J’arrive au cabaret aléatoire, alors que les locaux de
Narrow Terence sont en plein passage instrumental bruitiste et assez trippant. L’affluence est plutôt bonne, et ça fait assez plaisir à voir, car en ce mois de février on pouvait craindre, malgré l’affiche,
que bon nombre de potentiels spectateurs soient restés au coin du feu…
J’avais découvert Narrow Terrence, à l’occasion de leur récente pré-sélection pour le Printemps de Bourges. Les chansons sur leur myspace m’avaient laisser entrevoir des influences à la
Tom Waits,
Pj Harvey,…et j’avais trouvé ça intéressant mais sans plus… manque de personnalité…
Finalement, ce soir sur scène, j’ai trouvé ça beaucoup plus passionnant. Les chansons tiennent bien la route et au niveau instrumental ça fait bien son boulot.
La violoniste tient un rôle assez central, je trouve, dans la coloration de leur univers.
Et c’est finalement, parfois, plus énervé que ce que je pensais…
Donc plutôt une bonne surprise, surtout de la part d’un groupe local officiant en territoire anglosaxon…
Toutefois, je maintiens il manque un petit quelque chose (sentiment partagé par Andy Trax le photographe) pour rendre le groupe
indispensable…
La dernière fois que j’avais vu le canadien
Buck 65, c’était au Moulin et il était accompagné alors par pas mal de monde dont sa nana française au chant (assez faux) et un espèce de clown qui débarquait sur scène pour de courts intermèdes
assez drôles…
Ce soir, quand je vois arrivé sur le devant de la scène un gars à grosse casquette (genre bûcheron canadien) et petite moustache, je me dis tient Buck 65 a encore fait appel à un chauffeur de salle…
Finalement, le casquetté moustachu c’est le Buck 65, lui-même…et après un instant où je me dis « quel déconneur », croyant à une fausse moustache…je me rends compte qu’il s’agit de vrais poils…
Deuxième surprise, Buck 65 est revenu à sa formule d’antan, seul sur scène : il envoi ses instrus sur son Pc, puis passe au micro et finit souvent derrière sa platine pour de savoureux scratchs. One Mc + One Dj= Buck 65 : un combo hip-hop minimaliste de chez minimaliste. Grâce à la personnalité et à l’humour du canadien, ce minimalisme passe assez bien, même si je l’ai trouvé au début pas assez communiquant…
Troisième surprise, j’ai beau connaître relativement bien la discographie du jeune homme, ce soir je ne vais reconnaître que 3 ou 4 morceaux : la bluesy
Blood of a young wolf, la très rock
4-6-3 (bien scotchante celle-là) et plus surprenant un seul titre du (pourtant assez bon) dernier album le tubesque et énergique
Dang.
Les autres titres de la set list sont en fait des inédits d’un prochain album à paraître…
Productif donc le Buck 65, mais je n’ai pas été séduit par tous ces nouveaux titres car apparemment après avoir œuvré dans le hip-hop expérimental, le blues hip-hop néofolk, ou tout simplement le hip-hop oldschool, notre canadien préféré prends cette fois-ci une tournure un peu plus 80s, et j’accroche moins à ce type de sons.
Malgré tout, Buck 65 conserve ses talents de compositeur et sur scène, comme d’habitude, il finit par nous faire rire par ses facéties : une imitation de
Johnny Halliday, les jambes bien écartées, à l’attention de tous les « étudiants en Johnny Halliday »… des bugs informatiques (comme autrefois) qui l’obligent à partir dans un titre a capela (country sautillant et speed) où il tape le rythme dans le micro : assez bluffant !
Un peu tendance, il sacrifiera au sample de
Carla Bruni,
provoquant évidemment les hués de la foule en colère (pourquoi tant de haine ?)…
Il quitte la scène en lançant
The passenger, un titre qui colle parfaitement au personnage, Buck 65 étant un parfait touche à tout, naviguant sans cesse d’univers en univers. Finalement, il ne répond pas au rappel. Dommage.
Le groupe suivant, les espagnols funky de
The Sweet Vandals est plutôt sympa :
bon son 70s, assez bonne voix de la chanteuse qui me fait un peu penser physiquement à Lisa des
Bellrays…
En revanche les réglages du son ne sont pas optimum, il y a notamment trop de réverb, à moins qu’il s’agisse de reverb naturelle due à l’acoustique de la salle ( ?).
Finalement, j’ai plus envie d’aller me coucher que de danser jusqu’au bout de la nuit. Et c’est donc ce que je fais.
Une petite pensée quand même aux organisateurs qui ont eu la bonne idée d’un plateau assez éclectique.
Photo Andy Trax pour liveInMarseille