Les malins arrangeurs Marc Collin et Olivier Libaux, du faux-groupe Nouvelle Vague, tremplin depuis 2004 pour anciens mannequins et chanteuses en manque d'idées et/ou de notoriété, sont de retour. Leurs trois premiers albums de reprises légères de standards de new-wave .../...

Les malins arrangeurs
Marc Collin et
Olivier Libaux, du faux-groupe
Nouvelle Vague, tremplin depuis 2004 pour anciens mannequins et chanteuses en manque d'idées et/ou de notoriété, sont de retour. Leurs trois premiers albums de reprises légères de standards de new-wave comportaient chacun leur lot de bons moments ; le problème est que les années 80 ne contiennent pas forcément plus de 60 bonnes chansons dans ce style, même en allant gratter côté punk, ska et pop ! Les voilà donc obligés de s'attaquer au répertoire français (dont les meilleurs titres ont hélas déjà tous été repris). Sur la base d'une play-list clairement plus faible que précédemment - ça commence à rappeler un bac de 45 tours en vide-greniers - on obtient donc des réussites très diverses.
- Au rayon ratages et eczéma, comme le reste du temps d'ailleurs, on a d'entrée envie d'assommer l'horripilante
Coeur de Pirate reprenant
Voilà les Anges (titre déjà anodin), tout comme
Helena Noguerra anonnant cette vieille scie,
L'aventurier, Bob Morane étant désormais si usé qu'il est dépourvu de tout imaginaire possible, à part d'un déconnage second degré avec trois grammes à la soirée disco du camping... De même pour ce pauvre
Charlie Winston massacrant l'originalement explosive
So Young but so cold de
Kas Product, ou le comme toujours pénible
Hugh Coltman qui rase franchement l'auditeur avec un
Amoureux Solitaires en état de mort cérébrale, qui ne retournera hélas même pas
Jacno dans sa tombe.
- Au rayon bien fidèle à l'original, comme le reste du temps d'ailleurs,
Adrienne Pauly imite parfaitement
Catherine Ringer (au point qu'un journaliste "professionnel" de Libération l'a un jour confondue avec son modèle aux
Eurocks 2007 !).
Olivia Ruiz s'imite bien elle-même en s'offrant un petit plaisir,
Mala Vida jouée au ralenti, pour un résultat totalement sans intérêt. Et enfin,
Cocoon nous ennuye presque autant en décalquant la déjà nazbroque
Two People in a Room de
Stéphane "Ich möchte ein Eisbär sein" Eicher.
- Au rayon acceptable, comme le reste du temps d'ailleurs, on a envie d'enlacer
Vanessa Paradis et son très joli
Week-end à Rome, en tout cas jusqu'à ce que l'auteur original,
Etienne Daho, vienne faire un featuring involontairement comique (qui n'est pas sans rappeler l'hilarant
Gunther de
Touch my tralala...). Il faut rendre justice aussi à la (pour une fois) sensuelle
Yelle dont l'
Ophélie est plutôt troublante (à reprendre
Jad Wio, on aurait plutôt aimé l'indépassable
Priscilla, mais bon). Et aux programmateurs aussi, pour s'être souvenus des cultissimes rouennais des
Dogs ou même de nous avoir fait découvrir, par ricochet, l'original de la rigolote
Sur ma Mob de
Lili Drop (ici plastiquement interprétée par la très plastique
Mareva Galanter).
- Au rayon réussi enfin, comme le reste du temps d'ailleurs, il faut féliciter
Camille pour sa version marrante et caméléon de
Putain, putain d'
Arno. Ainsi que
Julien Doré qui donne, c'est un fait, une version d'
Anne cherchait l'amour nettement supérieure à l'original, et finalement assez émouvante. Et, miracle, la fin de l'album qui comporte deux belle surprises : la dérangeante
Déréglée de
Mélanie Pain, et
Je suis déjà parti par
Coralie Clément, dans un arrangement soyeux et crépusculaire qui concluerait idéalement n'importe quel album de chanson française réussi.
Evidemment, en parcourant les rayons dans cet ordre-là, du pire au meilleur, on peut avoir l'impression qu'il y a plein de belles choses sur cet album - mais on aurait aussi bien pu les parcourir dans l'autre sens... Car à l'instar de sa pochette tristoune, au final
Couleurs sur Paris s'avère un rien déprimant : avec moins d'une moitié des chansons réussies, il ne sert vraiment pas à grand-chose. Sauf peut-être à dédouaner les "courageux" programmateurs de
France Inter et consorts qui, n'ayant toujours pas rendu à ce jour l'hommage qu'il méritait au plus grand groupe de rock français de tous les temps, peuvent à bon compte passer du
Noir Désir à longueur d'émissions, grâce à la (jolie) reprise par
Emily Loizeau d'
Où veux-tu qu'je r'garde. Ceci donc en le désamorçant de toute charge un tant soit peu rock'n'roll, subversive et/ou polémique, faudrait pas déconner quand même : par les temps qui courent, un coup de fil de Carla ou Nico, et on saute...
(2010)