A priori le groupe français Phoenix n'a pas précédemment apporté la preuve de son originalité : leur son ne nous avait pas attiré en festival, et notre généralement fiable collègue chroniqueur Pierre, qui a suivi ou subi leurs concerts depuis leurs débuts, ne leur concède qu'un .../...

A priori le groupe français
Phoenix n'a pas précédemment apporté la preuve de son originalité : leur son ne nous avait pas attiré en festival, et notre généralement fiable collègue chroniqueur Pierre, qui a suivi ou subi leurs
concerts depuis leurs débuts, ne leur concède qu'un léger mieux depuis 2006... Cependant il semble qu'ils cartonnent aux USA avec ce 4ième album, sur un marché concurrentiel s'il en est : pour le moins un gage d'écoutabilité.
Y'a t-il donc lieu de s'affoler comme le pourtant tout aussi fiable magazine
Magic, et d'y consacrer un hors-série ? Probablement pas, mais comme ils passent en vedette un peu partout prochainement, il est tout aussi difficile de les snober complètement. Clip arty ou montrant des foules déchaînées, pop joyeuse à mélodies et voix aigüe et nasale (
1901), pile dans le style de ce qu'affectionnent les USA en version côte Est depuis quelques années, le quatuor a toutes les armes pour conquérir l'Atlantique Nord... Voir aussi les sinistres
Tape-tes-Mains-Dis-Ouais ou les nettement meilleurs
Vampire Weekend : les chansons de
Phoenix oscillent souvent entre ces deux pôles, quelque part entre banalité désolante et talent indéniable.
Il est vrai que le pont voix-orgue de
Lisztomania et le groupe guilleret qui viennent les accompagner sont plutôt charmants, tout comme la percutante
Lasso : on a beau avoir entendu cela plusieurs fois, on s'y laisse prendre à nouveau avec plaisir, tout comme à la montée en puissance progressive de
Rome : première moitié assez convenue, puis (autre) pont charmant (au dessus du Tibre ?) et deuxième moitié en crescendo, au final proprement irrésistible. Difficile aussi de ne pas revenir malgré soi à cette
1901, bombinette pop entraînante telle que dessinée sur la pochette, et qui a semble-t-il fait une énorme carrière sur le web - pourtant la jungle la plus impitoyable du zapping.
On est moins convaincu par les efforts funky, à vocation dansatoire, comme
Fences, clairement pas au niveau des fulgurances d'un
MGMT par exemple (mais qui sont eux, à la réflexion, ce que la Pop Music retiendra sans doute de notre décennie !), tout comme on est pas dupe d'un certain nombre de chansons réellement prévisibles (
Countdown). Mais assez fasciné, au contraire, par l'ambitieuse mini-symphonie électro-pop
Love Like a Sunset, à la première partie digne de
Sebastien Tellier quand il s'applique, et à la deuxième partie célestement chantée et orchestrée. Charmé aussi par la terminale
Armistice qui semble dire : cesse donc de lutter et de chipoter, tu le sais, que tu aimes notre disque, réécoute-le donc aussi sec (ce qui marche assez bien) !
Car au final, cette galette comporte une bonne moitié de bons ou de très bons titres pop de trempe internationale - bien assez pour mériter l'intérêt et pour remporter, si d'aventure le groupe s'avère charismatique sur scène, un franc succès en
festival cet été, ou en salle cet automne. On constate d'ailleurs pour finir à ce sujet, qu'un groupe à la fois proposé par les intègres et exigeants programmateurs des
Eurockéennes de Belfort, et par les requins financiers du
Live Nation Festival d'Arras, présente forcément un ratio artistico-commercial ... quasiment imparable !
(2009)
PS Post-Eurocks 2009 : Sympas sans plus en
live, avec 2 musiciens fantômes en plus...