l'Original'Occitana dépoussière avec sensibilité le répertoire traditionnel occitan .Les polyphonies de ce choeur féminin abordent le quotidien mouvementé des anciens où le grotesque et l'envie de s'amuser l'emportaient souvent sur le tragique des situations.
Original'Occitana (& chorales amies) - 31 mars 2007 - Balthazar, Marseille Grosse affluence ce soir au Balthazar, pour la sortie après une longue attente (le groupe chantant depuis plusieurs années et la souscription ayant été lancée il y a plus de 6 mois !) de Polyphonie Sounds, le premier album d'Original'Occitana ! LiveinMarseille est par contre sous-représenté : pas de photographe pour m'épauler, une Céline en .../...
Grosse affluence ce soir au Balthazar, pour la sortie après une longue attente (le groupe chantant depuis plusieurs années et la souscription ayant été lancée il y a plus de 6 mois !) de Polyphonie Sounds, le premier album d'Original'Occitana ! LiveinMarseille est par contre sous-représenté : pas de photographe pour m'épauler, une Céline en goguette avec ses copines et bien décidée à ne pas en foutre une rame, alors il va falloir me démerder tout seul, d'autant plus dur que je n'entrave guère le patois et que je l'écris encore moins, ayant grandi (faut le faire je sais) au nord de l'Occitanie ! Par ailleurs si j'ai compris le principe de la photo sans flash, je n'en suis pas expert, désolé d'avance.
Bref ça ne fait rien, tounaïte, la galaxie de L'Oustau dau Pais Marselhes est présente en nombre, comme en témoigne les nombreuses chorales polymorphes qui poussent la chansonnette dans l'entrée, dans la salle, entre garçons ou entre filles, ou avec tout le monde mélangé, avec ou sans vrais morceaux d'occitanes originales à l'intérieur... La fête va être belle et, comme fidèles suiveurs du groupe depuis ses débuts, nous en serons !
La moitié du public semble également connaître les paroles, on reconnaît des airs occitans repopularisés depuis des années par Gacha Empega/Dupain/Le Cor de la Plana/La Chorale du Tipi/D'aqui Dub and co, par exemple celle qui fait Fais-le Cocu ma fille, ton père l'était bien, ou encore Adieù Pobre Carnaval. On reconnait aussi La Filha dau vesin et d'autres que je n'identifie pas.
Passionnant de voir comme il a fini par se recréer, ici comme par exemple dans les fest'noz de Bretagne, une culture populaire traditionnelle que jeunes et vieux peuvent s'approprier sans arrières-pensées et justement, se sont réappropriée à fond ! Alors que je pense pouvoir affirmer qu'avant Manu Théron et Sam Karpiena, ces patois et ritournelles ne sortaient plus que de bouches au moins octogénaires, des dizaines de personnes peuvent aujourd'hui reprendre en choeur ces airs précieux, souvent dansants et émouvants à la fois !
Bref l'occitan se porte bien, merci pour lui. Et les 8 gadjioccitanes, comme toujours apprêtées de rouge et de noir, comptent bien nous le prouver, même si une perruque bleue intempestive est apparue et que le public ne semble d'abord pas décidé à écouter grand'chose de la première chanson ! Pas démontées les filles envoient le son sur Lo Pichin'Ome ('Lou voulié, lou voulié pas'... nous écouter !), et elles le montent encore, le son, sur l'électro-tiralirali-liralilonlaïre l'Amolaïre !
Suit un de ces très belles chansons au début a capella qui conservent un charme incomparable (sans doute Miserere ? j'ai oublié de piquer la canto-lista à la fin, ce coup-ci !) L'ambiance peinant toujours un peu à prendre, les aventures de Suzon et son mal d'amour, la fête du village un peu kistch mais entraînante de Lo Pastoreu, et plus encore les coquineries de La Noviota mettront tout le monde d'accord, en déclenchant la première sarabande au son des percus irrésistibles de Sam de Agostini !
Pour mon plus grand plaisir, voilà La Filha dau Vesin, dont je crois bien que c'est ma préférée (je suis toujours surpris à la fin par sa guitare métal, qu'on entend bien mieux en live que sur disque, et qui s'intègre si naturellement, dans une chanson de chorale occitane, ça c'est balèze mon pote !). Et puis aussi, la très dansante L'arromic et le Pinsar finira par mettre tout le monde d'accord - 'Canta, dansa, canta, dansa' !!
Au rappel, une mélopée de remerciements à plein de gens (à ce sujet d'ailleurs il y a 2 Philippe remerciés sur l'album, j'aime à penser que je suis l'un d'eux, laissez-le moi croire si c'est pas vrai !), est suivie d'une chanson a capella et triste à propos de cette femme italienne qui voulait occire son mari et fut dénoncée par son enfant (l'infortunée Donna Lombarda). Un peu à court de cartouches (il y a pourtant plein d'autres chansons qu'elles n'ont pas faites, comme Lo Prisonnier ?), les filles reprennent (mais qui s'en plaindra), La Noviota et l'Arromic, et le concert se finira en bonus choriste avec la moitié du public monté sur scène !
Après le concert, d'autres musiques prennent encore le relais, allant de Porque te vas en 45 tours à un mini bal-musette avec accordéon, tandis que nous reprenons un, et plus si affinités, verre(s) pour la soif. L'effet de surprise s'est un brin émoussé après beaucoup de concerts des gadjies chantantes dont le dernier il y a 4 mois à peine. On repart néanmoins charmé, comme toujours, et cette fois-ci, enfin, équipé d'un disque et de 12 chansons à emporter partout avec soi !
Bonne route les filles et à la prochaine ! Photos par Maud & Philippe
Original'Occitana - Interview - 15 janvier 2007 Un petit moment déjà que nous l'avons dans le viseur, à LiveinMarseille, ce chœur à la fois atypique et typique de gadjies chantantes... Depuis cette préhistorique chorale dite du Tipi, célèbre association solidaire, qu'avait photographié et chroniqué Pirlouiiiit il y a presque 5 ans, jusqu'à cette charmante bande de chanteuses chic et choc, qui .../...
Un petit moment déjà que nous l'avons dans le viseur, à LiveinMarseille, ce chœur à la fois atypique et typique de gadjies chantantes… Depuis cette préhistorique chorale dite du Tipi, célèbre association solidaire, qu'avait photographié et chroniqué Pirlouiiiit il y a presque 5 ans, jusqu'à cette charmante bande de chanteuses chic et choc, qui ouvre désormais pour David Walters et Dupain, ou enflamme les Traditionau Dub Baletì du Balthazar.
Elles sont originales & occitanes, s'apprêtent à envahir vos platines, la Plaine, puis Marseille, puis la Provence, puis l'Occitanie, puis… quoi encore ?! Qu'est-ce qu'elles veulent, à la fin ? Il était temps de les faire parler !
Bonjours mesdames, alors d'abord pouvez-vous présenter celles d'entre vous qui répondent à cet interview ?
Nous sommes toutes là autour de tes questions et nous allons te répondre d’une seule voix !
Original'Occitana, ça semble vous définir assez bien, mais d'où ça vient ce nom ?
Un nom c‘est toujours délicat ça vous définit et normalement pour un certain temps ! On a choisi ce nom tout d’abord parce qu‘il plaisait à nous toutes (et c’est déjà pas mal !). Ensuite parce qu’il nous correspond parfaitement dans le sens où nous sommes toutes différentes, aussi bien dans les origines que dans la manière d’être, ce qui sur scène est assez "perceptible".
Et puis nous chantons dans une langue qui n’est pas courante et qui d’habitude fait plutôt partie du "folklore" !
Comment définiriez-vous votre style musical (pour ceux qui ne vous connaissent pas ?)
Original et occitan (et ça rigole) !
… Hors contexte et novateur.
Combien êtes-vous ? Il semble à LiveinMarseille que vous êtes parfois une de plus ou de moins, ou qu'il y a eu des entrées et des sorties...
Exact, disons qu’on est 10 à la base, après on fait tourner.
On fait selon notre disponibilité car nous avons toutes une double vie, mais il y a quand même un noyau dur , de plus en plus.. dur.
Comment a commencé ce groupe ?
Mal…(et ça rigole encore) non, c’est la vie, ça devait se faire comme ça
C’est l’impulsion positive de l’homme que l’on appelle ManuT…
En fait Manu Theron (celui de Gacha Empega, Lo Cor de la Plana, L'Oustau dau Pais Marselhes… un des héros de LiveinMarseille, ndlr), dont on fréquentait les ateliers de chant a l’association LE TIPI nous a proposé un jour de faire un petit concert a l’INTERMEDIAIRE comme ça pour le fun, genre spectacle de fin d’années. Et voilà que la fièvre, le virus, la folie la foi, enfin appelez ça comme vous voulez (puisque on est dix) nous a pris et c’était mort ! On a commencé a avoir des idées !
Comment se passe le travail de composition ? Y'a-t-il des chansons originales dans votre répertoire, et de qui ?
Très mal aussi ! Le problème si on peut appeler ça un problème, c’est comme on le disait : dix cela fait beaucoup d’idées qui fusent (et qui fument !) après c’est une histoire d’écoute, de partage et d’efficacité, oui ! oui ! comme on vous le dit !
Chacune essaie de mettre son grain de sel c’est normal ça c’est pour le travail d’arrangement !
Pour ce qui est des chansons ce sont des chants traditionnels que Manu Theron et d’autres ont collecté, et qu’il arrange - c’est à dire qu’il a rajouté des voix. Résultat : polyphonies.
Au contraire, d'où sortent beaucoup de vos chansons qui semblent traditionnelles ? Qui parmi vous a cette culture du folklore occitan ?
C’est le patrimoine régional de l’Italia à la Catalunya qui circule. L’Occitanie, se référer à la carte de l’Occitanie. l’Occitanie commence des portes du nord de la Drome jusqu'à… ?
Certaines de nous ont une vraie culture occitane , de naissance, pas des clichés !
Et pis d'abord, êtes-vous vraiment toutes occitanes ?
Oui par ma mère, par mon cousin, par mon grand-père ….c’est de famille quoi ;-)
Y'a-t-il quelqu'un qui dirige la manoeuvre en scène (une chef de choeur en somme) ?
Non, c’est fini ce temps là ! Manu a craqué depuis longtemps ! On essaie de s’harmoniser toutes seules comme des grandes, chacune fait en sorte de prendre la bonne direction pour ne pas finir comme la fille de la voisine.
(LA FILHA DAU VESIN célèbre chanson)
Est-ce que vous répétez régulièrement ?
Oui, surtout à la maison et dans la voiture. Vive les embouteillages !
On répète le plus souvent possible, une à deux fois par semaine, surtout avant les concerts.
Il semble que vos interventions vocales soient de plus en plus techniques - de la chorale toutes ensemble, on est partis très loin dans la polyphonie, et même des phrases en solo - est-ce le signe de progrès que vous auriez fait toutes ensemble ?
Très loin…faut pas exagérer, on travaille, on travaille, on fait ce qu’on peut, on essaie de s’émanciper, de s‘individualiser tout en restant un groupe uni ! Oua ! (à la maison : Lo progress es arriba)
Vous êtes en train de finaliser un disque. Quelle est son ambition ? Faire plaisir aux amis, avoir un cadeau de Noël pour vos familles (trop tard on dirait), fixer votre travail, avoir un outil pour tourner d'avantage, devenir riches et célèbres, obtenir un label "ffff" dans Télérama (plusieurs réponses possibles) ?
Pour Noël c’est foutu, mais pour Paques ou la Trinité... ? Fixer notre travail ? Ouais, pourquoi pas. Non, c’est vrai que les gens à la sortie des concerts nous demandent des cd, donc ça c’est bon c’est fait !
La famille oui, bien sûr ça leur fait toujours plaisir un petit cadeau maison, d’habitude c’était des nouilles collées, ça change ! On veut tout, on a faim, on veut 8 fffff dans Téléramuche si ça peut faire plaisir a quelqu’un, on veut faire danser même et faire le tour du monde, olé !
Comment a commencé la collaboration avec Sam de Agostini (de Dupain) ?
(Sa meuf , elle chante avec nous….) C’est une histoire d’amitié (pourvu que ça dure)
Un soir de fête on a jeté nos idées sur la table, a défaut d’autres chose, Sam les a attrapées au vol et nous a proposé de faire un essai : on a enregistré nos chants et il nous a peaufiné des musiques toutes assez différentes comme nous (comme ça chacune peut s’y reconnaître et s’y plaire).
Dans vos arrangements, on croit entendre pas mal de percussions, du zarb, de la vielle, de la guitare folk et même de la guitare électrique très méchante... Qui a joué tout ça, il a pas tout fait tout seul quand même ?
Si,si c’est lui tout seul !
(Interlude de Sam de Agostini :
La vielle a roots est jouée par Pierlot Bertolinot (également membre du trio fondateur de Dupain ndlr), mais tous le reste est de moi. Je navigue entre instruments acousiques (mandoline, percussions, balafon, guitare - beaucoup de son de Méditerranée en fait), et des trucs plus électro, le tout retrituré sur ordinateur.
A quand le concert-qui-tue avec toutes les instrumentations jouées en live ?
Tous les fantasmes ne doivent pas nécessairement être réalisés aussi rapidement. Il va falloir le mériter !
Etiez-vous toutes d'accord pour instrumenter et électrifier votre répertoire ?
Oui ; mais pas en totalité (le répertoire). On continue a chanter a capella sur certains morceaux.
D’ou l’originalité de notre répertoire !
Et d'ailleurs, qui décide chez les Original'Occitana ? Est-ce une démocratie, une dictature, un conseil d'Administration ?
C’est une dictature à visage humain, un corps à dix têtes.
Et donc à vingt bras un peu comme la déesse, non, on est très zen dans ce groupe.
Quelle est la date la plus récente (et la plus fiable) de sortie de votre album ? Les pronostics vont de 2007 à 2012...
Oui c’est a peu près ça ! Pour mars, normalement.
Vous voyez pour Pâques, comme on l’avait dit, avec les cloches en prime !
(encore une référence a la non moins célèbre chanson de LA NOVIOTA chanson de mariage interprétée notamment et aussi par le COR DE LA PLANA dans une version toute aussi intéressante)
Et peut-être aussi les oeufs…
Comment marche la souscription ? Est-ce que ça permet réellement de faire mieux que sans, ou est-ce plutôt pour se rassurer en sachant à l'avance la quantité à fabriquer de votre production ?
Ca marche pas trop mal ! (hi hi ) Disons que ceci permet d’assurer quelques paiements, un disque ça coûte un peu d’argent, même si les gens qui nous entourent ne sont pas trop gourmands.
Partons un peu en live ... Quand (et à combien) avez-vous fait votre premier concert ?
Le premier vrai concert c’était à Vitrolles en juin 2005 ... on était moins une.
Quel est votre meilleur souvenir de concert (de vous) et pourquoi ?
Meilleur concert ? A Draguignan au Baleti de la Chourmo (pas pareil !) parce que on s’était bien engueulées avant, non on déconne, on a bien chanté on était bien en osmose, le public était à fond ! (ah ! le public de la Chourmo, tellement chaleureux !)
Le lieu était super, les organisateurs vraiment très sympas mais il y en eut d’autres, chaque concert a son charme et ses petits inconvénients.
Quel est votre pire souvenir de concert (de vous) et pourquoi ? Vous n'êtes pas obligées de répondre - mais c'est le moment de balancer !
Le pire c’était à Gardanne grave ! Trop fait la fête la veille, après un très bon concert, avant les DUPAIN au NOMAD CAFE.
A ce propos est-il vrai que vous avez joué à guichets fermés au Moulin (private joke d'un chroniqueur arrivé trop tard) ?
A guichets fermés, oui, mais bien fermés. Mauvaise information sur les affiches etc., heureusement que l’on a encore quelques amis que l’on avait pu prévenir avant !
Autre souvenir qu'on imagine plus intéressant, un concert aux Baumettes... Quand, comment, quelles impressions ?
Bien, ça fait drôle si on peut dire, de rentrer dans ce milieu , on se dit que ça n’arrive pas qu’aux autres.
Notamment une femme qui avait tué son huissier, drôle non ! On en rêve tous !
C‘était vraiment bien de pouvoir parler avec les détenues après le concert, c’était un peu intimidant de chanter devant elles surtout au début ; elles auraient bien aimées danser mais elles ne savaient qu'elles avaient le droit car ça dépend des matonnes. Enfin c’est un bon souvenir.
On préfère pas y rester mais y retourner : avec plaisir !
Pour finir dans l'esprit www.liveinmarseille.com, pouvez-vous citer (au moins) 5 noms de groupes locaux (et leur style) que vous aimez ?
-DUPAIN
-LE COR DE LA PLANA
-DAVID LAFORE
-DAQUI DUB
-MASSILIA SOUND SYSTEM ET LEURS RAMIFICATIONS VARIEES
-KENY ARKANA
-JAGDISH ET KREOL KONEKSYON
De même, pouvez-vous citer (au moins) 3 de vos repères favoris à Marseille ou dans la Région (bars, salles de concert, restaurants, autres ...) ?
- LE LAMPARO
- L’OSTAU
- LE BALTHAZAR
- L’ INTERMEDIAIRE
- LA MACHINE A COUDRE
Que peut-on souhaiter à Original'Occitana ? Autrement dit, jusqu'où comptez-vous aller ?
Bon vent ! Là où il nous mènera.
Quelle question auriez-vous voulu qu'on vous pose, et qu'est-ce que vous auriez répondu ?
Euh !
Quelque chose à ajouter ?
AU REVOIR ET MERCI MERCI MERCI ET SURTOUT : BONNA ANNADA … A tutti et à nous bien sur !
Questions par Philippe, LiveinMarseille (interview réalisée le 15.01.2007)
Pour participer à la souscription et réserver une galette : Asso Micmac par là !
Rit, Original'Occitana, Sam K and friends (Traditionau Dub Baleti) - 26 novembre 2006 - Le Balthazar, Marseille Non vraiment, le chroniqueur Concertandco anonyme n'avait pas l'intention de raconter ce concert, qu'il croyait de lancement du disque auto-produit par souscription des Original'Occitana. La preuve, il s'aventura bêtement sans appareil photo en ce samedi soir au Balthazar. Impossible donc de fixer pour l'éternité la jolie brochette des pimpantes .../...
Non vraiment, le chroniqueur Concertandco anonyme n'avait pas l'intention de raconter ce concert, qu'il croyait de lancement du disque auto-produit par souscription des Original'Occitana. La preuve, il s'aventura bêtement sans appareil photo en ce samedi soir au Balthazar. Impossible donc de fixer pour l'éternité la jolie brochette des pimpantes demoiselles rouges et noir. Encore une fois nous arrivons trop tôt et ferons donc au moins tourner le bar de ce lieu toujours charmant, avec en attendant que ça se décante, une bande son typique 'TDB' à base de ragga locaux et autres Massilia Sound System.
Rit
On avait pas bien lu le flyer mais en arrivant on a vu son petit bordel vert et champêtre sur la scène, reconnaissable entre mille. C'est bien lui, notre espèce de Mathieu Boogaerts local : Rit et ses chansons désinvoltes et plaisantes. L'air de rien il cache pas mal de technicité : un panneau de commande de sons rigolos, une pédale à boucles (dont il use avec malice à la manière d'Anaïs, pour se créer des batteries et boucles vocales). Devant l'enthousiasme général d'un public peu attentif au départ, il propose de passer directement au rappel, sort de scène et revient sous les vivas (bien joué).
Grâce à un jeu de guitare simple et efficace, ses chansons s'écoutent sans hystérie mais sans ennui... l'attention baisse en peu pour les chansons à la guitare (notamment celle sur la mer) mais d'autres sont fort bien troussées, comme sa chanson d'amour où le public reprend les choeurs avec plaisir. Il est convaincant aussi bien en trompettiste qu'en batterie (le tout à la bouche) et on passe un bon moment, comme toujours. Au final un de ces petits artistes doués, non signés, dont on ne sait jamais si le succès ne pourrait pas leur tomber dessus sans prévenir (cf Anaïs, encore, qui jouait devant des gens ivres place du Chien Saucisse il y a deux ans, a bourré le Moulin il y a deux semaines et même recouvert les Inrockuptibles de cette semaine !).
Original'Occitana
J'ai découvert les gadjioccitanes chantantes en plein air et a capella il y a pas mal de temps, et j'avais bien aimé... depuis elles n'ont fait que progresser. Soit un panel de 8 à 9 dames et demoiselles, vêtues de noir et rouge. Elles aussi sont issues de ces groupuscules de sauvegarde et de promotion de l'occitan (repère, l'Oustau dau Pais Marselhes de la Plaine et son gourou, Manu Théron), qui reviennent régulièrement depuis une décennie assaillir nos oreilles - très consentantes - sous des formes diverses (citons les historiques Gacha Empega, Dupain, le Cor de la Plana, etc).
Parties d'une chorale entre copines, elles ont cru à l'aventure, développé leur répertoire, frotté leurs chansons à la scène, complexifié leurs interventions vocales, et fait péter depuis cette année des accompagnements musicaux, pour faire de leurs chansons de terribles machines à faire danser filles et garçons.
Pas revues depuis quelques mois à la Machine à coudre où elles testaient leurs orchestrations (musiques de Sam de Agostini de Dupain, et probablement d'autres comparses du même tonneau), je ne sais pourquoi j'avais pas trop aimé ce passage à l'électrique.
Ce coup-ci pourtant il faut reconnaître que le background musical, les beats, les vielles à roue, percus plus ou moins "zarb", notes de guitare (passant d'un son dub à quelques riffs métal, mais oui, tout est bon pour danser !)... tout ça tombe sacrément bien.
Elles ont toutefois conservé judicieusement quelques chansons a capella (Suzon, Lo Prisonnier) mais d'autres sont boostées à l'adrénaline (avec un final quasiment techno pour, je crois, L'arromic, qui rappelle les transes de l'inégalée Sensa Relambi de Dupain).
Le répertoire de ces Originales Occitanes couvre la culture occitane dans sa variété : chansonnettes de tradition à base de tralalalaïre, chants de mariage, chansons religieuses, chansons d'amours déçues ou naissantes, de femmes préparant des crimes passionnels où allant voir leur homme en prison. Habile mélange entre l'émotion brute du choeur féminin, et la joie simple d'une sarabande sur un air dansant, de sautillements sur des airs technoïdes, et parfois presque de transes. Elles font donc un triomphe mérité, reprennent en rappel leurs chansons les plus efficaces, tandis qu'une danseuse orientale vient agrémenter le paysage.
Sam Karpiena and friends
En fin de programme, Sam Karpiena et des amis (soit un italien, un algérien, un iranien et un polonais, joli mix) font des chansons agréables, toutes mandolines, tambourins et zarb dehors (avec l'efficace Bijan qui épaula déjà Dupain lors d'un mémorable concert en février dernier au Moulin). Un peu fatigués, on ne restera pas jusqu'au bout malgré cette plaisante création.
Quoi qu'il en soit une fois encore, les filles ont tenu leurs promesses. C'est donc avec impatience qu'on attend le disque, qui comme tous les bons disques, a été annoncé fin 2006, pronostiqué début 2007-fin 2008, et promis en tout cas pour 2012. Fignolez, les filles, ça fait rien, on est pas si pressés. Je sens que vous allez nous pondre un truc qui va finir, j'en suis sûr (pronostic que j'ai fait avec succès par le passé pour David Walters), avec 4 'ffff' Telerama !!
Qui arrêtera les pétaradantes et pimpantes pétroleuses Occitanes à la conquête du monde, et qui le voudrait ? Certainement pas nous, repartis agités de bonnes vibrations et la tête pleine de tralalalaïre.
Et pour l'Histoire, puisqu'elles vont tout péter (on pourra dire qu'on a été les premiers... comme souvent) : en bonus, la Setliste complète du concert - ayant vilainement volé le papier je pense que cela peut leur servir de s'en rappeler !
Intro
Suzon
Pitchin Ome
L'Amolaire
Es aiçi lo mes
Le prisonnier (a capella)
Miserere
La Noviota
Lo Pastoreu
La Filha dau Vesin
La Garen de Calina
L'Arromic
----------
Dona Lombarda (a capella)
La Noviota
L'Arromic et lo Pinsor Réagir à cette critique
>> Réponse (le 28/12/2006 par céline) Le Balthazar, Marseille - 26 novembre 2006 Comme toujours les Original'Occitana nous ont donné un concert festif, joyeux, carré et dansant. De plus en plus pro ces .../...La suite
Dupain + David Walters + Original'Occitana - 25 février 2006 - Le Moulin, Marseille Original Occitana : à guichets fermés...
Alors d'abord un carton rouge à l'organisation ! C'est très louable de programmer finalement les demoiselles d'Original Occitana de façon inopinée. Mais avec un billet sur lequel il est écrit 20 h 30, être là à 20 h (au Moulin quand même) c'est tout à fait au delà des forces du marseillais normalement .../...
Alors d'abord un carton rouge à l'organisation ! C'est très louable de programmer finalement les demoiselles d'Original Occitana de façon inopinée. Mais avec un billet sur lequel il est écrit 20 h 30, être là à 20 h (au Moulin quand même) c'est tout à fait au delà des forces du marseillais normalement constitué !! Dire qu'on s'est grouillé pour être à l'heure et les revoir ! Décision complètement stupide donc, on a pourtant pas l'habitude de ça de la part du Moulin ? Bon, sans rancune mais erreur à éviter à l'avenir !
Elles sont donc passées à 20 h pétantes et comme je les connais déjà, j'affirme que c'était super sympa ! Partie intégrante de la galaxie de l'Oustau dou Pais Marselhes, ces gadjies remettent à la mode des chants traditionnels occitans, rythmés éventuellement de tambourins ; ça sonne dansant comme un choeur de gitanes, émouvant comme une chorale de bulgares, ni triste ni chiant ; c'est au contraire chaleureux et enthousiasmant, même pas besoin de savoir de quoi ça parle puisque c'est beau. D'ailleurs une collègue qui y chante confie avoir bien aimé, même si elles ont littéralement commencé à guichets fermés, devant une salle vide. (comme quoi, on a pas besoin d'aller voir un concert pour le raconter... ça explique pas mal de choses sur certains papiers de Rock&Folk... !). Ce n'est que partie remise, rendez-vous au Balthazar comme d'hab' pour la prochaine ?
David Walters : a star is born ?
Bref on arrive donc pour retrouver David Walters dont je viens de chroniquer le disque Awa (avec un sens du timing assez foudroyant, on en conviendra). Il commence tout seul à la guitare, un peu esseulé mais il a l'habitude (au moins c'est plus petit que le chapiteau de Marsatac !). Je reconnais la belle et triste Coumbite Mési bon Dyé, qui s'égaye sur la fin de percussions buccales tout à fait dansantes. Suit un dub étrange non identifié, toujours avec force bruits de bouche (il y en aura plus que du didebeliouphone, ce soir) et puis du cristal Baschet, cet étrange instrument qu'on caresse avec les doigts mouillés pour le faire vibrer.
Le public un peu dissipé au début du concert (c'est vrai qu'ils ne sont pas venus pour lui) finit par prêter à David Walters une oreille plutôt attentive, avec l'Eau de chez toi (la lumière rouge mettant une ambiance un peu magique). Elle aussi monte en puissance au fur et à mesure (puisque l'artiste enregistre les boucles les unes sur les autres avec une précision par moments hallucinante - un seul poum-tchak dans le micro devient la rythmique de toute une chanson !). D'ailleurs une sorte de mambo diabolique fait monter le température d'un cran, avant la funky Tchékoko, chantée mi-anglais mi-créole. Puis l'Entre vous et moi (où il utilise une clameur du public en boucle) qui parle un peu naïvement d'une histoire d'amour avec le public, mais ce reggae acoustique est chanté avec une telle ferveur qu'on ne peut y être insensible - il manque quand même la voix de fille (faut pas me la faire, j'ai le CD moi maintenant !!). On chante avec lui et l'échange s'installe...
Retour aux morceaux zarbis mi-caraïbe mi-dub qui caractérisent DW et le rendent si original : SouleyMan part 2. et une autre non identifiée en anglais (il a un je-ne sais quoi, une fêlure dans la voix à la Keziah Jones quand il sonne en anglais). Une reprise très classe du The Harder they come de Jimmy Cliff confirme cette bonne impression. Et en finish, l'attendue Awa au rythme syncopé et entraînant qui se termine par, j'allais dire un solo, un pétage de plomb de massacre en règle des drums. Le contact est donc très bien passé avec ce public de gacha empeg' du quartier, venus voir Dupain, donc sûrement pas le public le plus facile : le test du feu est donc réussi !
Artiste à suivre : beaucoup trop doué et charismatique pour échapper encore longtemps à la notoriété (d'autant qu'il a déjà ouvert pour Morcheeba et Kravitz)! Je pronostique un "ffff" Télérama d'ici 3 à 6 mois sur son disque...
Un petit écran publicitaire à la mémoire d'un crime d'Etat qui se trame actuellement : la mise à mort indirecte par perpétuité des 3 membres enfermés d'Action Directe, dont on pourrait pourtant penser que 20 ans après, ils ont eu le temps de réfléchir à l'intérêt et aux limites de l'assassinat politique. Pour mémoire, l'un d'eux donne régulièrement des nouvelles en tant que chroniqueur envoyé spécial en prison dans CQFD. Le temps pour un gros con à côté de nous de s'indigner qu'on vienne le déranger en plein concert pour si peu (les droits de l'homme, pis quoi encore), et arrivent les Port de Bocan all Stars, qui jouent à domicile.
Dupain : des retrouvailles très plaisantes !
Entre Dupain et moi, c'est une vieille histoire, comme des vagues potes perdus de vue mais pas oubliés. J'ai déjà partagé avec eux : un train qui revenait des Eurockéennes (ils avaient joué au village pro), une première partie de Goran Bregovic au théatre Antique d'Arles (mon meilleur souvenir d'eux à ce jour, absolument magique), au moins deux concerts gratuits à Marseille (ils avaient fait une tournée gratuite "au quartier" pour lancer Camina, démarche tout à fait remarquable je trouve). Fan absolu de l'album L'Usina, coup d'essai et pur chef d'oeuvre de quand ils étaient trois (que si vous l'avez pas, vous êtes pas d'ici, et réciproquement), j'ai bien aimé aussi Camina... par contre j'ai zéro écoutes du dernier album Les vivants, chronique sans filet donc (mais enfin il y en aura d'autres, j'espère !).
Dupain fonctionnne donc à présent à cinq, une basse et une mandoline en plus. Sur certains morceaux ça le fait grave, comme cette chanson au son oriental, puis celle dédicacée aux libertaires (Sam Karpiena a toujours été un grand dédicaceur). Autre nouveauté, du chant en français comme pour Tout le monde à faim... se pointe alors sur scène Bijan Chemirani, musicien iranien talentueux et ... mon voisin (ça s'invente pas) qui vient les appuyer de son délicat touché de percu (parfois un peu noyé derrière les futs adverses de Sam de Agostini).
A certains moments par contre, on est loin du son originel et proche du rock-français-du-sud, ça le fait un peu moins (J'ai pensé à Kanjaroc, voire à l'inénarrable J_ C_______ que je ne cite pas, car je ne suis pas certain de faire plaisir aux fans du groupe). Où à certains moments comme dans Alchimie je crois, quand des nappes de synthé et trop de reverb sur le vielle à roue de Pierlo Bertolino donnent un son presque ... Tri Yann, ce qui n'est pas péjoratif en soi à condition d'aimer, m'enfin moi j'aime pô... J'en reste là pour les amabilités et comparaisons hasardeuses.
Car Camina remet heureusement les pendules à l'heure, où l'on se déchire les mains à force de les frapper en rythme rital. La fin du concert retourne vers ce son plus fondamental, enrichi de la mandoline qui rappelle les duos avec Mascarimini. Le chanteur fait la preuve qu'il est capable de slammer ses paroles et de mettre le feu à la chorale de groupies déchaînées au premier rang. La chanson que j'attendais, L'Usina, la première et ma préférée, achève d'enflammer la salle.
Les Dupain jouent donc la fin sur du velours et servent la chanson qui squatte paraît-il pas mal Radio Grenouille en ce moment, mais révélation pour moi : Les Vivants, pas mal du tout. Je redécouvre Les Prisonniers que j'ai trouvée splendide ! J'y aurais bien ajouté Sensa Relambi qui se finissait en techno-ccitane hystérique, mais ils finissent avec une dernière chanson bien speed, Tacheta. Un très bon concert de ces artistes, restés frais et intègres : je ne suis pas fan de leur évolution musicale mais leurs compositions sont toujours aussi bonnes, leur interprétation impeccable et leur enthousiasme intact. A la prochaine, donc !
A ne pas manquer sur Concertandco : une interview des Dupaing pour la sortie de leur disque 'Les Vivants' !