Une soirée ska ce soir au Kao avec pour commencer le bon, le Jamaïcain, le vieux, le vrai ska de Western Special et pour terminer transpirant, l’enjoué, le festif, le mélangé avec du reggae et du rock, le coloré, le cosmopolite ska des Nomades et Skaetera (N&SK).
Donc, les sept champenois de Western Special ont ouvert le skabal ; leur musique est chaloupée et chaleureuse, le rythme ne fait pas sauter au plafond mais c’est agréable. Cela ressemble un peu à Jim Murple Memorial (sortie du nouvel album le 6 novembre soit dit en passant) pour les influences et la douce voix féminine. Beaucoup d’instrumentaux agrémentés de chorus de saxophone, de trombone à barbe et autres où le reste de la troupe se tourne vers le soliste qui ne fait plus qu’un avec son instrument. D’un point de vue prestation individuelle, une mention toute particulière au joueur de saxophone ténor et de clarinette qui produit un son magnifique à coup de souffle et de gestuel doigtique d’une précision rare et pas encore explorés jusque là. Moi, j’ai aimé cette mixture chaude et jamaïcaine (chez tous les bons disquaires). Une bonne mise en bouche sympathique avant d’aller s’humidifier le gosier à coup d’une autre mixture nommée bière à la citrouille, dégueulasse celle-ci.
Puis, le kangourou se met à taper du pied, la lumière laisse place à l’obscurité, la fille à ma gauche enlève son pull, l’orage gronde et la grande famille N&SK de Saint Etienne débarque sur scène. La fête devient alors plus énergique, colorée et l’acoustique est quand même bien meilleure qu’au centre d’accueil des Vans. Le groupe prône le mélange et cela s’entend puisqu’il faut tour à tour adapter sa chorégraphie à un reggae musette, un ska norvégien ou un dub oriental. Seule fausse épine dans le pied d’un kangourou qui sait fort bien se mouvoir pour fédérer, faire péter les frontières et ralentir la cadence pour aborder les causes les plus nobles. Bref, l’instrumentation est riche, la violoniste a de longs cheveux noirs, les cuivres claquent, la fougue du chanteur est communicative, l’accordéon est lourd mais le bonhomme costaud. La part belle est donnée aux chansons du dernier album, Kosmopolit, sorti en mars de cette année même si les titres de Haroum Tchackaphoum remis au goût du jour comme « quand j’serai môme » ont eu un beau succès.