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(mes) Eurockéennes anciennes - Quelques concerts marquants 2/3 (1997-1999) : /1997 : Spicy Box, Supergrass, Chemical Brothers, No One is Innocent, Nada Surf, FFF, Noir Désir / 1998 : Asian Dub Foundation, Iggy Pop, Louise Attaque, Morcheeba, Portishead / 1999 : Blondie, Placebo, Lofofora, Bloodhound Gang, Marylin Manson, Cheb Mami, Eagle Eye Cherry, Tricky, Lenny Kravitz

Presqu'Ile du Malsaucy, Evette Salbert   01 juillet 1997

Concert à ne pas manquer

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    Le début par ici (1994-1996)!



    1997


    Arrivé tard cette année-là (21 heures) puisqu'on m'avait confié la garde d'une bande de sympathiques futurs délinquants (ah, le B.A.F.A., toute une époque...), j'ai du faire un choix terrible : Spicy Box ou Radiohead ? Ca a l'air facile comme ça mais il faut préciser qu'en entrant sur le site de la Presqu'Ile du Malsaucy, le premier (petite scène) vous tendait les bras et le deuxième était fort loin et déjà bien commencé. Ce fut donc Spicy Box et je n'ai pas regretté : en purgatoire, j'ai certes du patienter 5 ans pour voir Thom Yorke et sa bande pour la première fois, aux Arènes de Nîmes...


    Mais 1997, c'était la bonne époque pour les Spicy Box et leur techno-rock furibard à la formule simple (boum-boum + guitare metal + sifflements au Korg), qui était en totale résonance avec les free-parties qu'on squattait à l'époque à la campagne... Je me souviens avoir passé ce disque en soirées jusqu'à le rayer complètement, notamment avec la chanson Toujours plus désaxé qui a longtemps mis le feu aux dance-floors de la fac', réconciliant les ennemis historiques : métalleux et ravers - tout comme Le Savoir (le titre français le plus proche de ce que faisait Prodigy, mes idoles de l'époque). En concert bien sûr c'était juste totalement jouissif et vrillant ! Disparus sans laisser d'adresse, dommage, alors que Radiohead...

    /

    Un moment plus tard (je pense qu'en outre, on a du picoler pas mal ce soir-là), quelques souvenirs assez vagues de Supergrass qui m'a fait chier - Gaz Coombes et sa tête à sortir de la Planète des Singes, non merci (oui c'est du délit de tête de singe parfaitement, mais surtout de musicien et de groupe sans chansons). Plus étonnant, il semble que Smashing Pumpkins ait joué et je ne m'en souviens pas - mais peut-être était-ce simplement plus tôt dans la journée - je ne vois pas ce qui au monde aurait pu me faire rater Bullet with Butterfly Wings...


    Dernier souvenir notable de la journée, mais non le moindre : la première venue (me semble-t-il) en France des Chemical Brothers avec un show tout à fait dantesque. La taille de la grande scène et de ses écrans avait même été augmentée et plusieurs d'entre eux pivotaient sur eux-même ! Il est vrai que les faux frères explosaient cette année-là avec leur deuxième album Dig your own hole, avec les terrifiants Block'rockin beats et les monstrueuses basses de, par exemple, Setting Sun.


    Avec leur musique physiquement irrésistible, ces mecs-là nous tenaient dans le creux de leur main - je me souviens d'avoir pensé qu'un son de cloche, joué à la limite exacte de la douleur, aurait pu rendre 10 000 personnes sourdes simplement en se trompant d'un dixième sur un potard... En tout cas leur concert était vraiment visuellement et vibratoirement génial - je les ai revus depuis et n'ai pas forcément retrouvé ces premières sensations - eux non plus, qui ont culminé avec Surrender deux ans plus tard et stagnent un peu depuis. C'est néanmoins resté le meilleur concert techno de ma vie pendant... une bonne décennie avant celui, au même endroit, des Daft Punk (mais c'est une autre histoire)...


    Le samedi (étions-nous encore au camping gratuit, je pense que oui), arrivés sans doute déjà bien arrachés et sales donc, nous avons assisté à un assez phénoménal concert des No One Is Innocent, dont le premir album éponyme était une révélation, et surtout la chanson La Peau qui reste un tube inoxydable même si le groupe a disparu corps et biens - il n'y a plus qu'un nom en franchise et un chanteur, K-Mar qui fait tourner sa boutique devenue anecdotique... Alors que les 3 musiciens, en particulier le p'tit guitariste, étaient tous énormes et leur son, une arme de guerre. Bon souvenir du mythique Porcherie (repris des Bérus bien sûr), qui nous a permis d'emmerder tous ensemble le Front National (ah quel bonheur ces milliers de majeurs dressés vers le ciel !), plus quelques bons titres fusion comme Le Feu ou Ne reste-t-il que la guerre pour tuer le silence et son riff vrombissant.


    Sensation du moment, le groupe Nada Surf qui surfait sur la vague post-grunge (je-suis-un-lycéen-mal-dans-ma-peau, tout ça) et un tube unique à ce jour : Popular, très sympa en live, j'en conviens, tout comme les titres d'autres gens qu'ils reprenaient (bien) : L'aventurier ou Love will tear us apart... Je crains par contre d'avoir raté à l'époque les très drôles Marcel et son Orchestre (découverts plus tard).


    Par contre j'étais, et à fond, au concert de la Fédération Française de Funk : le très charismatique et bondissant Marco Prince, la boule à zéro alors qu'on l'attendait avec ses mythiques dreadlocks, et sa bande furieusement groovy, ont mis un feu total sur la grande scène, surmontée d'une énorme tête de jeune bonze comme sur la pochette de leur album. Il est vrai que le riff de Barbès n'avait rien à envier aux Red Hot Chili Peppers, ni la basse terrifiante de Mauvais Garçon, ou même le groove du piano de Morphée : si les FFF étaient en effet capables du meilleur comme du pire, pour le pire, c'était les meilleurs, de vrais cadors !


    Et pour couronner cette belle journée, un concert (le troisième sur 4 cette année là où j'ai battu une sorte de record - prise de Vitrolles par le FN oblige) de Noir Désir, qui étaient (ce n'est pas un scoop) le meilleur groupe de scène français. A l'époque sortait 666.667 Club : les chansons L'Homme Pressé ou Un jour en France étaient donc à l'honneur. Je laisse imaginer à ceux qui n'ont pas eu la chance d'y être l'effet que pouvaient produire Tostaky, Les Ecorchés, La Chaleur ou Du ciment sous les plaines devant une grande scène de 15 000 personnes chauffée à bloc - trop occupé à pogoter pour chialer de bonheur tranquille, trop occupé à chialer de bonheur pour pogoter tranquille ... Cela reste un formidable souvenir - ils ont encore eu le temps de faire quelques belles tournées avant la tragédie qui les a frappés. De cette époque il nous reste le live Dies Irae, et de la plus récente, 5 ans après, le formidable En Public).

    Après cette bien belle année, retour au bercail sans doute dès le dimanche (aucun artiste passé ce jour-là ne m'évoque quelque chose sauf Placebo que j'ai très bien pu voir plus tard) : il faut dire que le lundi matin, les sauvageons m'attendaient de pied ferme au centre aéré de Cronenbourg...



    1998


    Les Dix ans des Eurockéennes ! Et pourtant, petite année encore, dûe à un stage ingénieur dont on ne pouvait pas sécher un jour - tout en étant pas payé pourtant, ah la belle époque ! Venu que dimanche, j'y ai ainsi raté pas moins que Rammstein (la révélation de l'année avec le film Lost Highway), les fous furieux de Prodigy (jamais vus, du coup, argghh - enfin il paraît que c'était pas génial), le talentueux Sean Lennon et l'immense Jon Spencer - que je ne connaissais pas encore, cela dit. Mais pas que des mauvaises nouvelles : j'ai évité aussi Texas, Faudel et même Jean-Louis Aubert, ouf !


    Quoi qu'il en soit, j'ai rejoint le site pour Asian Dub foundation, à leur époque Facts & Fictions/R.A.F.I., autant dire la meilleure, quand ils avaient le petit chanteur indien à la voix nasillarde, le vibrionnant Deeder Zaman (merci Wikipedia !). L'espèce de techno jungle bengali inédit qu'ils ont inventé, à base de tambours, tablas et autres instruments indiens, couplés à des tables de mixages, rendaient le public hystérique (avec des titres énigmatiques mais furieux comme TH 9 ou PKNB, le dub de Free Satpal ou encore la formidable Assassin et le tube rap Black White, annonciateur de leur style à venir. Depuis ils ont viré un peu trop rap à notre goût mais continuent, il faut le reconnaître, à dégager une belle énergie - ils provoquent en tout cas des tours de reins et autres foulures de bassin à leur public occidental depuis une bonne décennie.


    Sur la grande scène, l'heure était venue d'assurer un premier rendez-vous avec un type que je connaissais alors surtout comme acteur, et en tant que rock star décadente pour deux ou trois tubes (The Passenger, Nightclubbing ou Louie Louie - je pensais même la chanson de lui, j'étais jeune et bête !), sans me douter que j'aurais un jour l'intégrale de ses oeuvres en vinyle. The one and only Iggy Pop, l'Iguane sans ses Stooges mais avec la même énergie, se tordant comme une liane dans son pantalon trop petit, hurlant à la mort, défiant le public (avec succès) de marcher sur la sécurité : "Fuck the Security, I want ev'rybody on stage, C'me on !" - de ma vie je n'ai plus jamais vu personne monter sur la grande scène des Eurocks depuis le public, et notamment pas deux cent personnes comme ce soir-là ! Concert à l'énergie débridée où l'on a pogoté comme des perdus - que du bonheur. Si on m'avait dit à l'époque que je le reverrais 7 ou 8 ans plus tard dans le même pantalon, mais cette fois-ci avec les Stooges, je ne l'aurais pas cru. J'aurais eu tort.



    Avant ou après ces deux sommets scéniques, on a du passer rapidement à Louise Attaque qui nous horripilait déjà à l'époque sans raison valable (enfin si, nos copines en étaient folles et nous en saoûlaient à longueur de journée) - en réalité pas grand chose à leur reprocher, bonnes chansons et bons interprètes, à part le timbre de voix si particulier de Gaétan Roussel auquel nous autres mâles étions unanimement allergiques. Aperçu aussi Morcheeba, juste assez pour m'en souvenir - bon groupe et chouette chanteuse qui n'a cependant jamais réussi à percer en division 1 de trip-hop.


    Il est vrai que dans ces sommets-là naviguait alors un zeppelin extra-terrestre originaire de Bristol : Portishead, son compositeur de génie Geoff Barrow et sa chanteuse bouleversante, Beth Gibbons. Deux albums et un live, pas plus, pour entrer dans la légende où leur premier single Glory Box les avait déjà propulsés. Mélodies planantes et voix déchirante, production au cordeau où les beats grattaient comme du vieux vinyl et les violons se fracassaient contre des murs d'infrabasse... Et un sens du tragique inné - il m'est arrivé de pleurer en écoutant It's a Fire ou Sour Times, autant d'airs qui accompagnaient admirablement les ruptures et/ou les journées pluvieuses. Une voix qui lui permettait (et lui permet encore, j'espère !) également de "crooner" à la manière de la mythique Shirley Bassey, oui, celle des James Bond (superbe Seven Mouth par exemple).


    Mais sur scène Portishead commençait par Humming où j'ai réalisé - mon dieu, mais elle fait ça aussi avec sa voix ! C'est à peine croyable mais leur musique, et plus encore avec je-ne-sais-plus-quelle substance j'avais pris ce jour-là, était encore plus intense sur scène, avec une profondeur dans le malaise (Cowboys,Over...), tout comme un frisson de communion dans la beauté qui m'ont durablement marqué - si un concert a eu un jour un effet psychotrope sur moi, c'est celui-là ! A un moment, la chanteuse a tenu une note, seule, a capella, longtemps, longtemps... et j'ai eu la plus belle chair de poule de ma vie, du cheveu au poil d'orteil - c'était juste sublime, au point que j'en ai eu un fou-rire nerveux. Point culminant idéal pour refermer une première décennie d'Eurockéennes donc, et pas la dernière.



    1999


    D'après mes fumeux calculs, il semblerait que cette année-là, nous ayons campé face au site, dans le petit camping payant (mais pas cher) et sur-veil-lé : solution intermédiaire sympathique à une période où l'on voulait bien encore camper, mais plus forcément marcher tous les soirs 25 minutes sous la pluie en longeant la voie ferrée pour regagner une tente éventrée et/ou squattée par quelqu'un d'autre... Ambiance sympa néanmoins aussi dans ce camping-là, et toujours un peu woodstockéenne (par exemple, avec le lavage au lavabo collectif, où la plupart des gens garçons & filles se mettaient plus ou moins à poil). Anecdotique mais unique : un quatrième jour avait été spécialement ajouté cette année-là pour un sûrement mythique concert de Metallica (les ayant vus 1 ou 2 ans avant on ne s'est pas précipités - on aurait peut-être dû, connaissant la période sombre qui a suivi pour eux).


    Bref, c'est donc le vendredi qu'on a gagné le site pour y voir une star dont on ne mesurait pas à l'époque tout le poids : Debbie Harry, the one and only Blondie ! Pour tout vous dire, quand j'ai entenu Atomic (que j'avais découvert en cover dans Trainspotting 3 ans avant), j'ai cru qu'elle en faisait une reprise. A peine connaissais-je ses tubes glacés (que je traque dix ans plus tard en 45 tours dans les vide-greniers) : Call Me et autres Heart of Glass ! Quoi qu'il en soit la demoiselle était la troublante créature que l'on sait, son disco rock pimpant, et je me souviens avoir bien aimé son concert fort dansant !


    Il semble bien que ce soit cette année-là que j'ai vu pour la première fois (et de loin la meilleure) l'androgyne et troublant Brian Molko et son groupe : le formidable (souvenons-nous de ses débuts, hein !) trio Placebo ! A l'époque ils avaient sorti seulement leur album éponyme, ainsi que Without you I'm Nothing, tuerie pop-rock par excellence, dont personne ne peut nier qu'ils n'ont plus jamais fait aussi bien (même si on a toujours aimé au moins quelques chansons de leurs disques récents).


    A l'époque le trio, habillé en femmes, sonnait comme un remix de Nirvana, Bowie et Cure (toutes choses inaccessibles en live pour diverses raisons), avec un son à la fois parfait et nauséeux, un chant hargneux et nasillard, qui donnaient un formidable défouloir sous forme de, si l'on peut dire, pogo intelligent...
    Avec des titres imparables comme les arrogantes de classe Come Home, Teenage Angst, Pure Morning, les violentes You don't Care about us, Brick Shithouse, Every you and Every Me et autres 36 Degrees, c'était franchement très excitant sur scène (quelques années plus tard au même endroit, on a constaté qu'ils étaient 5 et surtout, n'avaient plus envie). Jusqu'à preuve du contraire c'est donc bien à leur âge d'or qu'on les a découverts, soit l'un des nombreux miracles qu'on doit à la Prog' des Eurockéennes !



    A part ça ce vendredi-là, on a vu (était-ce la première fois, plus trop sûr), la terrible puissance de feu de Lofofora (certainement le meilleur groupe de hardcore français et le plus conscientisé), du genre à vous faire hurler des insanités anti-fascistes puis à vous invectiver de messages salutaires : "Gueuler ensemble et brandir le majeur c'est bien, maintenant sortez-vous les doigts du cul et faites quelque chose de concret !". Bien envoyé quoi. Tiens, au fait, Skunk Anansie est repassé en 1999 mais on ne les a pas revus. Sinon je pense y avoir vu Bloodhound Gang par simple mémoire visuelle mais même leur plus grand tube selon wikipedia (The bad Touch) ne me rappelle rien - il faut dire que c'est très nul - il peut parfois arriver même aux illustres et ô combien inspirés programmateurs des Eurockéennes de céder à de passagers et regrettables effets de hype...



    Et puis quand même, point d'orgue de la soirée et autre artiste également parvenu à l'époque au faîte de sa carrière et de son inspiration : Marylin Manson qui avait déjà signé les prometteurs Portrait of an American Family, Smells Like Children (et ses formidable covers de Sweet Dreams ou I Put a Spell on you), et le dantesque Antichrist Superstar ! A l'époque donc, le personnage n'ayant pas encore fait son coming out ("Non, je ne suis ni sataniste, ni idiot, et encore moins auto-destructeur") faisait franchement un peu... peur, tout autant que son groupe composé de personnages non moins effrayants que lui, comme Twiggy Ramirez et autres Madonna Wayne Gacy. Il drainait d'ailleurs des cohortes de fans fardés de blanc et avec des têtes de méchants, qui semblaient ne se nourrir que de pintes de sang frais.


    Le son était dûr et jouissif, le chanteur se mutilait (ou le jouait bien), s'exhibait, picolait sec mais assurait grave ses parties vocales : citons les inquiétantes Cake & Sodomy, The Dope Hat, les très efficaces Get Your Gunn ou Disposable Teens (à propos, rappelons que ce garçon est officiellement coupable de TOUS les massacres lycéens survenus aux USA depuis les années 2000), ou encore la fameuse et grandiose trilogie The Love/Fight/Death Song. Jouant systématiquement sur les codes satanistes et mélangeant allègrement images chrétiennes et nazies, le personnage délivrait des concerts mi grand-guignol mi performance géniale et baroque. On l'a revu récemment (en 2007) et il ne subsistait - hélas - plus que le grand-guignol...


    Le lendemain ne m'a, à vrai dire, pas laissé un souvenir extraordinaire. L'après-midi avait commencé par un agréable moment avec le petit prince du Raï que la France venait de découvrir, Cheb Mami (pas encore aussi sulfureux qu'aujourd'hui), qui avait parfaitement su prendre un public pas forcément fan ni spécialiste de sa musique, grâce à un charisme indéniable. Il était aussi venu une baudruche médiatique à dégonfler, en la personne de Eagle Eye Cherry (frère de Neneh, une vraie showgirl elle !). En effet, une seule et unique jolie balade intitulée Save Tonight ne faisait pas de lui un nouveau Ben Harper (pour qui il semblait pourtant se prendre et qu'il singeait admirablement). Il était en plus armé d'une puissante tête à claques - je crois me souvenir qu'il avait été sifflé, ce qui est très rare aux Eurockéennes, mais il faut dire qu'il n'avait vraiment rien à foutre sur la grande scène ! Quoi qu'il en soit, disparu sans laisser d'adresse - il y a une justice.


    Sous le Chapiteau, souvenir brumeux mais assez fasciné du concert de Tricky... Le fantasque Adrian Thaws, avec sa trip-hop alors lugubre et souvent captivante, avait la particularité de tourner le dos au public à peu près tout le concert (y compris en chantant), mélange peut-être de complexes, de timidité et de paranoïa enfumée - il tirait furieusement sur des joints énormes, puis lâchait des jets de fumée impressionnants de longueur et de densité. Il est vrai qu'il était en plus en plein dans sa période dite "inécoutable" (Pré-Millenium Tension and co), alors que ses albums sont redevenus plutôt lumineux dans les années 2000...


    Je le connaissais peu à l'époque, pour autant et même si je n'ai grosso modo vu que ses oreilles, je garde un bon souvenir de l'interprétation gothique de ses tubes (comme Hell is round the Corner et surtout Overcome), car il y avait avec lui sur scène, et heureusement, une divine chanteuse noire en robe de soirée, à la voix et au physique tout à fait fatals et qui prenait toute la lumière sur elle... J'ai tout de même préféré le revoir, pas moins parano mais plus en forme, 4 ans plus tard au même endroit.


    Dernier souvenir, de la soirée : le furieusement poseur Lenny Kravitz (une autre sévère tête à claques se prenant pour la réincarnation de Jimi Hendrix) et son rock funky tonitruant et vaguement bourratif, un peu FM à notre goût mais pas indigne de passer au moins une fois ! Quoi qu'il en soit le show était extrêmement pro, ses costumes parfaits, ses choristes bien girondes, et sa batteuse, Cindy Blackmore attirait immédiatement l'attention par sa frappe herculéenne : les tubes Mama Said et Are You Gonna go my way se sont avérés aussi puissants qu'on pouvait l'espérer. Bref il avait assuré le steak et, sans doute grâce aux bars environnants, on ne s'y est pas trop ennuyé malgré une légère aversion pour le personnage.

    Au fait, je ne suis pas resté le dimanche, mais là, ayant à peu près fini mes études, c'était pour cause ... de service militaire (en Préfecture, qu'on se rassure) ! Je vous parle d'un temps que les moins de vingt ans... pouf, pouf.

    To Be Continued avec le trait d'union 2000 - 2002...



    La fin par là (2000-2002) !
    Affiches : www.cg90.fr / Photo : www.eurockeennes.fr

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    Signature : philippe
    le 14/11/2007
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