Deux ans après avoir embrasé le palais omnisports de Paris-Bercy avec son Crazy Horse sonique, Neil Young foulait de nouveau les terres françaises, cette fois-ci en solo acoustique.
Dimension sonore périlleuse qu'il affectionne, mais n'avait pas proposée à un auditoire hexagonal depuis la fin des années 80 !!
Organisée au sein du Palais des Congrès de Paris, la "soirée très spéciale avec Neil Young" déroute au premier abord.
Fauteuils rouges, places numérotées, hôtesses qui guident dans les allées, interdiction de fumer et de boire, location de jumelles, public mûr...
On se croirait davantage à un séminaire pour cadres supérieurs stressés qu'à un concert rock !
Ponctuel (début du concert vers 20 h 30) et d'un pas déterminé, Neil Young rejoignait son pupitre pour jouer près de 3 heures, dans un jeu de lumières très intime (type Unplugged de 1993).
Pari risqué dans l'architecture de la soirée, Neil proposait d'abord une dizaine de titres d'un futur concept-album intitulé "Greendale", qui devrait paraître en août prochain.
Volontiers narrateur entre chaque morceau, il détaille la vie d'une famille dans une ville imaginaire - Greendale - de 20 000 habitants sur la côte ouest américaine.
Certaines subtilités ne seront comprises que par les anglophones, mais les nouvelles compositions sont délicates et on décèle dès à présent quelques futurs classiques.
Après un bref entracte, Neil consacra la seconde partie de son show à égrener son répertoire.
Axant ses interprétations sur des extraits de deux de ses plus gros succès "After the goldrush" et "Harvest", respectivement parus en 1970 et 1972, l'ex-partenaire de Crosby, Stills et Nash interprète ces perles, avec toujours autant de grâce.
La voix est intacte (il a 58 ans). Le jeu de guitare est fluide et l'harmonica coule de source.
Aussi à l'aise dans le déluge de larsens, on le surnomma le "grand-père du grunge", que dans la composition strictement confidentielle, Neil Young conclua la soirée avec un "Heart of gold" déchirant.
Il devrait tourner cet été de nouveau avec son Crazy Horse, pour illustrer "Greendale", en version amplifiée.
Daignera-t-il de nouveau défier la vieille Europe et la vaincre (comme lors de chacun de ses passages) ?