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Dionysos + Opossum + 5 Avenues + Théo + Oshen + David Lafore + Homosuperior + Marie Truc + Renaud Jeune + SKL

Tremplin d'Allauch - gymnase Jacques-Gaillard   18-19 octobre 2002

  Concert à ne pas manquer

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    Tremplin d’Allauch : "Opossum gagne, Dionysos triomphe"

    Devançant Cinq-Avenues et Théo, le quatuor marseillais Opossum a remporté ce week-end le 8e Tremplin d’Allauch, conclu samedi par une impressionnante prestation du combo rock Dionysos. Compte-rendu.



    Vendredi à Allauch, il ne fallait pas chercher loin les raisons ayant conduit le jury du concours musical mitonné par la ville à proclamer Opossum vainqueur de son huitième Tremplin. On vous les cite en vrac : le charisme d’Anaïs, la virtuosité de Christophe, la dextérité de Gaël, le bon tempo de Jean-Philippe (tous au meilleur de leur forme). La faculté du combo à fondre tous les styles musicaux en un seul (le fameux New-soul-jack-funky-groove-beat). L’aisance mâtinée d’humour de la bande, son expérience de la compétition… et, si vous voulez tout savoir, son envie belle à voir de remonter sur scène – après un passage en studio dont le résultat fleurira bientôt dans les bacs.
    Le gymnase Jacques-Gaillard eût beau résonner des efforts louables de Marie Truc, de la belle appétence d’un Renaud Jeune, du dynamisme échevelé des SKL, rien n’y fit : nos marsupiaux marseillais, qu’on crût un temps menacés par l’enthousiasme romanesque des Cinq-Avenues et le talent prometteur de Théo (qui finiront respectivement deux et trois), emportèrent l’adhésion des mélomanes chargés du classement final et de la répartition des 7000 euros de lots. Ensuite, mission fut confiée à Oshen et David Lafore d’égailler une salle tristounette (l’excellent matériel mis à disposition des groupes ne compensant pas un son défaillant), tâche dont ils s’acquittèrent avec leur faconde habituelle.



    Le lendemain, malgré un son toujours limite (au point que les organisateurs parlent d’aller planter les tréteaux de la prochaine édition au théâtre de nature… en juillet), se pressait un public plus nombreux (genre : aventuriers timides et amazones inquiètes, tous habillés de cuir et de chandails plutôt dans les tons noirs), et visiblement venus pour une chose (pas Opossum, hélas, et pas non plus Homosupérior, dont le jazz braisé ne laisse toujours pas son public indifférent) et une seule : le premier concert dans l’aire marseillaise des valentinois fûtés Dionysos depuis leur carton Western sous la neige (90000 ex.) et son tubinet radio pop-rock Song for Jedi, produits par Steve Albini.
    Dionysos au pinacle



    Résumons. Avant de rencontrer le sorcier de Chicago, Dionysos avait presque tout : un son, un rythme, un univers. Avec lui, le combo a gagné ce qui lui manquait le plus : la confiance. Du coup, ils s’autorisent tous les excès : de stricts et sombres costards cravate. Des adresses au public pleines d’assurance et de culot. Des slams périlleux, des sauts de cabris à n’en plus finir. Un jeu de lumières simple et sympa. Des échanges d’instruments à n’en plus finir (mention spéciale à la touchante Elisabeth Ferrer). Des inserts BOF cultes modèle Fantômas ou Le bon, la brute et le truand. Et enfin, un répertoire bien senti, propre à satisfaire fans de la première heure (Wet, Coccinelle) et d’aujourd’hui (Song for Jedi, gentiment massacré, Western sous la neige, joliment sussuré), asséné avec force et conviction. Etc, etc.



    Résultat ? Disons-le tout net : on va manquer de mots ici. Car Dionysos, samedi, provoqua davantage qu’une tempête : un coup de vent violent, un coup de poing brutal, un coup de cœur immédiat, un coup de foudre intégral. Et fit preuve de bien plus que de l’enthousiasme habituel : parlons plutôt de froide détermination, de hardiesse rare, de rage folle. De quoi convaincre illico un démarcheur en assurances-vie des vertus du recyclage. Dionysos ? Pas un nez : un cap, un pic, un promontoire, aurait dit l’autre, qui s’y connaissait.



    Mais surtout : une référence, à l’aune de laquelle les suivants sur la liste des prétendants de la même division french pop-rock (les Superbus, Eiffel, Aston Villa, pour n’en citer que quelques-uns) seront désormais impitoyablement évalués. Ecrivons-le comme ça : à Marseille, il y a aujourd’hui un avant et un après Dionysos à Allauch. On en pleurerait presque : et dire que vous avez manqué ça !

    photos Hum !

    le 22/10/2002
    Signature :
    Dominique K.
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