Non vraiment, le chroniqueur Concertandco anonyme n'avait pas l'intention de raconter ce concert, qu'il croyait de lancement du disque auto-produit par souscription des Original'Occitana. La preuve, il s'aventura bêtement sans appareil photo en ce samedi soir au Balthazar. Impossible donc de fixer pour l'éternité la jolie brochette des pimpantes demoiselles rouges et noir. Encore une fois nous arrivons trop tôt et ferons donc au moins tourner le bar de ce lieu toujours charmant, avec en attendant que ça se décante, une bande son typique 'TDB' à base de ragga locaux et autres Massilia Sound System.
Rit
On avait pas bien lu le flyer mais en arrivant on a vu son petit bordel vert et champêtre sur la scène, reconnaissable entre mille. C'est bien lui, notre espèce de Mathieu Boogaerts local : Rit et ses chansons désinvoltes et plaisantes. L'air de rien il cache pas mal de technicité : un panneau de commande de sons rigolos, une pédale à boucles (dont il use avec malice à la manière d'Anaïs, pour se créer des batteries et boucles vocales). Devant l'enthousiasme général d'un public peu attentif au départ, il propose de passer directement au rappel, sort de scène et revient sous les vivas (bien joué).
Grâce à un jeu de guitare simple et efficace, ses chansons s'écoutent sans hystérie mais sans ennui... l'attention baisse en peu pour les chansons à la guitare (notamment celle sur la mer) mais d'autres sont fort bien troussées, comme sa chanson d'amour où le public reprend les choeurs avec plaisir. Il est convaincant aussi bien en trompettiste qu'en batterie (le tout à la bouche) et on passe un bon moment, comme toujours. Au final un de ces petits artistes doués, non signés, dont on ne sait jamais si le succès ne pourrait pas leur tomber dessus sans prévenir (cf Anaïs, encore, qui jouait devant des gens ivres place du Chien Saucisse il y a deux ans, a bourré le Moulin il y a deux semaines et même recouvert les Inrockuptibles de cette semaine !).
Original'Occitana
J'ai découvert les gadjioccitanes chantantes en plein air et a capella il y a pas mal de temps, et j'avais bien aimé... depuis elles n'ont fait que progresser. Soit un panel de 8 à 9 dames et demoiselles, vêtues de noir et rouge. Elles aussi sont issues de ces groupuscules de sauvegarde et de promotion de l'occitan (repère, l'Oustau dau Pais Marselhes de la Plaine et son gourou, Manu Théron), qui reviennent régulièrement depuis une décennie assaillir nos oreilles - très consentantes - sous des formes diverses (citons les historiques Gacha Empega, Dupain, le Cor de la Plana, etc).
Parties d'une chorale entre copines, elles ont cru à l'aventure, développé leur répertoire, frotté leurs chansons à la scène, complexifié leurs interventions vocales, et fait péter depuis cette année des accompagnements musicaux, pour faire de leurs chansons de terribles machines à faire danser filles et garçons.
Pas revues depuis quelques mois à la Machine à coudre où elles testaient leurs orchestrations (musiques de Sam de Agostini de Dupain, et probablement d'autres comparses du même tonneau), je ne sais pourquoi j'avais pas trop aimé ce passage à l'électrique.
Ce coup-ci pourtant il faut reconnaître que le background musical, les beats, les vielles à roue, percus plus ou moins "zarb", notes de guitare (passant d'un son dub à quelques riffs métal, mais oui, tout est bon pour danser !)... tout ça tombe sacrément bien.
Elles ont toutefois conservé judicieusement quelques chansons a capella (Suzon, Lo Prisonnier) mais d'autres sont boostées à l'adrénaline (avec un final quasiment techno pour, je crois, L'arromic, qui rappelle les transes de l'inégalée Sensa Relambi de Dupain).
Le répertoire de ces Originales Occitanes couvre la culture occitane dans sa variété : chansonnettes de tradition à base de tralalalaïre, chants de mariage, chansons religieuses, chansons d'amours déçues ou naissantes, de femmes préparant des crimes passionnels où allant voir leur homme en prison. Habile mélange entre l'émotion brute du choeur féminin, et la joie simple d'une sarabande sur un air dansant, de sautillements sur des airs technoïdes, et parfois presque de transes. Elles font donc un triomphe mérité, reprennent en rappel leurs chansons les plus efficaces, tandis qu'une danseuse orientale vient agrémenter le paysage.
Sam Karpiena and friends
En fin de programme, Sam Karpiena et des amis (soit un italien, un algérien, un iranien et un polonais, joli mix) font des chansons agréables, toutes mandolines, tambourins et zarb dehors (avec l'efficace Bijan qui épaula déjà Dupain lors d'un mémorable concert en février dernier au Moulin). Un peu fatigués, on ne restera pas jusqu'au bout malgré cette plaisante création.
Quoi qu'il en soit une fois encore, les filles ont tenu leurs promesses. C'est donc avec impatience qu'on attend le disque, qui comme tous les bons disques, a été annoncé fin 2006, pronostiqué début 2007-fin 2008, et promis en tout cas pour 2012. Fignolez, les filles, ça fait rien, on est pas si pressés. Je sens que vous allez nous pondre un truc qui va finir, j'en suis sûr (pronostic que j'ai fait avec succès par le passé pour David Walters), avec 4 'ffff' Telerama !!
Qui arrêtera les pétaradantes et pimpantes pétroleuses Occitanes à la conquête du monde, et qui le voudrait ? Certainement pas nous, repartis agités de bonnes vibrations et la tête pleine de tralalalaïre.
Et pour l'Histoire, puisqu'elles vont tout péter (on pourra dire qu'on a été les premiers... comme souvent) : en bonus, la Setliste complète du concert - ayant vilainement volé le papier je pense que cela peut leur servir de s'en rappeler !
Intro
Suzon
Pitchin Ome
L'Amolaire
Es aiçi lo mes
Le prisonnier (a capella)
Miserere
La Noviota
Lo Pastoreu
La Filha dau Vesin
La Garen de Calina
L'Arromic
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Dona Lombarda (a capella)
La Noviota
L'Arromic et lo Pinsor