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|  | Festival Gare Aux Oreilles Pierre Coiffard + Pascal Comelade + Dodocafonico - 28 Juin 2008 - Gare aux Oreilles- Coustellet  Pour ma deuxième soirée à Gare aux Oreilles (voir la chronique d'hier, le festival a en fait démarré depuis mercredi), j'arrive plus tôt et j'ai donc le temps de déambuler sur le site et de voir à peu près tout ce qui y est organisé : atelier de collage, atelier de maquillage, débats sur la culture, installations video, il y a même un atelier .../...
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Pour ma deuxième soirée à Gare aux Oreilles (voir la chronique d’hier, le festival a en fait démarré depuis mercredi), j’arrive plus tôt et j’ai donc le temps de déambuler sur le site et de voir à peu près tout ce qui y est organisé : atelier de collage, atelier de maquillage, débats sur la culture, installations video, il y a même un atelier d’initiation à la web radio qui fait visiblement le bonheur de quelques ados.


Pour ma part, j’ai aussi le temps d’aller voir de jour la Siesta Dodocafonico, des deux compères Vincent et Olivier, qui m’avait bien enthousiasmé la veille. De jour, on voit les « trucs » de cette sieste d’avant-garde : tuyaux et système de trompes qui propagent le son. Je comprends mieux l’impression qu’on peut avoir dans le noir et les yeux fermés qu’ils sont plus de deux à réaliser ça. Pour conserver toute la magie de cette sieste, je conseille les futurs heureux siestards de participer plutôt à une sieste nocturne.


Ensuite, nous nous rendons par un escalier en colimaçon à l’installation de Pierre Coiffard. Comme le disait le programme, c’est l’instant de poésie du festival.
En effet, Pierre Coiffard a mis en place un dispositif de réactions en chaînes.
Comme souvent dans la vie, au départ rien ne bouge, puis une boîte de conserve ou une balle, je ne sais plus, se met en mouvement et touche un autre objet qui se met à son tour en mouvement et ainsi de suite. Tous les objets provoquent des sons, comme le ventilateur qui caresse la stratocaster. Si bien qu’au final presque tous les objets sont en mouvement et les sons viennent de tous les coins. Pas mal de gens rient (surtout les femmes et les enfants…). Un voyage d’un quart d’heure surprenant et ludique.
Je ne sais pas si c’est l’installation de Pierre Coiffard qui a réveillé l’enfant qui sommeille en moi, mais en tout cas ensuite j’ai succombé à l’envie de participer à l’atelier collage. Je n’exposerai pas ici l’œuvre qui en est née, mais en tout cas tel un grand enfant j’en oublie d’aller manger et « pire » je fais l’impasse sur les premiers artistes de la soirée : les Hauts de Plafond. Il faut dire que le son que j’entends venir de la salle (ils jouent à l’intérieur) me fait penser à de la musique d’ascenseur.
Enfin, il paraît que c’était voulu…en tout cas leur décor était attrayant lui. Malgré tout, je ne regrette pas mes doigts collés.

En bon garnement que je suis redevenu, je vais donc manger tardivement et je rate les deux premiers titres du catalan Pascal Comelade. Je reconnais d’ailleurs de loin un de mes titres favoris…
Quand j’arrive, je constate que le public est beaucoup plus nombreux que la veille (300 personnes ?)


En 1998, la collaboration de Pascal Comelade avec Pj Harvey sur son album « l’argot du bruit » avait mis un sérieux coup de projecteur sur son travail, et c’est à cette occasion que je l’avais aussi découvert. Par la suite j’avais aussi beaucoup aimé son album «Psycotic music » et surtout je garde en mémoire un concert magnifique dans une fête de quartier à Barcelone en 2004.

La musique de Comelade est une sorte de collision entre la musique populaire des bals d’autrefois (rumbas, tangos,…) et des ambiances très avant garde dues essentiellement à l’utilisation d’instruments jouets, et même d’un lapin en peluche qui tambourine (comme celui des pubs Durac…). Ce sacré lapin avait même eu son heure de gloire en étant exposé avec les pianos jouets du Comelade au CCCB (musée d’art contemporain de Barcelone)…

Ce soir, un des deux multi instrumentistes (le plus communiquant du groupe selon moi) nous a même régalé d’un superbe solo de cafetière. Le problème de ce concert c’est la quasi absence de communication des musiciens.
Pascal Comelade, en bon anti-star system est caché derrière ses pianos dans un coin de la scène. Il laisse ses musiciens dans la lumière. Mais comme ceux-ci ne sont pas très expressifs, à part le joueur de cafetière, le concert n’atteint pas le niveau d’émotions qu’il aurait pu atteindre dans d’autres conditions.

Bon, je viens de lire une interview de Comelade qui explique ce comportement.
En effet, visiblement jouer en public c’est vraiment pas son truc, ça le stresse au plus haut point, et il dit que parler au public lui fait perdre toute sa concentration. Il privilégie la musique et exclut toute forme de mise en représentation…Dommage, car selon moi dans un concert la communication (au moins corporelle : regards, sourires, larmes,…) a autant d’importance que la musique elle-même…On lui demande pas non plus de faire un show à l’américaine avec paillettes et filles aux seins nus…

Finalement, Comelade a finit par s’adresser à quelqu’un du public…En effet, un spectateur réclamait depuis un certain temps « le piano à queue, le piano à queue ».
Comelade s’avance sur le devant de la scène et tel un JP Baccri de la musique, il demande, visiblement excédé « Quoi, quoi, ???...j’entends pas là »…puis retourne s’asseoir derrière ses pianos dans un « ah, fait chier… ». Bon, pas sur que le reste du public ait entendu, car moi j’étais au pied de la scène.

Enfin, si je conte cette anecdote, ce n’est pas pour me moquer mais pour situer le personnage, qui est finalement touchant dans sa timidité, et son obsession de ne pas se mettre en avant et de ne faire que de la musique, pas du spectacle.
Suite à cet « incident » Comelade me donne l’impression d’en avoir marre (impression confirmée par ce qu’il dit à ce sujet dans l’interview…). Malgré tout, ils vont répondrent aux deux rappels auxquels ils ont eu droit.


Enfin, ceux qui n’étaient pas satisfaits du « show » pouvaient toujours contempler les magnifiques vidéos projetées sur la façade de la gare. Moi, j’ai malgré tout beaucoup aimé ce concert et n’ai pas reconnus beaucoup de titres (sûrement beaucoup de titres issus du dernier album « Méthode de rocanrol »). J’aurai aussi bien aimé entendre un titre chanté (par exemple la rock bruitiste « the sad skinhead ») mais l’intégral du set est instrumental et il n’y a pas eu aussi beaucoup de place au côté parfois hispanisant de sa musique.
Ensuite je suis parti faire un tour dans le camping-car qui proposait des ballades vidéos sous la forme de menu, avec les deux mères de famille et leurs enfants qui m’ont accompagné, nous avons choisi le menu qui comprenait une « quiche d’artiste ». Bref, encore une expérience inattendue pour un festival de musique.
C’est aussi ça « Gare aux oreilles ».

Finalement, alors qu’une majorité du public est partie, nous avons eu droit à un petit concert/bœuf en petit comité à l’intérieur de la gare. En effet, Olivier et Vincent, les deux lascars de Dodocafonico ont ramené leur batterie et leur tuba. Ils sont partis dans des rythmes très expérimentaux pour une fanfare, et pour moi ça a été, malgré la fatigue, le meilleur moment de ce festival : convivialité, bonne humeur, impros (freestyle devrai-je dire), …Quand est-ce qu’on remet ça les gars ?
Photos RooHa Kim pour Liveinmarseille.com Réagir à cette critique |
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>> Réponse (le 03/07/2008 par Isabelle)  Je l'ai découvert à Coustellet .... je guette le prochain concert près de chez moi !!! Un vrai beau moment ! La suite |
 | Pascal Comelade et le Bel Canto Orquestra - 6 octobre 2006 - Maison de la Culture, salle Boris Vian, Clermont-Ferrand 
Rocanrol bric-à-brac
Programmés par La Comédie, scène nationale de Clermont-Ferrand, Pascal Comelade et le Bel Canto Orcquestra ont déchaîné les passions dans la cadre intimiste de la salle Boris Vian de la Maison de la Culture. Le concert - complet, comme celui du 5 octobre -, a permis d'apprécier à sa juste valeur l'univers .../...
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Rocanrol bric-à-brac
Programmés par La Comédie, scène nationale de Clermont-Ferrand, Pascal Comelade et le Bel Canto Orcquestra ont déchaîné les passions dans la cadre intimiste de la salle Boris Vian de la Maison de la Culture. Le concert - complet, comme celui du 5 octobre -, a permis d’apprécier à sa juste valeur l’univers singulier d’un (dé)compositeur aussi doué pour faire vivre une mélodie que pour parler, avec l’accent catalan, l’argot du bruit. Le taciturne musicien est en effet un des plus brillants adeptes du grand écart permanent entre comptines touchantes ou hilarantes et voyages sonores aussi rock qu'expérimentaux ou mélancoliques. Avec son Music hall psychotico intimiste Pascal Comelade a réussi à emmener dans son monde à lui un public aussi bien composé de fans transis que de novices un peu sceptiques au début, puis rapidement conquis. Un exploit donc…

Comme dans un rêve éveillé d’enfant…
Très rapidement au cours du concert enthousiasmant de M. Comelade et de ses quatre musiciens, on se retrouve comme dans un rêve éveillé d’enfant. Les mélodies sont saisissantes et l’instrumentation, quant à elle, est véritablement ébouriffante. Les instruments sont en effet quasi systématiquement détournés de leur utilisation première, il y a même des objets de la vie de tous les jours qui deviennent des instruments de musique, comme par magie. Une paille (pour boire dans un verre) se transforme en saxophone, un ukulélé devient une guitare électrique capable de produire des sons que n’auraient pas reniés Jimi Hendrix ou un violoncelle, par la grâce d’un archer frotté contre ses cordes, un ballon se transforme en trompette etc etc. Le public écarquille les yeux, ne sachant où donner de la tête, tant le spectacle est partout sur scène. Faut-il se concentrer sur le chef d’orchestre aux mimiques aussi inquiétantes que drôles derrière son piano jouet, son piano ou son ukulélé ? Ou se focaliser sur celui qui apporte une note d’humour (hilarant) et un côté franchement décalé à certaines œuvres ? Pep Pascual, c’est de lui dont il s’agit, est un saxophoniste/clarinettiste jouant également avec une armada d’instruments réservés d’ordinaire aux enfants ou à une autre utilisation : clochettes, sifflets, mini trompettes, corne de brume, ballon… Doit-on scruter du regard les interventions pleine d’à propos et d’originalité de Gérard Meloux au piano jouet, au ukulélé, à la pédale wah wah et au slide ukulélé ? Ou s’intéresser principalement à la section rythmique ? Celle-ci est composée d’un bassiste placide et précis, Jean-Paul Daydé, et de Stéphane Poisson et Didier Banon, deux batteurs/percussionnistes (dont un officiant parfois à la guitare) s’escrimant afin de faire sonner une minuscule batterie jouet, aussi drôle à regarder que surprenante à écouter. Le spectacle est partout, et c’est totalement jubilatoire.

Précis de décomposition bruitiste
Armé de son précis de décomposition bruitiste, Comelade navigue avec ses fidèles matelots entre groupe de bal ayant la tête dans les étoiles et combo de rock ne cherchant pas à rouler des mécaniques, mais capable de géniales fulgurances noisy. L’auditeur/spectateur a donc le privilège de passer de morceaux de folkore oniriques (flamenco décalé, valse détournée etc) complètement étourdissants - Egyptian reggae, un morceau repris par les Pascals, un tribute band japonais, qui n’enchante pas le maître -, Love too soon - magnifiquement chanté par PJ Harvey sur l’album L’argot du bruit - à de jouissives reprises de pop - méconnaissable Sunny Afternoon des Kinks - ou de rock ’n roll (rocanrol selon M. Comelade) : Russian roulette, une cover détonante de Lords of The New Church, ou un stonien I can’t control myself des Troggs. Composant un univers captivant, les mini symphonies pour pianos, paille, kazoo, ukulélé, batterie, basse et guitare font un effet énorme ; d’apparence simple, elles nécessitent des trésors de minutie pour faire évoluer les instruments jouets entre mélodies lumineuses et dissonances bruitistes. Tout se termine par de généreux rappels et un moment à part : un duo entre un lapin/jouet tapant sur une batterie et un cochon/jouet couinant bizarrement.

« Désolé de ne pas communiquer, mais je ne sais pas le faire… »
En dehors de la présentation des musiciens, la phrase ci-dessus sera la seule prononcée par Pascal Comelade, à fond dans sa musique mais pas franchement ravi par le fait d’avoir à brasser du vent pour faire parler de lui. Sous ses faux airs de Lucky Luke (avec ses tics et rictus cartoonesques) un peu loup garou (ses pattes et son visage sont presque terrifiants quand il est concentré), se cache un homme libre désirant évoluer au-delà des clichés pittoresques, dans un rocanrol bric-à-brac qui n’appartient qu’à lui... Un homme souhaitant communiquer une seule chose : sa passion pour la musique.
Sites Internet : www.comelade.com, www.dsa-wave.com/wave/fiches/artistes/5.html, www.dsa-wave.com, www.lacomediedeclermont.com.
Photo live © Jean-Louis Fernandez Réagir à cette critique |
|  | Pascal Comelade - 03 avr 99 - Café Julien (Marseille)  Initialement prévu à l'Espace Julien, ce concert à finalement eu lieu au Café (pour notre plus grande joie, mais pas celle des organisateurs j'imagine). Enfin on allait pouvoir voir (de près) le fameux Pascal Comelade dont on avait tant entendu parler depuis la sortie (aux Disques du Soleil et de l'Acier ,label aussi de Ulan Bator) de son dernier .../...
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 Initialement prévu à l’Espace Julien, ce concert à finalement eu lieu au Café (pour notre plus grande joie, mais pas celle des organisateurs j’imagine). Enfin on allait pouvoir voir (de près) le fameux Pascal Comelade dont on avait tant entendu parler depuis la sortie (aux Disques du Soleil et de l’Acier ,label aussi de Ulan Bator) de son dernier album sur lequel PJ Harvey chante ... Sur la scène une multitude d’instruments : synthé, contrebasse, guitares (des grosses, des petites, des minis - 30 cm), une batterie, des minis pianos (dont un à queue), mini accordéon, une espèce de mandoline, d’autres trucs à cordes indescriptibles, ... le tout sur quelques mètres carrés. En ça, ça faisait un peu penser à Yann Tiersen, mais en plus noir. Accompagnés par 5 très bons musiciens dont le fameux Général Alcazar, il a joué pendant plus d’une heure, des morceaux purement instrumentaux allant de compostions à des reprises du style Donovan (Sunny afternoon). Cela donne une musique, pas forcement originale, mais qu’il faut regarder autant qu’écouter. Vois ces 6 musiciens qui ne décrochent pas un mot, les uns sur les autres, recroquevillés sur leurs instruments (souvent de très petite taille), c’est impressionnant et décalé à la fois. Quant à Pascal Comelade, il est plus petit que je ne le pensais et m’a rappelé un mélange de Pierre Richard et de Michel Rocard .. il faut le voir faire toutes ces grimaces en jouant. En bref un concert à voir dans un café ou une toute petite salle.  Réagir à cette critique
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