Et dire que j'ai promis au pinguin et à Hum! de faire une chronique. Mais qu'ai-je donc fait pour mériter ça ?
Commençons par le commencement. Sachez tout d'abord qu'il ne fait pas bon arriver une demie-heure en avance par rapport à l'horaire prévu au Balthazar. Déjà parce qu'il faut savoir qu'ils ont l'habitude de commencer avec au grand minimum une demie heure de retard et ensuite parce que vous serez obligés de patienter dans "l'antichambre-bar", tous serrés les uns contre les autres afin de laisser les musicos et les technicos faire les balances tranquilles.
Donc, il faut commencer par prendre son mal en patience pour pouvoir se ruer sur le seul et unique canapé du lieu, une fois la porte de la "backroom" ouverte. Alors, on s'installe et on attend... On discute, on picole et on attend... On attend tellement que ça commence à devenir chiant, juste au moment où Mlle Silen se ramène sur scène avec ses musiciens. Là, je constate qu'elle est pieds nus (ce qui n'est pas très intéressant je vous l'accorde, quoiqu'assez révélateur du personnage) et surtout que tous les gens ont disposé des chaises sur le "dancefloor" et sont tous assis! Aïe,aïe,aïe ça sent pas bon.
Le concert commence sans un mot adressé au public (et ce sera ainsi jusqu'à la fin de sa prestation). Comment exprimer ce que j'ai ressenti ? Disons que musicalement, c'était excellent : un bon batteur assez jazzy, accompagné merveilleusement par un contrebassiste et un guitariste (qui est également le guitariste d'Oshen), tous deux également remarquables. Le seul problème, c'est elle.
Pour expliquer ce que je dis, je vais citer les gens qui m'accompagnaient : "trop répétitif" (on est pas obligé de répéter un refrain 6,8 ou 10 fois pour que le public comprenne), "les textes sont trop zarb et toujours sur le même thème" (au premier abord, on peut les trouver poétiques, mais après une heure de concert on en est toujours au même point, celui du vilain petit canard, différent des autres et qu'on a laissé tomber, alors qu'il était amoureux...). Alors, c'est bien gentil tout ça, c'est imagé, du domaine du rêve, tout ce qu'on veut mais ça reste (pour moi) de la soupe. Je sais je suis un peu dur mais il faut savoir dire ce qu'on pense parfois. Surtout qu'à la base, je suis sorti pour ne pas me retrouver prostré dans mon canapé devant un match de foot ou une pauvre émission de Delarue et je me retrouve assis, parmi une cinquantaine de gens assis, avec quelqu'un qui débite des textes, disons-le, plutôt plats et sans intérêt. A aucun moment, elle ne me parle, elle ne s'adresse pas à son public car entre les morceaux, elle ne fais que réciter des bouts de poême de façon mécanique pour introduire le morceau suivant. C'est simple, j'ai l'impression d'être dans mon salon en train de regarder un clip.
Donc, ça se termine. Oshen se ramène et malgré une meilleure première impression, ce n'est pas mieux. Mlle joue à la fille qui se la raconte. Alors, la première fois c'est marrant, la deuxième fois un peu moins... et au bout d'une dizaine de fois, la vanité n'apparaît plus comme du second degré et on commence à se demander si elle ne souffre pas d'une espèce de complexe de supériorité: "ce qui est génial quand on est auteur-compositeur-interprète comme moi, c'est qu'on peut faire ce qu'on veut...", "on dirais pas comme ça, mais j'ai quand même fait la première partie des Rita Mitsouko, toute seule avec ma guitare l'air de rien!"...
et cetera et cetera... Alors, je sais que c'est du deuxième degré(quoique je commence à en douter) mais quand c'est trop c'est trop. Et c'est dommage car ces deux jeunes filles, Oshen et Silen, ont des voix vraiment magnifiques, cristallines et presque toujours justes mais ce coté vaniteux pour l'une et poête à deux balles pour l'autre, gâchent absolument tout.
Elles ont pourtant su s'entourer de bons musiciens qui ne sont malheureusement que les faire-valoir de ces deux starlettes. Je crois que la seule chose qui aurait pu sauver ma soirée d'hier soir, c'est qu'elles aient eu une extinction de voix et que les zicos nous aient offert un concert instrumental mélant jazz et bosanova.
Pour conclure, je vais tenter d'être moins négatif, je dirais qu'il faut que ces deux jeunes filles revoient complètement leurs textes et leur attitude avec le public car la musique est un partage et il faut savoir rester humble car : "certes, vous avez de jolies voix mesdemoiselles, mais cela ne suffit pas pour gagner un public connaisseur et reconnaissant ! Quand vous aurez changer tout ça, faites-moi signe et je reviendrais peut-être voir ce que ça donne."
P.S. : si je me permet de dire tout ça, déjà, c'est parce que je le pense et ensuite, c'est parce que je suis moi-même musicien et il n'y a rien qui m'énerve plus qu'un chanteur (ou ici une chanteuse en l'occurence) qui, sous prétexte qu'il a écrit le texte ou composé la musique, oublie que sans ses musiciens, il n'est rien, que ce sont eux qui participent aux arrangements du morceau et que ce sont eux qui l'accompagnent sur scène. Alors, s'il vous plaît les p'tits chanteurs et les p'tites chanteuses arrétez de vous la péter et prenez plutôt exemple sur les grosses pointures que sont les Ben Harper, Manu Chao et autre Bertrant Cantat qui savent rester simples et mettre en valeur leurs musiciens sur scène. A bon entendeur, salut!