A 21 heures précises, une Mercedes grise se gare devant la Coopé. Aussitôt, une bande de mafieux dignes de « Réservoir Dogs » sort de cette voiture chère à
Joey Starr. Cinq hommes habillés en costards noirs et lunettes noires fendent la foule (restreinte à cette heure) pour monter sur scène. Devant leur succès galopant,
Vincent Volt & Dick Hillowatt ont désormais besoin de gardes du corps sur scène pour empêcher les fans hystériques de les importuner !
Deux messieurs resteront donc immobiles mais attentifs de chaque côté des boîtes à rythmes triturées avec méchanceté par Vincent et Dick. Les expériences vidéo de
Kiki Picasso servent toujours de fond à cette techno de l’âge de pierre. Une petite pipe pour commencer ? Non, sans façon ! Un godage en règle, alors ? Bof… Pourquoi pas une femme roulant une pelle à un chien ? Non ! Armés de leurs instruments (guitare, basse, boîtes à rythme), nos deux hurluberlus n’ont que faire de tant de pornographie, ils prennent la pose en faisant attention aux plis du costard et laissent tourner les machines.
Chose incroyable, un semblant de communication s’établit avec le public : « ça va pour vous ? ». Peut mieux faire ! Bien calés sur le piédestal qu’ils ont construit eux-mêmes, ils observent le public, plus réceptif qu’à Issoire, deux semaines plus tôt. Les gens resteront jusqu’au bout et si l’heure de passage avait été plus tardive, on aurait même pu assister à un pétage de plombs généralisé sur la piste. Un show électrisant et concis !
La performance suivante me casse sévèrement les couilles : un ingénieur filme un écran d’ordinateur pendant qu’un autre produit des sons rappelant la roulette du dentiste. Je ne suis pas le seul à être dérouté : un monsieur, assez gentil en temps normal, part en courant en lançant à la cantonade « les rats de laboratoires cavernicoles, ça suffit, je me casse ! »
Phil Fontes et
François David sont applaudis à la fin de leur performance. Je dois être un novice en improvisation vidéo ou alors les gens sont snobinards. Va savoir…
J’assiste à quelques projections dans la grande salle, il y a du bon et du très chiant. La vidéo d’une jeune femme blonde racontant n’importe quoi sur un ton désabusé me fait passer un bon moment. Pour le reste… Un jeune homme me dit que, techniquement, c’est très fort. Oui, et alors ?
Rom1 Vs DronE nous délivre un set de « livesonovideosupasynchro » plutôt réussi. Les projections et les rythmes technoïdes de ces électroniciens sont propices à la transe. Ils énervent joyeusement tout le monde : les gens commencent à se trémousser comme des primates. C’est bon signe !
Mouloud récolte les fruits des prestations de ces prédécesseurs : la petite Coopé, désormais pleine, lui réserve un accueil chaleureux. Bien sûr, un crétin hurle « remboursez » ! Les rats de laboratoires cavernicoles n’aiment pas la musique dansante, c’est connu ! Composé d’un guitariste/percussionniste et d’un machiniste/chanteur, ce duo produit une electro-pop très festive. Les vidéos sont assez marrantes, on voit le personnage rasta de la pochette du disque dans diverses situations. Les
Mouloud, qui sont loin d’être des cons, font passer du bon temps à 99% du public.
Une Nuit des Arts électroniques plutôt réussie même si les temps d’attente étaient un peu longs quand on n’accroche pas sur les vidéos. Pour conclure, quoi de mieux que la vidéo d’
Antidollar.org montrant la tête de
George Bush en train d’exploser ? Oh yeah !
(Photo prise au festival Osmose par Flore-Anne Roth, le 29 juin 2002.)