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The Dead 60s, the Divine Comedy, Architecture in Helsinki, Swayzak, Nathan Fake, Hifiklub, Henry et Georgette...

festival Marsatac, J4, Marseille   28 septembre 2007

    Bon concert

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    Il fut un temps où le festival Marsatac, mieux reconnu en France que dans sa bonne vieille ville de Marseille, ne savait pas trop où poser ses scènes.

    Et c’est vraiment par accident (l’incendie des docks en 2005) qui l'a conduit sur le J4, cette merveilleuse esplanade à l’entrée du Vieux Port, entre mer, centre-ville et ferry de voyageurs. Un lieu parfait pour un festival qui propose de nous ouvrir les écoutilles au maximum pour y faire entrer du hip hop, du rock, de l’électro, du rap concocté aux quatre coins de la planète.


    C’est d’ailleurs en se stabilisant sur le J4 depuis 3 ans que Marsatac a vraiment pris de l’ampleur et qu’il a acquis ses lettres de noblesse tout en continuant à prendre des paris sur la programmation artistique. A Marsatac, on lorgne sur le modèle des Transmusicales de Rennes, pas celui des Francofolies de la Rochelle.
    Il faut donc se prémunir d’une bonne dose de curiosité et d’humilité pour s'y rendre. Parce que pour quelques découvertes renversantes (Rubin Steiner et Cinematic orchestra il y a 4 ans, Bauchklang et Kid Koala il y a 3 ans, David Walters et Birdy Nam Nam il y a 2 ans, Bat for Lashes l’année dernière), il faut également se frapper la tête contre les murs devant certaines prestations décevantes (au choix, Joey Starr, The Herbaliser, Feist, Roni Size et une bonne grosse charrette de DJ-derrière-son-ordi).
    C’est donc en prenant toutes ces précautions que l’on rend sur le J4 pour la première grosse soirée du festival, clairement estampillé Electro/Rock.

    La mise en espace de l’esplanade a, cette année, encore changée. Les deux scènes ont été installées en parallèle, à quelques dizaines de mètres l’une de l’autre. Si le grand chapiteau est toujours présent, la belle tente ronde et joliment décorée de l’année dernière est remplacée par un chapiteau plus grand, tout en longueur et pour tout dire, assez déprimant. Les bars ont été multipliés par deux, le village associatif a grossi, les files aux toilettes aussi.


    On arrive en plein milieu du premier concert, Hifiklub, dans la petite salle. Et on dresse tout de suite un constat alarmant : il y a encore des fans de The Strokes !
    Or, quand on fait de la musique que tout le monde fait depuis 7 ans maintenant, c'est-à-dire un rock qui va puiser directement dans les riffs des Stones avec l’énergie punk, faut quand même faire un effort pour se démarquer, non ? Euh, chez Hifiklub, non.


    Le chanteur bassiste ressemble à Albert Hammond Jr avec sa grand tignasse, le guitariste semble se faire chier avec son polo à carreau d’étudiant anglais (un fan de Blur période Parklife ?) et l’autre guitariste a acheté la panoplie du pirate des Caraïbes, avec son pull rayé rouge et noir, ses têtes de morts imprimés sur la sangle de sa guitare, ses ray ban et ses cheveux en pétards…


    Manquait plus que le bandeau dans les cheveux et on aurait pu lancer le buzz… Keith Richards est venu à Marsatac…


    Allez, zou, on change de tente pour Architecture in Helsinki, qui, comme son nom ne l’indique pas, est un groupe Australien.
    Ils sont 7 sur scène, le batteur joue le premier morceau debout, c’est pas mal, une espèce de pop foutraque, ça part un peu dans tous les sens… Un peu comme l’ambiance en ce début de soirée, un mélange biere-kebab-chichon qui colle pas mal de monde sur les marches de l’esplanade.


    On mastique, on boit, on tire une taf on parle et plus ça vient, plus on mélange, on tire sur la bière, on parle à son chichon, on boit les paroles des autres… C’est free, comme la musique d’Architecture in Helsinki qui semble chercher à se libérer de tous les formats : ni pop, ni rock, ni folk, ni hip hop, mais un peu tout à la fois en même temps…
    Bon, faut reconnaitre que si c’est tentant, la world food drug music, y a un moment, tu sais plus ce que t'avales.


    Dans l’autre tente, Swayzak a commencé son set. On nous annonce un live sur le programme… et on voir juste deux types en train de gigoter devant leurs ordi portables (à quand un concert avec une clé USB ?), avec derrière eux, l’inévitable projection d’images subliminales, histoire de remplir le vide et de donner aux spectateurs quelque chose à regarder sur la scène.
    La musique ? Ah oui… électro régressif, ça vous va ? Il en sera de même pour le soit disant génie anglais Nathan Fake. On a juste eu affaire à des DJ et leur ordi qui nous ont pondu de l’électro réglementaire, c'est-à-dire des lignes de basses ou d’ultra basse et puis, ça monte et puis ça retombe comme dans un grand huit. Franchement, on se serait cru au I love techno au Flanders expo de Gand en Belgique. De la musique en boite à danser qui commence sérieusement à dater…


    Alors, on pourrait croire que l’électro n’a plus rien à nous apporter ? Qu’elle est définitivement destinée à animer les dancefloors du monde entier ? J’espère que quelqu’un pourra venir me contredire et m’expliquer par le menu les performances de chaque « artiste » invité, de sa dextérité sur la souris, des émotions qu’il (ou elle) a ressenti, des raisons pour lesquels l’un d’entre eux lui a laissé un souvenir impérissable… Mais, bon, moi, je constate juste ce que cela a provoqué sur mes sens et mon corps : de l’ennui.


    Dans retour dans la grande salle avec The Divine Comedy qui monte sur scène. On nous annonçait une formation serrée suite au dernier album plus rock et on voit arriver Neil Hannon en costard lunettes noires avec… 7 musiciens derrière lui, dont deux violoncellistes.


    Ah, ces Irlandais, toujours dans la démesure. La salle est pleine, on sent que le public est venu pour la tête d’affiche. Après la free pop pas vraiment dégrossi d’Architecture in Helsinki, on sent que l’on a passé un palier dans la qualité musicale dès le premier morceau. Ça sonne, tout simplement.


    Bon, faut dire que Neil Hannon est quand même un gars capable d’écrire pour un orchestre, alors, c’est certain que la pop, c’est une partie de plaisir. Quand à ses morceaux rock, c’est finger in the noise.
    Il commence avec deux morceaux d’ailleurs de cet acabit et tout de suite, dans la salle, ça commence à danser. Comme son français est « shit » comme il le dit, il parle très lentement entre les chansons pour bien nous faire comprendre.


    On comprend donc qu’il a pris le train de Nice ce matin et qu’il est très heureux d’être sur la Côte d’Azur (sic). Ça devrait faire plaisir à Alain Hayot, vice président de la région PACA que l’on a vu se trémousser sur LE morceau de Divine Comedy, le bien dénommé Something for the week-end. « Cette chanson, c’est l’histoire d’un mec qui monte nu sur un cheval pour draguer une fille », m’explique sérieusement Tinan, une amie que je retrouve à ce moment… Mais bon, faut se méfier, Tinan est galloise…


    Le reste du public s’en fout, il guinche sévère tout au long du concert qui n’aura duré que 3 petits quarts d’heure, le minimum syndical quand même pour une tête d’affiche. Ce sera d’ailleurs le seul bémol à ce concert.

    Une demi heure plus tard (le timing très serré des changements de plateau a été parfaitement respecté par l’équipe technique. D’ailleurs, d’une manière générale, que cela soit la scène, le son, les lumières, c’est extrêmement professionnel, Marsatac).


    Bon, donc, 30 minutes plus tard, la sirène retentit, attirant à nouveau la foule sous la tente. Les DEAD 60’s entrent sur scène et le moins que l’on puisse dire, c’est que ça déménage. Les petits gars de Liverpool, avec leurs gueules de prolo tout droit sortis d’un film de Ken Loach envoient leur rock dub à toute berzingue.


    Dans la salle ça pogote direct au second titre et franchement, ça se comprend. Le seul moment de relâche se situe sur deux ou trois morceaux bien dub où le guitariste lâche son manche pour l’orgue aux réverb puissantes.


    Sinon, ça repart de plus belle avec des morceaux de 2 minutes maxi et leur Riot Radio enchaîné qui déchaîne tout le monde… à part mon voisin qui ne supporte pas qu’on le touche et qui va finir vraiment par foutre un pain sur la gueule du prochain qui le bouscule…


    Avec son regard un peu vide et puis ses mouvements saccadés, il me fait penser au personnage de Ian Curtis dans Control, le magnifique film actuellement à l’affiche… Bon, moi, je vais peut être m’éloigner, là…


    Sur scène, les petits gars n’ont pas l’air d’avoir plus de 20 ans et pourtant, c’est super pro, ce qui fera dire à Jean-Paul, resté près de la console que« ça fait un peu trop rock FM ». Comme quoi, suivant la place que l’on occupe, le concert peut être complètement différent.


    A 1heure du matin, la foule commence un peu à se clairesemer. C’est le début de la fin, comme dirait ma grand-mère. On croise plus souvent des démarches hésitantes, des yeux plus vitreux, des corps bien fatigués… tous vieux bien avant l’âge. C’est ce que l’on pourrait penser après avoir rencontrer Georgette et Henri.
    Je les avais remarqué au fond de la grande salle en train de danser sur les Dead 60's.


    Baskets, jean, polaire, sac à dos, ce couple de sexagénaire avait plutôt le profil de jeune grand-parents dynamiques pour des ballades dans les calanques. Qu’est ce qu’ils pouvaient bien faire à 1 heure du matin en train de danser sur le rock dub de Liverpool ? Attention, tout ce qui vient après est strictement véridique.

    - Nous sommes venus spécialement du Forez (entre Lyon et Saint Etienne) où nous habitons, pour Marsatac, lance Georgette en croquant dans son sandwich pain jambon fait maison. L’année dernière, on était déjà venu les deux jours pour Qbert notamment. On a trouvé ça sympa, le lieu, l’ambiance et la programmation et en plus, ça correspond bien à ce que l’on écoute chez nous. Bon, ici, en plus, on peut découvrir le hip hop. C’est un plus par rapport à d’autres festivals que nous avons fait.
    - D’autres festivals ?
    - Oui, ça fait 4, 5 ans que l’on fait les festivals. Garorock à Marmande, Musilac à Aix-les-Bains, Les Eurockéennes que nous avons découvert cette année, les Nuis sonores de Lyon, bien sûr.
    - Et vous aimez quoi dans ces festivals ?
    - la musique bien sûr, répond Henri. Et puis l’ambiance. C’est vraiment bon enfant, les jeunes sont gentils avec nous. Bon, il y a bien quelques regards ironiques sur nous, mais ce n’est pas bien méchant.
    - Y en a même qui commencent à nous reconnaitre, de festival en festival.
    - Quels sont vos goûts musicaux ?
    - Bon, Wax tailor et Vitalic, j’adore, affirme Georgette. Sur disque et sur scène, il y a un tel dynamisme… Sinon, je croyais que c’était surfait, mais j’ai vu cette année les Artics Monkeys sur scène, c’est vraiment bien…
    -moi, j’ai vu deux fois Arcade fire cette année, c’était vraiment intense comme concert, reprend Henri, comptable de profession.
    - Vous comptez écouter quoi maintenant ? The Young Gods ?
    - Non, on les a vu au Ninkasi à Lyon… C’est pas mal… Mais là, je crois qu’il est l’heure pour nous de nous dérouiller un peu… On va aller voir l’électro dans l’autre salle. On est là jusqu’au bout de la nuit et tout ça, au naturel, rigole Georgette en sortant sa bouteille d’eau.


    Je les regarde s’éloigner vers la seconde tente pour aller se trémousser comme deux jeunes mariés sur Apparat ou GusGus et seul sur les marches, je me dis que cette fraicheur là m’a quitté voici quelques temps déjà, que je me retrouve d’un coup bien sec, tout engoncé dans quelques certitudes en béton armé et le pire, prêt à faire la leçon aux autres.

    Alors, comme punition, au lieu de me remplir les oreilles de l’Indus des Young Gods qui montent sur scène, je me plante devant le train fantôme installé à côté du village associatif et j’essaye de retrouver les sensations d’enfants, l’excitation, la peur, la joie simple que j’éprouvais quand j’arrivais à piquer 10 francs à ma mère pour aller dans le train fantôme de la foire. Dans le nord, on appelait ça la ducasse.


    Et puis, j’ai fermé mon carnet et je suis allé picoler.

    Photos Pirlouiiiit

    Bonus video :

    Plus de videos de la soiree : ici

    Vignette stephane sarpaux
    Signature : stephane sarpaux
    le 29/09/2007
    Fleche concert Envoyer un message à stephane sarpaux
>> Réponse (le 30/09/2007 par McYavell)
J'étais aussi à la soirée et je n'ai pas vu Swayzac, Nathan Fake ni Hifiklub, scotché que j'étais à la scène Major. Mais à la lecture de ta chronique, j'ai un énorme regret : j'ai raté Henry et Georgette !!
>> Réponse (le 01/10/2007 par Philippe)
J't'ai bien eu Stéphane, tu as croisé un Philippe venu de 2030 et qui s'est appelé Henry pour que tu le reconnaisse pas... Blague à part j'espère avoir une telle envie à ce moment-là. Et tout pareil que toi : les gars qui font de la musique cérébrale et déprimante en branlant une souris devant un écran commencent à me faire chier sévère.
>> Réponse (le 31/10/2007 par stephane)
"Manquait plus que le bandeau dans les cheveux et on aurait pu lancer le buzz… Keith Richards est venu à Marsatac…" En fait c'etait Earl Slick, entre autre ex-guitariste de Bowie, ayant aussi bossé avec Lennon ou Robert Smith...

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