Mouloud / Dionysos (Frissons d'avril) - 24 avril 2002 - Le Brise Glace - Annecy Suite au succès de la 1ere édition des soirées frissons d'avril 2001 l'équipage du Brise Glace a renouvelé l'évènement en 2002 pour 5 jours de musique avec une nouvelle affiche regroupant divers styles musicaux et de découvertes .
Qui n'a pas encore entendu parlé d'éléctro ?. Le moins que l'on puisse dire c'est que c'est plutôt une tendance .../...
Suite au succès de la 1ere édition des soirées frissons d'avril 2001 l'équipage du Brise Glace a renouvelé l'évènement en 2002 pour 5 jours de musique avec une nouvelle affiche regroupant divers styles musicaux et de découvertes .
Qui n'a pas encore entendu parlé d'éléctro ?. Le moins que l'on puisse dire c'est que c'est plutôt une tendance très en vogue cette année. L'éléctro est un style qui se conjugue à toutes les sauces : éléctro dub, éléctro rock, voir même éléctro berbère !. Entre éléctro grunge, black éléctro, éléctro métal, éléctro fusion et éléctro choc Il doit bien rester encore quelques créneaux de libre pour quelques opportunistes en quête d'originalité. Pour ceux qui ne connaîtraient pas encore ce genre musical cela peut se résumer en une base musicale construite autour d'un "boom boom boom", produite par des machines en tout genre et synchronisée avec des projections vidéos visant à divertir un public souvent frustré par l'absence visuelle de musiciens. J'apprécie cette musique mais je dois admettre que j'ai un peu de mal à maintenir mon attention éveillée plus de 30 minutes lorsqu'il n'y a pas assez d'éléments humains intégrés à la formule musicale.
Le duo Mouloud a lui opté pour une éléctro pop joyeuse.
Aux sons affûtés des samplers et boîtes à rythmes viennent s'ajouter des rythmes de guitares pop et des vocaux mélodieux. C'est une formule plutôt originale et agréable à écouter. Certains morceaux sont même carrément entraînant et invitent aux déhanchements.
Je trouve néanmoins que l'absence d'un batteur se fait cruellement sentir et mon attention est finalement essentiellement maintenue par la projection vidéo. Cette projection présente un personnage en pâte à modeler évoluant dans un univers en 3D. L'animation est judicieusement synchronisée à la musique mais plusieurs fois le sympathique personnage se retrouvera dans un univers complètement hors contexte musical suite à des défaillances techniques. Finalement toutes ces machines sont bien sympathiques puisqu'elles ont des faiblesses comme nous les humains.
Difficile pourtant de trouver le moindre signe de faiblesse chez les brillants humains de Dionysos qui nous ont offert une fois de plus un incroyable parcours sans faute depuis l'entrée sur scène jusqu'au dernier rappel acoustique.
Puisque Stan the flasher a largement détaillé ce concert je ne vais pas me lancer dans de longs descriptifs.
Tout simplement : Excellent concert d'un des plus grands groupes de scène français. Du très grand Dionysos avec des bonds dans tous les sens, des plongeons dans la foule, de l'humour, de l'énergie à revendre, une communion intense avec le public, une superbe version survoltée de "Jedi", de belles ambiances western, un rappel mémorable sans amplification ni micros mais juste le groupe assis devant le public puis un final à cappella.
Un pur moment de bonheur qui s'est malheureusement écoulé beaucoup trop rapidement. J'en connais quelques uns qui vont grincer des dents du côté de Marseille ...
Pas étonnant que l'album soit intitulé "Western sous la neige" : Mathias, le chanteur galoppe sur scène comme un étalon sauvage. A quand une réunion Wampas, Dionysos et Iggy Pop pour un concours de domptage ?.
A 21 heures précises, une Mercedes grise se gare devant la Coopé. Aussitôt, une bande de mafieux dignes de « Réservoir Dogs » sort de cette voiture chère à Joey Starr. Cinq hommes habillés en costards noirs et lunettes noires fendent la foule (restreinte à cette heure) pour monter sur scène. Devant leur succès galopant, Vincent Volt & Dick Hillowatt ont désormais besoin de gardes du corps sur scène pour empêcher les fans hystériques de les importuner !
Deux messieurs resteront donc immobiles mais attentifs de chaque côté des boîtes à rythmes triturées avec méchanceté par Vincent et Dick. Les expériences vidéo de Kiki Picasso servent toujours de fond à cette techno de l’âge de pierre. Une petite pipe pour commencer ? Non, sans façon ! Un godage en règle, alors ? Bof… Pourquoi pas une femme roulant une pelle à un chien ? Non ! Armés de leurs instruments (guitare, basse, boîtes à rythme), nos deux hurluberlus n’ont que faire de tant de pornographie, ils prennent la pose en faisant attention aux plis du costard et laissent tourner les machines.
Chose incroyable, un semblant de communication s’établit avec le public : « ça va pour vous ? ». Peut mieux faire ! Bien calés sur le piédestal qu’ils ont construit eux-mêmes, ils observent le public, plus réceptif qu’à Issoire, deux semaines plus tôt. Les gens resteront jusqu’au bout et si l’heure de passage avait été plus tardive, on aurait même pu assister à un pétage de plombs généralisé sur la piste. Un show électrisant et concis !
La performance suivante me casse sévèrement les couilles : un ingénieur filme un écran d’ordinateur pendant qu’un autre produit des sons rappelant la roulette du dentiste. Je ne suis pas le seul à être dérouté : un monsieur, assez gentil en temps normal, part en courant en lançant à la cantonade « les rats de laboratoires cavernicoles, ça suffit, je me casse ! » Phil Fontes et François David sont applaudis à la fin de leur performance. Je dois être un novice en improvisation vidéo ou alors les gens sont snobinards. Va savoir…
J’assiste à quelques projections dans la grande salle, il y a du bon et du très chiant. La vidéo d’une jeune femme blonde racontant n’importe quoi sur un ton désabusé me fait passer un bon moment. Pour le reste… Un jeune homme me dit que, techniquement, c’est très fort. Oui, et alors ?
Rom1 Vs DronE nous délivre un set de « livesonovideosupasynchro » plutôt réussi. Les projections et les rythmes technoïdes de ces électroniciens sont propices à la transe. Ils énervent joyeusement tout le monde : les gens commencent à se trémousser comme des primates. C’est bon signe !
Mouloud récolte les fruits des prestations de ces prédécesseurs : la petite Coopé, désormais pleine, lui réserve un accueil chaleureux. Bien sûr, un crétin hurle « remboursez » ! Les rats de laboratoires cavernicoles n’aiment pas la musique dansante, c’est connu ! Composé d’un guitariste/percussionniste et d’un machiniste/chanteur, ce duo produit une electro-pop très festive. Les vidéos sont assez marrantes, on voit le personnage rasta de la pochette du disque dans diverses situations. Les Mouloud, qui sont loin d’être des cons, font passer du bon temps à 99% du public.
Une Nuit des Arts électroniques plutôt réussie même si les temps d’attente étaient un peu longs quand on n’accroche pas sur les vidéos. Pour conclure, quoi de mieux que la vidéo d’Antidollar.org montrant la tête de George Bush en train d’exploser ? Oh yeah !
(Photo prise au festival Osmose par Flore-Anne Roth, le 29 juin 2002.) Réagir à cette critique