Un groupe "instrumental" et minimaliste (jamais plus d'un doigt sur la guitare). Sur les beats d'une boîte à rythmes, ils créent des morceaux rock'n'roll tendant vers l'électro-clash mais qui se savourent sans limites de genre. Sue promène sa voix sur des textes tantôt en français, tantôt en anglais, à la fois incisifs et drôles.
Après une nuit réparatrice, on rejoint le site sous un soleil de plomb (qui a dit que l'été était pourri ? A Marseille on a pourtant rien remarqué - hin, hin, hin...). Quoi qu'il en soit pas de panique : la boue n'a pas séché, les journaleux des Inrocks auront toujours l'air de cons en tongs, et les nombreuses minettes au look Plasticines (jean slim et mèche de rigueur), chaussées de bottes à fleur, seront toujours au top du chic et du tout-terrain !! Certains petits malins de nos amis ont pu faire entrer des breuvages non vendus sur le site, la moitié des jeunes de Londres est toujours là - et toujours ivre (certains avec des canettes en verre dont on se demande sincèrement où ils les ont cachées pour passer à la fouille), on a pu finalement rentrer même si nos bracelets sont d'ores et déjà à moitié effacés : tout s'annonce très bien !
Sont déjà en action les PuppetMastaz, un groupe d'une quinzaine de rappeurs crypto-teutons pour le moins original car composé de ... poupées, enfin de marionnettes un peu déglinguées avec des gueules de chaussettes trafiquées, disons plus près de Fraggle Rock que du Muppet Show, et qui envoient un rap de tous les diables ! A un moment donné un énorme Puppet gonflable ('Meet my fuckin' big brother !') vient même calmer un de ces petits salopiots (voir vidéo par ailleurs). Et plus tard un DJ en forme de yéti rose fluo les fera tous danser en rythme ! C'est donc beaucoup plus amusant que le déplorable Wu-Tang qu'on a subi aux Eurockéennes, surtout que le groupe a un flow parfait qui rappelle les excellents Jurassic 5 vus sur cette même scène il y a quelques années, et que la synchro des voix avec les Puppets est telle que même à dix personnages, on voit encore qui chante quoi ! Total classe. Le groupe s'est présenté à la fin et, nous a-t-on dit, a recueilli un triomphe mérité. A revoir en entier donc !
Car on a du partir avant (et même sacrifier les bruitistes I Love UFO qu'on aime pourtant bien !), désireux de ne pas rater le concert de The Fratellis, qui délivrent un rock très frais sur leur prometteur premier LP (Costello Music), rappelant les Arctic Monkeys, avec un poil plus de mélodies. Leur bon son brut est très entraînant, sur les rares balades (Everybody knows you cried last night, So if you're lonely), comme sur les nombreuses pépites rock que sont les furieuses Flathead, Creeping up the Backstairs & autres Country Boys and City Girls (qui rappellent Dirty Pretty Things, et ça c'est un compliment). A noter qu'ils ne sont vraiment que trois (contrairement aux blaireaux de Muse par exemple) et que le batteur, en plus d'être excellent, chante - et chante même très bien. Par moments on pense aussi aux White Stripes tant certains riffs sont saignants - un power trio quasi-parfait en somme ?
A noter que dans la flaque de boue énorme devant la scène, patauge et s'épanouit un jeune anglais très mobile (et apparemment très "high") qui hélas salit un peu trop les gens autour de lui - pour rigoler quoi, c'est cooooool ! Il finit même par être franchement agaçant au point qu'un type balaise, plus remonté que les autres, finit par faire ce que tout le monde rêvait sans se l'avouer : le choper pour lui mettre la tête dedans (un poil trop violemment hélas). Pas démonté, le golem continue à danser (voir vidéo par ailleurs) tandis que le groupe envoie le single Henrietta, ou encore les popissimes Baby Fratelli & Chelsea Dagger, qui sonnent toutes deux comme du Beatles sous acide ! Au final, certes un peu dérangé par l'excentrique angliche, on a passé un excellent moment en compagnie de ce très bon combo, très référencé (voire peu original, dirons les chagrins), mais sacrément efficace pour trousser des chapelets de chansonnettes parfaitement jouissives !
On a bien été prévenus par voie de presse il y a sept jours (soit 5 de plus que sur le site de Rock en Seine, merci !) que la diva borderline Amy Winehouse ne nous ferait pas l'honneur de sa présence électrisante, pour cause de Rehab forcée (elle avait pourtant dit : 'No, no, no !')... Sauf sous la forme d'une image pixellisée (et un peu revisités au rouge à lèvres), parmi des dizaines de tableaux tous plus réussis les uns que les autres, exposés par un certain Craig Robinson (qui nous ont permis de jouer à "qui c'est ?" pendant trois jours - les réponses étant en général assez faciles à trouver grâce au coup d'oeil acéré de l'artiste). Enfin pour New Order c'était quand même pas facile...
Bref, Amy semble envisager une carrière à la Pete Doherty (sauf qu'elle est une vraie musicienne, et qu'elle prône la tendance viticole), et on ne peut donc que se féliciter de l'avoir vue, la belle, aux Eurockéennes où elle fut, sachez-le chers amis parisiens (qui ne vous étiez pas tous déplacés en p------e), tout bonnement sublime ! Une autre fois, espérons-le ? Quoi qu'il en soit on ira pas revoir à la place Cold War Kids dont on ne peut absolument pas supporter la voix du chanteur sur scène, malgré un album correct et quelques bonnes compos. Quant à l'autre groupe aperçu à ce moment, il porte bien son nom : Hello / Goodbye... horrible son variétoche, beuark, fuyons !
Ouaip, de toutes façons on va enfin pouvoir voir Pravda, fameux duo électro-garage parigot minimaliste sur lequel on a placé beaucoup d'espoirs... Arrivés en plein soleil, Suzanne est un peu plus habillée que prévu, et Mac un peu plus blond mais, bon, elle est néanmoins sexy à mort et lui rock-n-roll en diable avec son T-shirt U.R.S.S. Il est vrai qu'ils évoquent quand même (comme l'a dit le guitariste) un duo formé par Uma Thurman et Billy Idol ! La machine à tubes express qui squatte notre iPod depuis des mois se met alors en branle : Body Addict, What did U expect, Je suis French, L.O.V.E. (où la belle Suzanne échange son Korg contre une basse), et nous retourne bien le cerveau ! Et l'on se rappelle soulagés que si Amy était venue, on aurait du faire un choix difficile entre ces deux brunettes atomiques.
Tandis que là, notre temps de cerveau est tout disponible pour ces petits joyaux de simplicité binaire et de verve pêchue : Lover's Contract, I Wanna be your God, J'ai besoin d'air, la reprise Frank Sinatra ou l'iggypopissime 1,2,3,4 Rock, assénés avec une grâce et une gentillesse désarmante (ils ont tout de même l'air étonnés d'être là devant tant de gens !). On a pris aussi un pied terrible sur une version technoïde et pour tout dire débilisante d'Enter Sandman (tandis qu'un ami métalleux au désespoir envisageait au même moment, nous racontera-t-il après, de s'ouvrir les veines !). Le concert se finit, trop vite, sur des remerciements (et des applaudissements) chaleureux et le titre génial qui sauvait la compil 'Passe ton ton Bac d'abord' : je suis A l'Ouest (hey, hey, hey)! Cela dit si la formule duo fonctionne à merveille, un petit batteur ne ferait pas de mal ! En tout cas respect à Pravda et ... Na Zdorovie !
On se remettra en effet avec un grand verre de brassin de houblon, un peu passif à vrai dire (puisque assis derrière une tour son), en écoutant les boucles trip-hop jazzifiantes d'EriK Truffaz, qui invite à un moment le chanteur Ed Harcourt et sa voix chaloupée pour le seconder. J'ai remarqué une très belle chanson piano-voix qui rappelait Archive (bonne époque) : soporifique et très beau ! D'autres qui ont mieux écouté semblent avoir trippé à mort pendant ce concert - on posera simplement notre joker de la journée, avec à la place d'une illustration du concert, cette belle image de deux membres historiques (et actuellement brouillés) du rock stoner !
On se reprend pour aller voir (sans passion excessive mais puisque rien ne nous tente), le héros solitaire de la brit-pop Jarvis Cocker qu'on imagine à tort être un vieil aigri prétentieux. Grossière erreur, c'est un garçon éminemment sympathique ! Installé en France depuis 4 ans et qui pourtant baragouine horriblement le français, entre chaque chanson. Mais c'est aussi un pitre de bon niveau, et même un très bon songwriter dont on écoute avec plaisir les compositions (pourtant inconnues, on a même pas reconnu de hits de Pulp...), d'autant que son groupe est plutôt très affuté. Il plaisante sur la flaque, finement rebaptisée 'Espace Glastonbury', et dédicace même une chanson appelée One Man Show au golem, qui y trempe toujours ! Il fait aussi le crooner piano-voix, avant une fin beaucoup plus rock (sur une reprise sympa de Paranoïd). Pas totalement captivant mais reconnaissons qu'on a passé un agréable moment avec lui.
On jette ensuite un oeil lointain sur C.S.S. (qui a en effet attiré beaucoup de monde). Pas moins de 6 filles et 3 guitares, elles déroulent crânement leur très inégal album Cansei de Ser Sexy dans un festival de couleurs et de ballons : certaines chansons sont d'un kitsch assumé comme Alala - par moments ça ressemble à Pop Corn joué en live, parfois c'est presque rock (sans jamais égaler en la matière leurs consoeurs du Tigre, quand même salement plus hargneuses)... Mention spéciale quand même à Meeting Paris Hilton ('The bitch says yeaaaah !'), assez drôle !
Fatiguées d'être sexy (et elles le sont), plusieurs de ces filles se sont donc habillées comme des sacs - surtout la chanteuse (plutôt mignonne par ailleurs) qui porte une immonde combinaison moulante fluo multicolore à un poinr que c'en est fatiguant à regarder ! En tout cas leurs titres passés au filtre d'un son de scène plus dûr, s'en sortent bien : en particulier les bombinettes électro-rock comme Off the Hook électrisent la foule (qui slamme dans tous les sens), la chanteuse est une vraie pile électrique - ça le fait ! Pas folles par contre, les filles ont gardé leur single Let's Make Love & Listen to Death From Above pour la fin (un peu courte d'ailleurs), concluant leur concert dans une belle ambiance festive, par d'impressionnants tirs de canons à confettis et serpentins !
Un peu plus tard sur la grande scène, on découvre (peu ou prou) The Jesus & Mary Chain, groupe indie historique dont le côté mythique nous passe légèrement au dessus de la tête, malgré quelques écoutes à titre de rattrapage de leur manifeste Psychocandy. Leur jeu de scène, tendance croque-morts en goguette, est charmant : je suis sûr que le chanteur Jim Reid (une sorte de Ian Curtis non suicidé) doit rigoler, parfois, quand il se brûle. Et même que le guitariste doit sourire, quand il se mutile par accident... Les orchestrations sont basées sur des balades ou des chansons pas très violentes en soi, mais s'appuyant constamment sur des guitares atrocement saturées (un mur de larsen constant en somme - j'aime assez !)
Quoi qu'il en soit, leurs chansons ont vingt ans pour certaines et sonnent très modernes, on a même l'impression d'en reconnaître plusieurs (reprises sur des B.O. de films peut-être ?). En tant qu'influence majeure du shoegazing, ils ont été pas mal pompés et repris, il est vrai : des groupes comme T.B.J.M., The Raveonettes ou B.R.M.C. leur sont largement redevables ! Le chanteur expose son hédoniste philosophie à travers ses textes : 'I'm happy when it rains !' (pas de bol, il fait beau) ou encore 'I wanna die just like Jesus Christ' (sans dèc' !). Sa voix a toutefois un côté hypnotisant et presque sexy, le son est de mieux en mieux réglé (à moins que nos oreilles s'habituent ? ) bref, incontestablement il se passe quelque chose : c'est bon ! Le final est d'ailleurs tout à fait trippant, on est conquis - voilà une lacune à rattraper !
Bref, on a pas particulièrement envie de traverser tout le site, après ça, pour aller se polluer les oreilles avec les productions récentes des Rita Mitsouko (dont seuls les tubes d'il y a vingt ans ont vaguement amusé nos oreilles aux Eurockéennes). Etant venu avec des amis Toolomanes, on se laisse donc facilement convaincre de boire un coup et manger, avant d'aller se placer tranquillement. Personnellement l'album 10 000 Days dont j'aime bien certains passages, ne m'a pas bouleversé au point de vouloir le chroniquer : le metal progressif et cérébral que pratique l'"Outil" nécessite une écoute de type méditative et un patient apprivoisement, qui ne semblent pas avoir prise sur moi... pour le moment.
Mais enfin la curiosité est là devant ce concert annoncé comme exceptionnel : je patiente donc gentiment parmi mes amis les braillards, on s'échauffe un peu la voix (le nom du groupe se hurle particulièrement bien), et je constate un peu désabusé qu'étant tout devant la grande scène, je suis à nouveau placé très logiquement ... les deux pieds bien tanqués dans la merde ! Qui plus est derrière des gens plus grands que moi et placés sur du dûr, eux. Lorsque le public est bien chauffé à blanc, le concert commence dans une immense clameur, avec un dispositif de scène intéressant : seuls les visuels sont mis en avant, tandis que les musiciens (surtout le leader caractériel Maynard James Keenan et son iroquois, qu'on ne verra à peu près pas) resteront en ombre chinoise une bonne partie du concert.
Le son dans la fosse n'est pas formidable - c'est même assez violent, on entend trop la basse et la batterie et trop peu le chant, pourtant assez délicat. Les visuels par contre, créés par l'un des membres du groupe, sont objectivement plutôt splendides. Les longues plages méditatives, ponctuées d'explosions violentes de batterie ou de guitare, plongent les fans dans la transe - pour ma part j'apprécie surtout les vidéos (très orientées anatomie/chirurgie) vraiment hyper-chiadées ! Le tout a un côté messe païenne (le groupe a d'ailleurs forgé sa légende en se posant comme passeur d'une pseudo-doctrine philosophique, la lachrymologie), c'est plutôt plaisant même si je me sens vaguement déplacé parmi tous ces fans hardcore, un peu comme quand je m'étais perdu dans le public de Johnny H...
Aux deux-tiers du concert, les non-Toolomanes de notre groupuscule dont je suis s'échappent cependant pour aller boire un coup et se situer beaucoup plus loin. Il s'avère en reculant que la foule n'est pas (ou plus) si nombreuse que ça - guère étonnant vû le côté plutôt expérimental de la musique de Tool... Pour notre plus grand plaisir, il s'avère que le show a une tout autre gueule vu du fond : le son est bien meilleur, on profite mieux des films sur écrans géants et des lasers qui déchirent le ciel, en obéissant pile-poil au rythme des coups violents assénés par le batteur (quel pied il doit prendre, le salaud !). Le concert se termine par (eh oui, j'ai quand même reconnu formellement un titre !) la formidable Vicarious (cf petit extrait en vidéo), et honnêtement c'est plutôt génial !
Pour finir, le psychopathe en chef prend le micro et remercie brièvement le public - c'est déjà pas mal, ne lui en demandons pas trop. Plutôt conquis, j'en conclus que ce concert est en tout cas l'un des plus beaux que j'aie vu - esthétiquement parlant ! En petit bonus, un ami (dont je tairai le nom) arrivant en courant pour retrouver sa belle, zigzague un peu trop, dévisse et s'étale de tout son long dans la boue, ce qui égayera notablement la fin de cette soirée grande-scène à l'ambiance un peu morbide quand même - mais artistiquement très stimulante !
Encore une belle journée donc, qui se finira après avoir hurlé comme des idiots dans le métro (et aussi y avoir violé un certain nombre de lois de santé publique juste pour le plaisir, tel ce mauvais parisien sur l'illustration), qui se finira donc par une petite virée dans le quartier très agité de Pigalle ...
Pravda - juin 2007 - La laiterie Strasbourg Une chanteuse qui a de la personnalité et une voix relativement percutante mais des rythmes similaires dans toutes les chansons. Un manque de recherche évident. Guitares pas trop mal mais elle est .../...
Une chanteuse qui a de la personnalité et une voix relativement percutante mais des rythmes similaires dans toutes les chansons. Un manque de recherche évident. Guitares pas trop mal mais elle est mieux au clavier. Son partenaire très ordinaire et je suis déçue du manque d'originalité. Bon OK il picole tout le long du concert. Super cliché tu parles ! Réagir à cette critique
Plasticines + Pravda - 9 mai 2007 - LE KLEO a toulouse Alors je viens voir Plasticines, notre groupe de rock feminin, un public très jeune, très bon enfant, une petite salle mais pleine, une prestation plutôt très bonne, courte evidemment vu la durée de .../...
Alors je viens voir Plasticines, notre groupe de rock feminin, un public très jeune, très bon enfant, une petite salle mais pleine, une prestation plutôt très bonne, courte evidemment vu la durée de leur album (3/4 d'heure) mais très sympa ! Elles jouent vite et fort, enchainent les titres tres rapidement, ce sont nos petites Ramones francaises (toutes proportions gardées) mais allez y, elles sont vraiment sympa, en revanche la surprise pour moi en tout cas, c'est que c'est plasticines qui assure la premiere partie de pravda, car je ne connaissais pas du tout Pravda !!! Ben la surprise est très bonne, un duo, un guitariste et une bassiste (très sexy, tout de vinyl vetue, mais les plasticines sont pas mal aussi!) une boite à rythme et ça le fait bien ! Avec meme en prime 2 reprises (aces of spade de motorhead et enter sendman de metallica); quelques imperfections tout comme plasticines, mais bon... allez y quand même, vous ne regreterez pas votre soirée ! Réagir à cette critique
>> Réponse (le 20/05/2007 par Awal) Kléo Toulouse - 9 mai 2007 En arrivant au concert, j'étais heureux d'apprendre que les Plasticines assuraient la première partie (laissant le .../...La suite
Première soirée très réussie dans la moiteur du Printemps de Bourges… Au programme, du rock, du rock et encore du rock. Une dose massive idéale pour partir sur les chapeaux de roue et ainsi démarrer le festival du bon pied !
Nosfell :
Avant le début de la soirée rock au 22, nous avons juste le temps d’aller faire un petit tour dans la chaleur insupportable du Palais d’Auron. Pour constater que la cas Nosfell ne s’arrange pas : égo surdimensionné, chansons boursouflées de prétention, personnage théâtral et ultra maniéré. Au-delà du risible... Malgré une tonalité plus rock sur son nouveau disque, rien n’a vraiment changé dans « l’univers fascinant de Nosfell »… Il se prend pour un artiste avec un grand A, mais quelqu’un devrait lui dire qu’il en fait beaucoup trop dans ce registre.
Neimo :
On ne va pas s’emmerder ferme pendant une heure avec ce triste sire, direction la scène pression live sponsorisée par un célèbre brasseur responsable de quelques cirrhoses retentissantes. Dans des conditions pas franchement idéales (les gens déambulent loin de la scène cherchant un kébab ou une djembé 100% authentique à ramener à la maison) que le groupe Neimo arrive sur scène. Au premier abord, ils ont l’air un peu formatés « jeune combo pseudo rebelle pour faire fantasmer les gamines » mais l’essentiel est là : ils envoient la purée dès le début. Un rock plutôt sexy interprété par des musiciens hargneux comme il faut. La guitare hurle, la batterie claque, le synthé/basse part en vrille et le chanteur – qui ressemble à la gravure de mode faisant office de leader dans Razorlight, mais en moins tête à claques – cabotine joliment en anglais. Rien de révolutionnaire, mais Neimo propose un cocktail efficace, qui fait crier les filles et se rapprocher la foule. Le tube du groupe, Hot girl, fait l’effet d’une bombe dans un public de gamins ravis de l’aubaine : un bon concert gratuit à Bourges pendant le printemps !
Nelson :
Direction le 22 pour assister au set en tous points parfait de Nelson, un combo à géométrie variable (les instruments changent de main à chaque titre) délivrant un post punk très impressionnant en live. Le chanteur, sorte de Ian Curtis ultra Crispé au début du concert, se transforme rapidement en affable leader remerciant le public pour son accueil en or. Les gens sont venus pour soutenir les groupes, faire la fête et participer aux « débats » : ça danse, ça hurle, ça applaudit à tout va. Dans une ambiance bon enfant et survoltée, Nelson déroule son set avec ses morceaux truffés d’aspérités. Le jeu avec la dissonance, le chaud et le froid, la distorsion et les mélodies aboutit à la création d’ambiances réellement saisissantes, comme sur le single (The Over) song. Avant de quitter la scène sous les vivas, le groupe réclame (et obtient) une ovation pour les Parisiens de Stuck in the sound, retenus par une tempête de neige à New York. Doués, et altruistes en plus les Nelson…
Pravda :
Quelques instants plus tard, c’est Pravda : qui joue au 22 est, ce qui est presque normal pour ceux qui chantent Tu es à l’ouest, comme le fait brillamment remarquer la chanteuse assez canon dans le genre « grande brune svelte et dominatrice ». On l’avait déjà remarqué avec les tubes présents sur le bon premier album de Pravda : ce duo là a l’art et la manière de marquer le public ! Arrivée tout en combinaison et veste blanches, le duo tombe rapidement une couche de vêtements, la chanteuse/bassiste/guitariste se retrouvant donc en short moulant noir et torse nu avec des rubans de scotch latéraux sur le corps… Ouch ! C’est un peu facile mais voilà comment décrire un set de ces deux allumés : scotchant et sexy ! Ce soir, tous les tubes du disque y passent ; c’est une sorte d’électro rock avec claviers Korg, basse tourbillonnante et guitare tranchante. Les compositions sont directes et immédiates comme un shoot d’héroïne. Les reprises, au nombre de deux sont assez réjouissantes : puissante Frank Sinatra (suck my dick, lick my ass) de Miss Kittin et drôle Enter sandman de Metallica, jouée de manière un peu convenue malheureusement. Au final, une excellente prestation de Pravda ponctuée par deux sauts dans le public : un de la chanteuse (remontant top less sur scène), et un du guitariste chanteur porté en triomphe par un public déchaîné à la fin du set.
Just Jack :
Avec son funk rock groove, Just Jack, le chouchou des branchés un peu durs de la feuille, se charge de faire retomber notre enthousiasme avec sa musique sans saveur. Comme l’infect Mika, Just Jack mélange tout et n'importe quoi dans un grand fourre tout pseudo inspiré, pour un résultat anecdotique, évoquant plus une soupe FM et racoleuse qu’autre chose. Heureusement la choriste est craquante quand elle lance des regards de biche effarouchée au public. On ne dira pas la même chose du pseudo bad boy leader de Just Jack, souriant mais sans charisme aucun et avec une voix pas exactement marquante.
The Automatic :
Ne nous trompons pas : The Automatic, qui fait son apparition sur scène quelques instants après, c’est du rock FM interprété par un bassiste chanteur entre Dave Grohl (Foo Fighters) et James Hetfield (Metallica) et hurlé par un claviers/choriste proprement hystérique, qui compense sa faible taille par un abattage hallucinant : sauts incessants, moulinets de micro, destruction de matériel (claviers etc). Avec ces conneries, le roadie du groupe finira avec une arcade pétée par un jet de micro (sympa l’ambiance dans le bus au retour). Ce lutin roux malfaisant et ses acolytes déchaînés produisent une musique hybride entre le punk, la new wave à la Talking Heads (repris par le groupe : Life during wartime) et le rock promis aux rotations lourdes sur les ondes radiophoniques. L’énergie incroyable déployée sur scène emporte l’adhésion, même si sur disque les ficelles sont un peu trop grosses à notre goût.
Peter Bjorn and John :
C’est aux excellents et frais Peter Bjorn and John que revient l’honneur de clôturer la soirée, dans un style garage pop, avec un peu de folk et de bruit… Classieux, inspiré et remuant, le mélange ourdi pas ces Suédois aux looks impeccables ! Les morceaux sont variés, interprétés avec foi et chantés façon John Lennon ou Morrissey, ce qui produit une délicieuse impression désuète. Le trio sait ralentir la cadence, débrancher les guitares ou monter le son pour devenir bruitiste, ce qui fait qu’à la fin de son set il regagne les loges sous des applaudissements très nourris.
Pravda : un super show et un beau duo. Jolie prestation scénique. La voix de la chanteuse m'a parfois fais pensé à Blondie. En tout cas, une formation française vraiement au point, rodée au son électro-pop 80's.
Nadj : le groupe de rock traditionnel. Basse guitare batterie. Un rock déja entendu qui aurait mieux sa place dans le off et dans les bars.
Just Jack : la joie de vivre, de jouer en France. Un accent hyper cockney qui le fait penser au groupe The Streets, un groupe très funky (mention spéciale à la choriste et sa voix profonde et au clavier so 70's !). Un son très acid-jazz, teinté de rap. La translation sur scène garde toute la fraicheur de l'album.
The Automatic (des américains ?): un son énorme. L'album contenait déja quelques pépites d'un rock lourd et carrément enjoué. Sur scène, c'est énorme : grosse prestation. 2 chanteurs, l'un à la guitare, l'autre au clavier sont déchainés. Celui au clavier ne tien pas en place et bouscule même le technicien qui ajuste son instrument au point de le blesser légèrement à la tête ! En plus, il balance brusquement en coulisse le clavier de remplacement : rock'&roll !
Pour finir, les suédois Peter Bjorn & John. L'album tourne en boucle chez moi depuis qq temps : un des meilleurs de ce début d'année...même si sorti en 2006. Pop-rock très inventif et mélodique. sur scène, c'est plus électrique, mais toujours très mature. A ne pas manquer. Réagir à cette critique