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(mes) Eurockéennes de Belfort 2006 2/3 : Hushpuppies, I Love UFO, Morrissey, Camille & the Pascals, Depeche Mode, Katerine ...

Presqu'Ile du Malsaucy, Evette Salbert   1er juillet 2006

    Concert à ne pas manquer

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    Photos sans génie par Philippe

    Pour le premier jour c'était par ici !

    Après une nuit un peu courte (mais confortable, les années passant on a trouvé comment échapper au camping), retour sur le site de la Presqu'Ile de Malsaucy, commune d'Evette-Salbert, Franche-Comté, temple du rock'n'roll et donc centre du monde chaque année pendant trois jours.



    On y est accueilli et bien décrassé par les Hushpuppies, les rockers de Perpignan et leur gros son, tantôt garage tantôt surf-rock. On les connaissait peu (depuis on a a-che-té leur album, notez bien, oui on est encore certains à le faire pour soutenir les bons artistes émergents ...) Ne connaissant pas le groupe à cette époque lointaine (il y a 5 jours), je peux seulement supposer qu'ils ont du jouer : la classieuse Packt Up like Sardines et You're gonna say yeah (un peu dans le style des Hollywood Porn Stars, autre groupe talentueux qui lui, peine à exploser), 1975 et Marthelot & Clavecines (là je me souviens des noms), Pale Blue Eyes qui donne irrépressiblement envie de sauter partout, ou encore leur Single disco-punk qui sonne un peu comme du Scissor Scisters.
    En tout cas un excellent concert, une ovation méritée pour ce groupe très élégant, aussi bien vestimentairement que musicalement (on pourrait dire que c'est un peu attrape-tout mais non, on a aimé alors on ne va pas bouder !), dont le chanteur à la voix très accrocheuse, a quand même fini par se jeter à juste titre dans le public sur un gros morceau garage final. Car redingote ou pas, ils font quand même du rock saignant, non de Zeus ! Et les Hushpuppies ont déjà la total attitude de rock stars qu'ils sont peut-être devenues -qui sait- aujourd'hui même !!


    On zappe le concert d'Enhancer, dont le début entendu de loin n'a fait que nous rappeler l'immonde prestation de Mass Hysteria l'an passé (rien de pire qu'un groupe de djeun's des années 90 et qui refuse de vieillir). Ca sera donc le groupe joker. Pas grave, il y a plein de trucs à voir sur le site, notamment la Maison de l'Environnement et ces petits jeux amusants de l'opération Kill Detritus, Kill Kill ! pour sensibiliser les gens au recyclage des déchets. Les visiteurs ayant survécu à la plongée dans les poubelles repartent, heureux, avec un goodie superbe : un élégant cendrier de festival (ou de plage) en aluminium, collector Eurock's 2006, et plus aucune excuse pour balancer des mégots partout ! Et un bel autocollant de Couleur 3, sans aucun doute la meilleure radio rock du monde, et qui émet dans le monde entier en streaming sur internet.


    Sur la plage, pendant ce temps, se déchaîne un trio de rock noisy appelé I Love UFO. Sans faire de délit de sale gueule, disons qu'ils ne sont pas magnifiques, la palme de la tronche pas possible au bassiste joueur de Korg, qui est toutefois un bon musicien - le chanteur guitariste, lui, a un faux air de Steve Estatof... Mais leur musique, à la croisée du Nirvana des débuts, époque Bleach, du Nick Cave des années 80, de Sonic Youth et autres Melvins, sème un joli pogo devant la scène et la voix n'est pas désagréable. Ca s'écoute un moment avec plaisir, avant que le soleil et leur musique finissent par nous taper légèrement sur le système. Seule bonne nouvelle à ce moment-là : on entend les dernières mesures de On My Mind des banals Sunday Drivers, qu'il ne faudra donc pas se re'farcir comme à Rock en Seine l'été passé.

    Au risque de s'attirer les foudres de fans transis qui sont probablement venus de loin pour l'entendre, le paraît-il légendaire Steven Morrissey ne nous fait guère plus d'effet. Il a une belle voix mais on souffre d'une incapacité génétique à l'apprécier, qui dure depuis le collège et la découverte des premiers albums des Smiths... Cela étant ils étaient écoutés par de vrais connards, ce qui pourrait expliquer une sorte de traumatisme pré ou post-pubère mal résolu, combien je vous dois docteur ? Allez, 5 euros la tartiflette en attendant la fin, on va pas en faire une histoire de ce vieux beau, et puis il sera aussi à Rock en Seine 2006, alors ...


    Et direction, Camille and the Pascals !! Dans le genre, qui se ressemble s'assemble, un truc aussi fou qu'un groupe de japonais fans de Pascal Comelade (une sorte de précurseur méconnu de yann Tiersen, pour situer) pouvait-il s'associer avec quelqu'un d'autre que notre déjantée Camille pour créer un spectacle pour enfants appelé Nohara ? Le groupe, composé d'une vingtaine de musiciens bigarrés, entame une longue introduction toute ... Comeladienne. C'est joli mais un peu long à notre goût (une amie est par contre sous le charme). un peu de diphonie aussi, dont les japonais sont de grands pros, et puis voilà Camille, habillée en japonaise.
    Son album est un peu spécial, mais en vrai, elle a une très belle voix et le mélange avec l'orchestre japonais marche pas mal, notamment pour son tube Ta Douleur. D'ailleurs elle chantera aussi en japonais (avec un léger accent tokyoïte, il me semble), appuyée par des joueurs de percus zarbis et autres scies, et même d'un gros bonhomme qui joue avec des petites voitures et fait le pitre, ce qui colle à merveille avec les mouvements désordonnés, tirages de langue et autres bruits enfantins qui la caractérisent.


    A signaler une version rigolote et hurlée de L'amour est enfant de bohème. Le supporter de foot qui sommeille en nous s'égare toutefois par moments sur les côtés du chapîteau, à la recherche du score. Peine perdue : impossible d'approcher les minuscules télés, et d'ailleurs Camille elle-même va annoncer que la France mène 1-0, en sautant partout. Le spectacle un tout petit peu bourratif s'achève après une Janine endiablée, version buto avec danseurs. Au final une création intéressante, comme d'ailleurs à peu près toutes celles des Eurockéennes (une pensée émue pour le sublime concert de Ez3kiel vs Nosfell, l'an passé)...



    Sur la route du concert de Depeche Mode, on croise le chanteur d'Infadels qu'on ira pas voir ce soir (on avait pas trop aimé la dernière fois au Poste à Galène, cela dit y'a de belles photos sur la chronique !). Ah ben merde alors, Depeche Mode ... pas mal de souvenirs à l'évocation de ce nom, dont le meilleur n'est certes pas la prestation bruyante et tapageuse de Dave Gahan ici-même il y a trois ans.


    Groupe complètement oublié dont le dernier album Playing The Angel nous a pourtant rappelé leur génie intemporel pour composer de belles chansons de dark pop. Par exemple celle qui ouvre le concert, la très classe A pain that i'm used to. Ou encore, la "depechemodissime" John the Revelator, l'excellente Suffer Well. Dave Gahan et Martin Gore, tous deux avec de vraies gueules de survivants à la dope, n'oublient cependant pas leurs fans des débuts, c'est-à-dire ... nous ("je vous parle d'un temps, que les moins de 20 ans ...") avec une collection de tubes, désolé pour les titres approximatifs, c'est l'âge : Question of Time, You're behind the Wheel, Personal Jesus, et autres Enjoy the Silence (un pied hallucinant en live, dûr de croire qu'on a pas écouté ça depuis au moins 15 ans ...)


    Leurs voix qui se succèdent ou s'emmêlent sont irréprochables, le light show tabasse pas mal avec ses écrans géants disjoints. Presque captivé, on note tout de même avec intérêt l'agitation qui vient des côtés, et la rumeur qui se répand : le Brésil rentre à la maison (1-0) ! On est vite repris par I Feel U, où une fille sublime et peu vêtue, projetée sur les écrans sème quelques pensées un peu lestes dans notre esprit.


    Sur Check the Disease, notre âge est soudain divisé par 2, tandis que sur Never let me down again, une image très précise se forme : celle du vinyle Music for the masses honteusement oublié dans un placard parental depuis bien trop longtemps et qui va peut-être bien devoir en ressortir. Ce n'est pas deux ou 3 chansons un peu en deça comme Lillian qui gâcheront cet excellent concert, une bonne leçon de jouvence !


    Mais c'est pas tout ça, il s'agit encore d'aller soutenir les bides volontaires du père Katerine (vu et apprécié il n'y a pas longtemps par ici, on va donc la faire un peu plus courte). On le rejoint tandis qu'il braille "on a gagné, on a gagné !". Avec son pétaradant backing band de Little Rabbits, accoutré de son immonde chemise rose, il dynamite systématiquement toutes ses chansons - déjà excellentes - de Robots Après Tout (depuis hier on sait que les Daft Punk sont en effet Robots after All...) en les multipliant par du rock : Dans le train de 19 H, En 2008, 100 % VIP (qu'on écoutera en pestant coincé à une buvette), Morue la Truie ou un nom du genre, enfin bref cette histoire de blonde qui le poursuit dans les rues de Paris, Répétez après moi ("après moi... non !", cette vanne débile me fait toujours rire après 100 écoutes...). La suite est adaptée au contexte en "on est tous des Malouda", Patati & patata, plus quelques unes pas reconnues.


    On le savait charismatique mais là c'est assez impressionnant, c'est du délire sous le chapiteau quand, à la fin d'une tirade sur le fameux Poulet n°..., il se lance dans son tube interplanétaire, Louxor J'adore. Les longues plages où il "coupe le son", ça hurle tellement que les oreilles nous sifflent, avant de transformer le chapiteau en un dance floor hystérique quand ... "il remet le son". Son premier tube Je vous emmerde, toujours sympathique avec une danseuse invitée, est enchaîné avec Borderline dont la version punk-rock furieuse nous laisse à nouveau sur le cul, déclenchant un énorme pogo... Désormais torse nu, exhibant fièrement ses épaules velues, la Secte humaine étant en slip vert et sous-pull collants roses, Katerine nous remet le son une dernière fois et nous quitte totalement épuisés, KO debout. Chapeau l'artiste !

    Comme hier, on rentre donc à la maison avec un gimmick impossible à s'enlever de la tête (et "jeuuuuu ... coupe le son"), rigolant encore avec d'autres amis -eux aussi légèrement éméchés- de ces paroles débiles et jouissives (Pascal Nègre et Johnny, tu connais ? et tu dis Viiiii, et tu dis Aïïïï, et tu dis Piiii, Vi-aï-Piiiiiiiii...."). Allez, ça suffit les conneries, au lit tout le monde, demain on a rendez-vous avec les cadors du post-rock !

    Suite et fin par !

    Quelques vidéos en bonus, à voir par ici !

    Vignette philippe
    Signature : philippe
    le 07/07/2006
    Fleche concert Envoyer un message à philippe
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