Ce soir notre bon vieux poste fait le plein pour accueillir un des plus serieux remplaçants postulant au titre de meilleur rock français, j'ai nommé
Eiffel.
Avant eux, les grenoblois de
Rhesus venaient présenter les chansons de leur premier maxi autoproduit ma foi pas mal du tout. Un trio sous haute influence rock anglais avec des mélodies certes mille fois entendues mais qui n'ont pas grand chose à envier aux groupaillons qui font la une des gazettes outre manche.

Le fait que la bassiste chante aussi rompt avec une monotonie qui ne s'installe jamais vraiment, surtout quand le batteur se lache ou que le guitariste se lance dans des délires bruitistes comme sur le dernier morceau.

Le public, assez jeune, apprécie et ils joueront en rappel un titre en français alors que le reste est résolument brit-pop jusqu'à leur look, coupes de cheveux savamment negligées, tenues shogazing et un t-shirt Pj Harvey fièrement arboré par le chanteur. Sympa.

Pendant l'entracte, bonne idée d'avoir mis un de mes disques préférés de 2002 le
"Neon Golden" des
Notwist, ce qui permit de patienter pendant que les musiciens d'
Eiffel installent eux mêmes leur materiel, pas encore des stars même si le succès fut au rendez vous.

Le bassiste gagne le concours du t-shirt le plus classe en rendant un hommage discret aux méconnus
Ween, alors que la clavieriste (qui joue aussi de la guitare et de la flute) ressemble à s'y méprendre à
Kim Gordon de
Sonic Youth en plus jeune et que le chanteur en impose avec sa "banane" et ses "pattes", plus rock 'n' roll tu meurs.

Musicalement c'est plutôt classique avec un son efficace malgré de nombreux problêmes techniques (genre petage de corde de guitare), les ballades accoustiques sont moyennement convaincantes (appellation polie de "un peu chiantes") mais les morceaux enlevés emportent le dessus grace au charisme du leader qui fait souvent penser à
Bertrand Cantat la prétention en moins,

en ouverture
"il pleut des cordes" laisse craindre le pire avec ce phrasé scandé à la
Noir Dez mais il y aura de jolis moments de bravoure.

A commencer par
"Le Néant" au refrain salé (
"qu'est ce que tu préfére/par devant par derriere" ou un truc dans le genre), le volient
"Sombre" qui valu des pogos assez rigolos (avec un chevelu genre metalleux qui prévenait avant de sauter dans tous les sens ha ha),
"Hype" qui est une satire bien vue des ridicules parisianistes à la Magic/Teknikart et surtout une version euphorique de leur 1er mini tube radio
"Te revoir" qui dura bien dix minutes avec un manierisime à outrance largement supportable et il faut bien le dire assez jouissif.

Au deuxième rappel une très jolie conclusion titrée
"J'veux pas crever" et ses notes de pianos obsédentes met fin à un show qui m'a presque donné envie d'écouter leurs disques,
"Abricotine" et
"Le dernier 1/4 d'heure des ahuris".

En conclusion bidon à la Denisot,un concert d'
Eiffel et le tour est joué...désolé !
Photos Pirlouiiiit