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Broken Social Scene, Phonenix, Skin, The Dead 60's, Beck, Radiohead

Rock en Seine, Saint Cloud   26 Août 2006

Concert à ne pas manquer

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    C’est donc aujourd’hui le grand jour, l’évènement musical mondial (au moins du point de vue français) : l’unique concert de Radiohead dans notre pays cette année. Côté ciel, c’est pas le pied, mais ç’aurait pu être pire. Côté public, le T-shirt Rock en Seine se porte moulant, le "taille basse" se porte vraiment bas (on devrait même plutôt parler d’un "haut des jambes" que d’un "taille basse"), les lunettes de la nana sur l’affiche ont fait de nombreux émules (un genre de vieilles RayBan que n’aurait pas renié notre ami Poncherello de la police motorisée de Los Angeles), et on a même vu un chasseur d’oursins, avec ses sandales plastique, s’étant certainement égaré… Mais Rock en Seine, ce n’est pas qu’un concours de beauté, c’est avant tout un festival, avec donc de nombreux groupes (et pas seulement un groupe, aussi important soit-il).

    Nos oreilles ont donc eu l’occasion d’ouïr Broken Social Scene : un collectif canadien d’une dizaine de garçons et filles multi-instrumentistes. Pas facile de commencer la journée (par définition, en plein jour), alors même qu’une pluie fine commence à tomber sur les parapluies et les capuches (et même sur les flyers Mademoiselle K, format A3, impeccable pour se protéger). Cependant, leur mélange de pop symphonique, de jolies petites mélodies et de rock enlevé a contribué à mettre l’après-midi sur de bons rails. L’intervention de Feist sur quelques titres n’a fait qu’améliorer les choses. Alors même que l’on songe au vivier de groupes inventifs que constitue le Canada (Broken Social Scene, Arcade Fire, Bran Van 3000…), les gouttes cessent de tomber, pour ne jamais réapparaître de la soirée. Cool.

    Direction la grande scène et Phoenix : s’appuyant essentiellement sur un intéressant dernier album, mais aussi sur quelques titres qui les avaient fait connaître il y a 6 ans, les six musiciens ont égrené une douzaine de chansons, ce qui fait un set assez court de 45 minutes (à moins qu’ils aient prévu de la place pour un éventuel rappel).

    Un saut vers une autre scène pour voir Skin, l’ancienne chanteuse de Skunk Anansie et qui à ce titre, en reprend quelques titres. Son énergie est restée la même après deux albums solo. Malheureusement, elle a du mal à communiquer cette énergie au public qui vit ses derniers instants de repos avant une soirée en apnée.

    La suite, c’est sur la grande scène avec The Dead 60’s : du rock mâtiné de dub, de ska, et qui rappelle pas mal The clash. C’est bien fichu, porté par le tube "riot radio" mais c’est pas très original.

    Vient ensuite Beck. D’emblée, l’américain expédie les affaires courantes en commençant par son hit international "Loser". Mais pas n’importe comment : alors que la sono diffuse le tube dans sa version originale, des marionnettes, de type "fabulous thunderbirds" et à l’effigie de chacun des musiciens, font leur apparition devant un mini-rideau en fond de scène. Relayées par les écrans géants, les marionnettes font le show, jusqu’à l’apparition des musiciens qui, à mi-chanson, prennent le relais pile-poil, et terminent en ayant d’ores et déjà mis la plupart du public dans leur poche. Se succèdent alors des chansons très éclectiques, à l’image du chanteur, qui ce soir arbore sa panoplie de cow-boy (jean, gilet en velours, stetson), mais qui, le temps d’une chanson, se glissera dans la peau d’un ours en peluche ! Pour lui laisser le temps de s’accoutrer ainsi, un petit court métrage nous narre la découverte de Paris par les marionnettes : la tour Eiffel, les pigeons, les filles, et les chambres de palace mises à sac par ces petits personnages survoltés. Une fois terminé son numéro de hip-hop plantigrade, Beck revêt de nouveau sa tenue du Far West pour entonner quelques chansons folk correspondant davantage à son costume. Seul à la guitare et à l’harmonica, il laisse ses acolytes se rassembler autour d’une table pour boire un coup. Ceux-ci bonifient leur situation en faisant tourner leur doigt sur ces verres de cristal, en tapant sur les verres plus ou moins pleins, sur les plats, sur la table, pour fournir à Beck une section rythmique venue de nulle part. Un concert de musique créative riche d’idées, d’inventions, un vrai spectacle, bref, une heure de totale éclatche.

    C’est donc vers 21h45 qu’arrivent sur scène ceux que tout le monde attend : Radiohead. Et quand on dit tout le monde, c’est vraiment tout le monde : plus une place de libre, serrés comme les bulles dans la mousse d’une Guinness, avec des brancards de la Croix Rouge ayant les pires difficultés à se frayer un chemin pour secourir quelques évanoui(e)s. On commence avec Airbag, titre inaugural de OK Computer, et on enchaîne avec des chansons piochées dans leurs cinq derniers albums, de The Bends jusqu’à Hail To The Thief, ce qui donne l’impression d’assister à une sorte de grand best of live. Thom Yorke a toujours cette dégaine d’ado tourmenté, et vit ses chansons au point de paraître possédé par des forces obscures. Il est peu dissert, même s’il se permet une ou deux blagounettes en français (exemple : je crois que vous connaissez la prochaine, avant d’entonner Paranoïd Androïd, et toute cette sorte de choses…). Ces potes sont très discrets, font leur taf sans grand éclat. Ils ont quand même gratifié leurs fans de trois ou quatre nouvelles bonnes chansons, ce qui est de bon augure, non seulement pour l’existence d’un prochain album, mais aussi pour sa qualité. Bref, pendant 1h45, Radiohead a enfilé les tubes, fournissant au public ce pourquoi il s’était déplacé en masse.



    Signature : XOF
    le 27/08/2006
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