Avant le point culminant de la journée - à notre avis, le set des
Raconteurs -, le programme du vendredi 25 août au festival Rock en Seine permettait de passer une après-midi musicale en très bonne compagnie.
Calexico : entre country folk américano mexicaine et pop rock racée.
Ce sont les Américains de
Calexico qui sont chargés d’essuyer les plâtres sur la grande scène, une tache difficile dont s’acquitte parfaitement le groupe de Tucson. Comme lors de la
Route du Rock 2006, le combo emmené par
Joey Bruns et
John Convertino propose un large panorama de ses possibilités : entre country folk américano mexicaine et pop rock racée. Un très bon moment qui aurait mérité d’avoir lieu plus tard…
Nada Surf : un cocktail pop/rock/folk toujours pertinent…
Peu de temps après, c’est au tour de
Nada Surf de monter sur les planches, avec semble-t-il toujours autant de plaisir… La tournée consécutive à l’album
The weight is a gift avait permis de constater la pertinence toujours intacte du cocktail pop/rock/folk concocté par les Américains francophones ; devant le public de Rock en Seine, le combo de
Matthew Caws a confirmé ses bonnes dispositions, avec une prestation variée et bien envoyée. De
Popular (joué très tôt) au magistral
Blonde on blonde (quel morceau inépuisable !), en passant par les nouveaux morceaux, plus une surprenante reprise d’
Alain Souchon (avec Stéphane d'
As Dragon à la guitare), le concert de
Nada Surf était très réussi.
Clap Your Hands Say Yeah ! : ¨très décevant.
On ne dira pas la même chose de celui de
Clap Your Hands Say Yeah !, un excellent groupe capable de fulgurances incroyables sur
disque, mais encore trop timoré sur
scène. Si l’on ajoute à cela, un public peu enthousiaste, un son atroce et un leader/chanteur/guitariste sur les rotules, vous obtenez une belle déception. Au lieu de faire tourner leurs groupes jusqu’à l’épuisement total, les maisons de disques devraient laisser souffler les artistes quand la fatigue est aussi flagrante… On attend de meilleures nouvelles de
Clap Your Hands Say Yeah ! sur son prochain album, très attendu.
Dirty Pretty Things : du rock clashien servi avec une « branleur attitude » notoire.
Malgré un bras (cassé ?) en écharpe et une tête de déterré,
Carl Barât et ses
Dirty Pretty Things ont donné une bonne prestation à Saint-Cloud. Rien de génial certes, mais du rock clashien servi avec une « branleur attitude » notoire. Ça sonne ultra rock ‘n roll, bien drogué, joliment débraillé et plutôt cool… La musique sulfureuse et en perpétuel mouvement (au risque d’être souvent sacrément brouillonne sur scène) des
Dirty Pretty Things donne envie de pogoter et de profiter à fond des plaisirs de la vie : sex and drugs and rock ‘n roll… A fond peut-être, mais dans les limites du raisonnable, pour éviter de devenir une épave ambulante comme
Pete Doherty, qui s’était donné en spectacle de manière assez discutable ici même l’année dernière, avec
BabyShambles. Une moment bizarre qui revient à l’esprit en entendant Carl Barât interpréter un tube des
Libertines, définitivement un très grand groupe des années 2000. Les
Dirty Pretty Things n’en sont pas encore là, certes, mais ce combo sans prétention apparente a sans aucun doute la capacité d’écrire quelques belles pages du rock actuel. C’est en tout cas ce qu’on lui souhaite…
Kasabian : très moyen.
Le remplacement de
Ricard Ashcroft par
Kasabian a permis de constater que ce groupe fortement influencé par
Oasis (et donc par Mr Ashcroft, idole des frères Gallagher),
Primal Scream et
Stone Roses était sans doute surévalué… Car à part les poses de primates - à la Liam G. - du leader de ce combo et quelques morceaux plus ou moins percutants, il n’y a pas grand-chose à retenir. Le nouveau single sonne indigent au possible : tout semble recyclé, sans la moindre trace d’inspiration, c’en est pénible… Et encore, si tout cela était présenté humblement ! Mais non, ces gars-là semblent penser qu’ils ont inventé quelque chose. Le plus dramatique, c’est d’avoir à écouter quelques branchés (ayant sans doute forcé sur les drogues altérant la perception auditive) dire à quel point « c’était cool le concert de
Kasabian à Rock en Seine. » (rires) Il faudra écouter le nouveau disque de Kasabian pour être définitif, car la
tournée consécutive au premier album avait fait plutôt bonne impression, mais ce concert était objectivement très moyen.
TV On The Radio : une sorte de transe musicale entre soul stellaire et mur du son rock…
Pour décoller vers les étoiles et planer sur du bon son, il fallait attendre la brillante démonstration de classe du groupe new yorkais
TV On The Radio, toujours très impressionnant en live… Tous les membres de cet ovni musical semblent littéralement habités par leur musique ; c’est donc sans aucun problème particulier qu’ils arrivent à entraîner leur public dans une sorte de transe musicale entre soul stellaire et mur du son rock. Si le renfort du rappeur
Spleen était aussi anecdotique que sympathique, le show de
TV On The Radio à Rock en Seine a une fois de plus (après la
Route du Rock 2006) permis de passer quelques instants à très haute altitude, avec un point culminant sur le génial morceau
Wolf like me. Et ce sans produits illicites, s’il vous plaît. Seulement en écoutant la musique de cinq extra-terrestres touchés par la grâce…
A lire également, les comptes rendus des excellents concerts des
Raconteurs, de
Beck, de
Broken Social Scene + Fancy + Phoenix + The Dead 60's + The Rakes et de
Radiohead à Rock en Seine 2006.
Site Internet :
www.rockenseine.com.
Photo
Frédéric Durand-Bazin