UN ROCK SHOW AUSSI VIOLENT QU’EMOUVANT…
Une nouvelle fois en grande forme,
Queen Adreena n’a pas fait mentir sa sulfureuse réputation scénique… Trois ans après nous avoir maintenu sous le charme de ses morceaux vénéneux pendant la totalité de son concert au festival
Les femmes s’en mêlent à
Paris, le groupe a réitéré sa performance en dévoilant au grand jour tous ses atouts à l’occasion des Volcaniques de Mars, à la Coopérative de Mai.
Si le groupe - guitare, basse, batterie - est impeccablement virulent (il produit un mélange de punk stoogien, de métal inquiétant et de pop maléfique), c’est bien la performeuse/frontwoman qui retient l’attention avec un jeu de scène ultra sexuel façon Peep show sado maso et une voix littéralement envoûtante. La belle est en effet capable de susurrer comme
Marilyn Monroe et
Björk, mais dispose également d’une puissance de feu évoquant un mix terrifiant entre une
Courtney Love en forme et une
Jonis Joplin survoltée. L’image d’
Iggy Pop hurlant dans son micro comme un damné vient également à l’esprit quand on est en face de ce rock show ultra violent. Il faudrait d’ailleurs présenter Iggy et Katie, ils pourraient accoucher d’un duo aussi jouissif que celui enregistré par l'iguane avec
Peaches.
Pour résumer,
Katie Jane Garside est une véritable riot girl ayant plusieurs cordes à son arc ; elle sait aussi varier les plaisirs et se faire plus douce, voire carrément émouvante pour deux passages a cappella bouleversants. Les poses délicieusement obscènes et les gestuelles de strip teaseuse rock ‘n roll se succèdent, et si l’on voit très bien où elle veut en venir (elle cherche à nous exciter, et bien c’est réussi !), on se laisse saisir par la puissance des morceaux. Car si ceux-ci n’ont rien de vraiment original, ils ont tous un côté extrêmement percutant ou subtilement touchant. Impossible de sortir de la salle ou de détacher ses yeux du halo de lumière métallique se dégageant de la scène. Un des co-responsables de cet envoûtement collectif n’est autre que le guitariste androgyne,
Crispin Gray… Il assure comme une bête derrière sa guitare monstrueusement énorme, et c’est donc sur un déluge de fer et de feu que surfe sa compagne dominatrice. Pour le remercier, celle-ci n’ira pas jusqu’à le tabasser en public comme la dernière fois où nous avions vu Queen Adreena sur scène, elle se contentera seulement de le jeter à terre quand notre homme se rapprochera trop près d’elle avec son terrible engin électrique.
Tout ce cirque ultra rock ‘n roll, se termine par un rappel mémorable, la belle reste seule sur scène pour interpréter avec mæstria une version a capella de
Jolene de
Dolly Parton, un tube également repris par Jack et Meg
White Stripes. Des frissons parcourent tout le corps pendant ce moment magique… Et c’est déjà la fin. Vivement le prochain rendez-vous avec
Queen Adreena !
A lire également, les chroniques des concerts de
The Elektrocution,
The Briefs et
Alec Empire à l'occasion des Volcaniques de Mars 2006.
Sites Internet :
www.queenadreena.com,
www.inforockauvergne.com,
www.lacoope.org.
Photo
Flore-Anne Roth