Chanteur charismatique du groupe The Smiths dans les années 80, Morrissey poursuit aujourd'hui encore sa carrière en solo avec comme atouts une voix de crooner en or et un talent incroyable pour composer des pop songs mémorables...
Morrissey + Girl In A Coma - 4 février 2008 - Olympia Paris Mon meilleur collègue de travail et mon amie étant fan de Morrissey et ne loupant aucune occasion de passer un bon moment musical, nous sommes allés le voir à l'Olympia Lundi 4 février 2008.
Après .../...
Mon meilleur collègue de travail et mon amie étant fan de Morrissey et ne loupant aucune occasion de passer un bon moment musical, nous sommes allés le voir à l'Olympia Lundi 4 février 2008.
Après une première partie "Girls in Coma" groupe de fille néo grungy un peu bruyante mais assez sympathique, le grand Morrissey entame son set et c'est l'apothéose pendant 1h30, il enchaîne les titres avec quelques surprises (exemple chanson de la série Charmed), communique avec le public, son groupe est plus que carré et sa voix toujours très mélodieuse.
Morrissey + Girl In A Coma - 16 janvier 2008 - La Coopérative de Mai, Clermont-Ferrand
Morrissey à la Coopérative de Mai, l'événement de l'année 2008, dès le 16 janvier ? En bonne forme, l'ex chanteur des Smiths s'est en effet arrêté le temps d'un concert - trop court, à peine une .../...
Morrissey à la Coopérative de Mai, l'événement de l'année 2008, dès le 16 janvier ? En bonne forme, l'ex chanteur des Smiths s'est en effet arrêté le temps d'un concert - trop court, à peine une heure dix – dans la salle de concert située au pieds des volcans d'Auvergne... Dans ce lieu inédit pour lui - de la région, il ne connait que l'eau de Volvic -, Morrissey a effectué un tour de chauffe plutôt convaincant avant une série de dates à Londres et un retour en France, à Paris à l'Olympia pour promouvoir son Greatest hits.
Girl In A Coma : où comment réconcilier en un claquement de doigts le punk, la pop et les années 50...
Juste avant ce beau moment de communion entre l'icône pop et le public clermontois, ceux qui étaient arrivés à l'heure ont pu assister à une première partie qui ne restera pas longtemps dans ce rôle : Girl In A Coma, from San Antonio, Texas, un power trio féminin impressionnant. Entre Pixies, Breeders, Nirvana, Roy Orbison, Morrissey, The Smiths et Sleater Kinney, les trois américaines emmenées par une brune chanteuse/guitariste charismatique (au look digne d'un film de Russ Meyer) évoluent entre pop songs truffées d'épines de cactus, grunge rock acéré et ballades fifties aux mélodies enchanteresses. C'est accrocheur, varié, sexy et marquant... Girl In A Coma compose des titres immédiats qui réconcilient en un claquement de doigts le punk, la pop et les années 50. Si les parties vocales et guitaristiques restent sobres et près de l'os comme elles le sont actuellement (en évitant le syndrome ballon de baudruche à la Muse), ce groupe peut aller très loin...
Morrissey : une voix en or, des compositions inoxydables et des mélodies captivantes...
Précédé par des projections des oeuvres de ses héros (Sacha Distel, The New York Dolls, James Dean, Vince Taylor, Brigitte Bardot etc) sur un écran géant, Morrissey arrive sur scène en toute simplicité et en même temps que ses musiciens tirés à quatre épingles... Dès le premier titre, c'est le bonheur : l'interprétation magistrale du superbe titre des Smiths – Stop me if you think you've heard this one before suffit pour plonger dans l'ambiance et apprécier le show à sa juste valeur. Son attitude trop maniérée, ses presque cinquante ans, ses récentes déclarations fort discutables et les limites (très relatives) de son groupe n'empéchent pas Morrissey d'emporter le morceau avec sa voix en or, ses compositions inoxydables et ses mélodies captivantes... Le Moz et son gang enchainent les titres avec classe et conviction, recevant une bonne dose d'amour de la part du public à la fin de chaque saillie pop/rockab. Sur quelques titres, le bassiste, excellent, empoigne en effet une contrebasse du meilleur effet, donnant de bienvenus atours rétros et fifties. Sur d'autres, le combo se la joue « rock musclé », ce qui choque un peu les fans des Smiths (qui feront les vierges effarouchées et les blasés à la fin du show), mais évite de sombrer dans le hard rock. Le groupe de Morrissey n'est pas du niveau de The Smiths, la belle affaire, on avait remarqué ! Cela étant dit, la troupe clôt son concert avec un How soon is now ? (un extrait de Meat is murder) qui emporte tout sur son passage, à l'image de l'heure de rêve que l'assistance vient de passer. On s'attend à des rappels fleuves puisque Morrissey revient avec une nouvelle chemise - n'est ce pas lui le "Last Of The Famous International Playboys ?" - quelques instants après. Et bien non : après First of the gang to die les lumières se rallument, laissant un goût d'inachevé à ces très beaux instants. Morrissey a tout compris au show business ; en laissant son public énamouré légérement sur sa faim, il sait que celui-ci voudra revenir le voir la prochaine fois...
Set List :
Stop Me If You Think You've Heard This One Before
Last Of The Famous International Playboys
Billy Budd
Sister, I'm A Poet
The Loop
The National Front Disco
That's How People Grow Up
Why Don't You Find Out For Yourself ?
I'm Throwing My Arms Around Paris
Death Of A Disco Dancer
Irish Blood, English Heart
The World Is Full Of Crashing Bores
All You Need Is Me
Jack The Ripper
Stretch Out And Wait
I Just Want To See The Boy Happy
You Have Killed Me
Life Is A Pigsty
How Soon Is Now ?
>> Réponse (le 21/01/2008 par Phil) Aeronef - Lille - 19 Janvier 2008 A Lille, ils ont joué plus longtemps (1h30 ?), par contre le concert a débuté avec un "how soon is now" fantastique. .../...La suite
Pourquoi n'y-a-t-il pas de festival de rock de cette envergure à Marseille?
Voilà la question que je me suis posée durant ces deux jours où je craignai sans cesse de me prendre un litre de flotte sur la tête, ce qui m'obligeai à remplir mon sac de parapluie et autres kway, voire de polaire...pour les nuits froides ! ! !
Je n'ai pas de réponse, mais j'ai bien fait de conjurer le sort puisque pas une goutte n'a touché mes cheveux durant ce festival de pointures passées et à venir du rock !
Pour moi le festival à débuté par la fin du set de Neimo vendredi aprés-midi (aprés avoir retrouvé des "crétins congénitaux" (NdPh : dont moi, hi hi !) déjà remplis d'Heineken-piss, au mlieu de l'expo photo de Modiano... d'ailleurs bonne idée cette expo, petit hâvre de paix entre les watt et les stands à bière pris d'assault). Donc Neimo : Je ne sais plus s'ils sont anglais ou français mais leur chanteur à un je-ne-sais-quoi de celui des Neurotics swingers, mais sans la guitare, ce qui n'est pas pour me déplaire. ils ont un bon rythme enlevé et mes genoux me démengent ! bon signe !
Bon, je n'ai pas vu grand chose (2 ou 3 chansons) cette fois-ci, j'espère donc vivement avoir une prochaine occasion !
Bon, c'est pas tout ça, mais je vais voir la fin des Clap Your Hand say Yeah ! J'adore le nom de ce groupe ! Mais qu'est-ce que j'ai pu être déçue en entendant ce qu'ils faisaient sur album... Malheureusement aprés ce que j'ai vu en concert, je suis toujours déçue (avec le nom qu'ils ont ils devraient faire un rock festif-ska-funk à mon avis...mais on en est loin).
Bon il ne me reste plus qu'a tracer voir les Dirty Pretty Things, l'amie de longue date qui est avec moi aimerait bien aussi voir French paradox, petit groupe trés prometteur d'aprés les extraits entendus...mais c'est trop bien DPT !
20H, le moment d'attaquer le stand de tartiflette histoire de se réchauffer et de reprendre des forces pour la suite...
La suite immédiate c'est TV on the radio...vu de trop loin, moi pas à fond...Puis the Raconteurs. C'est vraiment bien les raconteurs, vraiment bon... on a juste craqué quand ils ont attaqué les solos de guitare...j'aime pas les solos de guitare !
Et puis y'a Morrissey qui va arriver alors on va se placer !
On se faufile près de la scène et en levant la tête je pourrais même voir son jeu de scène sur écran géant ! !
Il arrive avec ses musiciens vétus de tee-shirt vert et de pantalon blanc; lui en veste noire sur chemise bordeaux et pantalon marron (? !), il attaque par un morceau des Smith pour rameuter les foules (toujours devant les Raconteurs !) Panic ! Panic on the streets of London, c'est surtout Panic dans le bois de St Cloud, dans les thorax qui sont près de la scène (trop de basses), et toute la foule chante à tue-tête....continue Morrissey ! ! ! Bon, ben non ! Il continue avec des morceaux à lui, un peu inconnus pour moi qui ne connait que son dernier album dont il fera You have killed me, ma préférée, quand je serai déjà loin...le froid ça creuse...
Bref pour moi un Morrissey dont j'ai quand même assisté à la moitié du concert, espérant son jeu de jambes et sa voix légendaire qui se distend parfois...mais pas là. Il était tout de même trés présent, se présentant avec beaucoup d'humour et d'ironie, voire de cynisme ("i'm Sacha Distel") entre chaque morceaux. Racontant des anecdotes de ses précédents concerts. Bref, un chanteur d'expérience quoi !
Ca se voyait bien avec son visage en gros plan sur l'écran géant... ! Bon aller, sans plaisanter, je voudrais bien le revoir dans une salle plus petite, dans une ambiance plus intime pour apprécier pleinement.
Allez hop, on se rentre.
Le samedi !
Je ne parlerai que de Tokyo Ska Paradise Orchestra, puisque pour le reste a déjà été chroniqué.
Alors moi j'aime bien Radiohead sur album, et je m'en foutais un peu de les voir sur scène, j'ai quand même assisté aux trois premières chansons (c'est la seconde qu'ils ont chanté que j'adore, alors j'étais comblée !), et j'ai filé voir TSPO dont mon-amie-de-longue-date qui n'avait pas de place pour le samedi m'avait longuement parlé !
La traversée du site pour rejoidre la scène de l'industrie a été féerique ! J'étais seule au milieu du bois, avec toutes les oeuvres d'art, les toilettes et les stands du site pour moi toute seule ! La foule étant devant Radiohead ! Quel plaisir !
Arrivée en avance (ou bien ils étaient en retard..) devant la scène, je retrouve une centaine de personnes venues écouter du ska. Parmi elles : des japonais et des jeunes gens qui préfèrent Muse à Radiohead ! Et c'est sur l'air du Parrain version ska que débarque l'Orchestre ! 5 cuivres, 1 clavier, 1 percus, 1 batterie, un chanteur, tous vétus d'une veste de costard blanc, tee-shirt et pantalon noir, lunettes noires. En deux morceaux le public se presse, et ça saute ! Ca bouge ! Et moi et mes quinze ans de clopes on saute tout autant que le reste du public !
C'est du bon ska, festif, entrecoupé de petits morceaux qui ont bercé notre enfance (frêre Jacques) joués au mélodica, que nous offrent les TSPO. De temps en temps certains lachent leur cuivre pour prendre le micro et courrir tout autour de la scène en chantant et sautant partout ! Une contrebasse apparait, le trombone tombe sa veste (quel corps de rêve mon dieu !), on respire avec une chanson plus calme, genre combo des îles, et puis c'est reparti !ils s'en vont...mais acclamés par le public qui a définitivement laché Radiohead, ils reviennent nous enflammer une dernière fois !
Et puis voilà...je m'en vais traverser le site à la rencontre de mes amis, je croise des milliers et des milliers de personnes (si si, je vous jure !) qui quittent Radiohead avant la fin pour aller prendre le métro, il est 23H30.
PS : pour des photos de TSPO, j'aurai besoin de quelqu'un qui soit chez Bouygues et qui est un forfait avec internet...les photos sont sur mon mobile...
Merci à celui sans qui je n'aurai pas eu la chance de participer à ce festival, il m'a supportée quand je ralais aprés le temps, il m'a attendue aux toilettes, et tout ça avec le sourire... c'est mon héros (NdPh : c'est encore moi hi hi) ! Réagir à cette critique
Après une nuit un peu courte (mais confortable, les années passant on a trouvé comment échapper au camping), retour sur le site de la Presqu'Ile de Malsaucy, commune d'Evette-Salbert, Franche-Comté, temple du rock'n'roll et donc centre du monde chaque année pendant trois jours.
On y est accueilli et bien décrassé par les Hushpuppies, les rockers de Perpignan et leur gros son, tantôt garage tantôt surf-rock. On les connaissait peu (depuis on a a-che-té leur album, notez bien, oui on est encore certains à le faire pour soutenir les bons artistes émergents ...) Ne connaissant pas le groupe à cette époque lointaine (il y a 5 jours), je peux seulement supposer qu'ils ont du jouer : la classieuse Packt Up like Sardines et You're gonna say yeah (un peu dans le style des Hollywood Porn Stars, autre groupe talentueux qui lui, peine à exploser), 1975 et Marthelot & Clavecines (là je me souviens des noms), Pale Blue Eyes qui donne irrépressiblement envie de sauter partout, ou encore leur Single disco-punk qui sonne un peu comme du Scissor Scisters.
En tout cas un excellent concert, une ovation méritée pour ce groupe très élégant, aussi bien vestimentairement que musicalement (on pourrait dire que c'est un peu attrape-tout mais non, on a aimé alors on ne va pas bouder !), dont le chanteur à la voix très accrocheuse, a quand même fini par se jeter à juste titre dans le public sur un gros morceau garage final. Car redingote ou pas, ils font quand même du rock saignant, non de Zeus ! Et les Hushpuppies ont déjà la total attitude de rock stars qu'ils sont peut-être devenues -qui sait- aujourd'hui même !!
On zappe le concert d'Enhancer, dont le début entendu de loin n'a fait que nous rappeler l'immonde prestation de Mass Hysteria l'an passé (rien de pire qu'un groupe de djeun's des années 90 et qui refuse de vieillir). Ca sera donc le groupe joker. Pas grave, il y a plein de trucs à voir sur le site, notamment la Maison de l'Environnement et ces petits jeux amusants de l'opération Kill Detritus, Kill Kill ! pour sensibiliser les gens au recyclage des déchets. Les visiteurs ayant survécu à la plongée dans les poubelles repartent, heureux, avec un goodie superbe : un élégant cendrier de festival (ou de plage) en aluminium, collector Eurock's 2006, et plus aucune excuse pour balancer des mégots partout ! Et un bel autocollant de Couleur 3, sans aucun doute la meilleure radio rock du monde, et qui émet dans le monde entier en streaming sur internet.
Sur la plage, pendant ce temps, se déchaîne un trio de rock noisy appelé I Love UFO. Sans faire de délit de sale gueule, disons qu'ils ne sont pas magnifiques, la palme de la tronche pas possible au bassiste joueur de Korg, qui est toutefois un bon musicien - le chanteur guitariste, lui, a un faux air de Steve Estatof... Mais leur musique, à la croisée du Nirvana des débuts, époque Bleach, du Nick Cave des années 80, de Sonic Youth et autres Melvins, sème un joli pogo devant la scène et la voix n'est pas désagréable. Ca s'écoute un moment avec plaisir, avant que le soleil et leur musique finissent par nous taper légèrement sur le système. Seule bonne nouvelle à ce moment-là : on entend les dernières mesures de On My Mind des banals Sunday Drivers, qu'il ne faudra donc pas se re'farcir comme à Rock en Seine l'été passé.
Au risque de s'attirer les foudres de fans transis qui sont probablement venus de loin pour l'entendre, le paraît-il légendaire Steven Morrissey ne nous fait guère plus d'effet. Il a une belle voix mais on souffre d'une incapacité génétique à l'apprécier, qui dure depuis le collège et la découverte des premiers albums des Smiths... Cela étant ils étaient écoutés par de vrais connards, ce qui pourrait expliquer une sorte de traumatisme pré ou post-pubère mal résolu, combien je vous dois docteur ? Allez, 5 euros la tartiflette en attendant la fin, on va pas en faire une histoire de ce vieux beau, et puis il sera aussi à Rock en Seine 2006, alors ...
Et direction, Camille and the Pascals !! Dans le genre, qui se ressemble s'assemble, un truc aussi fou qu'un groupe de japonais fans de Pascal Comelade (une sorte de précurseur méconnu de yann Tiersen, pour situer) pouvait-il s'associer avec quelqu'un d'autre que notre déjantée Camille pour créer un spectacle pour enfants appelé Nohara ? Le groupe, composé d'une vingtaine de musiciens bigarrés, entame une longue introduction toute ... Comeladienne. C'est joli mais un peu long à notre goût (une amie est par contre sous le charme). un peu de diphonie aussi, dont les japonais sont de grands pros, et puis voilà Camille, habillée en japonaise.
Son album est un peu spécial, mais en vrai, elle a une très belle voix et le mélange avec l'orchestre japonais marche pas mal, notamment pour son tube Ta Douleur. D'ailleurs elle chantera aussi en japonais (avec un léger accent tokyoïte, il me semble), appuyée par des joueurs de percus zarbis et autres scies, et même d'un gros bonhomme qui joue avec des petites voitures et fait le pitre, ce qui colle à merveille avec les mouvements désordonnés, tirages de langue et autres bruits enfantins qui la caractérisent.
A signaler une version rigolote et hurlée de L'amour est enfant de bohème. Le supporter de foot qui sommeille en nous s'égare toutefois par moments sur les côtés du chapîteau, à la recherche du score. Peine perdue : impossible d'approcher les minuscules télés, et d'ailleurs Camille elle-même va annoncer que la France mène 1-0, en sautant partout. Le spectacle un tout petit peu bourratif s'achève après une Janine endiablée, version buto avec danseurs. Au final une création intéressante, comme d'ailleurs à peu près toutes celles des Eurockéennes (une pensée émue pour le sublime concert de Ez3kiel vs Nosfell, l'an passé)...
Sur la route du concert de Depeche Mode, on croise le chanteur d'Infadels qu'on ira pas voir ce soir (on avait pas trop aimé la dernière fois au Poste à Galène, cela dit y'a de belles photos sur la chronique !). Ah ben merde alors, Depeche Mode ... pas mal de souvenirs à l'évocation de ce nom, dont le meilleur n'est certes pas la prestation bruyante et tapageuse de Dave Gahan ici-même il y a trois ans.
Groupe complètement oublié dont le dernier album Playing The Angel nous a pourtant rappelé leur génie intemporel pour composer de belles chansons de dark pop. Par exemple celle qui ouvre le concert, la très classe A pain that i'm used to. Ou encore, la "depechemodissime" John the Revelator, l'excellente Suffer Well. Dave Gahan et Martin Gore, tous deux avec de vraies gueules de survivants à la dope, n'oublient cependant pas leurs fans des débuts, c'est-à-dire ... nous ("je vous parle d'un temps, que les moins de 20 ans ...") avec une collection de tubes, désolé pour les titres approximatifs, c'est l'âge : Question of Time, You're behind the Wheel, Personal Jesus, et autres Enjoy the Silence (un pied hallucinant en live, dûr de croire qu'on a pas écouté ça depuis au moins 15 ans ...)
Leurs voix qui se succèdent ou s'emmêlent sont irréprochables, le light show tabasse pas mal avec ses écrans géants disjoints. Presque captivé, on note tout de même avec intérêt l'agitation qui vient des côtés, et la rumeur qui se répand : le Brésil rentre à la maison (1-0) ! On est vite repris par I Feel U, où une fille sublime et peu vêtue, projetée sur les écrans sème quelques pensées un peu lestes dans notre esprit.
Sur Check the Disease, notre âge est soudain divisé par 2, tandis que sur Never let me down again, une image très précise se forme : celle du vinyle Music for the masses honteusement oublié dans un placard parental depuis bien trop longtemps et qui va peut-être bien devoir en ressortir. Ce n'est pas deux ou 3 chansons un peu en deça comme Lillian qui gâcheront cet excellent concert, une bonne leçon de jouvence !
Mais c'est pas tout ça, il s'agit encore d'aller soutenir les bides volontaires du père Katerine (vu et apprécié il n'y a pas longtemps par ici, on va donc la faire un peu plus courte). On le rejoint tandis qu'il braille "on a gagné, on a gagné !". Avec son pétaradant backing band de Little Rabbits, accoutré de son immonde chemise rose, il dynamite systématiquement toutes ses chansons - déjà excellentes - de Robots Après Tout (depuis hier on sait que les Daft Punk sont en effet Robots after All...) en les multipliant par du rock : Dans le train de 19 H, En 2008, 100 % VIP (qu'on écoutera en pestant coincé à une buvette), Morue la Truie ou un nom du genre, enfin bref cette histoire de blonde qui le poursuit dans les rues de Paris, Répétez après moi ("après moi... non !", cette vanne débile me fait toujours rire après 100 écoutes...). La suite est adaptée au contexte en "on est tous des Malouda", Patati & patata, plus quelques unes pas reconnues.
On le savait charismatique mais là c'est assez impressionnant, c'est du délire sous le chapiteau quand, à la fin d'une tirade sur le fameux Poulet n°..., il se lance dans son tube interplanétaire, Louxor J'adore. Les longues plages où il "coupe le son", ça hurle tellement que les oreilles nous sifflent, avant de transformer le chapiteau en un dance floor hystérique quand ... "il remet le son". Son premier tube Je vous emmerde, toujours sympathique avec une danseuse invitée, est enchaîné avec Borderline dont la version punk-rock furieuse nous laisse à nouveau sur le cul, déclenchant un énorme pogo... Désormais torse nu, exhibant fièrement ses épaules velues, la Secte humaine étant en slip vert et sous-pull collants roses, Katerine nous remet le son une dernière fois et nous quitte totalement épuisés, KO debout. Chapeau l'artiste !
Comme hier, on rentre donc à la maison avec un gimmick impossible à s'enlever de la tête (et "jeuuuuu ... coupe le son"), rigolant encore avec d'autres amis -eux aussi légèrement éméchés- de ces paroles débiles et jouissives (Pascal Nègre et Johnny, tu connais ? et tu dis Viiiii, et tu dis Aïïïï, et tu dis Piiii, Vi-aï-Piiiiiiiii...."). Allez, ça suffit les conneries, au lit tout le monde, demain on a rendez-vous avec les cadors du post-rock !
Après le feu d’artifice du premier jour et une nuit un peu courte, on se dit que la journée va être longue et rude ; il va en effet falloir choisir entre le foot (France - Brésil) et Morrissey, Camille & Pascals et Depeche Mode. Aie, aie, aie, quel choix cornélien ! Sans regrets, on rate un match mémorable pour assister à des concerts enthousiasmants, les yeux rivés sur scène en guettant les différentes annonces faites par les téléphones portables des membres du public. L’atmosphère de fête, déjà impressionnante à Belfort en temps normal, prend alors une nouvelle dimension, pour se transformer en communion totale sur la fin du set de Depeche Mode et sur la totalité du méga show de l’allumé de service, Philippe Katerine, littéralement en transe ! Et hop, voici la chronique du samedi 1er juillet 2006 aux Eurockéennes de Belfort…
Hushpuppies :
La journée démarre à fond, comme toujours avec les Hushpuppies, avec un set percutant et enthousiasmant des Perpignanais émigrés à Paris… De bons morceaux, une jolie reprise des inestimables Kinks (I’m not like everybody else), une attitude classieuse, un slam final du chanteur qui ruine sa jolie veste ceintrée et son impeccable foulard pour se donner à son public (très en joie à la fin du concert), les Hushpuppies provoquent l’hystérie générale, comme au Printemps de Bourges ! Les concerts en tête d’affiche dans les festivals ne sont plus très loin…
Teitur & Orchestre :
Malgré toute la bonne volonté du monde, et le talent de Teitur (qui avait donné un bon concert solo au festival Europavox), impossible d’apprécier la folk music du monsieur : entre les basses du sound system situé à l’entrée du site et les gueulantes risibles des charlots d'Enhancer sur la grande scène, on entend difficilement Teitur. Ou plutôt, on entend très bien ce qu’il joue mais, c’est un peu comme si sa musique intimiste était remixée façon dub/néo métal à dreadlocks, une véritable torture donc. La présence de l’Orchestre de Dole à ses côtés ajoutera encore au sentiment de gâchis…
I Love UFO :
Ce n’est pas le genre de problèmes qui risquent d’arriver aux trois Français d’I Love UFO : vu le volume sonore de leur prestation, impossible de les couvrir, sauf peut être en faisant décoller un avion juste à côté… Et encore ! L’effet que produit I Love UFO est tout simplement hallucinant ; dès les premières notes, on se laisse emporter par une déferlante de décibels vrillants. Ce divin raffut est provoqué - volontairement - par un chanteur/guitariste de feu, un bassiste ultra violent et un batteur déchaîné. On pense à Gun Club (cette voix incantatoire) jammant avec Sonic Youth (ce mur de guitare en fusion) et les Queens of The Stone Age (ces rythmiques énormes) : une sorte de rock bruitiste psychépathe. A rendre n’importe quel humain complètement maniaque. La preuve : AHHHHHHHHHHH !
Morrissey :
Changement radical d’ambiance avec le set de Morrissey, en plein jour et devant un public de fans et de curieux… Avec son gang de musiciens anglo irlandais habillés comme lors des bals donnés dans les bases américaines après la deuxième guerre mondiale, l’ex chanteur des Smiths peut crooner à loisir, cabotiner avec son micro et affoler ses admirateurs des deux sexes avec ses poses suggestives. Le Mozz chante à la perfection les morceaux les plus marquants de son répertoire, et c’est un véritable régal, tout simplement. Les titres - soigneusement - sélectionnés tiennent la route, et provoquent même des frissons de bonheur ! Ah, ces mélodies superbes, ces morceaux ensorcelants entre pop et rock… En interprétant très peu de titres de son ancien groupe, The Smiths, Morrissey a enchanté son auditoire.
Camille & Pascals :
Racontée en direct live par le groupe japonais Pascals et la fée chantante française Camille, l’histoire en français et en japonais de Nohara a emmené loin, très loin, des rivages habituellement fréquentés dans notre beau pays… Quand des musiciens aventureux et drôles se mettent au service d’une vocaliste complètement partie dans son monde, cela aboutit à la création d’un univers onirique, fou, naïf et rafraîchissant. Ce spectacle mériterait de tourner en France et à l’étranger.
Depeche Mode :
Pendant que certains regardent la deuxième mi temps de France - Brésil, la majorité des festivaliers réunis à Belfort tient à assister au méga show des Anglais de Depeche Mode. Scénographie futuriste, vidéos torturées, look gohiques, Dave Gahan, Martin Gore et Andy Fletcher (accompagnés par un batteur et un pianiste) ont sorti le grand jeu et l’artillerie lourde. L’electro pop de DM est en effet plus musclée en live, et c’est une très bonne chose : les morceaux mémorables de la discographie du groupe (entrecoupés des sympathiques clones du dernier album) n’en ont que plus d’impact ! La voix puissante et marquante de Dave Gahan fait merveille ; les chœurs et les interventions guitaristiques de Martin Gore font un effet considérable ; pendant ce temps-là, Andy Fletcher envoie des bidouillages électroniques qui sont sa marque de fabrique ; et les musiciens additionnels font leur boulot comme il faut. Malgré le côté archi pro et réglé au millimètre, le show de Depeche Mode fonctionne à plein régime. On regrettera seulement les interventions incessantes de Mr. Gahan pour haranguer le public (déjà à fond !), le morceau dispensable de Martin Gore joué avec le groupe, mais, à part cela, le best of DM présenté sur scène nous a ravi. A l’heure actuelle, qui d’autre peut se permettre d’enchaîner autant de tubes aussi populaires qu’artistiquement réussis (Enjoy the silence, Shake the disease, Never let me down agin, Behind the wheel, Personal Jesus etc etc. ) une heure et demie durant ? Pas grand monde. Un large sourire aux lèvres (l’ambiance est ultra festive et triomphale pour Depeche mode), Dave Gahan conclut en hurlant « Vive la France et Allez les bleus ! », saluant ainsi la victoire de la France sur le Brésil. Une bien belle journée donc ce 1er juillet !
Katerine :
Et ce n’est pas Katerine et ses acolytes rebaptisés Les Raymond Domenech qui vont gâché la fête ! Comme à Rennes, Bourges et Clermont-Ferrand, la troupe branché sur le 220 volts a propulsé le chapiteau (plein à craquer!) dans la stratosphère, avec ses tubes funky punk irrésistibles. Comme le dit l’ami Philippe, « on est tous des Thierry Henry, répétez après moi : on est tous des Willy Sagnol, répétez après moi : on est tous des imbéciles ! » Certes, mais des imbéciles incroyablement heureux… Grâce au show aussi improbable que puissant de cette bande de fous furieux, boosté par des guitares en furie et des improvisations drolatiques (comme un morceau inédit intitulé « Et 1, et 1 et 1 - 0 ! »). Du grand art, ce concert de Katerine. Celui qui s’emmerde en présence de ce gars-là s’ennuiera toute sa vie… C’est sûr à 100% !