Entre
Frank Black et
The BellRays, le retour du groupe de punk français
Parabellum faisait un peu moins rêver. Surtout en l’absence des
Svinkels (initialement prévus) et si on était passé à côté du groupe pendant son heure de gloire. Pourtant, la reprise de
Cayenne exécutée par
Pustulle l’Ardéchois sur scène avait donné envie d’entendre la version originale. C’est donc avec une bière(s), un chien, des vieux vêtements et des épingles à nourrice (les clichés, toujours les clichés, y’en a marre !) qu’on se dirige vers le club de la Coopérative de Mai. Sur les lieux du crime, un public fervent (malgré le poids des années) attend ses héros de pied ferme.
En première partie, le groupe punk en provenance de Montluçon
The Finger fait preuve d’une énergie communicative. On se croirait presque à un concert des
Bérus à la Maison du Peuple dans les années 80. Tout y est : musique punk jouée sans fioritures et textes revendicatifs (en vrac le sujet des chansons : les harkis, Sarkozy, les hôpitaux psychiatriques, fuck le gouvernement… ). Tout ceci n’est pas d’une extrême finesse mais ça défoule, c’est l’essentiel ! Cerise sur le gâteau, nous aurons droit à une bonne série de reprises approximatives (comme le veut le style) :
Kick out the jam motherfucker du
MC5,
Hélène et le sang de
Bérurier Noir,
Blitzkrieg Bop des
Ramones, et un extrait de
Cayenne de…
Parabellum, la boucle est bouclée.

(Photo Greg Carmen)
Après cette introduction bien dans l’esprit, place aux vétérans du punk français, j’ai nommé
Parabellum. Fidèles à leur (bonne) réputation scénique, après une intro musicale et la projection d’un flingue en fond de scène, ils attaquent par un petit…
Cayenne (décidément !), plutôt bien envoyé. Ce qui frappe d’entrée le novice, c’est que ça ne sonne pas vraiment punk mais plutôt rock, voire hard rock quand
Sven, le guitariste à cheveux longs, se lance dans des solos de guitare un peu discutables… Avec sa couronne sur la tête, certains lui trouvent même une ressemblance avec le chanteur de
Gong, un comble ! Malgré la puissance de feu du groupe et sa joie de jouer, une moue dubitative fait son apparition. Oui mais voilà, le dénommé
Schultz bénéficie d’un tel charisme et d’une telle voix que, petit à petit, on se laisse convaincre. Les hymnes repris en chœur le sourire aux lèvres par tout le groupe (et le public) se suivent et se ressemblent mais qu’importe, ces « vieux cons » ont réussi à réveiller le punk qui sommeillait au plus profond de nous !
Après avoir vu les
Svinkels l’interpréter au Pocoloco, on voulait absolument entendre
Anarchie en Chiraquie par
Parabellum. Notre vœux est exaucé au cours d’un medley final. Cet hymne à la Corrèze libre finement écrit est vraiment réjouissant ! Et finalement, on se rend compte qu’un manque de finesse flagrant dans un monde de brutes épaisses, ça fait du bien par où ça passe.
Après avoir repris le
Port d’Amsterdam de
Jacques Brel à sa sauce, nos quatre héros rendent un hommage appuyé à
Joey Ramone et
Joe Strummer en interprétant
What a wonderful world de
Louis Amstrong version Punk. C’est en effet un des derniers titres enregistrés avant sa mort par le chanteur des insurpassables
Ramones. Nous n’échapperons pas à la troisième version de la soirée de
Cayenne … Allez on répète tous en chœur : « Mort aux vaches, mort aux condés... et vive l’anarchie ! ».