Quand on entre au
Poste à Galène, le groupe marseillais
Nicholson vient tout juste d’entamer son set. Et tout en remplissant le papier pour la carte d’adhésion de la nouvelle saison, j’ai le temps de me faire une impression. Malheureusement, mon sentiment final restera fidèle à cette première impression et si je devais résumé en un mot cette première partie, je dirais : Dommage !!!
Le line up de
Nicholson est pourtant assez original : un guitariste/chanteur, un bassiste/guitariste/choriste et un DJ/machiniste/choriste. Les mélodies sont parfaitement à mon goût : entre pop, funk, rock et électro, tout en ne pouvant être classées dans l’une ou l’autre de ces catégories.
Allons droit au but, ce qui m’a déplu, ce sont les textes et la voix. Bon, pour cette dernière, ce n'est qu'une question de goût puisque le chanteur ne chante pas faux, mais son timbre, son flow et ses intonations ne me plaisent guère. Par contre,le truc qui m’a vraiment bloqué, ce sont les paroles en français, volontairement simplistes et abordant des thèmes… comment dire…
Prenons un exemple, le refrain d’une chanson pour les enfants (dixit le chanteur) : « Qu’est-ce que les animaux ont de moins que nous ? Qu’est-ce que les animaux ont de moins que nous ? Qu’est-ce que lesanimaux ont de moins que nous ? C’est qu’ils ne savent pas ce qu’ils ont de moins que nous !!! ». Bref, j’ai pas vraiment accroché quelque soit les titres : de
L’homme à la tête d’ail à
Andy Warhol en passant par
Les animaux. Dommage donc, parce que les mélodies sont très belles, bien structurées, assez originales et leur prestation était plutôt carrée. En gros, à réserver aux fans de chanson française minimaliste (n’est-ce pas M. Pirlouiiiit ?).
La réponse de Nicholson :
ici
Du coup, autant dire que j’attends avec une impatience grandissante l’arrivée sur scène de
Nicolas Leroux et de ses 3 comparses d’
Overhead. Je les ai découvert un an auparavant, sur la scène du
Café Julien et à cette occasion, j’avais été littéralement séduit. Et de manière générale, quand on aime le grand
Jeff Buckley et quand sa voix hors du commun nous manque, on ne peut que triper sur
Overhead.
Je suis donc content d’être là, à attendre le meilleur groupe de pop-rock français, n’ayons pas peur des mots.
Ca me fait autant plaisir de les voir sur une scène un peu plus grande que l’année dernière (signe d’une notoriété grandissante) que de les voir installer eux-mêmes leur matos (signe d’absence de starification, pour le moment tout du moins).
La lumière s’estompe et le groupe s’installe pour de bon sur scène. L’occasion de remarquer que le line up a légèrement évolué. A la batterie, aux guitares et au chant, on prend les mêmes et on recommence, à savoir, respectivement
Christophe Demaret,
Chakib Chambi et
Nicolas Leroux. Mais à la basse, exit l’excellent
Jean-Claude Kebaïli, remplacé par
Richard Cousin. Le concert commence de façon plutôt énergique avec deux des meilleures chansons du second opus du groupe (
No Time Between) :
100 years et
Handsome Machine. Le rythme redescend ensuite un petit peu avec
Second Thought, une petite ballade jazzy pleine de charme, et
Slow Dive, morceau mélodiquement très proche du mythique
Airbag du non moins mythique
Radiohead.
Puis vient le tour de
Uprising et là, je rentre pour de bon dans le concert. Après 4 morceaux de chauffe, la voix de
Nicolas atteint son paroxysme. Celle-ci possède un « grain », une pureté, elle est parfaitement cristalline et, je dois l’avouer, terriblement enviable.
Ensuite, c’est le retour des tueries du 1er album avec
You call it love et
Air qui ont pris un sacré coup de jeune au passage et qui constituent pour moi un pur moment de bonheur. A ce moment précis, je suis sur un petit nuage d’autant que suivent
Out of your sleep et
Here it comes again, deux morceaux merveilleux qui partent tranquillement pour finir en trombe avec la voix puissante de
Nicolas, exploitée au maximum de ses possibilités. Le son est bon, l’ambiance aussi. Les musiciens sont à fond dedans et moi de même.
Pour ce qui des petits bémols (ça sert à ça une critique…), je dirais que
Nicolas ne parle pas assez entre les morceaux pour annoncer de quoi parle les textes (tout le monde ne maîtrise pas parfaitement la langue de Shakespeare) et pour dire qu’il est content d’être de retour à Marseille (ça fait toujours plaisir…).
Chakib, le second guitariste, complète les mélodies merveilleusement bien, à tel point que j’aurais aimé le voir tenter 1 ou 2 soli un peu plus ambitieux.
Richard, le bassiste fraîchement débarqué, semble un peu stressé et peu sûr de lui parfois, mais ça peut se comprendre.
Christophe enfin, le batteur, est quant à lui absolument irréprochable. Il a tout, un touché, un style, une finesse, un feeling… Bref, toutes les qualités d’un bon batteur de jazz, le solo d’une demie heure en moins.
Le concert continue avec une version quasi punk de
Let us be à laquelle je n’accroche pas trop, contrairement au
Pinguin qui sautille comme un p’tit fou à côté de moi, pendant que ma moitié commence à tourner de l’œil. Trop de monde, trop de fatigue, trop de son… et le concert se terminera un peu plus tôt pour nous, non sans avoir écouter les 3 derniers morceaux du set :
Talk Real,
Tight and turned et
Head on ainsi que les premières notes du rappel :
Innerself.
Je me rentre donc avec un sentiment de plénitude, heureux d’avoir assister à ce concert. Vivement le retour d’
Overhead à Marseille, et au
Moulin cette fois… Je l’espère et avec un
Dazuntski en première partie pourquoi pas (non là, faux pas abuser non plus…).
P.S : merci à
Pirlouiiiit*, jeune étudiant en
biiiiiiip, qui, entre deux TP, a pris le temps de venir prendre quelques photos pour illustrer cette chronique trop longue ...
* "moi j'ai bien aimé les 3 dernieres chansons de
Nicholson, comme lorsque je les avais vu la
première fois ... la en plus le son était bon !
Overhead ne m'a pas deplu non plus mais sans vraiment m'emballer ... "