Il est 19 heures, dimanche 3 mars 2002, une centaine de personnes, au maximum, se sont déplacées pour ce concert. Les gens n'aiment pas la musique, ils préfèrent le navet du dimanche soir sur TF1, un match de foot médiocre à la TV ou aller danser le samedi soir sur Wazoo pour une catastrophique fête étudiante au Polydôme. Qu'importe, il faut garder .../...
...la foi et ne pas se décourager !
Un copain de Jean-Louis Murat,
Alain Bonnefont, débute la soirée en solo avec pour unique instrument sa guitare acoustique douze cordes. Il a réellement la grande classe car il a réussi à capter l'attention du public pendant l'intégralité de son concert avec sa voix, son jeu de guitare, et sestextes, tous excellents. Bien sûr, il faut être fan de ce genre de performance folk, mais si vous êtes dans ce cas-là, vous avez loupé un très bon moment de folk gerzatois. On me souffle à l'oreille que le monsieur est, en plus, un des terribles
Rancheros. Il faut croire que le contact de la nature sauvage et belle de la région deClermont-Ferrand permet au talent de s'épanouir ! Alain Bonnefont a l'âme romantique, il parle souvent d'histoires d'amour dans ses chansons, il est "nature" et ne cherche pas à faire le rebelle déjanté. Je reconnais un morceau, c'est "Les Hérons", une chanson classieuse co-écrite avec
Murat et que ce dernier a enregistré sur "Mustango" et "Muragostang". Il faut faire plus de concerts monsieur !
Richard Hawley arrive avec sa guitare acoustique, ses lunettes à grosse monture et son ensemble en jean. Son groupe est composé d'un batteur, d'un bassiste/contrebassiste, d'un clavier et d'un guitariste. Tout le groupe se mettra au diapason de son leader : sobre,calme, décontracté mais concentré. Ces gars-là ont la classe, ils ont bourlingué et jouent les notes qu'il faut quand il le faut. Au premier abord, on retient immédiatement la très belle voix grave de crooner de Mister Hawley, elle rappelle celle de
Jarvis Cocker et parfois celle de
Joseph Arthur, on l'écouterait pendant des heuressans se lasser. L'atmosphère de ses chansons est délicieusement mélancolique, il a l'air vraiment très nostalgique d'une certaine Grande-Bretagne aujourd'hui disparue sous les coups de boutoir ultra libéraux de Margaret Tatcher, John Major et de cette lavette de Tony Blair, travailliste parce qu'on ne voulait pas de lui à droite. Sur un écrangéant, des images de scènes de la vie quotidienne en Angleterre défilent, l'action se passe dans les années 50, ça a l'air à la fois beau (plages en été, patinage dans la rue) et dur (bagarres, grèves, émeutes). Le style musical est un mélange de folk et de pop avec de merveilleux passages de guitare slide. Le public est peu nombreux mais faitsavoir aux cinq anglais qu'il est content de leur prestation : chacun applaudit pour 3, ça compense. Touchés par l'accueil, Richard Hawley promet de revenir un jour, s'il en a l'occasion. Le groupe interprétera d'ailleurs en deuxième rappel une chanson non prévue sur la set list, "Cry a tear for the man in the moon". Inutile de dire une énièmefois que les absents ont eu tort : ce concert était magnifique du début à la fin ! Reviens en solo ou avec
Pulp mais reviens vite !
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