Une musique intemporel, aux confins de la pop, de la folk music, du jazz, du rock psyché, du country & western et de la soul, voire de la musique des troubadours.
Morning Star + Yvan Hio + Ben Symphonic Orchestra + This is Kit (Festival BaO #4) - 08 septembre 2006 - Doun - Rognes Tout d'abord si j'avais su en demandant a Philippe qu'il allait faire une chronique aussi complete je pense que je n'aurais pas ecrit celle qui suit ... mais c'est trop tard. En tout cas n'oublier pas d'aller lire la sienne ici
Il y a tout juste un an je découvrais ce village et ce lieu, peu habitue a me déplacer en véhicule a moteur pour me .../...
Tout d’abord si j’avais su en demandant a Philippe qu’il allait faire une chronique aussi complete je pense que je n’aurais pas ecrit celle qui suit … mais c’est trop tard. En tout cas n’oublier pas d’aller lire la sienne ici
Il y a tout juste un an je découvrais ce village et ce lieu, peu habitue a me déplacer en véhicule a moteur pour me rendre a un concert. C’était a l’occasion du troisième festival de cette asso BaO (pour Bouche a Oreille) qui chaque fois m’épate par une programmation audacieuse et que je qualifierais volontiers de raffinée. C’est notamment grâce a eux que je ne suis pas passé a coté de Herman Dune, que j’attends de pied ferme le premier album des très prometteurs Narrow Terrence, ou que j’ai enfin vu sur scene ces Jack The Ripper qui me fascinaient temps sur disque. Au programme pour cette 4eme édition de leur festival deux soirées : la première est consacrée au label Microbe avec 3 groupes annoncés : Ben’s Symphonic Orchestra, Yvan Hio et Morning Star, plus une expo des peinture de Rudy Trouve (ex-Deus que je vais vraisemblablement rater le lendemain).
Finalement ce ne seront pas 3 groupes que je découvrirai ce soir mais 4, puisque est venu s’ajouter a cette déjà bien jolie affiche This is the Kit. Lorsque les gens entrent dans la salle, elle est déjà sur scène à la guitare, accompagnée par un batteur. Elle c’est Kate Stables et lui c’est Jesse Vernon, tous les deux membres de Morning Star, mais en position inversées.
Je suis rapidement conquis par sa voix qui me fait penser a Susheela Raman par moments. Assez réservée mais bien présente et touchante, elle captivera mon attention presque tout le set, en chantant, sur la pointe des pieds (nus), pour atteindre le micro. Lui est encore plus effacé, et passe de la batterie, au banjo en passant par la guitare.
Je suis sur que si j’avais possédé le disque (enregistré cet été « avec John Parish aux manettes ») qui devrait bientôt sortir chez Microbe, j’aurais encore plus apprécié ce très beau set. Je profite de la fin du set pour aller contempler les nombreuses peintures de Rudy Trouve … et quand je reviens c’est pour redécouvrir le Ben’s Symphonic Orchestra.
En effet je les avais déjà vu en première partie de Sparkelhorse en 2001 a l’Espace Julien. Apparemment j’avais bien aimé mais honnêtement je n’en ai plus aucun souvenir (comme quoi laisser des chroniques sur Concertandco c’est amusant).
Du groupe d’origine dont c’était les début en 2001, il ne reste plus que le chanteur Benoît Rault qui attaquera d’ailleurs seul sur scène pour le premier morceau, ce qui est amusant avec un nom de groupe pareil, sous le regard attentif d’un public a moitie assis par terre.
Il sera rapidement rejoint par les frères Puaux marathonien de cette longue soirée, que j’avais déjà eu la chance de découvrir dans leur groupe Narrow Terrence ici même, avec Nico a la basse, et Antoine a la batterie. J’apprendrai après qu’ils n’étaient que remplaçant ce soir dans Ben’s Symphonic Orchestra … chapeau !
Remonteront aussi sur scène Jesse au tambourin puis a la guitare, Kate a la trompette, ainsi que « l’homme au chapeau » et Kiki au violon pour une intervention pas vraiment répétée apparemment, mais réussie ! A noter qu’ils font tous les deux partie de Narrow Terence aussi.
Benoît ne s’en sortait pas mal tout seul, mais avec tout le monde c’est infiniment plus péchu et captivant. Lui aussi a une très belle voix, qu’il met au service de morceaux assez variés. Les références citées habituellement a son propos sont Grandaddy, Syd Barrett, Beck, et les Beatles ; je ne connais pas assez bien les deux premiers pour juger, mais pour les derniers c’est sur.
Des passages rock, des passages pop, d’autres plus folk … avec un goût prononcée pour les chœurs. On aura le droit a une reprise de Tom Waits (« vous connaissez Tom Waits ? moi pas tout a fait encore » nous dira t il comme pour s’excuser d’avoir les paroles sur un pupitre en face de lui) et a des passages bien explosifs aussi notamment quand ils se mettront tous a crier en même temps avec une telle passion, qu’Antoine en aura même les larmes au yeux. 40 min qui passeront très vite.
Puis vint le tour de Yvan Hio. Changement d’ambiance puisque contrairement aux deux précédents (et au suivant) le chant est en français. Car c’est aussi ça Microbe : de la chanson (quand même bien rock). Pas d’ornières de genre, mais un même esprit (ouvert) avec beaucoup d’échanges entre différents groupes qui se respectent et s’apprécient. Chacun joue dans le groupe de l’autre même si les styles sont complètement différents.
On en aura l’illustration parfaite tout au long de la soiree. Officiellement il est lui aussi accompagné de Nico et Antoine toujours essentiellement a la basse et a la batterie et de l’homme qui a perdu son chapeau (Julien Trimoreau de son vrai nom) ; mais il sera aussi rejoint de façon plus ponctuelle par Benoit a la flûte traversière, Kiki au violon.
Au début je le trouverai un peu tendu mais rapidement il se mettra à sourire et s’adressera au public avec une décontraction rassurante, pour finir vers la fin du concert en sueur a se tordre en deux et se rouler par terre. Ce soir il défendra essentiellement les titres de son nouvel album éponyme sorti en avril 2006.
Lui aussi nous gratifiera d’une superbe reprise de Tom Waits (downtown) mais aussi d’une chanson de Téléphone qu’il rebaptisera pour l’occasion This is really you. Apparemment il a gardé une petite dent contre JL Aubert puisqu’il dira que se chanson sur les retraités lui sera aussi dédiée.
A un moment il appellera une autre invitée (membre de l’asso BaO) avec qui il fera un touchant duo. Au risque de me répéter ce qui est frappant dans ce lieux et encore plus ce soir peut être c’est la bonne ambiance qu’il y règne. Comment ne pas être touche par le cadre unique du lieu, qui favorise la survenue de petits miracles sur scène.
En plus de sa guitare, Yvan jouera aussi du ukulélé, qu’il passera aussi a Julien qui jouera au guitare héros avec, en jouant même avec la bouche sur la fin d’un morceau apocalyptique (et bien sympathique) ! Yvan Hio c’est en effet de la chanson, mais les passages instrumentaux sur scène sont aussi très plaisants !
Apres 14 morceaux (ce sont les seuls dont j’ai vu la set list) soit un peu plus de 50 minutes, ils viendront saluer le public et cèderont la place au dernier groupe de la soirée : Morning Star.
Il s’agissait des seuls dont je connaissait le nom pour avoir lu la chronique de leur troisième album. Morning Star c’est donc le groupe de l’anglais installé a Paris, Jesse D. Vernon dans lequel on retrouve Kate (banjo calé derrière la ceinture), Benoît (a la flûte ou au tambourin) et la encore Nico et Antoine.
Les chansons de Morning Star sont elles aussi très variées … C’est pop, folk, rock, country … par moments d’ailleurs ça sonnera un peu variété internationale a mes oreilles (si ça veut dire quelque chose) et a un moment même ça me fera penser aux balades de Metallica.
J’ai franchement craint un moment que ce soit trop mou (surtout en dernier) mais très vite j’ai été rassuré. Sur scène ça envoie ! En plus Jesse a un bon contact avec le public a qui il s’adresse en anglais comme en français, et qu’il fait participer.
La aussi il y aura pas mal de chœurs et de chant de la part des autres membres notamment de Kate sans pour autant que cela sonne comme du This it the kit.
A la fin on aura le droit a un rappel pour une chanson très entraînante qui avait un petit quelque chose de hippie / « bollywoodien ». Je ne sais pas trop pourquoi mais elle m’a aussi fait penser a Idir. Sans avoir été aussi transporté que Philippe je passerai un très agréable moment ce qui pour une 4eme concert est mieux que pas mal !
Pour finir, comme Philippe je tirerai mon chapeau aux frères Puaux pour leur endurance et leur talent ! Le concert s’achèvera vers minuit et quart, mais nous resterons encore une bonne petite heure avant de repartir vers Marseille …
Morning Star + Calc - 13 mai 2005 - La Coopérative de Mai, Clermont-Ferrand
Un concert de rêve !
Sur le papier, le concert des Anglais de Morning Star - avec en première partie les Bordelais de Calc - avait des allures d'affiche pop parfaite... Dans les faits, la soirée s'est déroulée comme dans un rêve avec deux groupes fans et amis les uns des autres, une ambiance conviviale et un public visiblement enchanté. .../...
Sur le papier, le concert des Anglais de Morning Star - avec en première partie les Bordelais de Calc - avait des allures d’affiche pop parfaite… Dans les faits, la soirée s’est déroulée comme dans un rêve avec deux groupes fans et amis les uns des autres, une ambiance conviviale et un public visiblement enchanté. Il faut dire qu'il fallait vraiment y mettre du sien pour repartir mécontent après avoir assisté à pareille démonstration de classe !
Pendant le bon concert de Calc, qui alterne les morceaux pop sous influences Elliott Smith/Radiohead du dernier album (Twelve steps to whatever) et les titres plus rock de l’album précédent, on ne peut qu’acquiescer et se laisser bercer par le chant, les musiques et les mélodies du groupe français. Les musiciens de Morning Star sont eux aussi sous le charme ; ils dansent au premier rang, tout en se lançant dans des applaudissements nourris dès qu’ils le peuvent. Si Calc souffre toujours un peu d’un manque de présence scénique et d’une difficulté à se démarquer franchement de ses influences, il faut avouer que la grande majorité des chansons jouées sont excellentes. La voix de Julien Pras est émouvante, ses morceaux sont bien écrits, les musiciens sont ravis de se produire sur scène (mais un peu tristes que ce soit la dernière date commune avec Morning Star) : Calc a parfaitement rempli son contrat…
Pourtant, si cette prestation était de qualité, rien (pas même le pourtant excellent dernier album de Morning Star, The opposite is true) ne pouvait laisser présager le déferlement de classe, de décontraction et d’émotions qui allait s’abattre sur public avec le concert tout simplement génial du groupe de Jesse D. Vernon. Dans une ambiance presque familiale - c’est maintenant au tour de Calc de soutenir les Bristoliens et à Morning Star de les remercier -, les quatre musiciens se lancent dans un concert d’anthologie. Les morceaux sous influence Americana (à la Calexico) sont troublants de beauté, les titres plus rock façon Lou Reed/Velvet Underground sont hallucinants et les essais de pop « bristol sound » sont divins… On nage donc en plein bonheur, en se demandant à la fin de chacun des morceaux ce que ce combo béni des dieux va bien pouvoir trouver pour prolonger l’extase. Toujours souriants et semblants prendre un pied incroyable à jouer, Jesse D. Vernon et ses acolytes rivalisent de classe pour les parties de guitare (avec de superbes solos), de trompette, de mélodica, de basse ou de batterie. La multi instrumentiste choriste est particulièrement à féliciter, tant ses interventions sont pleines d’à propos et de finesse… Mr Vernon, quant à lui, ne commettra pas une seule faute de goût (que ce soit au chant, à la guitare ou à la basse) pendant la durée totale du concert. C’est sans doute pour cela qu’il émane de sa personne un tel charisme, une telle sérénité et un tel amour des musiques folk, rock, country et pop.
Quand le groupe quitte la scène, on hésite réellement à fondre en larmes de désespoir. Quand il revient jouer une version joliment décontractée du sublime Starman de David Bowie - avec Julien Pras au chant et tout Calc sur scène -, c’est de joie qu’on pleure. Et tout cela se finit, comme de bien entendu, par un énième superbe morceau de Morning Star. Ah, si tous les concerts pouvaient atteindre ce niveau, rendre aussi heureux et se dérouler dans une telle atmosphère de fraternité...
A lire également : des chroniques de concerts de Morning Star en 2002 et Calc en 2001, puis 2003.
Dour 2002 :
Comme chaque année, le festival de Dour (Belgique) propose une affiche des plus complètes et des plus éclectiques. Sept scènes cohabitent sur la plaine de la machine à feu, qui sera le théâtre de découvertes, de confirmations ou de déceptions.
Jeudi 11 :
Le premier groupe à se produire est Alughana, et c’est la première bonne surprise de ce festival. Sur scène : un violon, une cornemuse, un digeridoo accompagnent des instruments plus rock, ainsi que la voix de la chanteuse. Le tout forme un mélange de musique traditionnelle celtique et de métal avec des touches électro, qui est fort réussi. Le concert terminé, on reste dans la magic tent pour voir Pneumatic Head Compressor, et là je dois bien avouer que je n’ai pas bien saisi la subtilité, voir l’intérêt de ce rock- hard-core. Direction ensuite la grande scène (Last Arena) pour assister au concert d’un groupe du coin, Girls in Hawaï, qui nous proposent un pop rock assez classique, empruntant ainsi ce fameux long tunnel musical creusé entre l’Europe et les Etats-Unis. Retour dans la magic tent pour écouter starfield season, mélange de rock indus métal assez expérimental. Nous retournons ensuite vers la Last Arena ou se produit Daniel Hélin et sa fanfare. Hélin évolue dans un univers assez corrosif, maniant l’humour et le second degré. La présence d’une fanfare ne fait qu’appuyer le coté festif de ce concert. Succède à Daniel Hélin un des premiers groupes attendus ici, la Ruda Salska. Le chanteur possède un débit verbal assez élevé, sur une musique là encore très festive, à base de trompette, ou de guitare. Cela restera à n’en pas douter comme un des grands moments du festival. Le concert de la Ruda terminé, c’est le légendaire Rémy Bricka qui prend le relais. L’homme orchestre (celui en costume blanc avec une grosse caisse sur le dos, une guitare dans la main, divers harmonicas devant la bouche, et des colombes sur les épaules, c’est lui !!) est accueilli avec une extraordinaire ovation. Tout le monde chante (notamment « on lève la main, on fait le signe indien lalalalala… »), et cela se termine en feu d’artifice provenant de ses divers instruments. L’homme paraît ému du tel accueil qui lui a été réservé. Après un court passage pour voir Creams and Spices (trio rock qui s’entend bien, et qui possède une attitude à la muse), cette soirée à la Last Arena à dominance festive ne pouvait se terminer qu’avec un maître du funk, j’ai nommé George Clinton. Il a écrit de nombreux tubes (We want the funck, etc…), et de nombreux artistes actuels (snoop doggy dog en particulier) ont repris ces chansons. Il apparaît comme étant très généreux si l’on regarde le nombre de ces musiciens et chanteurs. Le tout apparaît comme étant un peu fouillis, mais c’est le but non? Une fois ce concert terminé (2h15 contre les 1h15 prévus) on se dirige vers la petite maison dans la prairie ou se produit les Supermen lovers. C’est d’ailleurs le deuxième concert qu’ils effectuent après celui effectué lors des Solidays. Les auteurs de « starlight », agrémentés de trois chanteurs, nous proposent un show assez réjouissant. Mais attention, ceux qui ont adoré starlight risquent d’être déroutés par les autres titres tant ils s’éloignent du sentier commercial, mais cela reste très bon. La soirée se termine pour ma part avec le duo belge Pink Satellite qui distille une musique électronique assez cool mais toutefois très dansante.
A retenir : Alughana, La Ruda Salska, Rémy Bricka, Supermen Lovers
Vendredi 12 :
Après une nuit assez courte (le camping de Dour est un modèle d’ambiance), on se dirige non sans mal vers la red frequency stage ou se produit un groupe belge, Showstar. Bon, on leur conseillerait presque d’arrêter tout de suite, au vu de leur pop-soupe mille fois entendue, et un anglais qui couvre la pauvresse de leurs idées. Mais cela est peut être dû à la nuit difficile (1h de sommeil) qui venait de se dérouler, rendant toute objectivité et honnêteté assez délicates à respecter. On va tenter de se réveiller ensuite grâce au concert de Penthouse. Ce groupe est réellement Rock’n’Roll, le chanteur n’hésitant pas à sauter partout et à se rouler par terre pour nous communiquer sa ferveur. Il est dommage que ce groupe n’ai pas de réelle reconnaissance (ce qui les oblige d’ailleurs à se séparer d’ici peu) de l’autre côté de la Manche et c’est regrettable quant on voit et entend leur performance. Malgré cela, nous ne sommes pas encore bien réveillé et décidons d’assister au concert des Improvisators Dub. Et là je doit dire que c’est sans doute la grosse claque de ce festival. Ce mélange d’électronique, de reggae, de dub bien sûr, le tout sur un rythme entraînant a été purement et simplement extraordinaire. J’ai franchement adoré, et été réveillé, comme toute la salle d’ailleurs, et nul doute que j’irai revoir ces musiciens proposant une musique festive et dansante. Un petit tour vers Negate (groupe phare du hard-core belge, je n’ai pas trop accroché), et direction Robots in Disguise. Les chanteuses (sœurs ?) chantent sur un fond sonore électronique, et c’est assez réussi. Elles possèdent un très bon contact avec le public, ce qui n’est évidemment pas pour nous déplaire. Direction la Last Arena et un style totalement différent avec le concert de Mass Hysteria. Si la voix du chanteur est désormais plus posée qu’avant, la musique de Mass Hysteria n’en demeure pas moins violente et accrocheuse. Le groupe est en pleine forme et cela fait plaisir à voir. L’ambiance est réellement déchaînée, l’audience conquise. N’étant pas trop attiré par Suicidal Tendencies et par Soulfly, on se dirige vers la « Marmite », scène ou se produit des groupes du Nord-Pas-de-Calais. A 20h00, le trio Au Coin de la Rue entre en scène. La marmite, scène assez petite est pleine à craquer. Ce trio utilise plusieurs instruments, le tout accompagné d’un humour certain, le public ne tardant pas à être conquis. La folie gagne peu à peu la scène, tout le monde sautant partout (« L’école, on en a ??… RAS-LE-BOL »), les références s’accumulent (Ils racontent leur passage de ch’ti dans le sud de la France ou leur passage à CAAAAAAAAARRRRRRVVVVVVVVIIIIIIIIIINNNNNNNNN). Cela restera assurément un des grands moments de ce festival, ces trois gars ayant l’air heureux d’être là et étonnés de cet accueil. Nous restons dans la marmite pour regarder les Tontons Zingueurs, groupe à base d’accordéons, et là encore c’est la folie. Tout le monde saute, claque des mains, danse sur cette musique aux influences tziganes. Ils finissent d’ailleurs leur concert dans le public, les musiciens étant réellement heureux d’être là. Un petit détour vers Flexa Lyndo, très bon groupe pop belge, et l’on retourne à la marmite pour applaudir les Ogres de Barback. La configuration de la marmite rend également ce concert très festif, et tout le bien que l’on pensait de ce groupe français est confirmé. Une fois ce concert terminé, retour à la red frequency pour assister au concert de Mud Flow, qui s’affirme comme étant un des meilleurs groupes belges actuels. C’est du rock, porté par la voix caractéristique de son chanteur, et c’est très très bon. Le concert se terminant, nous nous pressons vers la bastard mix club où se produit Peaches, allemande chantant sur de la musique électronique, mais je n’ai pas trop accroché. Cette allemande a la particularité d’être la compagne du canadien Gonzales, qui lui succédait. Le Canadien n’a pas failli à sa réputation en nous livrant un show des plus réjouissants. Malheureusement, il n’avait pas sa mythique veste rose, celle-ci étant au pressing à Berlin. Pourtant il a vraiment attendu jusqu’au dernier moment avant de rallier Dour ! On s’est contenté d’un haut de survêtement qui n’était pas du plus bel effet ! A la fin de ce concert, ce sont les 2 many dj’s ( les frères Dewaele, membre des excellents Soulwax) qui prennent les platines (vers 3 heures 15 du matin) pour nous livrer un set de deux heures, que je n’aurai pas l’énergie de suivre jusqu’au bout (mon 1h15 de sommeil de la précédente nuit me rattrape !). Ceux sont eux qui ont notamment remixés New Order sur Kilie Minogue, ce qui les a placé comme maître dans l’univers de la bastard pop.
A retenir : Improvisators dub, Mass Hysteria, l’ambiance de la marmite, Mud Flow, Gonzales
Samedi 13 :
La nuit fut plus longue que la précédente (5 heures), et cela m’a permis de bien en profiter, surtout que les premières grandes têtes d’affiche arrivaient ce jour.
Réveil musical tranquille devant Maestro Echoplex. Cet homme est un songwriter à la sauce Eliot Smith, et ses chansons calmes sont parfaites pour démarrer la journée. Je pense que nous devrions réentendre parler d’ici peu de ce jeune new-yorkais. Direction la Last Arena pour voir Kinsley. Ces vainqueurs du tremplin Dour ne nous laisserons pas un souvenir impérissable. Dirty three en revanche est beaucoup plus intéressant. Avec son violon et ses musiciens, il envoie une musique assez puissante, entrecoupée par des paroles bien senties (« Cette chanson est dédiée à ma femme, parce qu’elle est….. ma femme »). Retour à la Last Arena pour le concert de Chokebore, groupe assez attendu. Ceux qui s’attendaient à assister à une prestation digne de leurs débuts au début des années 90, et leurs premières parties de Nirvana, ont dû être déçus. Pour ma part, j’ai franchement bien aimé leur concert assez calme et mélancolique, ainsi que l’attitude du groupe toujours très sympa. Après avoir dansé sur plastik sound system pendant qu’Avril installe son matériel, nous filons vers Dominique A qui nous a livré un set très correct. Avril, la nouvelle sensation électronique, était un peu la curiosité de la journée. Pour cause de Dominique A, nous n’avons vu que le dernier quart d’heure, mais c’était franchement très bien, Avril n’hésitant pas à brûler (pour de faux ?), son mini-pc qu’il a trituré tout le concert. Cela restera un court mais bon souvenir de ce festival. D’après ce que j’avais lu ici ou là, Miossec arrive rarement à jeun lors de ses concerts, et en plus chante faux. Est-ce le micro-climat gris qui règne autour de Dour, en tout cas Miossec a chanté juste et était net. Il a un très bon contact avec le public (distribution d’instruments divers) et le public le lui rend bien (jet de T-Shirt). Pendant le concert il dit en guise de clin d’œil « Bonjour, nous sommes Millionnaire » en référence au groupe qui devait être présent à cet heure là mais qui a annulé car étant retenu à la frontière italienne (ils seront reprogrammés le lendemain). A la fin du concert, on sent une légère agression extérieure. Mais qui sont tous ces gens qui affluent de la sorte et qui piétinent le territoire que nous avons dressé depuis 3 jours ? Et bien se sont les fans d’Indochine spécialement (et uniquement d’ailleurs) venu pour applaudir Sirkis et sa bande. Il faut dire que Indochine s’est constitué une solide et fidèle base de fans depuis leurs débuts. Je me retrouve devant et c’est réellement la folie. J’ai déjà fait les fosses de Muse ou de Placebo, mais là je dois dire que j’ai eu du mal à accompagner les autres lorsqu’ils sautaient, car cela allait trop vite (surtout quand on a dormi 6 heures en deux jours et que à coté de nous les gens sont tous frais, c’est pas juste !). Toutes les chansons étant des tubes, tout le public chantait, et la musique d’Indochine, qui s’est assez radicalisée avec le dernier album, permettait aux pogoteurs de tous poils de s’adonner à leur passion ! Tous les classiques sont passés, et je me suis même surpris à chanter l’Aventurier, moi qui suit loin d’être un fan d’Indochine. Sirkis a l’air très touché de cet accueil, refait deux rappels très bons et nous promet de revenir l’an prochain. En terme de nombre (15 000 personnes) et d’ambiance, cela restera très certainement LE concert de ce festival. Direction la marmite pour voir la fin de Herman Dune (j’aime bien la barbe d’un des membres du groupe) et surtout pour voir Programme. Le duo, constitué d’un ex-Diabologum, joue avec une guitare (et parfois un saxo) et un fond sonore programmé. Les paroles sont dictées sur un son uniforme, mais ce pas le plus important. Le plus important c’est justement ces paroles qui dénoncent certains dysfonctionnements de la société actuelle, le tout donc sur une musique assez expérimentale. Allez pour (se) terminer, on va assister au concert de Alec Empire, membre du groupe Atari Teenage Riot, et ses déflagrations sonores. Cela joue très (trop) fort, et je ne tient pas longtemps.
A retenir : Chokebore, Avril, Miossec, et l’ambiance d’Indochine
Dimanche 14 :
Nous fûmes réveillé par des digeridoo et des « DEBOUT DOUR !!!! » assez tôt le matin, lors de ce qui allait être la journée la plus chargée. Et le public ne s’y est pas trompé car il est venu en nombre.
Nous débutons la journée avec le concert de Morning Star, ce fut un concert formidable émaillé par deux pannes de courant, ce qui leur a permis de mettre en exergue leurs qualités de musiciens et d’improvisateurs. Cela restera un très bon souvenir. Nous nous dirigeons vers la red frequency, et sa journée consacrée au hip-hop, avec le groupe Psy 4 de la rime. Le rap n’est pas trop mon truc, mais j’ai bien apprécié leur prestation qui en plus d’avoir du bon son, avait un fond. Yannis Odua a également fourni une très bonne prestation, et justifie bien sa réputation montante dans le reggae français. Sur la Last Arena , les anglais de Six by Seven se produisent et débutent leur show par le magistral « Another Love Song ». Le style de Six by Seven n’a pas convaincu certaines personnes, mais personnellement, j’ai bien apprécié. A deux pas de là, dans la petite maison dans la prairie pleine à craquer (probablement plus de 4000 personnes) se produit les très attendus Dionysos. Je les ai déjà vu 3 fois, et je dois dire que leurs concerts sont de mieux en mieux. L’ambiance est indescriptible, Matthias - le chanteur – saute partout, n’hésite pas à deux reprises à « slamer dans le pogo » comme l’on dit dans le milieu, et à escalader un de piliers de la tente vers la fin du concert. Babeth est toujours très jolie, et les musiciens jouent très bien ! Leur présence au festival de Dour 2003 sur la grande scène a dors et déjà été confirmée, enfin fortement souhaitée, par la direction du festival. Un petit tour vers Marc Huyghens (le chanteur de Venus), et l’on retourne à la petite maison pour voir Tarmac, la moitié de Louise Attaque. J’ai bien été (agréablement) surpris par leur concert, plus énergique que l’album, et par leur comportement, à mille lieux du comportements qu’ils arboraient avec Louise-Attaque. J’aurai bien aimé voir le Peuple de l’Herbe, mais mes jambes m’ont dit que cela n’était pas raisonnable. Donc j’ai assisté au concert des Girls Against Boys, groupe new-yorkais. Je connaissais un peu, et je dois dire que j’ai bien aimé. La musique puissante portée par une voix un peu monotone donne un mélange assez réussi. Quelques problèmes de mixage sonore viendront entacher cette performance, mais cela reste de très bonne facture. Les Saian Supa Crew étant sur une scène trop lointaine là encore (en plus ils ont annulé) , nous nous dirigeons vers An Pierlé qui joue dans la petite maison. Et cela fut un superbe concert. La jeune femme est super sympa, fait une impro de «La lettre à Elise » pendant que ses musiciens reprennent Kilie Minogue (nanana nananana…), et arrive à trouver une petite copine pour son batteur dans le public ! Malheureusement, la foule se presse sur la scène d’à côté, Noir Désir s’y produisant. Nous ratons donc les dernières minutes du concert de An, pour pouvoir avoir une place correcte. La encore des centaines de personnes sont venus uniquement QUE pour Noir Désir. Ces gens n’ont visiblement rien compris à un festival comme Dour. D’autant qu’ils observent les autres concerts d’un œil moqueur ou sont même complètement désintéressés mais squattent les premières places des concerts précédents pour ne rien rater de Cantat et sa bande. Enfin cela doit être la fatigue qui fait que je m’énerve de la sorte. Noir Désir divisera les spectateurs. Les fans (je dois en faire partie, mais je n’aime pas trop ce mot) ont bien aimé, voire adoré. Les autres, certainement plus objectifs ont eu une impression plus que mitigés. Il est vrai que si l’on se retrouve trop loin de la scène, on a peut-être du mal à accrocher. Alors que dans les premiers rangs, cela était déchaîné. Bertrand Cantat aurait pu également nous épargner sa petite réflexion envers les organisateurs du festival, d’autant qu’il semble établit que ce sont les Noir Désir qui étaient en tort (Ils avaient annulé à 21 jours du festival, pour des raisons de surbooking, alors ce sont eux qui font leur calendrier !). Cela permettra à quelques crétins d’applaudir (ils ne sont venus que pour Noir Désir, le reste ils n’en n’ont rien à faire), les autres huant pour défendre ceux qui nous avaient offert cette si belle programmation ces 4 jours. Bref, le festival se termine pour ma part sur le concert de Jeronimo, artiste belge qui n’aime pas le silicone (parce que « Le silicone, c’est DEGUEULASSE !!! »), qui a des petits problèmes avec sa femme (« Je crois que ma femme me trompe, mais je tiens bon »). Il termine avec un rappel a capella, avec une chanson, sur Monaco. Son univers 2eme degré, accompagné d’une très bonne musique nous fait terminer ce festival sur une excellente note.
Morning Star + Sharko (Les Volcaniques de mars 2002) - 8 mars 2002 - Espace Couriat , Riom C'est le trio belge Sharko qui débute la première soirée des Volcaniques de Mars 2002... Le concert commence par un morceau très calme mais, par la suite, le groupe - et surtout son chanteur - fera preuve de tout son pétillant dynamisme. Alors que ses acolytes, un excellent guitariste créant des atmosphères planantes et un batteur appliqué, sont .../...
C'est le trio belge Sharko qui débute la première soirée des Volcaniques de Mars 2002... Le concert commence par un morceau très calme mais, par la suite, le groupe - et surtout son chanteur - fera preuve de tout son pétillant dynamisme. Alors que ses acolytes, un excellent guitariste créant des atmosphères planantes et un batteur appliqué, sont d’un flegme tout britannique, David Bartholomé est constamment survolté derrière son micro. Il parle français sans accent particulier mais, comme Zop Hopop, il a un don pour tenir des propos hilarants et se comporter de manière pour le moins originale. Par exemple, lors d’une chanson avec des chœurs d’enfants enregistrés (« Clash P »), il fait parler une chaussure (on a l’impression que c’est elle qui fait les chœurs) puis il se déshabille et fait parler son pull, son t-shirt Star Academy, son pantalon, ses chaussettes, puis il finit en caleçon sur le bar et exécute une danse de la pluie pour rejoindre la scène. Mais questcequecestquecetruc ? Il se rhabille en chantant et enchaîne. Musicalement parlant, Sharko produit un pop/rock empreint de trip-hop et de rock planant. Notre hurluberlu strip-teaseur joue de la basse et chante avec talent, son timbre de voix évoquant le Sting énervé de Police. Une chanson interprétée ce soir ressemblera d’ailleurs à du Police Belge, et lors d’un medley ils joueront même quelques notes de « Can’t stand losing you ». Le groupe semble donc assumer la référence sans aucun complexe. La présentation des musiciens, moment éprouvant en général, devient une sorte de happening : le chanteur présente ses camarades, façon speaker de boxe à Las Vegas, en essayant de les placer auprès de la gent féminine auvergnate à grand coups de « Il est sexy, il mesure 1 mètre 70 pour 50 kilos etc. »
Grâce aux samples, au jeu de guitare original, et aux sons de basse couvrant un large palette, la musique de Sharko sort du lot et paraît promise à un bel avenir. Les titres « I went down » et « Ema (boom boom) » sont en effet des tubes potentiels. Les amateurs de pop doivent absolument écouter « Meeuws 2 », le premier album de cette bande de zigotos talentueux, sinon ils passeront à côté de quelque chose...
Après le festival réalisé par la première partie, Morning Star, avec sa musique assez calme, avait une tâche ardue pour convaincre le public, joyeusement énervé par Sharko. Jesse D. Vernon chante en effet de manière assez feutrée, il est soutenu aux chœurs par une batteuse, une bassiste et le talentueux multi instrumentiste (flûte, guitare, vibraphone, tambourin) de Ben's Symphonic Orchestra. On remarque également un remarquable joueur d’orgue électrique produisant des sons divins avec son instrument, on se croirait sur un album de Portishead... Il y a un petit quelque chose de Calexico chez Morning Star : certaines ambiances sont « Western ». Leur style est laid-back, ils ne se pressent vraiment pas : c’est seulement lors des rappels que le rythme s’accélérera. Cette voix presque murmurée, ces harmonies vocales beachboysiennes, ces sons vintage, s’ils ne sont pas recommandés pour se défouler, sont très propices à la rêverie. Le jeu de guitare de Jesse Vernon - sur une guitare classique ou avec une Stratocaster - est très subtil, il joue la plupart du temps des rythmiques mais part brusquement dans des solos avec pédale Wah-Wah dignes du grand Jimi Hendrix. Il exécute ça en toute décontraction et le plus simplement du monde sans prendre des poses de guitar hero. le chanteur/guitariste parlera d'ailleurs brièvement de ses idoles (Hendrix donc, Tim Buckley et Carlos Santana) et leur dédicacera une élégie commencée a capella avec tout le groupe regroupé autour de la batterie.
Un seul défaut chez morning Star : le chanteur répète sans cesse le nom du groupe entre les chansons, c’est un peu exaspérant, on croirait entendre la version molle d’un discours de rappeur hurlant sans cesse le nom de son posse. En plus, il y a une magnifique chanson dont le nom est… « Morning star », on ressort donc de l’Espace Couriat avec ces deux mots dans la tête mais aussi avec les délicieuses mélodies de ce groupe très cool. Si on ne fréquente pas les concerts ayant lieu lors de rassemblements de motards ou les grands messes du heavy metal, l’album « A place in the dust » permet de passer 40 minutes dans les nuages, tout comme les concerts de Morning Star... Réagir à cette critique