15 jours avant son passage au Printemps de Bourges, les Marseillais pouvaient découvrir sur la scène du Cabaret Aléatoire Narrow Terence, le groupe qui a été sélectionné devant 300 autres pour représenter la région PACA.
Un groupe, il est vrai, pas forcément connu sous nos lattitudes, puisuq'il a plus l'habitude de tourner en région parisienne que dans le Sud. Il est vrai, pour être totalement juste, que si ses deux leaders, les frères Puaux, sont originaires de Rognes, il y a belle lurette qu'ils ont quitté la douce Provence pour aller tenter leur chance ailleurs.
Soutenu par l'équipe de l'Espace Doun de Rognes (c'est ça, les petits villages), le groupe monte sur scène après un excellent set de Kid Francescoli. Les popeux, eux, totalement marseillais, cisellent avec toujours autant de finesse leurs chansons, mais avec moins de mièvrerie qu'avant. A moins que cela soit l'influence béton friche industrielle du cabaret aléatoire, mais il y a deux ou trois chansons qui finissaient comme si les Sundays jouaient avec les My bloody Valentine... En nette progression, le kid
A suivre pour la sortie de leur second album annoncé le soir même pour septembre.
Narrow Terence donc. On les annonçait à 5, ils ne seront que 4 sur scène, chacun alternant des instruments : batterie, basse, guitare, clavier, violons.... Hum, j'entends déjà les sirènes souffler des mots comme "multi-instrumentistes, avec deux violons, ouais, c'est la tendance Arcade Fire"
Ouais, ouais... tendance... Mais l'année dernière, quand Bat For Lashes est monté sur la même scène lors de la première soirée de Marsatac, personne ne trouvait à redire que les 4 donzelles changent à chaque fois d'instruments...
Et puis, s'il est vrai que les violons sont très présents (trop pour certains), ils font plus penser aux cordes de Tindersticks qu'aux envolée lyriques des Canadiens. Et puis le chanteur ne joue pas dans les mêmes octaves que Wim Butler. Quand il se met au chant, c'est à Tom Waits que l'on pense (peut être trop) immédiatement. Ce mec n'a pas 30 balais et on a l'impression qu'il a fumé 3 millions de gauloises maïs pour avoir une pareille voix.)
L'univers de Narow Terence fait tantôt penser à un pub anglais embrumé, tantôt aux plaines désertiques du Texas, tantôt aux matins pluvieux sur Bruxelles. On voyage beaucoup, c'est pas désagréable, mais un peu ennuyeux au bout d'un moment.
C'est qu'il manque une vraie section rythmique au groupe pour apporter la pêche nécessaire, quelque chose pour poser les structures des chansons, pour laisser les violons s'envoler ou se poser dans un rythme alternatif.
A la fin, on avait l'impression d'assister à un concert de démo. Un peu embêtant quand on va se produire devant les responsables de maison de disques.