Coup d’œil rapide sur le premier trimestre de la saison 2006/2007 à la Coopérative de Mai.
C’est la rentrée…
Ayant échappé à Seb Martel et consort, ma saison ne débute que le 23 septembre par la présentation de la compile MC1 made in coopé. Il semble que cela est d’ailleurs bien marché au vue de la nombreuse foule présente. Vous allez me dire que la soirée était gratos ! Certes, mais cela n’enlève en rien à la qualité du plateau présenté. Le moment fut donc très sympa et agréable. La vrai bonne surprise viendra des trois filles d’Eleasy. La pré sélection du groupe pour les découvertes du printemps de Bourges n’est d’ailleurs que fort méritée. Pour le reste, nous aurons la confirmation que les Elderberries et les Kissinmas sont sur la bonne voie du rock’n’roll. Que la furie des Smell of Fox, boostés par des Suppositorz chauds comme la braise, est toujours présente. Comme quoi nous n’avons rien à envier aux parisiens !
Des légendes à Clermont…
A l’annonce du passage des Radio Birdman dans notre ville, l’excitation était à son comble. Il faut dire que les vieux dépotent encore grave… Malgré un son pourri et des lights « pâlotte », le set des Australiens sera assez convaincant. Seul bémol à cette soirée, la prestation inhabituellement faiblarde des Suppositorz.
Le dub débarque pour une sixième nuit…
N’étant pas un grand spécialiste du truc, seul Mad Professor me semblait attrayant. Malheureusement j’allais vite déchanter pour m’enfuir vers d’autres horizons beaucoup plus attractifs…
Soirée métal prog…
Alors là, je ne donne pas ma part aux chiens. Amateur de rock progressif et de métal prog devant l’éternel, c’est déjà conquis que je me pointe à la coopé. Après une prestation intéressante de Poison Black, l’effet Lacuna Coil va se mettre en marche rapidement. Que du plaisir. La voix, la musique… tout me fait chavirer de bonheur. Comme quoi quand on n’est pas objectif. N’est ce pas Pierre !
Soirée filles…
Une fois de plus, nous allons vite nous rendre compte qu’ Eleasy est le groupe en forme du moment. Délivrant un set convaincant et plein d’envie, le temps passera bien trop vite pour tout le monde.
La suite de la soirée sera quand à elle beaucoup moins réjouissante. Il faut dire que Juliette & The Licks ne vont rien faire pour nous faire passer un bon moment de rock’n’roll. La prestation envoyée sera tout juste d’un niveau de campus américain ! Dommage.
La classe, tout simplement…
Recevoir The Divine Comedy est toujours un moment privilégié. Et nous n’allons pas tarder à nous en rendre compte. C’est avec une simplicité remarquable et un talent hors pairs que Neil Hannon et sa troupe vont nous gratifier d’une prestation remarquable. La « classe » est à portée de nos yeux et le rêve n’en sera que plus beau.
Garage club n° 7…
Les Hushpuppies devaient faire un garage club. Ils l’ont fait et même très bien fait. Devant un club plein et chaud comme la braise, les Perpignanais vont nous régaler durant une heure. Alternant le bon et le très bon nous serons rapidement pris par une bougeotte incontrôlable. Que tout cela fait du bien. Allez les gars, pondez nous un deuxième album aussi bon que le dernier et revenez nous secouer les bretelles à nouveau.
Métissage dépaysant…
Comment faire plus d’une heure trente de concert avec un album de quarante minutes ? Demandez à Ayo. Il faut dire que la jeune femme parle beaucoup. Mais le reste du temps… elle chante. Elle le fait d’ailleurs avec beaucoup de douceur et de talent en métissant avec bonheur le reggae, le folk, la soul et autres styles.
Voilà comment vous passez un moment agréable qui malheureusement s’étire vraiment trop en longueur.
Déferlante sonique…
Changeant de chanteur plus que de raison, Archive est vraiment un groupe à part. Malgré les inquiétudes liées à cela, le set proposé sera d’une grande intensité. De Light à Again en passant par Fuck, nous resterons scotchés par la puissance dégagée. Un très bon moment d’autant plus que la première partie, assurée par Redjetson, fut d’un haut niveau. Du post rock comme nous l’aimons.
Un être vous manque…
Mon dieu, quelle déception. Je ne pensais vraiment pas retrouver Herman Dune comme cela. Perdu, décousu, hébété. Est-ce du au départ de son guitariste ? Sûrement. En tout cas, ils ne nous ont pas habitués à cela. Un concert à vite oublier.
Je n’aime pas le chocolat…
Poussé par la curiosité, je me décide à aller voir Olivia Ruiz. Heureusement pour mes oreilles, j’aurai la force de partir au bout de vingt minutes. Voix aigue et stridente, musique de baloche, blague à deux balles. Plutôt que de croquer à pleines dents dans une barre de Crunch, nous nous enliserons inexorablement dans un pot de Nutella.
Un ange passe…
Ben Kweller ne semble pas changer. Pourtant la paternité lui a quelque peu arrondi le ventre. Autrement il reste le même. Visage angélique et souriant, simplicité remarquable, bouclettes au vent… Nous avons donc bien à faire à ce jeune homme qui déjà, lors de son dernier passage à la coopé, nous avait fait vibrer.
Que ce soit seul ou accompagné de son groupe, le set, un peu court, sera parfait. Seul bémol, la venue sur scène, lors du rappel, de Pierre Guimard. Aïe, aïe, aïe.
Un peu de fraicheur…
Et oui, encore un nouveau groupe anglais composé de quatre jeunes garçons. A en croire les hurlements poussés dans la salle, les filles adorent The Kooks. Pour être honnête, cela est frais, sens bon l’Angleterre et les souvenirs. De la à dire qu’ils feront long feu.
Wait and see……
Chokebore nous manque…
Le moins que l’on puisse écrire, c’est que l’on est dans le bricolage. Il n’est d’ailleurs pas très facile de s’y retrouver. Le monde de Troy Von Balthazar est comme cela. Un point c’est tout.
Garage club n° 8…
Je n’irai pas par 4 chemins. Nous venons d’assister à un concert déplorable. Le garage club n°8 a tourné à la débandade, la débâcle. Je me demande encore comment j’ai supporté 30 minutes de Naast. Oui, trente minutes sans intérê. Point barre. Et dire que l’on nous casse les couilles avec la nouvelle scène rock parisienne.
Que les groupes de province se rassurent, ils ne risquent RIEN.
Soirée costumée…
Cradle Of Filth prend racine à la coopé. Et ce n’est pas le bon millier de personnes présentent qui s’en plaindra. Pour le reste que dire. Son métal, pardon dark métal, voix caverneuses, mise en scène très goth. Une soirée à ne broyer que du noir.
Le petit jésus en culotte de velours…
Quoi de mieux qu’une soirée avachie sur un canapé, pour se remettre de ses émotions de la veille. Et bien, il y a Jude. Mieux qu’une cure de thalassothérapie, l’américain vous berce et vous rempli l’âme de belles images. Ajoutez à cela une couche de Cocoon et vous allez vous coucher serein et détendu.
Un autre ange passe…
Avec Tearing Sky, son second album, Piers Faccini nous a confirmé tout le bien que nous pensions de lui. Et ce n’est pas sa superbe prestation, dans un club à l’écoute religieuse, qui nous fera dire le contraire. Tout n’est que douceur et caresses. Ce garçon semble être touché par la grâce. Merci pour ce moment merveilleux.
Un petit mot sur Christophe Adam Son association avec Daniel Larbaud à changé la donne. Très bon guitariste, ce dernier enrobe les textes de Christophe avec beaucoup d’à-propos. Du bien bel ouvrage. Un petit clin d’œil à Morgane, chanteuse de Cocoon, qui terminera le set, avec les deux gars, de bien belle façon.
Très haut en couleurs…
Mélangez sans modération du disco avec du rock, ajoutez y une pointe de funk et saupoudrez le tout de glam… El Présidente est né.
Ce savoureux mélange va secouer le club de la coopé de la plus belle des façons. Vous vous retrouvez le sourire aux lèvres sans vous en rendre compte. Vous devenez « bêta » en un rien de temps. Vous vous trémoussez comme lors de votre première boum. Vous êtes, en résumé, joyeux et heureux d’être là.
Malgré un départ faiblard, les sept enragés de The Kissinmas vont nous délivrer un set bien à leur image. Agité et rafraichissant. Vivement la sortie de Disco Morning.
L’auvergne fleure bon…
Heureux d’être sur des terres connues, Kaolin va nous envoyer une première partie de concert bien rock. Une vrai bonne surprise. La guitare est agressive à souhait. La batterie martèle le public et la basse ronfle de bonheur. La deuxième partie sera beaucoup plus classique pour mieux redécoller avec Lilla Huset, morceau post rock versant pop, de toute beauté. Le final avec Rhésus et MacZde Carpate sera un grand moment d’originalité et de plaisir.
Il faut maintenant espérer que le martelage radiophonique de Partons vite permettra à Kaolin d’être enfin reconnu à l’échelon national.
C’est la fête…
C’est un air de carnaval qui a envahi la coopé en ce jeudi 30 novembre. La cause en est toute simple : Marcel Et Son Orchestre. Remarquez que les gars du nord, ne font pas dans la dentelle. Textes simples, mais très bien ciblés pour certains, déconnade en tout genre, bastringue à tout va… Le décor est planté. Et que dire de toute cette jeunesse ivre, dans tout les sens du terme, devant ses saltimbanques préférés. Chapeau bas.
La meilleure position…
Alors eux, ils valent des points. Originalité, fraicheur, humour, talent. La Position Du Tireur Couché c’est tout cela. Une heure de plaisir à réécouter les titres d’Acapulco, à en découvrir de nouveaux et à sourire béatement en chantonnant «…je suis le James Bond du quartier… » Vivement la suite.
Petit mais tellement grand…
C’est avec les King Size que cette soirée va débuter. Habitués des Quatre vents depuis de nombreuses années, les gars d’Amiens vont nous délivrer, malgré un départ poussif, un set bien pub rock.
Petit clin d’œil à Jean-Luc pour son intervention énergique en fin de set. T’es toujours aussi vilain quand tu brailles… Mais c’est comme cela qu’on t’aime.
Trente ans que ça dure. Oui, depuis trente ans Little Bob chante, hurle à la vie du rock’n’roll. Et même si l’homme est marqué physiquement, il dégage toute cette fraîcheur dont beaucoup devraient s’inspirer. Entouré de musiciens de qualité, Little Bob va nous gratifier d’un set tout à sa personne. Chaleureux, sincère et tellement bon.
Rock… Sanseverino… Pas rock…
Vous ne connaissez pas Thomas Vandenberghe ?
Dernier artiste F.A.R.* en date, ça nous change de Nosfell, cet ancien rock critique, roi du air guitare, tourne le rock en dérision avec beaucoup d’à propos. Un show à ne pas rater.
Une salle comble, une ambiance bon enfant et un Sanseverino plein d’entrain. Voilà la recette pour passer une agréable soirée teintée de swing. Seul bémol, une voix mixée trop bas.
*Favori A ne pas Rater
Garage club n°9…
Dernière date de l’année, ce Garage Club ne restera pas dans les annales. Public clairsemé, groupes en dessous de nos espérances. Une soirée décevante donc. Seul Le Cercle sortira quelque peu du lot. Quant à Amen Birdmen… Aïe, aïe, aïe.
Une fois de plus, DJ Pant Oofle sera le meilleur.
Heureusement pour nous et grâce à Arnaud, la fin de soirée sera très agréable. Réagir à cette critique
La Position du Tireur Couché - 2 décembre 2006 - La Coopérative de Mai, Clermont-Ferrand
Début décembre, l'énième concert de la La Position du Tireur Couché à la Coopérative de Mai, a une fois de plus donné le sourire au club tout entier... Un grand courant d'air frais a soufflé .../...
Début décembre, l’énième concert de la La Position du Tireur Couché à la Coopérative de Mai, a une fois de plus donné le sourire au club tout entier… Un grand courant d’air frais a soufflé dans la salle pendant plus d’une heure, balayant en un clin d’œil la mauvaise humeur et les problèmes éventuels. La Position du Tireur Couché, c’est magique ! Le quintette clermontois tant décrié, il y a peu encore, pour ses prestations scéniques jugées approximatives est en effet en train de devenir un imparable groupe de scène. Attention, quand les branleurs se mettent au travail, ça déménage !
C’est devant un public de fans hystériques que La Position a revisité son répertoire futé, entre chanson décalée, pop sixties et rock souterrain… On a beau connaître les titres par cœur et avoir vu le combo so frenchy moult fois sur les planches, l’effet est toujours le même : on sourit béatement, on tape dans ses mains, avec un incroyable sentiment de bonheur. Et une petite idée derrière la tête : essayer de draguer des jeunes filles aussi charmantes que la souriante et pétillante Gaëlle Lecozannet, définitivement ultra troublante pour la gent masculine. Comme le sémillant Frédéric Pradelle sait l’être auprès de la gent féminine. Décidément ce couple de chanteurs, c’est de la bombe bébé, un concentré de drôlerie, de charme et de bonne humeur sachant interpréter et composer des titres imparables. Quasiment tous des tubes : Le James Bond du quartier, Je suis un branleur, Bête, Acapulco, Les femmes mariées, Steve Austin, Je m’en lasse… Et justement, on ne s’en lasse pas ! Car tout cela est joué avec le sourire et un enthousiasme communicatif… Même Lilian Raynaud, le taciturne guitariste soliste arbore un rictus… qui ressemble à un sourire. Il faut dire que son fan club donne de la voix comme jamais. Que dire de Frédéric Gilbert, le bassiste ? Il demeure méchamment groovy et apprécie toujours autant de travailler au corps son public à grands coups de lignes de basse très chaudes et de déhanchements langoureux. Mais La Position ne serait pas La Position sans l’inénarrable Gaël Jonard, désormais atteint de Joel Gionite aigue (cette façon de jouer du tambourin comme le doux dingue de Brian Jonestown Massacre) doublée d’une toute récente Angus Youngite (et vas-y que je descends dans le public sur les épaules d’une armoire à glace, comme le guitariste fou d’AC/DC… ). Son récent surnom de Mr Tambourine man n’est vraiment pas usurpé : il maltraite cet instrument avec autant de frénésie que sa mini batterie ou ses claviers. Qui a dit qu'il ne se passait rien pendant les concerts de La Position ?
Le bonheur ne serait pas total sans un soupçon de nouveauté très prometteur pour l’avenir. Deux nouveaux morceaux (l’irrésistible De l’air, avec son gimmick sifflé, et L’as des as, un futur hit dédié à Fred Le Falher, l’auteur de la célèbre phrase « Fred Pradelle est un as ! » dans son excellent fanzine Le Mange Disques), plus une très jolie reprise de Femme fatale - du Velvet Underground - dans une rafraîchissante version française très yéyé. Une grande bouffée d’air frais ce concert donc ! Vite, un nouvel album et une tournée française svp ! Histoire de sortir définitivement de l’anonymat…
A noter : La Position du Tireur Couché sera en concert avec Lady Palavas au Rockstore à Montpellier, le samedi 23 décembre 2006...
A lire également : un portrait du groupe, des chroniques sur la (courte) discographie de La Position du Tireur Couché, des comptes rendus des concerts de LPDTC depuis 2001 et enfin une interview du groupe en 2002.
Portrait de La Position Du Tireur Couché en 20 chansons - 21 juillet 2005 - Clermont-Ferrand
Ecrire sur ses chansons favorites pour donner envie au plus grand nombre de les écouter, Nick Hornby, l'auteur culte de tous les aficionados de rock, l'a très bien fait dans son livre 31 .../...
Ecrire sur ses chansons favorites pour donner envie au plus grand nombre de les écouter, Nick Hornby, l’auteur culte de tous les aficionados de rock, l’a très bien fait dans son livre 31 songs. Plus modestement et sans chercher à atteindre les sommets fréquentés par l’auteur doué d’High Fidelity, nous allons ici évoquer les morceaux signés par le groupe clermontois La Position Du Tireur Couché, afin de tenter d’éveiller la curiosité de ceux qui n’ont encore pas succombé aux charmes de ces jeunes gens biens sous tous rapports (ou presque). Au travers de la set list du groupe (truffée de chansons décalées, drôles, bien écrites, corrosives et minimalistes) lors des récents concerts donnés à Clermont-Ferrand dans le club de la Coopérative de Mai, le 25 juin, et sur la « plage » de la place du 1er mai, le 13 juillet (mais également au Zèbre de Belleville, le 6 juillet, pour une première escapade parisienne), se dessine en filigrane les portraits de quatre hommes et une femme qui, avec leurs concerts frais et pétillants donnent envie de boire des alcools forts en charmante compagnie, de partir en virée à Ramatuelle à deux, voire de deviser à l’horizontale sur les mérites respectifs des Moldy Peaches et des Sonics, du Velvet Underground et de Serge Gainsbourg, de Denise James et de Nancy Sinatra ou encore du Wedding Present, de Daniel Johnston ou des frangins Herman Düne…
Je suis un branleur :
Pour mettre son public dans l’ambiance adéquate, La Position Du Tireur Couché débute souvent ses prestations scéniques (ultra courtes : en une heure pile, la messe est dite) par cette chanson en forme de manifeste. Et oui, ce n’est un secret pour personne, ces gens-là sont de gros branleurs. Et ils aiment bien que cela se sache, par principe. Mais également pour provoquer l’ire de leurs collègues de travail et autres détracteurs professionnels jugeant leur niveau musical faible, leurs chansons trop référencées et leurs performances pas très éloignées du foutage de gueule intégral. En ce qui nous concerne, le sautillant et rafraîchissant morceau Je suis un branleur nous met particulièrement en joie. Et ce n’est pas le seul à nous mettre dans cet état.
Des embarras de choix :
Il n'y a en effet que l’embarras du choix pour trouver son bonheur dans les compositions de LPDTC… A titre d’exemple, la chanson Des embarras de choix, récemment ressortie des cartons pour étoffer le répertoire, prouve que dès ses débuts le groupe possédait tous les talents requis pour trousser de petites ritournelles pop aux vertus addictives. Certains cherchent la formule magique pendant des années, sans jamais la trouver, d’autres la trouvent sans faire d’efforts particuliers… Cela doit être un peu rageant pour ceux qui ne détiennent pas le fameux secret de fabrication.
Le James Bond du quartier :
Même pour ceux qui n’essayent pas d’écrire, Frédéric Pradelle (chanteur, guitariste et songwriter de LPDTC) est pour le moins exaspérant… Ce sémillant trentenaire ne peut en effet s’empêcher de fanfaronner dans ses oeuvres avec un ton hâbleur de jeune Gainsbourg. Et, bien sûr, toutes les filles (voire même certains garçons) rêvent de tomber dans ses bras. Pour en rajouter une couche dans le registre séducteur à la petite semaine, ce bel homme bien habillé et bien chaussé place une grosse part d’humour et d’autodérision dans ses textes, écrits avec une plume trempée dans l’acide. Ce qui fait – comme il se doit – encore plus craquer son public. Le James Bond du quartier est l’exemple parfait de la chanson positivement réussie : un rythme sautillant, des guitares sixties, un duo vocal osé et des paroles qu’on aimerait bien chanter à deux sous la douche… Extraits des « dialogues ». Lui, en bon mâle sûr de son sex appeal : « Que diriez d’un week-end dans ma chambre, à boire des verres, à rigoler ensemble ? Vous pourriez me montrer vos jambes… Que diriez vous d’une croisière dans mon bain, imaginez le soleil de Juan les Pins, oubliez votre maillot de bain… » Elle, en ingénue tombée là par hasard, jouant à l’idiote en prenant un ton nunuche pour mieux cerner son interlocuteur : « Mais quel genre d‘homme êtes-vous ? » Lui, blasé et impatient de passer aux choses sérieuses : « Je suis le James Bond du quartier. » A cet instant précis, le public est conquis pour de bon, et il ne peut s’empêcher d’arborer un sourire satisfait jusqu'à la fin du concert, ou du disque, voire plus si affinités.
These Boots Are Made For Walking :
Cette chanson mythique chantée par Nancy Sinatra avec « un peu » d’aide de son mentor, le moustachu Lee Hazlewood, est joliment enchaînée avec Le James Bond du quartier en concert. Pour avoir récemment aperçu la vraie Nancy Sinatra, lors d’un concert aussi touchant qu’approximatif, on peut affirmer ici haut et fort que Gaëlle Lecozannet (voix, choeurs, claviers, citron, clap clap) chante ce morceau d’anthologie presque mieux que l’interprète originale. En découvrant sa manière distante, sévère, timide, fière et sexy de rendre hommage à ce tube, on dirait réellement que cette chanson a été écrite pour elle… Par exemple, par quelqu’un qui lui tournerait autour, comme le moustachu à crête punk hype faisant office de batteur dans LPDTC. Le petit détail qui tue : chaque fois qu’on entend cette version réjouissante de These Boots are made for walking, on rêve secrètement de faire Bang Bang avec Nancy/Gaëlle ! Et on n’est pas le seul…
On flanche :
L’idéal pour faire pencher la balance en sa faveur lors d’un soirée, c’est de danser un bon slow langoureux en glissant quelques mots bleus (ceux qui rendent heureux) à l’oreille de sa cavalière. Pas de problème, La Position a pensé à vous, qui avez du mal à conclure en dansant le Jerk, le pogo, le R&B ou le tango : un bon vieux slow. On flanche permet d’apprendre qu’avant d’être un play boy digne de la chanson de Jacques Dutronc, Frédéric Pradelle s’y prenait comme un manche avec la gent féminine. On se sent mieux après cette incroyable révélation et l’on apprécie d’autant plus cette chanson où les guitares se font plus mordantes sur la fin ; ce procédé marche toujours, souvenez-vous de Still Loving you ou Wind of change…
Un rien dilettante :
Cette vieille chanson remise au goût du jour (comme Des embarras de choix) est, elle-aussi, une preuve éclatante des talents de songwriter de M. Pradelle, un homme mystérieux qui ne se dévoile que dans ses chansons. On savait déjà qu’il était un peu branleur sur les bords, qu’il avait du mal à choisir, qu’il se prenait pour rien moins que James Bond, qu’il aimait faire chanter les femmes, qu’il était maladroit avec elles… Maintenant on sait qu’il est un rien dilettante. On va finir par bien le connaître à force de lire ses textes!
Ce que les femmes remarquent parfois :
Regardez bien cet homme aux percussions nommé Frédéric Gilbert. Déjà outrageusement sexy dans son petit pantalon à rayures colorées (peut-être un peu trop colorées… ) quand il se trémousse pour mieux épouser les lignes de basses groovy dont il a le secret, notre homme se révèle irrésistible quand il délaisse - le temps d’une chanson - son instrument fétiche (une basse Hoffner, la préférée d’un certain Paul McCartney) et qu’il se saisit de deux morceaux de bois pour les taper l’un contre l’autre en dansant, avec un sourire béat sur les lèvres. A l’instar de Philippe Lavil qui tapait, lui, sur des bambous, il faut avouer que ça lui va très bien à M. Gilbert de taper sur des bouts de bois… Et les femmes, conquises, le remarquent à chaque fois, c’est un fait.
Blue Birds :
Encore une reprise/hommage chantée par l’épatante (comme ils disent dans les Inrockuptibles) Gaëlle… Cette fois-ci, elle est signée par le farfelu, obsédé et néanmoins très talentueux Adam Green, un jeune New-Yorkais qui conserve tout son charme, qu’il évoque des oiseaux bleus ou le douloureux problème de l’étouffement par une bite… Les membres de La Position du Tireur Couché (qui s’y entendent également en sous entendus scabreux) ne sont pas insensibles aux côtés volontairement kitsch et salutairement provocateurs de ce jeune fan de Lou Reed. Et on les comprend.
Les plages de Berck :
Cette morceau s’intitule Les plages de Berck, à ne pas confondre avec Les plages de l'inénarrable Jean-Louis Aubert. Cette petite précision est nécessaire car certains fans de M. Aubert vont acheter le disque pour écouter une reprise de leur chanteur favori. Alors que non, ce n’est pas une reprise de l’ex chanteur de Téléphone, un artiste qui ne fait vraiment pas partie des références de LPDTC. Ou alors, ils le cachent bien… Cette chanson en forme de souvenir de vacances cache en son sein une rage adolescente trop longtemps rentrée : au détour d’un couplet calme, des guitares acérées inspirées par celles de David Gedge du Wedding Present sont de sortie. Ce n’est pas Jean-Louis Aubert qui s’autoriserait ça…
Pale Blue Eyes :
Un groupe pop classieux comme La Position ne pouvait que reprendre la plus belle chanson d’amour du monde : Pale Blue Eyes, un morceau signé par Lou Reed quand il évoluait encore au sein du Velvet Underground, une référence pour les deux Frédéric, les deux Gaël(le) et Lilian. La version qu’ils en proposent est personnelle : ralentie, économe en moyens, axée sur l’essentiel (la mélodie et le texte)… Cette chanson quasi insurpassable nous procure tant de plaisirs renouvelés, qu’on aimerait sincèrement que tout le monde la connaisse et l’apprécie.
Bête :
« Je suis super drôle, voire même sexy, j’aime bien l’alcool, j’ai de l’appétit ; dans les cocktails, on ne voit que moi. » Après le hit (pas encore multiplatiné, mais cela ne saurait tarder) Acapulco, voilà un florilège des paroles du nouveau tube de La Position, entièrement chanté par l’irrésistible Gaëlle, avec des textes assez peu consensuels (et c’est un euphémisme… ). M. Pradelle, comme avant lui Serge Gainsbourg, Lee Hazlewood, Federico Pellegrini et quelques autres, jubile en effet à la seule idée d’écrire des paroles misogynes (sous entendant que les femmes sont un peu nunuches) pour les faire chanter par une pin-up, bien sûr. Les chiennes de garde et autres féministes n’aimeront pas cette chanson. Nous si… Car, il est bon de rire parfois, en s’éloignant du politiquement correct qui étouffe toute créativité. Gaëlle n’est pas bête, on le sait parfaitement, mais la voir jouer à la perfection la cruche écervelée est tout simplement jubilatoire.
Les femmes mariées :
Cet excellent morceau a permis à La Position d’être retenu sur la compilation annuelle des Inrockuptibles, CQFD. Bien dans la tradition des compositions du groupe, Les femmes mariées permet à l’auteur de dire haut et fort la tendresse particulière qu’il éprouve à l’égard des femmes déjà prises. Et bien sûr, il énumère avec une délectation certaine tous les qualificatifs dont il se voit affublé à cause de cette perversité : un fumier, un pourri, une merde, une saloperie, un lâche, un détraqué, un drogué, un PD… Inutile de dire que ce titre gratiné est un must, aussi bien sur scène que sur disque.
Je m’en lasse :
C’est une des nouvelles compositions signées Frédéric Pradelle/La Position du Tireur Couché : un texte malin (où cette fois-ci la femme a le beau rôle), une mélodie qui reste en tête, c’est la marque de ce groupe à part dans la chanson française/pop en 2005 qui signe ses œuvres d’un LPDTC qui veut dire La Position Du Tireur Couché. Vont-ils être les sauveurs de la chanson française et se transformer en vengeurs masqués s’inspirant de Zorro et Bernardo pour pourfendre avec férocité les regrettables Kyo, Cali, Jenifer, Luke, Sinsémilia, Steve Estatoff, Prohom, Nosfell, No One Is Innocent, Olivia Ruiz et Déportivo qui polluent sans vergogne nos ondes (et en en toute impunité en plus) ? Nous le saurons au prochain épisode… Ce qui est sûr, c’est qu’on ne risque pas de se lasser de sitôt d’entendre Gaëlle se rebiffer face aux propositions ennuyeuses de son acolyte (ayant une fâcheuse tendance à se la péter grave). Inutile de dire que les militants contre le réchauffement de la planète ont vraiment du souci à se faire quand la belle prend un ton honteusement coquin pour susurrer un irrésistible « Je t’excite » !
Steve Austin :
C’est la première chanson de La Position qu’on a eu envie de fredonner après le concert du groupe en première partie de Zita Swoon, en 2001, à la Coopérative de Mai… Et c’est toujours un plaisir de communier avec cet homme étrange qui se trimballe avec des survêtements moulants ridicules alors qu’il vaut quand même la modique somme de trois milliards. « Vaudrons-nous un jour autant ? », s’interroge le chanteur à la fin de cet titre fulgurant. Ça nous étonnerait fort, mais on ne sait jamais…
Acapulco :
« Il fait si chaud, vous êtes si beaux, Acapulco… » Cette chanson tropicale est miraculeuse (c’est vrai !) : vous l’écoutez une seule fois, et hop, vous êtes conquis, il vous prend des envies de chanter tout nu dans la rue, vous êtes gai (ça oui !), et vous aimez tout le monde… Acapulco est un des nombreux tubes du répertoire de la Position Du Tireur Couché, c’est une sorte de Sea Sex and Sun de années 2000, chanté par un genre de Brigitte Bardot non méprisable (c'est-à-dire qui ne serait pas d’extrême droite). Dis tu l’aime ma voix à la BB ? Ouiiiiiiii ! On aime bien aussi le style de Gaël Jonard - aux claviers sur ce titre : avec deux doigts, il fait plus d’effet que bien des virtuoses… Une leçon à retenir pour ceux qui hésitent à faire de la musique car ils ne sont soi-disant pas assez bons selon les critères du rock progressif instrumental avec solos de guitare masturbatoires ; les membres de LPDTC ne se considèrent d’ailleurs pas comme des musiciens à part entière, ils se voient plus comme des amis partageant une passion commune pour la pop sixties. Et c’est très bien comme ça !
Harley Davidson :
Initialement chantée par Brigitte Bardot sur un texte et une musique du génial Serge Gainsbourg, cette chanson magique sied parfaitement à Gaëlle Lecozannet et à la LPDTC, grands fans de notre Serge national devant l’éternel… « J’irai peut être au paradis mais dans un train d’enfer. Quand je sens les trépidations de ma machine, des désirs me montent dans le creux des reins » : difficile de résister à ces invitations à vivre vite en profitant pleinement de tous les plaisirs de la vie quand on découvre la version musclée et bien envoyée de ce tube intemporel par La Position…
Ce que l’on peut s’emmerder :
Lancinante et acerbe, cette chanson incisive était il y a peu encore jouée en début de concert, sans doute pour provoquer et tester le public. Placée désormais en plein milieu du set, elle n’en a que plus d’impact. Le texte rappelle de bons mauvais souvenirs à plus d’un, les interventions de la guitare Gretsch de Lilian Raynaud assombrissant encore le propos. Cela fait du bien d’entendre un chanteur dire des choses qu’on aurait aimer voir sortir de notre bouche : « Ce que l’on peut s’emmerder chez vous, tout ce que vous racontez, je m’en fous. Pour un peu, je prendrai mes jambes à mon cou »…
Encore :
« Ah oui, encore ! Serre-moi plus fort ! » Cette chanson sonne comme une (bonne) chute de studio des Little Rabbits, on jurerait presque que Federico Pelligrini l’a écrite un soir de concert à Clermont-Ferrand puis l’a offerte à La Position lors d’un soirée aftershow un peu arrosée. Et bien non, c’est bien une chanson de nos « petits » Auvergnats, il est vrai grands fans devant l'éternel des petits lapins nantais (comment ne le serait-on pas d’ailleurs ?). Elle parle de jeunes gens qui font des galipettes dans une voiture sous le regard des gens, c’est choquant quand même. Mais ne nous inquiétons pas trop : Nicolas Sarkozy et son pendant auvergnat Brice Hortefeux vont sous peu mettre fin à ces agissements en imposant un couvre-feu à 20 h. Vivement 2007 !
Ice cream man :
Jonathan Richman est le héros de Didier Wampas et de beaucoup de monde, il est également très apprécié par les fans de pop (et de Mary à tout prix des frères Farrelly), qui sont transportés de joie par ses ritournelles aux mélodies imparables et aux textes drôlement bien écrits. La Position se devait donc de lui faire un petit clin d’œil, c’est aujourd’hui chose faite avec cette cover sans fioritures jouée uniquement sur scène. Avec trois bouts de ficelle, La Position réussit à toucher, c’est une qualité rare de nos jours…
Bête (version espagnole) :
Rejouer Le tube deux fois pour marquer les esprits et faire entrer l’air dans la tête du public, le procédé est couramment utilisé par tous ceux qui ont le désir de vendre des disques et/ou de cartonner sur les ondes… La Position Du Tireur Couché, en parfait groupe pop souhaitant faire écouter sa musique au plus grand nombre, ne déroge pas à cette règle… Le petit plus étant l’ajout de paroles (toujours chantées par Gaëlle) en espagnol. Décidément, cette jeune femme est très douée pour les langues étrangères.
En savourant (sans aucune modération, bien évidement) les chansons pop lo fi de La Position, il n’est pas rare de ressentir le besoin impérieux de proposer un week-end dans sa chambre à la première (jolie) fille venue ayant écouté au moins une fois Walk on the wild side, Sunday morning, Je t’aime moi non plus, Teenage kicks, There goes my baby, I can only give you everything ou Venus in furs.
Il a y fort à parier qu'avec des chansons aussi réussies - et propices au rapprochement entre les sexes - que celles qui figurent sur le premier album de La position du Tireur Couché (Acapulco, disponible partout, chez Naïve) et celles qui sont interprétées lors de concerts réjouissants, Frédéric Pradelle puisse sous peu dire qu’il a pas mal de succès grâce à son groupe (comme il le dit déjà, pour faire le malin, dans la chanson Acapulco)… Cela ne serait que justice, après dix ans d’existence de La Position Du Tireur Couché.
La Position Du Tireur Couché sera en concert avec Lady Palavas le samedi 2 décembre à la Coopérative de mai à Clermont-Fd et le 23 décembre à Montpellier, au Rockstore... Les autres dates de concerts de La Position Du Tireur Couché sont là.
A lire également, la chronique de l'album de La Position Du Tireur Couché, des comptes rendus des concerts de LPDTC depuis 2001 et, enfin, une interview du groupe en 2002.
Photos : Justine Gourdeau (1), Jean-Pascal Blache (2, 3, 4, 7, 8), Yvan Mathie (5) et Marc Geneix (6).
La Position du Tireur Couché - 17 décembre 2004 - Les Quatre Vents, Clermont-Ferrand
La Position du Tireur Couché : Ceux Qu'il Faut Découvrir absolument...
A l'occasion d'un sympathique concert dans un bar bondé et enfumé (où il faisait presque aussi chaud qu'à Acapulco), les .../...
La Position du Tireur Couché : Ceux Qu’il Faut Découvrir absolument…
A l’occasion d’un sympathique concert dans un bar bondé et enfumé (où il faisait presque aussi chaud qu’à Acapulco), les Clermontois de La Position du Tireur Couché ont brillamment inauguré leur nouveau statut de « groupe sélectionné sur la compile CQFD des Inrockuptibles ». Personnellement, nous avions déjà remarqué depuis 2001 que ces branleurs autoproclamés faisaient partie de Ceux Qu’il Faut Découvrir absolument… Mais bon, ne dit-on pas souvent : « mieux vaut tard que jamais » ?
Un répertoire composé presque exclusivement de tubes qu’on a envie de chanter à chaque instant de la journée
Après un début légèrement catastrophique (panne de micro pendant LE tube Acapulco), la chanson pop en français des cinq sobres musiciens - aussi sexy que classe - a provoqué les mêmes symptômes sur le public que lors des précédentes « sorties » : trépignements, cris, yeux écarquillés, clap clap avec les mains et… larges sourires sur les lèvres. Que les Inrocks aient (enfin) ouvert les yeux sur le talent de LPDTC ne change rien sur le fond : ce combo joyeusement pop compose toujours des morceaux réjouissants, osés, pétillants et frais, comme son premier album long format l’avait déjà brillamment prouvé en mai dernier. Seulement maintenant, on espère que les sceptiques un peu durs de la feuille arrêteront de tordre le nez et que le combo pourra enfin bénéficier d’une reconnaissance méritée, voire d’une session chez Bernard Lenoir (pour cela, il faut voter pour leur titre Les femmes mariées sur www.lesinrocks.com/cqfd) et, pourquoi pas, une signature avec une grande maison de disques sous le sapin de Noël ?
Mais revenons à nos moutons, ce concert court mais plutôt réussi aux Quatre Vents… Avec un répertoire composé presque exclusivement de tubes (qu’on a envie de chanter à chaque instant de la journée), un chanteur au charisme indéniable, une chanteuse joliment drôle et un groupe sachant faire passer la sobriété et le détail sonore kitsch (et qui tue) au premier plan, il est quand même assez dur de rater un concert… Surtout s’il est conclu avec un Acapulco très attendu et agrémenté de covers impeccablement décalées de Pale Blue Eyes et Harley Davidson du Velvet Underground et de Serge Gainsbourg… Cette dernière étant d’ailleurs annoncée par la chanteuse avec un (très) surprenant : « Et maintenant, une reprise toute pourrie ! »
« Sha la la la », « Oh oh oh » et autres « Ah ah ah »
Comme pour les meilleurs représentants de la pop, les prestations scéniques de La Position du Tireur Couché provoquent des bouffées inconsidérées de joie. Tout le monde ressort donc aux anges, avec une grosse envie de prolonger la nuit jusqu’au petit matin en chantant à tue tête les textes gratinés de monsieur Pradelle. Entrecoupés - bien sûr - de « Sha la la la », « Oh oh oh » et autres « Ah ah ah »… Décidément, il se pourrait bien qu’on entende parler de ce groupe pendant encore un petit bout de temps !
A lire également : la chronique de l'album de La Position du Tireur Couché, des comptes rendus des concerts de LPDTC depuis 2001 et enfin une interview du groupe en 2002.
« La Position du Tireur Couché ? Ils auraient peut-être mieux fait de rester couchés ! C'est mou, copié, déjà vu (merci Gainsbourg et Bardot). Le chanteur "imite" Lloyd Cole ou Lou Reed, bref une pure arnaque. » Voilà le genre de réaction - fort drôle - que peut provoquer Acapulco le premier album du groupe clermontois... Cette « chronique » lue sur www.concertandco.com est signée d’un laconique : « Steve, batteur », sans doute un fan de Sinsémilia, Stiv Bators, The Darkness, Muse (ou Mötley Crüe) heurté dans sa sensibilité de musicien par la pop décalée et légère des Tireurs Couchés.
Inutile de dire qu’en se délectant de la prestation réjouissante de La Position du Tireur Couché à la Coopérative de Mai, on ne ressentait pas exactement la même chose que notre ami Steve. A notre avis, les cinq authentiques faux branleurs - désormais souriants et plutôt décontractés sur scène - ont donné leur meilleur concert pour fêter la sortie de leur excellent premier disque. Grâce à un répertoire personnel composé de tubes en puissance (Acapulo, Bête, Le James Bond Du Quartier etc, etc.) entrecoupés de reprises bien senties signées Lou Reed (Pale Blue Eyes), Serge Gainsbourg (Harley Davidson) ou Lee Hazelwood (These boots are made for walking), les nombreuses personnes réunies dans le club de la Coopé ont semble-t-il passé une excellente soirée…
Bien sûr, il y aura bien quelques très petites fausses notes - le guitariste ou le batteur s’oubliant momentanément - et une chanson un peu pompée sur les Little Rabbits (non retenue sur l’album) mais comment bouder son plaisir, à moins d’être un frustré notant chaque « erreur » sur un calepin ? Comme à chaque fois, on se laisse surprendre par ces morceaux bien écrits chantés par la pin-up Gaëlle, le play-boy timide Fred ou en duo de charme honteusement coquin. L’instrumentation minimale permet de faire ressortir la qualité des compositions tout en mettant en valeur les petits détails kitschissimes dont sont truffés les morceaux. Pour que le bonheur soit total, des projections en fond de scène apportent un petit plus à cette soirée délicieusement pop… Malheureusement, le préposé au changement des diapos décide d’aller satisfaire un besoin pressant en plein milieu d’un morceau, ruinant l’effet visuel du titre suivant. Des branleurs, on vous disait... Mais c’est aussi pour ça qu’on les aime ! Le concert avait débuté avec le lancinant morceau Ce que l’on peut s’emmerder mais à la fin du set, pas le moindre sentiment d’ennui à l’horizon, pas plus que l’impression d’avoir été arnaqué par un groupe mou et copieur.
La scène pop clermontoise n’étant pas si désertique qu’on pourrait le croire, avant le concert de La Position du Tireur Couché, on avait pu voir à l’œuvre le groupe Bolik, de retour d’un tournée mondiale de la Belgique d’une seule date… Tout auréolés de leur épopée belge, où ils furent chaleureusement accueillis paraît-il, les cinq Bolik ont franchi un nouveau palier. Avec un son excellent, des musiciens soudés, une monstrueuse batterie Staccato et des chansons tarabiscotées et originales, on ne voit pas bien ce qui pourrait les arrêter dorénavant… Peut être le batteur du groupe, un certain François A. qui fait un peu peur au public avec ses gesticulations hystériques derrière ses fûts, quand ce ne sont pas des trémoussements ultra explicites un tambourin à la main, ou des gémissements évoquant une star du porno sur le point de finir sa journée de travail… Mais là n’est pas l’essentiel (même si c’est assez drôle à voir), ce qui provoque des étincelles dans le cerveau ce sont les morceaux composés par François Doreau alias Witold Bolik, à la fois surprenants, marquants, entraînants et sinueux. Cela commence souvent calmement, puis tout part en vrille, plongeant ainsi l'auditeur dans l'inconnu. Les musiciens prennent un malin plasir à apporter une touche bizarroïde à leurs créations : cassures dans le rythme, montées bruitistes, instruments peu utilisés en temps ordinaire... Et le public de se retrouver pris dans un maelström sonore dont il ne ressort pas indemne.
Les inconscients qui se sont privés de ces deux très bons concerts pour assister à une énième défaite d’un club français en finale d'une Coupe d’Europe ont commis une grossière erreur, qu’ils doivent aujourd’hui amèrement regretter.
A lire également : les chroniques des albums des deux groupes dans "vos critiques de disques", des chroniques de concerts de LPDTC au Velvet et Bolik à L'atelier et Aux Quatre vents, et enfin une interview de La Position du Tireur Couché.