Artiste :
Nine Inch Nails (Trent Reznor) Titre :
The Slip
Style :
Autres / Rock Les mélomanes aux penchants rock tendent parfois à regarder les années 60-70 comme un paradis : pas forcement par qu’on y faisait la meilleure musique mais surtout parce que la plupart des groupes sortaient au moins un (bon) album par an… Sorti de ses addictions, avec une confiance retrouvée en ses capacités créatives, Trent Reznor semble vouloir relever ce un défi digne des 70’s : sortir plusieurs bons disques par an. Entre 2007 et 2008 Nine Inch Nails nous a présenté l’excellent Year Zero (avril 2007), un bon album de remix, et les magnifiques rêveries de Ghosts I-IV (avril 2008).
Sans tambour ni trompette il balance un mois plus tard un nouvel album, offert à ses fans pour les remercier de l’accueil réservé à Ghosts : The Slip. Le résultat est-il à la hauteur, ou est-ce le signe qu’il faudrait songer à lever le pied et attendre avant d’appuyer sur « REC » ? Loin d’une compilation de chutes de studio, dont rêvent pourtant tous les fans de Nine Inch Nails, il s’agit d’un disque cohérent, résumant le parcours du one man group depuis les débuts en 1989. Suivant une courte introduction en crescendo, 1 000 000 balance à l’auditeur un rythme martial et un riff de guitare bien lourd tout droit sorti de Broken, rappelant qu’après des virées réussies sur les terres électro avec Year Zero, NIИ est tout de même un groupe de rock, impression que confirme Letting You, au plan de batterie magistral (voir la prestation de Josh Freese sur le DVD live accompagnant la version CD du disque). Discipline confirme quant à elle que Trent Reznor sait créer des chansons dansantes en traitant des thèmes de l’enfermement et de la soumission (rappelant par certains aspects la bombe Sin du premier album). Suit une dispensable pièce introspective au piano, Lights in the sky, et un diptyque instrumental dans la lignée des compos de Ghosts (Corona Radiata / The four of us are dying) centré sur les ambiances, et la texture du son, tout en étant recommandé pour les moments contemplatifs, avec ou sans aide extérieure. Demon seeds ferme le ban et s’avère la vraie réussite du disque, sorte de grand syncrétisme fourrageant dans toutes les directions prises par le groupe depuis la fin des années 80. Au final, il s’agit déjà d’un bon album qui a passé le cap d’un an de passages réguliers sur la platine CD, et surtout d’un cadeau très sincère aux fans. A l’aune de la carrière du groupe, il pèche néanmoins par son manque de personnalité, en ne proposant finalement rien de bien nouveau : Reznor aurait-il inventé le concept du disque best of avec uniquement des inédits ?
(2008)
PS : pari tenu de ne pas faire de mauvaise blague avec le titre dans cette chronique… (NdPh : bravo, je n'aurais pas pu).
Signature : Arnaud D Page Web Conseillée : www.nin.com
Artiste :
Nine Inch Nails (Trent Reznor) Titre :
Ghosts I - I V
Style :
Pop - Rock Comme tous les artistes riches et prolifiques, Trent Reznor s'amuse comme un fou avec les nouvelles possibilités du Net. Quelques mois après le prix libre du formidable album co-signé avec Saul Williams, un an à peine après le jeu de piste Wiki délirant qui a entouré la sortie de Year Zero (et accessoirement 3 mois après un somptueux triple album de remixes de celui-ci, même pas chroniqué ici faute de temps), voici qu'il se sert à nouveau du robinet numérique pour déverser le trop plein de son imagination intempestive : Ghosts I - IV, 4 albums de ghost tracks d'un coup, ouch, là c'est carrément de la diarrhée créative, faut suivre !
36 titres complètement instrumentaux, offert selon toute une gamme : l'offre de base est de 9 titres gratuits, ou bien 36 titres pour 5 $ (ça les vaut largement), etc. et jusqu'à une offre en coffret CD, en luxe voire en "ultra-deluxe" à 300 $ qui (vous allez être déçus) est épuisée. Comble de la classe, un player qui joue on-line les 36 titres (mais de façon aléatoire).
Pas mal de longues plages songeuses (voire somnolentes) notamment au piano, y rappellent son époque The Fragile, précisément celle où la moitié des auditeurs de Nine Inch Nails a décidé que ce type était un emmerdeur et l'autre moitié (dont nous faisons partie), un génie. On y retrouve les sons typiques, harmonies et thèmes récurrents du Maître - déflagrations de guitares sur-saturées et violentes (mais jamais gratuites) dès le 4e titre, bruits de batteries très contondants qui rappellent Einstuerzende Neubauten (très réussis 10, 15), quelques titres électronifiés à l'extrême (16), des vrombissements sourds (18, 23), des grincements (20), des souffles (28), du xylophone (21), du banjo (28) etc etc, bref la panoplie habituelle plus quelques fantaisies, histoire de rigoler un peu, mais toujours au service de belles mélodies.
Titres sans prétention (il le dit lui-même sur le site), ces 36 Ghosts s'écoutent très bien en travaillant ou en bouquinant - contrairement aux oeuvres habituelles qui ne laissent quasiment pas de temps de cerveau disponible. Aucune n'est franchement bâclée, cependant une petite dizaine sort notoirement du lot - par flemme, on laissera aux auditeurs le soin de découvrir lesquelles... Rendez-vous au prochain épisode du délire reznorien, décidément bien parti sur les traces de Mike Patton : un coffret de 6 vinyls de remixes de March of the Pigs, un morceau unique de 6 heures sur DVD, 342 titres vocaux a capella en mp3... ?
(2008) Signature : Philippe Envoyer un message à Philippe Page Web Conseillée : http://ghosts.nin.com
Artiste :
Nine Inch Nails (Trent Reznor) Titre :
Year Zero
Style :
Pop - Rock Le bouillant Trent Reznor est de retour derrière son groupe gigogne Nine Inch Nails et signe un fracassant nouvel album de rock industriel : Year Zero, qui est donc son [Halo-24], le génie numérotant maniaquement ses oeuvres. Vous avez bien lu rock industriel et plus metal : après le virage amorcé avec [with_teeth], il ne s'autorise quasiment plus à péter les plombs, avec ces morceaux de métal indus qui nous rendaient fous sur album et sur scène (March of the Pigs, Starfuckers inc...). Dans le style, il y a certes bien Survivalism, single de bon aloi, mais avec un fort air de déjà entendu - comme un Wish à peine réécri !
Il faut dire qu'on retrouvera de fortes marques tout au long de l'album tant TZ y recycle/remixe ses sons, ses riffs et ses orchestrations typiques (This is the Beginning of the End ou Me I'm Not). Et puis il y a comme toujours un titre "écoutable" par les prophanes, Capital G, plaisant funk-indus, histoire de hisser quelque chose sur les radios US. Mais un fan va-t-il s'en plaindre ? Qu'apprécie-t-on chez les grands auteurs, sinon leur style si particulier ?
Il est indéniable que ce style a évolué d'ailleurs, puisque le métal en est écarté. Car Reznor préfère désormais rentrer sa colère à la manière d'un Tricky, composant des morceaux lourdement groovy comme The Good Soldier, et poussant au bout de sa logique ce qu'il avait entamé avec Closer : superbe Vessel ou Meet Your Master, rocks lents mais dont les beats énormes semblent joués par des laminoirs, appuyés par des laptops en train de saturer (ou de brûler ?)
Les fans de NIN, généralement au delà de tout raisonnement possible, tomberont également en amour devant ces nouvelles perles de la deuxième moitié de l'album - sans contestation, la meilleure : The Warning, qui entre dans le vif du sujet (une menace apocalyptique apportée par un étrange signal, peut-être cet objet indéfinissable que montre la couverture du disque et le trailer sur le web), le groove aboyé et terrifiant de God Given, l'introspective The Greater Good (tout droit sortie de The Fragile, et qui lui coûtera donc encore de se faire traiter d'intello torturé par les Inrocks), la fin extraterrestre de The Great Destroyer et ses vrillements de Korg... l'étrange piano d'Another Version of the Truth apaisée d'un coup, l'inquiétude qui revient sur In This Twilight et la conclusive et énigmatique Zero-Sum...
Pour finir, plus conquis que par [with teeth], on reproduira donc telle quelle la phrase concluant notre dernier concert eurockéen du Maître : Reznor étant manifestement toujours le meilleur dans sa catégorie, on décide raisonnablement de rester fan de NIN pendant au moins la prochaine décennie. Ce qui aura au moins le mérite de nous amener ... jusqu'à l'apocalypse qu'annonce Year Zero !
(Interscope, 2007)
PS : TZ a lancé ce CD suite à un étrange jeu de piste multimédia que retrace la page Wiki consacrée.
PS2 : Puisque 1 mois après l'avoir téléchargé, on l'a (évidemment) acheté chez un bon disquaire (notre façon de dire merde au système)... ajoutons que le digipack est, comme à l'accoutumée, splendide ! Signature : Philippe Envoyer un message à Philippe Page Web Conseillée : http://yearzero.nin.com/
Artiste :
Nine Inch Nails Titre :
With Teeth
Style :
Metal Reznor était attendu après "the fragile", l'un des albums les plus surproduits de l'histoire du rock. La perfection de l'opus pré-cité et l'importance incontestable de "the downward spiral" dans l'évolution du rock faisait de trent l'homme à abattre. Perdu: il a pris un autre chemin. With teeth est énorme, pas parce que cet album est un grand album, mais parce que Reznor a eu le courage impressionnant de mettre ses fans et la critique (n'oublions pas que "rolling stones magazine", le périodique bobof de référence, mais légendaire malgré tout, avait tout de même qualifié la tournée fragility 2.0 de meilleure tournée de l'année) au défi: cet album est peu produit, chose fort peu habituelle chez Reznor, et propose une formule beaucoup moins "bourrine" que les opus précédents.
Ce qui est certain, c'est que la part de "pop" de nine inch nails, jusqu'ici à peine saupoudrée sur la musique, devient un leitmotiv essentiel, et le piano laisse exploser toute la fragilité que le maitre tentait d'exprimer avec parcimonie depuis pretty hate machine. l'influence de la relation de Trent avec Tori Amos est plus qu'évidente et on ne peut que ce réjouir de cet état de fait: "With teeth" n'est peut être pas le meilleur album de nine inch nails, mais il a le mérite d'être un excellent album dans l'absolu, et surtout, d'avoir le courage de prendre des fans parfois un peu abrutis, à contre pied.
Cet album est avant tout l'annonce d'un virage majeur dans l'évolution de la formule nin qui risquait , après "fragile", de tourner en rond, et nous fait attendre avec gourmandise et impatience la suite des évènements.
Signature : lehcym Page Web Conseillée : www.robinfinck.com (ex nine inch nails)
Artiste :
Nine Inch Nails (Trent Reznor) Titre :
[with_teeth]
Style :
Metal - Hardcore Trent Reznor est un génie torturé, adulé par des fans trop peu nombreux (il s'agit de metal industriel, genre semi-confidentiel qu'il a quasiment inventé), mais qui ramperaient sur du verre pilé pour le voir en concert. L'ayant vu aux Eurockéennes il y a quelques années nous faillimes mourir de bonheur dans le pogo poussiéreux qu'il déclencha sous le chapiteau avec March of The Pigs, son plus grand tube à ce jour.
L'oeuvre créatrice qu'il mène avec son groupe Nine Inch Nails depuis bientôt 20 ans est celle d'un très grand artiste, de la dimension d'un David Bowie (avec qui il a souvent joué). Nul ne sait par ailleurs si Marylin Manson aurait existé un jour sans croiser, être produit par (et pomper allègrement sur) Trent Reznor. Les heureux fans dont nous sommes savent déjà que cette oeuvre comporte au moins 2 points culminants et inévitables : The Downward Spiral (1994), et The Fragile (1999), deux albums concepts qui justifient déjà une existence d'artiste (et feraient douter de celle de Dieu).
A l'instar du Thin White Duke, il est cependant normal (certes ça ne s'était jamais produit avant) que Reznor commette de temps en temps un album, sinon raté, du moins mineur. Car il n'y a rien à faire, 10 écoutes n'y changent rien : il n'y a rien d'original dans cet album, mis à part peut-être la chanson The Hand that feeds, air qu'on pourrait qualifier de disco-indus puisqu'il pourrait se danser sur la chorégraphie d'un Cloclo tout en cultivant le son lourd et machiné de Nine Inch Nails. Le son est bon, lourdingue et chaotique comme on l'aime, mais chacune des 14 chansons ressemble hélas à une ancienne déjà parue, parfois il y a plus de dix ans. Même la balade habituelle de fin, Home, reste très en deçà de la sublime Hurt par exemple.
Une seule nouveauté : plus de livret, il faut aller le télécharger soi-même et il se présente alors sous la forme d'un poster géant en PDF (je ne sais pas comment on peut imprimer un truc pareil sans équipement professionnel). Bref on reste déconcerté devant cet objet, que j'hésite à conseiller à l'achat, même à des fans chevronnés, sauf pour compléter leur collection de mixes/remixes de NIN (soit une bonne dizaine de perles à ce jour).
Mauvaise nouvelle donc, le groupe semble être à la fin d'un cycle (la publication d'un live officiel en 2002, chroniqué par ici nous avait déjà mis la puce à l'oreille). Par contre une bonne nouvelle pour finir : c'est tout de même grâce à cette galette certes dispensable que nous aurons le bonheur immense de revoir Nine Inch Nails en concert cet été 2005 à Lille, Bruxelles, Paris (complet), puis à Belfort... et finalement sans forcément devoir ramper sur du verre pilé.
(Suite à cette chronique l'auteur s'est pris une bonne fessée de TZ et ses nouveaux potes, lors d'un concert fulgurant aux Eurockéennes 2005).
(Interscope, 2005) Signature : Philippe Envoyer un message à Philippe Page Web Conseillée : www.nin.com/with_teeth
Artiste :
NINE INCH NAILS Titre :
AND THAT ALL COULD HAVE BEEN
Style :
Autres Cet album est à l'image du groupe : génial !! Trent Reznor le chanteur a une voix sublime poignante sombre et envoutante !!! Il ne leur manquait que l'album live maintenant c'est fait!! pour ceux qui ne conaissent pas : Nine Inch Nails sont les précurseurs de M. Manson, ce dernier s'en étant librement inspiré ! Toi qui me lit écoute donc hurt ou starfuckers, burn ou piggy et laisse-toi envouter...
Signature : perfect drug Page Web Conseillée : www.nin.com