Au sein de la canicule du Palais Omnisports de Paris-Bercy, Neil Young et son fidèle destrier (depuis plus de 30 ans) Crazy Horse ont démontré que la rock'n'roll attitude ne s'improvise pas : soit on l'a, soit on se fait très discret, quitte à disparaître dans les méandres de l'histoire de la musique pop. En référence au bêtisier musical, saturé en sons, proposé par Oasis en première partie, avec son chanteur Liam Gallagher, arborant une tenue digne du « camping des flots bleus » (coupe-vent blanc à capuche, serviette éponge autour du cou, espadrilles blanches !)...
A partir de 21 h, précises, débutait, en revanche, un show d'une intensité sans équivalent. A l'occasion d'un premier set électrique, le Loner interprétait aussi bien des titres extraits de son dernier album « Silver & Gold », que quelques uns de ses innombrables classiques.
Sans âge, paraissant intouchable, le guitariste Canadien se démène inlassablement. Son jeu de guitare est insaisissable et sa voix d'une fluidité extrême.
Oui, un concert de rock peut aussi briser le coeur, pas seulement l'amour.
Après une courte pause, il réapparaissait seul, avec sa guitare et son légendaire harmonica, pour une session acoustique, que l'on croirait échappée du Unplugged de 1993. Devant 15000 fidèles, dans un Bercy légèrement éclairé, il a transformé la salle pour quelques minutes en un lieu d'une troublante intimité, enchaînant également sur un morceau, seul à l'orgue, d'un lyrisme absolu.
Le deuxième partie du set électrique ne connaîtra aucun relâchement. A retenir de nombreux passages euphorisants, dont « Hey, hey, my, my » dédié à Johnny Rotten (pour mémoire des extraits du texte ont été repris par Kurt Cobain dans sa lettre d'adieu), et le summum atteint avec un « Like a hurricane » d'anthologie.
Neil Young et sa bande reviendront pour un unique rappel, en concluant avec un « Fuckin'up » de 15 minutes. Le héros du soir n'a pas peur de qui que ce soit et personne n'est capable de se mesurer à lui.
samuel charon
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