« Petite » chronique rapide pour « compléter » les précédentes … en effet
R.E.M. à Marseille je n’en aurais même pas rêvé il y a quelques temps encore, tellement les groupes estampillés rock (ou plutôt leurs tourneurs et agents) semblent prendre un malin plaisir a éviter la plus grosse ville du sud (combien d’artistes ou groupes m’ont confié avoir fait pression sur leur tourneur pour enfin passer a Marseille ?). Bref donc comme un peu moins de 8000 personnes (mais sans débourser les 38 euros du billet d’entrée) je suis venu les voir.
En plus la première partie était assurée par
Joseph Arthur, que j’avais raté au même endroit il y a presque
5 ans en première partie de
Ben Harper, et qui ne m’avait pas autant impressionné sur la scène du
Café Julien, que sur son premier album.
Joseph Arthur (en plus tout seul) sur une si grosse scène ? Et bien ce fut une très bonne surprise. Introduit par un
Michael Stipe prévenant, il nous a offert 45 minutes d’une musique assez neuve. Si j’avais tendance a trouver qu’il tournait en rond depuis quelques temps (sur disque) là j’ai trouvé qu’il avait évolué. Il se sert toujours autant de pédales sampleuses (qui réussissent déjà si bien a des gens aussi différents que
Dominique A ou
Anaïs) pour construire ses morceaux petit a petit.
Equipé de deux guitares sèches joliment décorées (l’une des deux ne rempliera d’ailleurs qu’une fonction décoratrice m’a-t-il semblait) il produira du gros son, parfois saturé avec des sons me rappelant parfois la guitare de
Sabo, projet post-
Sloy ...
Même sa voix m'a paru changée; plus claire, plus assurée. Il m'a complètement reconquis (notamment sur le deuxième ou troisième morceau vraiment époustouflant) même si j'ai trouvé que sur la fin certains morceaux étaient un peu longs. On aura le droit a une belle version de
Mercedes et a un duo avec
Peter Buck de
REM dont on n'entendra cependant pas trop la guitare électrique.
D’un coup de baguette magique il est parti sous les applaudissement d’un public conquis sinon respectueux (merci l’intervention de
Mickael Stipe a l’ouverture. Puis le staff s’affaire pendant que le Dôme se rempli un peu plus. Une demi heure plus tard, les néons s’allument, la scène clignote et les 3, non 5, non désormais 6 membres de
REM investissent la scène.
Mickael Stipe a un bandeau violet peint su les yeux et les oreilles, un costume de la même couleur et une casquette (de papy pas de sport) qu’il jettera a la foule après avoir pris quelques poses.
Ca démarre au quart de tour, on en prend vraiment plein la vue.
Stipe gesticule dans tous les sens (on croirait
Jim Carrey dans
The Mask), il courre, il saute, se tord … pendant ce temps
Peter Buck cavale lui aussi de long en large,
Mike Mills plus statique assure les chœurs avec toujours autant de précision. A la batterie
Bill Rieflin (qui tenait les tenait les baguettes pour
Krist Novoselic (ex-
Nirvana) dans le groupe
Sweet 75 vers 1995-96) ; et non pas comme je l’avais écrit au départ
Paul Kimble l'ancien batteur de
Grant Lee Buffalo qui assurait les premières parties de
REM et qui avait remplacé au pied levé
Bill Berry lorsque celui-ci avait eu son accident.
(merci à Alban pour cette précision)
A la deuxième guitare un cowboy déjà croisé du coté de
Rockefeller) tout comme au clavier un 5eme larron qui n’est autre que le chanteur de
Big Star (groupe dans lequel on trouve aussi
Alex Chilton) que j’avais pu voir l’été dernier sur
Randall Island.
Je ne sais pas si c’est du au fait que passé les « trois premiers morceaux sans flash » je suis obligé de m’éloigner du devant de la scène ou si c’est juste l’effet de surprise passé, mais les morceaux me paraissent incroyablement mous … je décroche progressivement et commence a trouver la plupart des morceaux (que je ne connais pas) étonnamment fades. Je pense a
Phil Collins,
Sting ou
Jo Cocker et a ce qu’ils font maintenant.
Aucun doute qu’ils sont contents d’être sur scène. Très décontractés, il parlent beaucoup au public, fêtent l’anniversaire d’un des membres de leur staff (avec gâteau d’anniversaire et chanson), ils bougent même beaucoup (des que le morceau le permet), mais vraiment je n’accroche pas avec leurs nouveaux morceaux, a l’écoute de
High Speed Train qui a été écrit dans le
TGV entre Paris et Marseille (c’est même dit dans les paroles) je ne peux m’empêcher de penser qu’il aurait peut être mieux valu que le train soit moins confortable pour qu’en sorte un chanson plus nerveuse.
Je vibre un peu tout de même sur
Everybody hurts mais je n’ai aucun mal a partir avant la fin (un peu de boulot urgent a finir pour le lendemain … désolé) … juste après l’anniversaire en fait.
Le concert avait donc tout pour me plaire : un bon son (chose rarissime au Dôme), des lumières et une mise en scène adaptée a la taille du lieu (avec camera et écrans au dessus du public ), le plaisir du groupe a être la (chose pas tout le temps perceptible au Dôme), … mais c’est juste qu’il semble que je n’ aime pas la tournure qu’a pris le groupe depuis quelques temps … je suis tout de même content de les avoir vu, mais n’y retournerai sûrement pas de si tôt.
Site de
REM :
http://www.remhq.com/
Site de
Joseph Arthur :
http://www.josepharthur.com/