Soirée de soutien à des NON-victimes de violences policières (Tous les détails de l'affaire,
ici), une remarque mesquine me fait dire que c'est pas les groupes qui gueulent le plus
"Révolution !" qui se mobilisent... Pas mal de monde, notamment des militants, pas forcement mélomanes qui squatteront plus le bar que la salle de concert (pas grave l'important c'est de ramener la thune pour les amendes !). Dommage pour eux tout de même car ce soir la programmation est de très grande qualité !
Tout d'abord un duo avec un drôle d'instrument (j'ai pas trouvé sur google, j'ai cru comprendre que ça s'appelait un
angh), un espèce de couscoussière renversé qui offre une palette de sons assez scotchante quand le musicien tapote dessus avec ses doigts, les sons allant du grave à l'aigu selon la partie de l'instrument titillée. D'autant que la chanteuse à une voix scotchante et va nous interprété des airs tarditionnels égyptions dont un d'
Oum Kalsoum. Assez bloquant !
Un détour par le buffet très slurslurpant et le bar, et voici
Pena sur scène. Toujours seul avec sa guitare sèche, il va nous livrer ses chansons
"à fleur de peau ou à bout de nerfs, un univers intimiste et poétique, qui lorgne parfois du côté du Thiefaine de la bonne époque. Entre confusion des sentiments et critique sociale, dérive des sens et folie ordinaire,
Pena est loin d'être un donneur de leçons. Parmi les plus beaux textes de Marseille selon moi, le
Pena mérite de jouer plus souvent. A voir en tous cas !
Changement de plateau qui s'éffectue en même temps qu'une reprise d'
Abba par un quatuor transformiste qui déchainera la foule de la Machine...
Blah Blah prend place seul sur scène avec sa guitare et sa chemise galonnée. Il entame une contine avec une histoire de phare (Ouest !), de fennecs et de lettres à 10 sous, comptine qui s'enferme dans une boucle temporelle qui fera hurler des
"Morts aux fennecs !" dans le public. Le lascard enchaine avec
"Moi je connais une chanson qui enmerde les gens, non ce n'est pas une chanson monotone...", couplet repris en boucle aussi... Les
"Rendez nous les fennecs !!!" fusent dans un public rendu complice par cet énergumène charismatique qui s'est mis rapidement la salle dans sa poche. Il alterne alors les chansons, rejoint par un contrebassiste (c'est donc une partie conséquente d'
On vend la caravane qui est sur scène). Entre chansons absurdes, un hip-politique, des chansons plus névrosées chantées avec une voix qui peut rappeler
Mano Solo, sur un muisque qui oscille entre la chanson et une nervosité rock, le
Blah Blah est une bête de scène allié à un sacré compositeur. A revoir de toute urgence !
Changement de plateau pour cette soirée bien chargée (encore félicitations à
Karim le valeureux et talentueux ingé son de la Machine !).
Le Professeur Sombre monte sur scène, duo de guitares, voix pour un univers que n'aurait pas dénigré
Nery. Histoires absurdes d'insectes, piscine municipale, d'Ogre... une multitude de petites histoires qui s'enchainent sans problème, soutenues par une voix qui en impose et un sacré guitariste des plus virtuoses ! Ils seront rejoint par le
Blah Blah,
le meilleur contrebassiniste du 5e arrondissement. Les chansons se font plus drôles et plus hurlées ! Une excelentissime reprise de
Tom Waits concluera leur set.
Ensuite
Dj Oscar prendra le relais à coup de ragga & hiphop faisant danser les irreductibles.
Encore merci à la
Machine à Coudre de permettre ce type de soirée de soutien, avec un plateau de cette qualité ! Des groupes à suivre sans hésitation.