, là j’ai pas hésité longtemps. Et dire que j’y suis presque tombé par hasard, cherchant une hypothétique date française pour
Archie Bronson Outfit, groupe que je désespère de voir depuis 3 ans. Je tombe sur la prog’ du festival, avec les
Kills, autre groupe fantasmé (à Marseille c’est parfois la dèche niveau gros combos électriques). Et tout le reste c’est du bonus, et quel bonus : les
Hives, les
Bellrays et, (énooooorme) cerise sur le gateau,
Iggy & the Stooges.
Un cours de géographie SNCFienne m’apprend qu’un Marseille-Paris-Angoulème c’est plus rapide et moins cher qu’un Marseille-Angoulème, et c’est parti pour deux jours de rock’n’roll ras la gueule, avec une seule appréhension, il va falloir faire des choix !
Le lieu est des plus agréables (même si peu d’ombre en journée), pas mal d’espace vert, une belle vue sur la vieille ville et une jauge où on se marche pas les uns sur les autres. Loi du genre, la bouffe est chère et pas spécialement bien fournie et la bibine un peu cheros (3 euros). Comme d’hab’, il vaut mieux avoir ses propres provisions. Mais l’accueil est des plus sympas, on n’a pas l’impression d’être dans une grosse machine à fric. D’autant que le pass deux jours à 60 euros est vraiment raisonnable.
Vu que je sais que pour certains c’est important, précisons que le festival est éco-citoyen comme on dit. Gobelets consignés, toilettes avec sciure, brigade verte, etc… Et faut dire que le résultat est visible d’entrée pour les vieux briscards des rendez-vous d’été : c’est propre ! Même après deux jours musicaux et éthyliques. Allez, on se prend à rêver d’un « label lutte-de-classe-compatible », qui s’apposerait aux salles et festival qui respectent le droit du travail, le salaire minimum, etc…

Archie Bronson Outfit
On arrive sur place à 16h30 le premier jour et c’est à peine après une bière qu’
Archie Bronson Outfit attaque. Et là déception. Bon, entendons-nous bien, c’est un peu le groupe qui truste mes platines depuis 3 ans, que je crève d’envie de voir dans un petit club, et là 17h, en plein cagnard, avec un son horrible… Pas de bol, le son sera impeccable le reste du festival (bravo aux sonorisateurs d’ailleurs). Raaah, bordel, ça tombe juste sur ce groupe ! Et c’est d’autant plus frustrant qu’à travers le magma sonore, on sent que ce groupe est hyper doué, leur zique carrément obsessionnelle. À revoir d’urgence donc (programmateur marseillais, si tu lis ces lignes c’est ma commande pour 2009….).

Archie Bronson Outfit
J’avoue qu’après je serais fort peu professionnel : je boude ! Direction le bar pour cuver ma rancoeur et éviter de tomber sous un soleil de plomb. Tant pis pour le folk hippisant d’
Alela Diane (et en plus elle a un bon son elle, screugneugneu…). Bon pas besoin de dire pourquoi je boycotte les
BB Brunes, heing. Je jette un œil quand même, et suis déçu, leur public n’est même pas hystérique, plutôt mou du genou. Zarb’, y avait pleins de kids, j’pensais qu’ils seraient en folie pour leurs idoles.
Retour sur la ch’tite scène pour
Moriarty, que j’avais jamais encore vu après leurs deux dates complètes au
Poste à Galène. Cabaret blues, le combo fait partie des (trop nombreux ?) groupes actuels fan de
Tom Waits, musicalement doués et qui s’échangent sans arrêt leurs instruments. Y a pas à dire, y a quelque chose, la chanteuse pince-sans-rire est bien dans son rôle, les musicos sont attachants, mais ça me fait l’effet d’un groupe de premiers de la classe, leurs reprises de
Enjoy the silence de
Depeche Mode et de
Chocolate Jesus de
Tom Waits ne m’enlèveront pas cette idée d’exercice appliqué. Attention, je me répète, il y a quelque chose (c’est pas comme
The Do le lendemain que j’ai trouvé sans saveur) mais pas accroché. Sûrement plus facile d’entrer dans leur univers dans une ch’tite salle, aux allures de cabaret donc.

The Kills
Ce n'est pas sans une excitation certaine que je me dirige vers la grande scène, pour ce qui est pour moi une des grosse claque de ces dernières années,
The Kills, la version crade de
White Stripes. Et je ne serais pas déçu par le duo le plus sexe du rock actuel. Voix, deux guitare, boite à rythmes, la recette d'un rock obsessionnel et épileptique, violent, cradingue, qui te saisis au dessous de la ceinture.
VV a cette voix d'une
PJ Harvey toxico et enragée, à elle seule elle fascine.
Hotel mitraille le public, et sa compagne, avec sa gratte, obsédé par son son, autiste lors de son moon-walking de camé. Musique trouble, ambiance malsaine, renforcé par la boite à rythme qui déshumanise le son, peine perdue vu l'énergie charnelle, lascive qui se dégage du couple. Violence implacable aussi dans ses riffs de guitares fiévreux, cette voix au bord de la rupture, la cavalcade désespérée pour ces deux là qui pousse à son paroxysme le côté viscéral du rock'n'roll. Une claque magistrale donc...

The Kills
Bon après un truc comme ça, normalement tu rends les armes, tu vas te coucher. Et bien pas à la
Garden Nef Party qui semble vouloir garder son festivalier sous tension et excitation permanente. Parce que là, dans la foulée, on a droit à rien de moins qu'
Heavy Trash, le nouveau projet de
Jon Spencer,
Ladys and Gentlemen ! Avec son alter ego canadien
Matt Verta Rey, accompagné par les insolents danois de
Powersolo (qu'on adore !
Lollipop power !), il revisite à sa façon le rock 50's.

Heavy Trash
C'est pas trop ma came à la base le 50's, mais le
Spencer c'est quand même la classe absolue sur scène. Une dégaine de crooner sous amphétamines, un groupe qui assure sa race, pour un set impeccable. Niveau son, je préfère le
Blues explosion, mais faut bien avouer qu'
Heavy Trash, c'est terriblement efficace, complètement jouissif. On passe de la face sombre du rock avec les
Kills à un côté complètement jubilatoire.

Heavy Trash
Suite à tant de bonheur électrique, j'écouterais de loin le rock 70's des)
The Raconteurs, me faisant penser à du sous
Ten Years After pas inspiré... Tu me diras, si on avait eut droit à
White Stripes, je crois que j'aurais succombé...

The Raconteurs
On retourne donc à la petite scène pour
Brian Jonestown Massacre. Vu que j'ai pas vu
Dig, j'arrive "vierge" pour découvrir le groupe. Déjà, ils sont nombreux, sept, et je me demanderais souvent lors du concert le pourquoi de 3 guitares (parfois 4 !). Disons le tout de suite, je n'ai pas été conquis. Attention, c'est pas mauvais, loin de là, mais ce côté rock 70's psyché, sous influence
Doors / Velvet, m'a guère touché. J'ai trouvé que les morceaux se ressemblaient souvent, et, alors que je susi assez accro des montées instrumentale sous tension, là je m'enmerde un peu malgrès leur mascotte aux clopes et accessoirement tambourin. Juste que j'ai pas trouvé ça habité malgrès tout ce qu'on m'avait dit. Pas mon truc quoi...

Brian Jonestown Massacre
C'est quand même loin de l'escroquerie
Justice qui suivra. J'comprends pas comment un tel groupe peut susciter l'enthousisame alors que leur set est terriblement basique et ennuyeux. Bon ok l'électro c'est pas ma came, mais je trouve que
Birdy Nam Nam le lendemain s'en sortira bien mieux dans un set plus efficace.

Justice
C'est pas tout ça, mais faut rentrer (cool y a un système de navettes gratos), encore abasourdi par tant de qualité sonique prise en peu de temps.
Photos : Pierre Huot