Plusieurs affiches le vantent en ville, le Dome fête cette année ses dix ans d'
invasion culturelle mais c'est la première fois depuis des lustres qu'un groupe de rock digne d'interêt vienne jouer en ces lieux plus habitués à recevoir des comedies musicales et autres comiques vus à la télé.
Salle correctement remplie (places assises presque toutes prises, fosse un peu chiche au départ), mais public qui peine à s'enflammer malgré le spectacle proposé par
Stipe et ses comparses, peut être refroidis par le folk passionant mais sans concessions de
Joseph Arthur en ouverture.
45 minutes assez intenses où le songwriter New Yorkais a jouées seul avec sa guitare et son sampler des chansons lentes et longues, avec un son assez crade, un harmonica glaçant par ci, des effets bizarres par là, et toujours cette voix chargée d'émotion qui donne l'impression qu'il souffre à chaque mot prononcé.
Il a beau dire au public qu'il est content de faire cette tournée avec un de ses groupes préférés dans sa jeunesse, on ne peut pas deviner de la joie de vivre dans son comportement, loin s'en faut.
Mais du superbe
"In the sun" aux nouvelles chansons de l'album inédit de par chez nous
"Our shadows will remain", cette première parte-là aura captivé plus d'un amateur, à défaut de séduire les néophytes.
Contraste absolu avec
R.E.M. dont tout le monde connait au moins quelques chansons même si leurs disques n'ont pas autant d'écho en France que ceux d'autres groupes apparus au même moment comme, au hasard,
U2.
Malgré leur 20 ans de carrière et tout le professionalisme qui va avec, on a l'impression de voir un groupe qui en est à sa première tournée mondiale, particulièrement contents de jouer en France où leur campagne anti-
Bush est sans doute mieux comprise qu'ailleurs.
On regrettera pourtant la place accordée à des chansons au message politique fort mais mélodiquement assez faiblards du dernier album comme
"Final straw" au détriment de classiques de leur répertoire tels que
"The end of the world" ou
"Lotus" même si on a quand même eu droit à une serie de tubes dont peu de formations peuvent se vanter d'avoir écrit.
L'inusable
"Losing my religion" bien sûr, mais aussi
"Imitation of life" (leur tout premier numero 1 au Japon ironisent-ils),
"Electrolite", "Orange crush", "Begin of the begin", "The one I love", "What's the frequency, Kenneth", l'hymne à briquets "
Everybody hurts" ou le récent "
Leaving New York" entre autres moments de bravoure.
Outre
Peter Buck et
Mike Mills le groupe sur scène est épaulé par deux guitaristes, un clavieriste et un batteur impeccable qui assurent un son énorme mis en valeur par de suberbes eclairages, mais la star de la soirée est bel et bien
Michael Stipe dont le charisme et la voix ne sont plus à présenter mais qui fait toujours son effet.
Il s'adresse très souvent aux fans, fait un peu le clown, devient plus solennel avant les titres engagés, s'essaie un peu en Français comme il peut, nous fait part de sa joie que le rappeur
Q-Tip (invité sur le dernier disque) ait à nouveau une maison de disques, fête en musique l'anniversaire d'un membre du staff.
Une gentillesse et une humilité rare chez un artiste de ce standing, à l'image d'un groupe qui n'a rien à prouver si ce n'est de faire plaisir à son public.
Pour finir cette soirée deux chansons inédites sur disque, "
Permanent Vacation" écrite à leurs débuts, et
I'm gonna DJ" une prochaine b-side trop rock 'n' roll pour figurer dans leur récente galette.
Deux morceaux excellents, prélude au
"Man on the moon" final qui aura achevé de nous faire passer un très bon moment en espèrant peut être d'autres groupes aussi importants qu'intègres à Marseille dans les mois à venir, pour changer.
photos Pirlouiiiit