La Suède assurant bientôt la présidence de l'Union Européenne (juillet 2 009) il nous est décemment impossible de passer à côté de ce Venture : sous peine de passer pour de dangereux réfractaires, des hexagonaux obtus de "pure " souche, poussiéreux et réacs, qui continueront, .../...

La
Suède assurant bientôt la présidence de l’Union Européenne (juillet 2 009) il nous est décemment impossible de passer à côté de ce
Venture : sous peine de passer pour de dangereux réfractaires, des hexagonaux obtus de "pure " souche, poussiéreux et réacs, qui continueront, quoi qu’il arrive, à lui préférer les chuchotements de
Delerm, les rimes " Net " faciles de
Grégoire, ou les derniers déhanchements arthritiques baignés de sueur du lunetier
Johnny, contre vents et marées (nordiques) du progrès…
On pourrait aussi s’arrêter et s’étaler sur la réelle " voisinité " géographique d’
Olle, d’avec deux autres compositeurs phares issus de ce petit royaume du nord qui nous inonde des noires coulisses de son actuel
Millenium :
Kristofer Aström et
Nicolai Dunger, c’est clair, mais, sur le fond, à quoi bon ? Car, en ce cas, on pourrait juste se contenter d’ajouter que le disque a été enregistré dans une chapelle de
Kallax, au plus près de
Lulea (son village natal !) – histoire de conférer une certaine pureté de son à l’ensemble – et hop, le tour serait joué et la chronique écrite de fait, sans marner des masses du neurone et flatter le travailleur sur six cordes, pour autant…
D’accord, un zeste de
Jude (pour les plus récents du genre…) habille
Heart & Soul, ok, et puis, sur
A Train That Never Leaves on croirait presque entendre
John Hammond revisitant
Tom Waits, c’est vrai ; sans oublier que
Let There Be Darkness, Let There Be Light lorgne sans vergogne vers les rives mélancoliques adulées de
Tim Hardin, et que
Hard Way To Leave nous replonge vers la douce époque où
Van Morrison ne nous livrait pas une suite exponentielle de chansons jazzy aseptisées, sans ressort, ni âme… Il n’empêche que
Venture dispose de beaucoup plus de ressorts " cachés " qu’il n’y paraît, de prime abord !
Éliminons illico presto les dispensables
Guiding Light et
String Of Hope, ou le trop
Tim Bucley-ien,
Before Too Long, pour nous recentrer ici sur l’essentiel : c’est avant tout un PUTAIN de bon disque, emplis de bonnes CHANSONS, porté par une voix qui sait titiller la molécule " plaisir " et tracer son chemin d’originalité au fil des écoutes !
Devil’s Prey colonise insidieusement les synapses, comme l’état hébreux des parties de
Palestine, il y a peu encore.
The Tower, elle, phagocyte facilement les pavillons et s’avère former l’antidote idéal à toutes les soirées
Nouvelle Star du monde, en provenance du piteux PAF musical actuel… Sans oublier de préciser, céans, que je me suis réveillé ce matin en chantonnant joyeusement
The Tower : qui serait à même de remplacer avantageusement n’importe quelle mièvrerie actuelle diffusée sur ondes afin de nous engourdir de la musicalité (celle qui fait pourtant crisser de plaisir sous notes et dodeliner de la tête en cadence !).
Au bout du compte, les influences finissent par s’estomper d’elles mêmes, doucement : pour laisser la place à un album attachant et mature qui ne cherche aucunement à créer de l’événement, du courant vestimentaire, ou un énième " buzz " branché – voué à disparaître dans les six mois à venir avec les " Une " qui le montaient copieusement en épingle – mais à passer simplement, sereinement, le flambeau du genre autrefois brandi par le
Zim’, le
Neil, le
Cohen, et leurs nombreux disciples, coreligionnaires, et/ou, artisans de proximité…
On reproche parfois/souvent aux Parisiens de chez
Fargo de labourer sans cesse le sillon
Americana(quoique, l’appellation en elle-même me les pète un tantinet !) de passer et repasser les mêmes vieux plats à longueur de catalogue : je me contenterais à contrario de les remercier, pour tous les
Ryan Adams,
Jesse Malin,
Alejandro Escovedo,
, Andrew Bird, Clare and The Reasons, Liam Finn, Joseph Arthur, Hederos and Hellberg, ou… Olle Nyman ! Tour à tour recueillis, revigorés, ou découverts par leurs soins…