RiEN - 24 Mars 2003 - Bistroy (Lyon) Rendez-vous à 22h au Bistroy. Ouais, tu parles, ça va encore être encore la galère pour se garer et puis de toutes façons le concert commencera à la bourre et on sera 12 dans la salle. Tout ça pour voir quoi ? Rien en plus (Notez le jeu de mots subtil).
Mauvaise langue que je suis. Après seulement 2 tours du quartier, on a finalement posé la .../...
Rendez-vous à 22h au Bistroy. Ouais, tu parles, ça va encore être encore la galère pour se garer et puis de toutes façons le concert commencera à la bourre et on sera 12 dans la salle. Tout ça pour voir quoi ? Rien en plus (Notez le jeu de mots subtil).
Mauvaise langue que je suis. Après seulement 2 tours du quartier, on a finalement posé la voiture à portée d’oreille du Bistroy. On entre et là, stupeur, on découvre que la salle est pleine. Le bouche à oreille a donc bien fonctionné pour RiEN, groupe atypique venant de Grenoble, oscillant entre GSYBE et le Pink Floyd pre-Mur.
22h30 : le concert commence.
Enfin le concert, c’est vite dit puisque trois trublions prennent place au centre de la scène et commencent à exploser une pile de disques à grands coups de marteau, le tout dans un silence de mort. Un des trois compère laisse échapper un disque. Les deux autres se tournent vers lui, explosent de rire et tous trois quittent la scène.
Dans une formation plutôt classique (2 guitares, basse, batterie), la quatuor loufoque prend alors place et commence son set sans se soucier du nombreux public prêt à envahir la scène (plus de force que de gré reconnaissons-le). Les deux guitaristes se perdent dans leur pédalier à la recherche de textures sonores inattendues alors que la basse et la batterie tracent une route sans fioritures. Puis le calme revient et la déstructuration prend fin pour laisser la place à des compositions très rocks. Les distos sont même de sortie pour offrir à quelques morceaux des montées spectaculaires suivies de final héroïque.
Et là, en plein concert de rock (parce que le set était franchement rock), le silence se fait et un jingle sort de nulle part et les professeurs John & John de l’Université de Steven prennent place au milieu de la scène. Un peu interloqué, le public attend patiemment que le concert reprenne puis peu à peu les rires arrivent en réponse au comique absurde des deux compères.
C’est ainsi que se déroule le concert de RiEN : une bonne tranche de rock post-apocalyptique saupoudrée d’interventions absurdes.
Après une heure de concert, de guitares furieuses et de samples décalés, RiEN abandonne son public encore un peu groggy en lui promettant des retrouvailles encore plus spéciales à la Marquise le 1er avril.
Dee Lorelei + Playdoh + Kafka + Rien (Les Volcaniques de Mars 2004) - 3 mars 2004 - La Coopérative de Mai, Clermont-Ferrand
Dee Lorelei, Playdoh, Kafka et Rien avaient été conviés à la première soirée des Volcaniques de Mars 2004 dans le club de la Coopérative de Mai. Comme chaque année lors de ce festival, le public a pu découvrir sur scène des artistes débutants, peu commerciaux voire carrément expérimentaux dans leurs démarches.
Déjà en bonne forme sur la .../...
Dee Lorelei, Playdoh, Kafka et Rien avaient été conviés à la première soirée des Volcaniques de Mars 2004 dans le club de la Coopérative de Mai. Comme chaque année lors de ce festival, le public a pu découvrir sur scène des artistes débutants, peu commerciaux voire carrément expérimentaux dans leurs démarches.
Déjà en bonne forme sur la grande scène de la Coopé pour les découvertes du Printemps de Bourges, le jeune groupe clermontois Dee Lorelei a donné un brillant concert en interprétant les morceaux de son premier album éponyme. Le public - plutôt nombreux - a donc eu tout le loisir de découvrir les multiples facettes du trio… Après une intro inquiétante sur le morceau Got any Porno (à base de sample de film), la set list a permis de pénétrer le mystérieux univers de Dee Lorelei. Les troublants My Love et My Slave, l’arabisant My Lover, les bouleversants et épurés Lone et Another home, les glaçants Hide & seek et Controversial talking ou encore le puissant U Want me ont impressionné par leur côté aventureux et original…
Dans un style évoquant les grandes heures de Sonic Youth, Playdoh a produit un effet saisissant sur son auditoire. Après quelques passages post rock, l’arrivée d’un chanteur dont la voix rappelle Marc A. Huyghens de Venus a propulsé la prestation de Playdoh dans une autre dimension, le chant - grave et inquiétant - arrivant à point nommé pour surfer violemment sur des guitares acérées. Quand une voix féminine vient participer aux débats soniques peu après, on croit un instant à la présence de Kim Gordon sur scène. Agrémentées par de bonnes projections, la prestation concise et percutante de Playdoh a séduit…
On ne pourra pas dire la même chose de celle du groupe clermontois Kafka déjà aperçu sur cette même scène aux côtés de Chokebore et Las Vegas Dead Brides. Lors de ces deux concerts, on avait passé son temps à se demander comment la musique de ce jeune trio pouvait faire autant d’effet sur une grande partie du public… Morceaux interminables évoquant des jams sessions entre musiciens virtuoses dans les années 70, solos de guitare interminables et démonstratifs, batterie reproduisant les tics de Nick Mason sur les albums de Pink Floyd, basse pseudo jazz exaspérante, n’en jetez plus ! Tout ceci provoque un profond ennui. Parfois, quand la virtuosité gratuite s’estompe, Kafka réussit à envoyer des décharges sonores puisasntes puis à créer des montées psychédéliques assez fascinantes... mais immédiatement ruinées par ce qui suit, toujours aussi stérile. Pourtant, une assez forte proportion de l’assistance semble captivée par la musique du jeune trio et réclame un… rappel ! Encore un grand moment de solitude où l’on se surprend même à souhaiter une panne de courant pour abréger nos souffrances.
Forcément, c’est avec des capacités un peu entamées qu’on découvre sur scène le groupe Rien dont le disque n’avait pas bouleversé à la première écoute… avant de révéler au fil du temps de captivantes qualités. L’enchaînement de deux groupes comme Kafka et Rien était sans doute une manière de tester la patience du public…
Immédiatement, ce Requiem pour des baroqueux plonge dans la perplexité ; on nous ressert le coup du groupe post rock avec guitariste assis devant son multi effets infligeant des « expérimentations » entendues mille fois. Au moment où l’on se dit que ces gens tirent des gueules aussi sinistres que leur musique, deux joyeux lurons viennent interpréter un sketch anti consumériste avec en fond les effigies en carton de Prince et Pepito, les "amis" des enfants à l’heure du goûter. Assez drôles et plutôt bien tournées, ces diatribes anti "grand capital" requinquent un peu. Un peu plus tard, le temps du passage sur les planches d’un chanteur récitant une litanie bizarroïde avec une voix saisissante, un morceau fait resurgir le fantôme du groupe Diabologum. Rien de franchement original là encore, mais sur ce titre les musiciens trublions semblent jouer pour le public au lieu de regarder leurs nombrils comme s’ils étaient dans leur local de répétition. Par la suite, le groupe continue à vider inexorablement la salle même si on apprécie de plus en plus son travail sur le son, finalement plutôt pertinent. Rapidement, les musiciens regagnent leurs loges avec, semble-t-il, un goût amer au fond de la bouche. Il faudra revoir Rien dans d’autres conditions…
Rien + L'Amicale Underground - 30 avril 2003 - L'Entre-Pot, Grenoble Tout pour Rien ! Rien est le groupe que l'on a pu découvrir ce soir pluvieux de printemps à l'Entrepot, presque unique salle Rock de Grenoble. Et paradoxalement, comme cette pluie après tant de soleil, Rien est beaucoup. On pourrait les classer hativement formation "post rock" mais leur musique est plus avant-gardiste que "post".
Rien refuse le .../...
Tout pour Rien ! Rien est le groupe que l’on a pu découvrir ce soir pluvieux de printemps à l’Entrepot, presque unique salle Rock de Grenoble. Et paradoxalement, comme cette pluie après tant de soleil, Rien est beaucoup. On pourrait les classer hativement formation « post rock » mais leur musique est plus avant-gardiste que « post ».
Rien refuse le cloisonnement, et ce en cultivant multiples sonorités au sein d’un univers évoquant autant un Mogwai apaisé, un Manta Ray cuivré que un Morphine sous Tranxen…
A l’écoute de « Requiem pour des barroqueux », on saisit peu à peu l’essence de Rien mais certains pourraient craindre une prestation scénique appauvrie : tant cuivres, voix et bidouillages électroniques invités participent à la genèse sonore du trio originel.
Mais il n’en est rien. Ils maitrisent la scène avec des mains de maitres et les prestigieux « orchestrateurs de l’ombre » (bientôt dans la lumière) n’ont pas manqué à l’appel. On retiendra Julien Brotel, auteur compositeur à surveiller, et trois membres actifs de Shaddy, groupe de reggae à sonirités multiples.
Une atmosphère « baroqueuse » ennivre la salle et chacun semble comblé par l’exercice… Une interlude de choix rappelle à quel point la formation avec ses airs mélancoliques ne se prends pas tant au sérieux (la lecture des textes accompagnant les chansons sur le disque est à consommer sans aucune modération). Il s’agit de l’intervention délicieuse de Otto et Otto, leurs compères de l’Amicale Underground. Ils ironisent sans limites sur le vide cérébral de la création « arte » contemporaine et s’en prennent à des principes de l’art rarement remis en cause, tel le « ready made ». Pure Jouissance.
Comme Rien, qui excelle en deuxième partie nottament avec un nuage saturé de guitares et le texte grandiose de Julien Brotel. On en redemande.
Comme Un Dimanche, jeune label grenoblois qui signe là son quatrième artiste. Et les autres protagonistes ne sont pas en reste. On peut découvrir Apple Jelly, véritable perle pop-électro qui ne tombe pas dans le panneau « revival 80’s » et transcende aussi les frontières. Melk sont quant à eux un audacieux combo pop-rock dont les arrangements organiques et son gout pour le sampling devront séduire. On trouve enfin Rhesus, la formation la plus rock et la plus fidèle aux traditions indé et brit des années 90 mais qui opère avec singularité des compositions intelligentes et écorchées. On peut peut etre reprocher aux deux pré-cités des voix hésitantes et encore trop peu ancrées au sein de l’ensemble musical ; mais un tel reproche pèse bien peu face à la grande qualité du label.
On ne peut que souhaiter et meme deviner de beaux lendemains à Un dimanche. L’Espagne saura apprécier…
L’album de Rien « Requiem pour des barroqueux » est disponible depuis le 30 avril chez vos bons fleuristes et pompes funèbres…
RIEN - 28 novembre 2002 - L'Entre-Pot à Grenoble Rien > L'Entre-Pot (Grenoble) > mercredi 28 novembre 2002
J'avais déjà eu l'occasion de voir Rien (tout un programme) au festival "Magic Bus" à Fontaine (38) en octobre 2001. J'attendais de les revoir tant leur set bizarroïdes et théâtral m'avait alors charmé. Et quelle surprise ! Le groupe a beaucoup appris et le tout (de Rien, ah-ah) a .../...
Rien > L’Entre-Pot (Grenoble) > mercredi 28 novembre 2002
J’avais déjà eu l’occasion de voir Rien (tout un programme) au festival « Magic Bus » à Fontaine (38) en octobre 2001. J’attendais de les revoir tant leur set bizarroïdes et théâtral m’avait alors charmé. Et quelle surprise ! Le groupe a beaucoup appris et le tout (de Rien, ah-ah) a vraiment mûri. La musique est un savant mélange de pop, de psychédélisme à la Pink Floyd, de post-rock travaillé, exécuté par des musiciens hors-pair (j’ai d’ailleurs reconnu le guitariste de MelK, autre bon groupe grenoblois) avec mention spéciale pour le batteur « jazzy ». Ils sont par contre peut-être trop en « retrait » du public : ils ont tous une attitude « autiste » comme le proclame leurs affichettes posées dans la salle. Mais l’essentiel, la musique, est vraiment prenante. Le groupe sait allier recherches mélodiques, contrepoints rythmiques, montées d’ambiances et d’atmosphères comme finalement peu de groupes arrivent à le retranscrire en concert. Je rapprocherai leur prestation d’un groupe comme AIR : pas d’esbroufe, des musiciens excellents, et des atmosphères taillées sur mesure. Le show était très différent de celui que j’avais pu voir précédemment. Cette fois–ci nous avons eu droit à la présence du chanteur de SHAADY (groupe reggae-world grenoblois) pour un accompagnement haut de gamme à la flûte traversière, à celle d’un tromboniste « inconnu » (désolé) et surprise de taille, de JULL (le poète-peintre-musicien à l’album tout frais) qui a déclamé un texte splendide sur un morceau qui ne l’était pas moins. A la fin du concert, le groupe a invité des amis à faire des apparition burlesques sur scène (récits de lévitation, pseudo-performance d’homme athlète etc.). Complètement décalé mais sympa.
Je ne peux que vous conseiller de vous pencher sur ce cas très spécial d’artistes qui prennent des risques et qui développent une musique que je saurai réellement décrire. Sur la plaquette de l’Entre-Pot ils avaient marqué « post-hit-série B ». Pourquoi pas ?!?!