C'est entendu et on ne le remettra pas en cause après les avoir un temps adorés : en recyclant très habilement Cure ou Bowie, multipliés par des riffs assassins parfois dignes de Nirvana, le trio de Placebo a commis certaines des meilleures chansons du rock anglais des années .../...

C'est entendu et on ne le remettra pas en cause après les avoir un temps adorés : en recyclant très habilement
Cure ou
Bowie, multipliés par des riffs assassins parfois dignes de
Nirvana, le trio de
Placebo a commis certaines des meilleures chansons du rock anglais des années 1990, inventant un style à lui, surtout grâce à la présence d'un androgyne et troublant chanteur au timbre unique,
Brian Molko. Les albums
Placebo,
Black Market Music ou
Without you I'm nothing (leur chef d'oeuvre ?) étaient ainsi constellés de tueries, même
Sleeping with Ghosts avait été recommandé ici pour certaines fulgurances hélas passagères.
Placebo fut ainsi l'inspirateur, à l'aube du 21e siècle, aussi bien des albums plus laborieux des tâcherons de
Muse, que de la renaissance improbable du guignolesque
Indochine, ou même la caution rock donnée à l'émission du puant
Ardisson par la présence répétée à TLMEP de son grand pote
Brian. Au titre de ses anciennes performances live, jadis très
enthousiasmantes (avant qu'ils soient 5 sur scène), on a même pu dire que
Placebo était LE renouveau du rock-à-trois. On a personnellement adoré
Teenage Angst, chialé dans sa bière en écoutant
Without You I'm Nothing, éructé sur
You don't care about us et pogoté sur
Days before you came, frissonné sur
Protect Me, alors que les néo-fans adolescents ne viennent pas nous chercher des noises, okay ?
Parce que depuis le temps qu'ils enregistrent le même album, avec sa production grandiloquente, ses accords volontairement décalés qui donnent ce son vaguement nauséux (qui charmait jadis), les miaulements répétés de
Brian qu'on aime (comme moi) ou qu'on déteste,
Placebo finit au fond par tourner furieusement en rond et nous les hacher menu, menu ! Les duos qu'on aimerait inspirés ne le sont que partiellement : l'apport de la pourtant torride
VV des
Kills tombe à plat, tandis que
Broken Promise avec
Michael Stipe de
Reflex Eye Movement pourrait être la meilleure, car la moins placeboïde, de l'album
Meds. Par ailleurs, même la chanson
Space Monkeys, présentée comme un chef d'oeuvre par divers journaux pourtant réputés 'inckoruptibles', flirte avec du
Marylin Manson sans en retrouver la perversité ni la hargne, et en devient donc insignifiante, voire naze.
Enfin, ayant déjà entendu
Song to say Goodbye (il est vrai très plaisante car placeboïssime, à défaut d'être originale) sur Europe 2 - on ne peut pas boycotter la FM quand on prend la voiture des autres - je présente les respects de Concertandco à
Placebo : ayant définitivement renoncé à l'originalité et à l'inspiration, ils sont mûrs pour entrer dans le Top 50 et les sonneries de portables... et n'ont plus besoin de nous.
(2006)