L'idée est simple mais géniale : reprendre des grands titres de l'époque post punk des 80's repris dans un autre espace temps... avec des sonorités Calypso, Salsa, Ska, Vaudou Haïtien... sur des orchestrations colorées, des voix féminines sensuelles, des guitares accoustiques...
Nouvelle Vague - 12 octobre 2007 - Théâtre Lino Ventura - Nice Pour la génération des 35 – 45ans le projet Nouvelle Vague a quelque chose de touchant. Le concept est de reprendre en version Bossa Nova des titres extraits de la période New Wave (1979-1985), le .../...
Pour la génération des 35 – 45ans le projet Nouvelle Vague a quelque chose de touchant. Le concept est de reprendre en version Bossa Nova des titres extraits de la période New Wave (1979-1985), le tout chanté par des filles différentes à chaque fois, à la voix de femmes enfants. Les chansons sélectionnées viennent de groupes cultes mais c’est rarement le morceau de bravoure qui est mis en avant, cela ajouté au coté Blind test attise la curiosité et rend le projet vraiment ludique. Sur scène 4 musicos impeccables assurent l’ambiance avec Olivier Libeaux en tête à la guitare (le papa du projet), pendant que 2 filles font le show. Une sensible et l’autre sexuelle, tout le spectacle tient dans leurs prestations, qui sans leur jeu et chorégraphie constants tomberait très vite dans le coté bal du samedi soir. J’avais déjà vu Nouvelle Vague à l’époque où Camille assurait le chant et bien sûr la comparaison est aujourd’hui difficile mais si les filles n’ont pas l’hystérie communicative de l’aînée elles mettent tout de même beaucoup d’âme et remporte l’affaire en interprétant des titres qu’elles n’ont pas pu connaître à leur sortie vu leur jeune age. Plus surprenant le public est lui aussi très jeune, une majorité de filles d’environ 16 ans donc nées 10ans après la bataille, et conçues en pleine période noisy-grunge de Nirvana et Pixies. Je n’imagine pas trouver ce public dans une soirée boubliboulga qui pourtant s’adresse à la même classe d’age mais là ne comptez pas sur moi pour aller voir. Réagir à cette critique
Nouvelle Vague - Un interview l'Oreille qui gratte - 12 Octobre 2007 - Nice Tsunami de souvenir
Pour la génération des 35 – 45ans le projet Nouvelle Vague a quelque chose de touchant. Le concept est de reprendre en version Bossa Nova des titres extraits de la période New .../...
Pour la génération des 35 – 45ans le projet Nouvelle Vague a quelque chose de touchant. Le concept est de reprendre en version Bossa Nova des titres extraits de la période New Wave (1979-1985), le tout chanté par des filles à la voix de femmes enfants. Les chansons viennent de groupes cultes mais c’est rarement le morceau de bravoure qui est mis en avant, cela créé un coté blind test qui attise la curiosité et rend le Nouvelle Vague vraiment ludique. Le projet est né autour d’Olivier Libeaux et Marc Colin, qui petit à petit se sont entourés d’une équipe hors pair. Olivier Libeaux accompagné des deux principales chanteuses du projet, Mélanie Pain et Phoebe Killdeer (l’une sensible, l’autre sexuelle), est longuement revenu sur la genèse de Nouvelle Vague, tout en évoquant ses projets solos notamment l’impeccable Imbécile d’Olivier Libeaux n’oubliant pas de nous parler de l’avenir de Nouvelle Vague. Quand Nouvelle Vague le magazine rencontre son homonyme Nouvelle Vague le groupe ça donne forcément une rencontre dense.
Olivier il y a différentes chanteuses qui interviennent sur le projet Nouvelle Vague, nous en avons deux avec nous, est ce que tu peux nous les présenter ?
Olivier Libeaux : Mélanie Pain et Phoebe Killdeer, ce sont les deux filles qui nous accompagnent sur cette tournée. Mélanie fait partie du canal historique elle a fait le tout premier concert de Nouvelle Vague avec Camille. Melanie Pain : Oui mais depuis on a vraiment étoffé l’équipe, à l’époque il y avait chant, guitares, clavier, maintenant on a contrebasse, il se passe pas mal de choses
Quelle est l’origine du projet Nouvelle Vague ?
Olivier Libeaux : Depuis 1998 je travaillais avec Marc Collin sur ses projets, souvent des musiques de films. Avec Marc on parlait énormément de musique, on s’est découvert une passion commune pour la musique fondatrice de notre adolescence, la New Wave. De fil en aiguilles, il m’a proposé de faire une reprise de Love will tear us apart de Joy Division en Bossa Nova. J’ai dit oui mais en me disant que comme on touchait à des standards, on ne pouvait surtout pas faire de la merde. Progressivement ça s’est construit, d’abord avec une chanteuse brésilienne puis avec Camille qui est venue chanter plusieurs morceaux. L’idée a pris forme et c’est surtout la forme de l’idée qui a compté. La deuxième reprise a été Just can’t get enough de Depeche Mode.
Pourquoi mettre des filles aux chants ?
Olivier Libeaux : Tout simplement car on ne sait pas chanter, si on le faisait ce serait un massacre. La première idée était d’avoir un groupe entièrement brésilien, on a trouvé seulement une chanteuse (Eloisia), c’est pour ça qu’on s’est mis à faire les instruments nous même. Eloisia ne connaissait pas les originaux, elle arrivait donc complètement innocente. On n’a pris que des filles qui ne connaissaient pas les titres car cela apporte fraîcheur, spontanéité et distance car les morceaux sont chantés au départ par des mecs.
C’est vrai ça, les filles vous ne connaissiez pas ces standards ?
Melanie Pain : Je ne connaissais en effet pas les chansons que j’interprète mais j’en connaissais d’autres sur l’album. J’ai même mis longtemps à trouver les originaux. Mais c’est ça qui était marrant, on arrivait au studio et il nous les jouait à la guitare. Depuis j’ai tout découvert et j’ai du respect pour les originaux. Je me rappelle de la réaction de Camille hallucinant en écoutant pour la première fois Gun of Bristol des Clash. Phoebe Killdeer : La réaction du public qui connaît les orignaux et découvre nos versions est la même que celle qu’on a eue. Il se marrent, il disent c’est pas possible.
C’est Olivier Libeaux et Marc Collin qui vous ont repérées ?
Phoebe Killdeer : en envoyant nos demos. Olivier Libeaux : on hésitait à prendre des gens connus mais on s’est dit que pour la fraîcheur il valait mieux prendre des filles qui n’avaient pas trop bourlingué. Pour Mélanie c’est sa voix pop anglaise qui nous a séduits
Les morceaux du deuxième album sont plus standards.
Olivier Libeaux : Ca a été plus compliqué sur le deuxième, sur le premier tout s’est fait de façon évidente, j’ai puisé dans ma culture new wave. Pour le deuxième il y a des tubes comme Blondie qui ne me parlent pas tellement .
L’enregistrement de ce deuxième album s’est imposé comme une évidence ?
Olivier Libeaux : A chaque chronique du premier ça faisait référence à la suite. Melanie Pain : Pour le live on a eu besoin de nouveaux morceaux, alors on s’est dit pourquoi ne pas les enregistrer. Olivier Libeaux : C’était impossible de ne pas le faire. C’est possible qu’il y ait un troisième album.
Il y aura une reprise des Smiths dans le prochain ?
Olivier Libeaux : Pourquoi pas mais les Smiths c’est pas le groupe le plus emblématique de la new wave, c’était déjà sur la fin. C’est plus pop comme les Pale Fountains.
Vous avez une ligne directrice pour le troisième album ?
Olivier Libeaux : Non. On a une idée de trilogie, mais on a une dissension sur la matière des titres à reprendre. Ce sera compliqué, je ne sais pas qui travaillera dessus. Au départ Nouvelle Vague c’est un truc de passion et ça devient aussi maintenant en caricaturant une entreprise de vente de T-Shirt.
La scène s’est imposée comme une évidence ?
Olivier Libeaux : On s’éclatait tellement que c’était normal pour nous de faire un concert. Mais on ne pensait faire qu’une date, le café de la danse le 1er mai. Derrière comme c’était des copains on fait le festival des Femmes s’en mêlent. Ensuite Bernard Lenoir a adoré alors il nous a demandé de faire une session, puis il nous a demandé de faire la route du rock à St-Malo, on jouait sur la plage et Camille s’est baignée au milieu d’une chanson. Ca a fait une pleine page dans Ouest France, puis de fil en aiguilles on a été invités partout. On partait pour faire un projet annexe et c’est devenu ce que tout le monde connaît.
Lors des premières dates à Londres les filles étaient pétrifiées, parce que le premier rang était uniquement composé de gros punk bière à la main avec un T-Shirt Killing Joke, le tout dans une salle pourrie. Au début je pensais que notre public serait éternellement des anciens punk aujourd’hui il y en n’a plus un seul, le public est super jeune.
Comment votre formule live évolue ?
Melanie Pain : Le public a rajeuni, et nous on chante beaucoup mieux. Olivier Libeaux : Ca s’est étoffé au niveau des musiciens. Comme le dit Mélanie le public a grandi.
Pour toi Mélanie avoir été aux côtés de Camille quand on sait ce quelle est devenue depuis, ça fait quoi : de l’ombre ? plaisir ?
Melanie Pain : Je ne sais pas quoi répondre à ça. J’ai débarqué sur scène, j’avais jamais fait de concert, c’était cool d’être avec elle car elle m’a briffée, elle était protectrice avec moi. Mais je sais pas quoi dire parce qu’on a des univers tellement différents.
C’était quoi Oliviers tes groupes fétiches ?
Olivier Libeaux : The Cure (surtout les 3 premiers), The Stranglers, Wire, The Sonds, Hall Of Woodoo, Echo and the Bunnymen, The Undertones. J’aime moins la scène new wave à partir de 1985, tous les groupes ont essayé d’avoir plus de succès et donc d’être commerciaux par exemple Psychedelic Furs est devenu vraiment moins bon d’un coup. C’est le début de la fin de la new wave.
Et pour vous les filles ?
Phoebe Killdeer : Moi j’étais trop jeune. Mais avec Nouvelle Vague j’ai écouté tout ça et j’adore. Melanie Pain : je connaissais Joy (NDLR Joy Division) car mes sœurs avaient des T-Shirts. Mais je n’ai jamais vraiment écouté.
Le projet Nouvelle Vague vous permet quand même de travailler sur vos projets solo ?
Melanie Pain :ça ne nous laisse pas beaucoup de temps, mais c’est super Nouvelle Vague ça m’a tout appris par exemple au niveau scénique, j’ai du faire une centaine de dates. Phoebe Killdeer : J’ai un projet solo sous le nom de Phoebe Killdeer and The Short Straws que je travaillais déjà avant Nouvelle vague.
Combien de filles interviennent au total sur les 2 albums ?
Melanie Pain : Une dizaine Olivier Libeaux : Pour arrondir oui une dizaine plus un mec. Mais c’est difficile à dire puisqu’il y a des bonus spéciaux Etat Unis avec d’autres filles. Par contre sur scène c’est toujours deux filles.
C’est facile de trouver une cohésion avec autant de gens différents ?
Olivier Libeaux :Parlons en ! On s’est tapés sur la gueule plusieurs fois. Avec Nouvelle Vague j’ai connu le succès, c’est chouette. Mais qui dit succès dit argent et dès qu’il y a de l’argent c’est compliqué. Des gens sont venus de partout pour s’occuper de Nouvelle Vague et ça a été difficile à gérer. L’insuccès c’est plus facile à gérer humainement, dans Les Objets avec Ignatus on a vraiment ramé mais on était soudés. Surtout que par nature le musicien ne sait pas gérer l’argent.
C’est vrai que vous marchez mieux a l’étranger qu’en France ?
Melanie Pain : Oui beaucoup mieux. Ca fait mythomane de dire ça mais on a joué à Rio devant 2 000 personnes, pour faire ça à Paris il faut faire 5 concerts. Olivier Libeaux :On a joué 3 fois à New York dans des salles pleines.
Vous aviez d’ailleurs signé sur un label anglais.
Olivier Libeaux: C’était à la fois légitime car on reprend des groupes anglais, mais c’est surtout car ce label a été le plus désireux de signer Nouvelle vague. Les labels français nous ont dit : cette musique c’est pas pour ici, ici on écoute Cabrel.
Le label qui nous a signés nous a harcelés de mail car il adorait, et nous on s’en foutait on ne répondait même pas. C’est eux qui ont par exemple fait le visuel. Melanie Pain :Pour les étrangers Nouvelle Vague c’est fashion, chic. Olivier Libeaux : effectivement pour les anglo-saxons c’est extrêmement sexy, qu’une fille chante Teenage Kicks ça leur met des gouttes de transpiration. Le nom Nouvelle Vague pour le coté sixty chic plait dans le monde entier.
Le visuel n’est pas le même pour les Etats-Unis, Pourquoi ?
Olivier Libeaux :Les Américains ont simplement demandé à le refaire. Ils ont aussi fait une version du disque sans Too drunk to fuck. Sur la BBC on ne passe pas too drunk to fuck sinon il y a un bip.
Vous avez touché des royalties pour tous vos morceaux utilisés dans des séries américaines (Nip Tuck, Desperates Houswives, Grace anatomie) ?
Melanie Pain : C’est une bonne question je vais me plonger dans les comptes. Phoebe Killdeer :Pour moins de trente secondes utilisées ils n’ont rien a payer. Melanie Pain :De toute façon, c’est les auteurs qui touchent. Olivier Libeaux :Oui on a laissé a 100 % nos droits d’auteur contre la possibilité de faire ce que l’on voulait. D’ailleurs des tas d’auteurs sont super contents, ils nous disent de continuer. Mais on touche quand même quelque chose car la série achète la bande. On a surtout fait énormément de musique de pub, on a été utilisés pour une grosse pub de General Motors au Etats-Unis, on a touché un énorme chèque mais qu’on a du diviser par 200 avec tous les intermédiaires.
Financièrement certains groupes semblent heureux mais n’y en a t-il pas certains qui ont râlé ?
Olivier Libeaux :Même pas Ian Mc Culloch de Echo And The Bunnymen qui passe pour être la plus grande sale gueule du rock. C’est même plutôt l’inverse, les réactions ont toutes été super bonnes. Lors de notre première tournée américaine on tombe le deuxième jour à Boston. Le matin même on fait une radio indépendante et le journaliste nous tient un article de Martin Gore de Depeche Mode qui dit le plus grand bien sur nous, disant qu’il écoute ce disque à chaque fois que des amis viennent chez lui et qu’ensuite ils courent acheter l’album. Il dit ça avec encore plus de sincérité car il n’est pas l’auteur de Just Can’t get enough la chanson qu’on reprend c’est Vince Clarke qui l’a écrite. Le premier à s’être prononcé est Mick Jones des Clash qui s’est rendu à l’un de nos concerts et a dit que jamais il n’aurait imaginé qu’on puisse reprendre un de ses morceaux comme ça. Jordy le guitariste de Killing Joke a demandé à ce qu’on l’appelle car il adore notre morceau.
C’est d’autant plus plaisant que beaucoup d’artistes New Wave ne sont vraiment pas sympas. Je n’aime pas New Order en interview.
Vous avez eu des pressions des maisons de disques pour reprendre certains titres plutôt que d’autres afin de relancer les catalogues ?
Olivier Libeaux : Bien sur que oui. Au moment de l’enregistrement du deuxième album on recevait des tonnes de mails. Il faut quand même remettre les choses à leur place on marche très fort mais c’est pas Madonna. Si on était américains on aurait plus de sollicitations mais la c’est compliqué avec tous les intermédiaires. Beaucoup d’artistes que l’on reprend sont sur des petits éditeurs et non pas des majors. Par contre on reçoit des dizaines de mails de fan qui nous disent reprenez ça.
Les chiffres de ventes c’est quoi ?
Olivier Libeaux : 300 000 pour le premier. Au début le succès me faisait flipper, je me disais on va devenir le groupe de baloches le plus connu au monde.
Vous êtés arrivés sur le marché en plein revival années Eighties (Interpol, Editors…) hasard ou marketing ?
Olivier Libeaux : Hasard bien sur. Mais ça a clairement aidé à ce que l’on fasse du succès. Ce qui est un peu injuste dans notre carriere c’est qu’avant Nouvelle Vague moi et Marc Collin on était toujours trop novateurs, par exemple j’ai bossé avec Dominique Dalcan c’est le premier à avoir utilisé des boucles avant Massive Attack, et il n’est pas reconnu. C’est la première fois de ma vie que j’ai l’impression d’arriver au bon moment, en plus c’était l’année du Bresil ! Pourvu que la chance nous suive.
Qu’est ce que vous pensez de tous les avatars que vous avez créés, il y a plein de groupes qui font maintenant des reprises Bossa Nova.
Phoebe Killdeer : Je ne savais pas moi. Olivier Libeaux : C’est pas de l’engouement c’est le bisness, les maisons de disques se disent que c’est une bonne recette et qu’elles peuvent faire du fric dessus. Nous on n’a pas réfléchi on a fait ce projet ça marche tant mieux, voila. On n’avait pas de moyens mais de la passion, c’est normal que ça donne des idées. Finalement c’est un hommage pour nous.
Vous n’avez pas envie d’arrêter les reprises pour faire vos propres compositions ?
Melanie Pain : On le fait chacun avec nos projets solos. Ensemble ça suffit. Phoebe Killdeer : On a tous nos propres goûts, faire un truc ensemble ça serait trop compliqué.
Marc Colin vient de sortir un projet solo Two For The Road avec des compositions originales orientées musique de film. C’est des filles Katrine Ottosen & Valente qui chantent, elles ont un rapport avec Nouvelle Vague ?
Phoebe Killdeer : Katrine Ottosen a fait notre première partie.
Le nom Nouvelle Vague renvoie avant tout au cinéma français des année 60, Godard et Truffaut en tête, ça ne vous est jamais venu à l’idée de prendre des dialogues de certains de leurs films et de les mettre en bossa nova ?
Olivier Libeaux :Non là ça deviendrait indigeste un gâteau un peu trop riche, il y aurait beaucoup de chantilly dans l’histoire. Le nom Nouvelle Vague c’est uniquement la traduction de New Wave, nous le cinéma on s’en fout. C’est marrant parce que pour les étrangers le cinéma français c’est uniquement les années 60 et donc la nouvelle vague. Pour les anglo-saxons Godard c’est bien plus fort que Besson. C’est étonnant pour moi Godard ou Truffaut c’est oublié depuis longtemps. Ca a aidé à ce que l’on devienne les représentants de la France à l’étranger.
Olivier tu n’étais pas un inconnu avant Nouvelle Vague puisque tu étais, je crois à la barre du groupe les Objets début 90.
Olivier Libeaux : Oui mais ça n’avait rien a voir avec la new wave. Comme tous les projets d’ailleurs que j’ai menés avant Nouvelle Vague. J’ai toujours aimé la New wave mais avant de rencontrer Marc Colin tous les musiciens que j’ai croisés, les seuls morceaux New Wave qu’il voulaient reprendre c’était quelques titres de Police et ça s’arrêtait la. Après la New wave il y a eu de la pop de luxe avec Pale Fontaines pale saints… Les Objets ça partait de là avec Ignatus, on voulait faire un mélange qui n’existait pas entre pop anglaise à guitares qu’on aimait, avec de la chanson française. A part Gamine personne ne faisait ça, à cet époque là c’était le rock alternatif. La création des Inrockuptibles, à ce moment, qui défendaient cette même musique nous a aidés.
Après Les Objets il y a le projet de comédie musicale très symphonique, l’héroïne au bain avec de mémoire, Lio, Helena Noguera, Katerine, Dominique Dalcan, Dorian… J’imagine que tu as du passer des années dessus tout étant tellement chiadé ?
Olivier Libeaux : Les Objets c’était déjà très orchestré, moi j’ai toujours été un grand fan de Brian Wilson. Mais Les Objets c’était pas Dominique A première période, ça avait un peu de volume, moi dès qu’on me donne un peu d’argent je mets des violons.
J’ai arrêté les Objets en 1995 car j’étais complètement lassé de ce groupe, je pensais et je pense encore que ça ne pouvait pas décoller et je voulais faire l’Héroïne au bain pourtant j’ai seulement sorti l’album en 2003 donc 8 ans après. Le problème n’a pas été de composer un truc symphonique, la difficulté a été de démarcher les maisons de disques. C’est difficile de vendre une comédie musicale qui n’en n’est pas vraiment une. On me disait qu’on me rappellerait mais mon téléphone ne sonnait jamais. J’étais dans un rôle d’outsider qui m’a énormément défavorisé.
Ce que tu dis sur l’Héroïne au bain est absolument l’inverse de Nouvelle Vague. Tu as fait Nouvelle vague pour t’amuser et c’est devenu énorme, alors que tu croyais dans l’héroïne au bain. Tu n’as pas un peu les boules ?
Olivier Libeaux : Je n’ai pas les boules car le succès de Nouvelle Vague a mis du baume sur les blessures que j’aurais pu avoir sur l’Héroïne au bain. Ca a aussi été à moi de comprendre d’analyser, c’est trop facile de se retrancher derrière une frustration.
Comment as tu trouvé les intervenants pour l’Héroïne au bain ?
Olivier Libeaux : En plus des Objets, j’ai toujours fait des collaborations. Le premier avec qui j’ai travaillé c’est Dominique Dalcan puis Jean Francois Coen, puis Philippe Katerine. Toute une petite famille d’artiste qui ont à peu près démarré à la même époque. Certains ont marché très fort, très vite comme Miossec, d’autres comme nous les Objets avons végété éternellement. Certaines de ces personnes sont devenues des amis comme Philippe Katerine qui à l’époque de son album « Mes mauvaises fréquentations » m’a proposé de prendre la basse car je n’avais absolument aucun travail. Cette activité de musiciens pour d’autres m’a aussi amené à jouer avec Emilie Simon, Carla Bruni ou d’autres choses encore plus imposantes, mais sans jamais tomber dans le truc requin nul. A l’époque de l’Héroïne au bain j’ai ressauté avec les gens que je connaissais.
Après arrive Imbécile, là aussi une comédie musicale avec Katerine, Helena Noguera, JP Nataf. Le tout plus direct, acoustique que l’Héroïne au bain. Tu vois cet album comme une suite ?
Olivier Libeaux : ce n’est pas du tout la suite c’est un autre projet dans la même veine. J’ai commencé le travail sur Imbécile en 2002 juste après avoir fini l’Héroïne au bain. Ce n’est pas du tout une suite car pour moi l’Héroïne au bain est bouclé sur le dernier morceau requiem. Je voulais donc un projet différent, c’est pourquoi il est moins orchestré. Je voulais retourner à des guitares voix, pour moi à ce moment là l’orchestration c’était de la poudre aux yeux.
Puisque tu dis avoir écrit Imbécile en 2002, Philippe Katerine n’était pas encore la star qu’il est aujourd’hui. Tu n’as donc pas voulu sciemment l’utiliser à contre emploi comme on peut le penser ?
Olivier Libeaux: Je voulais lui proposer un truc différent de ce qu’il fait lui-même sur ses disques. L’histoire de Nouvelle Vague m’a mis en retard. Maintenant faire un projet avec Philippe Katerine ça fait que la télé s’intéresse à toi.
Le morceau le petit succès n’a donc rien d’auto –biographique ?
Olivier Libeaux: Non c’est de la prémonition puisque je l’ai écrit bien avant le succès de Nouvelle Vague.
Tu as le temps de défendre Imbécile malgré Nouvelle Vague ?
Olivier Libeaux : Oui je prends le temps. Mais surtout je ne fais plus tous les concerts de Nouvelle Vague, cela dit Marc Colin est encore moins présent que moi. En faisant à la fois Nouvelle Vague et Imbécile bien sur je n’ai plus beaucoup de temps et beaucoup de choses passent à la trappe par exemple j’ai pas encore vu le film Control.
Tes coups de cœur actuels en musique et cinema ?
Olivier Libeaux: Musique : Fabio Viscogliosi, Pascal Comelade. Mais ce moment je n’ai pas tellement le temps d’écouter des trucs. Si je regarde plus loin j’ai adoré Sufjan Stevens, Art Brut, Married Monk. Plus ancien encore Elvis Costelo bien sûr.
Cinema : Je suis à la ramasse, je vois plus rien, le dernier truc que j’ai vu c’est Persopolis, je pense aller voir Ratatouille. Je ne suis plus dans la course niveau cinéma, j’ai lâché.
Tu savais qu’il y avait un magazine qui s’appelait Nouvelle Vague ?
Olivier Libeaux : Oui on le savait, on a d’ailleurs déjà rencontré des gars de l’équipe à Marsatac ( www.nouvelle-vague.com ), et aussi Marc Di Rosa à Benicasim. Au moment du démarrage du projet de Nouvelle Vague j’ai appris votre existence. En fait on a mis longtemps à se rencontrer.
Propos recueillis par Christophe Guilbert, Benoît Belasco & Simon Pégurier
Une Interview www.loreillequigratte.com
Sharko + Nouvelle Vague - 26 novembre 2004 - Maison de la radio, Paris Concert privé du Mouv' : Mor - tel !
Pour notre première dans le studio de la maison de la radio abritant habituellement les mythiques Black Sessions de Bernard Lenoir, nous avons été gâtés : .../...
Pour notre première dans le studio de la maison de la radio abritant habituellement les mythiques Black Sessions de Bernard Lenoir, nous avons été gâtés : Nouvelle Vague et Sharko se sont succédés sur la scène… Malheureusement, avant le concert, entre les groupes et après la fin des enregistrements, la vedette des filles du Mouv’ - la sémillante Emilie - est venue effectuer devant nos yeux ébahis des « animations » bien risibles … On savait déjà que les auditeurs du Mouv’ étaient jeunes mais la vue de ces préadolescents hystériques à chaque apparition de leur idole radiophonique préférée nous a pour le moins interloqués. Par contre, la programmation musicale entre les séquences live étaient, elle, attendue : le meilleur (The Strokes) côtoyant le pire (Good Charlotte) dans un grand fourre tout destiné à gagner des parts de marché... Il découle de ces choix discutables un nivellement par le bas assez navrant, on se souvient par exemple d’enchaînements plus que douteux sur les ondes de cette radio du service public : Indochine succédant à Radiohead à l’antenne. Mais ne boudons pas trop notre plaisir, ce n’est pas NRJ qui oserait proposer en direct à 20 heures deux concerts avec des groupes aussi inconnus du grand public que les Français de Nouvelle Vague ou les Belges de Sharko… merci Le Mouv’ ! Avant le début des « hostilités », on nous explique qu’il ne faut pas fumer et surtout qu’il ne faut pas hésiter à monter notre joie si on ressent un grand bonheur (!) … Ce genre de propos tenus à des jeunes assistant à un de leurs premiers concerts, c’est la porte ouverte au grand n’importe quoi ! Sans vouloir jouer au vieux con, on se retrouve avec une bande de petits agités hystériques acclamant aussi bien les annonces limite débilifiantes d’Emilie (« Vous kiffez le bon son ? » « Ils sont super craquants les trois gars de Sharko ! C’est important de le dire ! », « Ça déchire ! », « C’est Mor - tel ! » et etc) que les groupes… Si quelqu’un pouvait couper le micro d’Emilie et faire comprendre au public qu’on n’applaudit pas en plein milieu d’un morceau calme, ce serait fort appréciable...
Une Nouvelle Vague nous atteint
Toujours est-il que Nouvelle Vague, après une intro un poil longue (oh, le joli blanc !) réussit à la fois à émouvoir (A forest, Making plans for Nigel… ) tout en déclenchant moult cris et tapements dans les mains (pas en rythme) sur Guns of Brixton. Grâce au naturel facétieux de la chanteuse Camille - qui se roule par terre, fait des commentaires hilarants, exécute un solo d’harmonica avec sa bouche (!), danse comme une folle et accessoirement, chante divinement - les kids prennent leur pied - ou kiffent gravement si vous préférez -, et montrent (très bruyamment) leur approbation, ce qui n’était pas gagné au départ… Nouvelle Vague, c’est certes un peu « mou » et ça ne vaut pas Limp Bizkit mais… ça déchire quand même sa race, quoi ! Pour notre part, nous regretterons l’absence de la troublante Mélanie (présente lors des prestations magiques de Sédières et Saint-Malo mais remplacée pour cette occasion par deux vocalistes légèrement moins convaincantes), et la durée du show, trop courte : une demi heure seulement…
Sharko, ça déchire grave !
Après trente minutes de changement de plateau, ce qui permet d’apprécier la programmation du Mouv’ et les facéties d’Emilie derrière la vitre du studio (auxquelles les jeunes répondent au quart de tour, comme si c’était une star), Sharko arrive enfin sur les planches, pour enchanter son auditoire dès le premier morceau. David Bartholomé (et sa toque en fourrure) se révèle être plus que jamais un showman invétéré, doublé d’un bassiste percutant et d’un chanteur survolté… Teuk, un guitariste discret mais inventif, et Jules, un batteur fin et racé, complètent ce tableau musical idyllique. Le public (très finaud : il réclame une histoire.. belge, ouarf !) assiste, les yeux émerveillés, au traditionnel morceau dont les chœurs sont effectués par la chaussure de David, à un strip tease du clown chanteur de service - presque intégral (le public improvise alors brillamment un « on veut voir la frite ! » : ah, la jeunesse… ) et à un petit séjour dans le public pour déclencher des hola méritées… Les personnes présentes constatent également avec satisfaction que le trio pop/rock est capable de se lancer dans un impressionnant numéro d’équilibristes pour palier aux problèmes techniques en cascade qui s'abattent sur lui (retours, guitares etc) ; le sens de l’improvisation fait définitivement partie des qualités de Sharko, pas un seul blanc ne sera à déplorer ! La deuxième partie s'en trouve donc plus calme, sans doute par la force des choses : monsieur Bartholomé se saisit d’une guitare sèche ou d’un ukulélé pour nous conter en anglais ses histoires abracadabrantes. Le résultat est tout aussi convaincant et jubilatoire, grâce aux textes souvent très drôles et au charisme insensé du personnage. La reprise d’Highway to hell d’AC/DC en version folk ralentie - presque alanguie - ravit les fans et l’unique rappel, quant à lui, vient confirmer le statut de bête de scènes sachant écrire des chansons de Sharko.
Emilie, j’te kiffe trop !
Sur ce, Emilie revient clôturer la soirée avec son brio coutumier, en remuant sa blonde chevelure et sa lourde poitrine comme une écervelée (« hou, le macho frustré », dirait-elle). Dans un bel élan, elle invite les auditeurs à la rejoindre pour son émission (sans intérêt certes mais quand même beaucoup plus intéressante que les œuvres radiophoniques complètes de la lamentable Jessica). Et là, c’est le drame : un spectateur proteste un peu, Emilie veut aller le chercher dans les gradins en oubliant de regarder devant elle et se vautre de manière fort risible dans les retours de Sharko en poussant un cri strident. On se dit que ça va lui couper le sifflet… Et bien non : elle enchaîne en grande pro - rouge de honte quand même - et réussit à entraîner avec elle un jeune poussant, lui aussi, des cris suraigus dans le micro. Merci à Sharko et à Nouvelle Vague pour ce concert privé, au Mouv’ pour cette heureuse initiative et… à Emilie pour cette bonne tranche de rigolade !
Nouvelle Vague, le dernier projet casse-gueule mais pour une fois couronné d'un relatif succès de Marc Colin (clavier) et Olivier Libaux (guitare) ouvrait les hostilités dans un Cabaret Rouge plutôt bien rempli et curieux d'entendre les reprises façon bossa nova de grands classiques de la new wave et du punk.
Massacre en règle pour certains, hommage malin pour d'autres, dont je fais partie, peut-être trop nostalgique des années 80 et trop amoureux de Camille qui contrairement à la trop sage Marina de Carbon n'hésite pas à donner des versions joyeusement décalées jusqu'au cabotinage à des chansons de toute façon intouchables.
Ses relectures habitées de "Guns of Brixton" et surtout "Too drunk to fuck", qu'elle finit de sussurer avachie par terre, sont autant de moments croustillants et donnent très envie de la revoir avec un repertoire plus personel.
Une mise en bouche amusante mais assez courte, pendant laquelle on aura pu entendre deux titres qui ne figurent pas sur l'album : les immenses "Bizarre love triangle" de New Order et "Mongoloid" de Devo qui préfigurent probablement une suite à cette recette roublarde et culotée.
Un peu affamé ensuite on ira plutôt chercher un bol de pâtes qu'ingurgiter les "Sandwiches" des facetieux Detroit Grand Pubahs. Aux dires de ce qui les ont vu, c'était du genre "je gueule derriere un masque et je montre mes fesses" et ça n'allait pas plus loin, moi qui les ai juste entendu en attendant d'être servi, leur live n'apportait rien à leur electro funk déjà pas transcendant.
Peut être que la sauce (hmm, faut que j'arrête de parler bouffe moi) aurait mieux pris s'ils avaient été programmés plus tard.
C'est pas bien grave, un beau et vrai concert nous attend sur la grande scène avec la Canadienne Feist, tout de blanc (court) vêtue et accompagnée d'un groupe aux gestes maitrisés, que ce soit à l'orgue hammond, au trombone ou au mélotron.
Que de chemin parcouru depuis 2 ans où elle jouaient les faire-valoir aux cotés du pitre Gonzales, on sait depuis son album "Let it die" qu'elle est une songwriter touchante et touche à tout, aussi à l'aise dans des ballades folk délicates ("Leisure suite"), une pop à l'euphorie contagieuse (les tubesques "One evening" et "Mushaboom", au top à l'applaudimètre) et même une reprise disco des...Bee Gees ("Inside and out, seul morceau où elle se débrouille sans sa fidèle guitare), même si c'est dans les moments les plus intimistes qu'on la préfère, où sa voix sensuelle impressionne le plus.
Un moment de grace en décalage complet avec ce qui suit à coté, le set des bien nommés Dj's are not rockstars qui n'était ni plus ni moins que du racollage pas du tout passif. Vous aimez les 2 many dj's ? Eh bien là c'est pareil, le coté biatche en plus assuré par l'exquise Princess Superstar en soutif' rose qui partage les platines avec son comparse Alexander Technique.
Ils alignent les tubes comme certains enchaînent les binouses : Beastie Boys, Miss Kittin, Felix da Housecat, The Rapture, Vitalic, Kelis, Mu, Daft Punk...bref tout ce qui nous fait danser depuis 2-3 ans (à défaut de les voir en live à Marseille) et qui se marie avec bonheur à des clins d'oeil drolatiques : "Stay in school cos' it's the best" de Peaches répond au "We don't need no education" des Pink Floyd, les voix haut perchées des Scissor Sisters se téléscopent à celles de leurs ainés Bee Gees (décidément !).
Des petits détails appréciables dans ce déluge de gros son, terminé au micro puisque à la base la new yorkaise apprentie pousse disque est une rappeuse des plus salaces et aura bien emoustillé les mâles venus s'agglutiner aux premiers rangs, I was there comme dirait l'autre.
La suite est plus pointue avec Dj Team Munk, des Allemands officiant au sein de Gomma qui, avec DFA est le plus rock des labels electro. Mélant punk, funk, house et disco avec une technique percutante, leur selection commençait par une reprise/remix sensas du pourtant archi usé "Satisfaction" de Benny Benassi et s'avère nettement plus orientée club que celle qui précédait, pour la plus grande joie ceux et celles qu'on ne croise jamais aux concerts, une partie non négligeable du public de Marsatac, qui a plutôt bien réussi son pari ce soir en jouant la carte de l'eclectisme.
On aurait aimé être aussi enthousiaste en allant voir ce que donnait l'inclassable Earl Zinger mais les quelques morceaux écoutés donnaient dans le dub poussif et bavard, pas vraiment representatif du riche background du bonhomme. Quoique chanter un truc comme "The greatest bassline in the world ever" sans bassiste, ça nous arraché un petit sourire avant qu'on s'arrache tout court. Demain est un autre jour. Réagir à cette critique
Après une baignade régénératrice sur la plage de Saint-Malo, la deuxième journée de La Route du Rock 2004 commence sur les chapeaux de roue… Le groupe Nouvelle Vague, qui nous avait enchanté au festival de Sédières, est en effet programmé sur la plage aux alentours de 16 heures.
Les pieds dans le sable, le soleil au-dessus de la tête, et Camille et Mélanie - les deux charmantes chanteuses de ce projet musical réussi - à deux mètres de nous, ça ressemble au bonheur… Surtout si Olivier Libaux et Marc Collin sont respectivement à la guitare et aux claviers. Les morceaux sont tous plus enchanteurs les uns que les autres grâce à leurs auteurs bien sûr, mais aussi grâce à l’adaptation made in Nouvelle Vague et aux voix des troublantes vocalistes qui se complètent admirablement. Tellement pétrifié de joie quand retentissent les notes admirables de Making plans for Nigel d’XTC, Tennage Kicks des Undertones, Friday night Saturday morning des Specials, Guns of Brixton des Clash, (This is not a) Love Song de P.I.L. ou In a manner of speaking de Tuxedomoon, on se demande si on ne va pas carrément fondre en lames… Heureusement pour notre amour propre, Camille se charge de faire rire tout le monde avec ses facéties, la petite polissonne ira même jusqu’à partir en courant au milieu des vacanciers - et de Too drunk to fuck des Dead Kennedys - pour aller se baigner avec son harmonica et revenir finir son boulot (pas désagréable… ), trempée. La mutine jeune femme portait déjà une robe transparente laissant transparaître une charmante culotte en dentelle verte, mais désormais on peut distinguer sans difficulté ses jolis petits seins. Il est parfois dur de garder son sang froid, même en écoutant tranquillement de la bossa nova sur une plage…
Pour le moins ému et troublé, on arrive au Palais du Grand-Large avec des capacités de résistance un peu entamées. Et là, Laura Veirs emporte tout sur son passage, comme lors de l’écoute de son disque Carbon glacier et lors de sa prestation au Printemps de Bourges cette année. C’est une véritable lame de fond émotionnelle que déclenche cette américaine, simple et naturelle, avec sa voix et sa guitare. Comme la belle est accompagnée par un guitariste doué, le folk teinté de pop et de rock de Laura Veirs va droit au cœur dès les premières mesures de chaque morceau. Et voilà, il fallait s'y attendre, on pleure sur Rapture…
S’il n’y a que 15 kilomètres à parcourir, le temps nécessaire pour rallier le fort de Saint-Père est doublé - voire triplé - par les embouteillages divers. Fort heureusement, en prenant quelques improbables raccourcis, on réussit à assister à la performance, très attendue, des Anglais de Flotation Toy Warning. Si le disque Bluffer's Guide To The Flight Deck, sorti récemment chez Talitres Records, est renversant, la performance du groupe à Saint-Malo ne donnera pas une image très représentative de la qualité des morceaux. La faute à un son approximatif, et à des musiciens tendus à l’idée de donner un de leurs premiers concerts. Néanmoins, la beauté de certaines mélodies apparaît en pleine lumière, le chant tantôt pop, tantôt baroque du leader Paul Carter faisant lui-aussi un effet considérable… Ce groupe ultra prometteur devrait donner sa pleine mesure lors de sa tournée automnale.
Juste après, Lali Puna délivre un set assez envoûtant de pop électronique avec chant éthéré (assuré par la discrète Valerie Trebeljahr). La plupart de morceaux plongent l’auditeur dans un état de bien être presque amniotique grâce à des sonorités à la fois douces, planantes et aquatiques. On retrouve même quelques ambiances communes avec The Notwist, l’excellent projet de l’expansif bassiste de Lali Puna, Markus Archer.
Quand vient le tour du groupe Air, on se demande s’il vont nous faire le même effet que lors de leur prestation à Benicassim en 2002… Et bien oui, malgré un concert très court (une heure) et une set list ne comptant pas assez de morceau du dernier opus (le génialement spatial Talkie walkie), Nicolas Godin, Jean-Benoît Dunckel et leurs deux musiciens américains aux claviers et à la batterie ont prouvé toute l’étendue de leur classe sur scène. Grâce à un son absolument exceptionnel, et à des morceaux interprétés divinement (Venus, le long et majestueux La femme d’argent, un Sexy Boy musclé, Cherry blossom girl, Another day, et, surprise, un Playground love chanté sobrement par le leader de Phoenix etc.), le public a cru l’espace d’un court instant voler à bord d’une fusée lancée vers la lune…
On le savait déjà, mais Phoenix a proposé une musique aseptisée, commerciale, démonstrative et sans âme à des festivaliers, ravis et au bord de l’hystérie (allez comprendre… ). S’il peut être discret et prendre une belle voix grave avec ses amis de Air, le chanteur de Phoenix adopte un style vocal aigu et des déhanchements ridicules pour son jeu de scène avec son propre groupe. Comme derrière lui, chaque membre de Phoenix essaye de prouver à quel point il est virtuose, tout cela se révèle aussi éreintant et casse bonbons que leur passage raté et risible à la Coopérative de Mai. Chaque morceau étant plus exaspérant que son prédécesseur dans le style pop formatée pour les F.M., on prend lâchement la fuite vers la tente. Las, malgré l’éloignement relatif, on entend quand même ces sinistres sires triompher avec leur soupe indigeste. Puis on s’endort, en pensant à Nouvelle Vague, Laura Veirs et Air…
A lire également : les comptes rendus des soirées du vendredi et du dimanche à la Route du Rock 2004.